Derniers articles http://www.freebelgians.be Derniers articles (C) 2005-2009 PHPBoost fr PHPBoost Rémy "Mony" VAN LIERDE http://www.freebelgians.be/articles/articles-2-165+r-my-mony-van-lierde.php http://www.freebelgians.be/articles/articles-2-165+r-my-mony-van-lierde.php <p style="text-align:center"><img src="http://www.freebelgians.be/upload/vanlierde.jpg" alt="" class="valign_" /></p><br /> <br /> <p style="text-align:justify">Né à OVERBOELAERE le 14 août 1915<br /> Il entre au service actif en septembre 1935 et est admis dans le personnel navigant élève en novembre de la même année.<br /> Breveté pilote en avril 1938, il passe au 1er Régiment d'Aéronautique. Affecté à la 3e Escadrille (Feuille de HOUX), il effectue plusieurs missions de reconnaissance au cours des premiers jours de la Campagne de 1940. Abattu par la DCA allemande le 16 mai 1940, il sera transféré dans divers hôpitaux dont celui de Bruges d´où il parvient à s´évader le 29 mai.<br /> En septembre 1940, il quitte la Belgique occupée et passe en France puis en Espagne. Il est malheureusement arrêté par les autorités espagnoles pour avoir franchi illégalement la frontière et doit subir les rigueurs des prisons espagnoles dont celles du tristement célèbre camp de MIRANDA. II parvient néanmoins à rejoindre l’Angleterre en juillet 1941 où il s´engage immédiatement dans la RAF.<br /> Passé à la section belge de la RAF, il effectue une conversion et, promu "pilot officer" il est versé au 57 OTU (Operational Training Unit) en octobre 1941 avant d'être affecté en janvier 1942 au 609 squadron où il totalise 250 heures de vol sur Typhoon. C´est dans cette unité que, le 26 mars 1943, il effectue une mission. Au-dessus de la région de CHIEVRES où se trouve une base d´aviation allemande située non loin de 1'endroit où vit sa famille.<br /> Alors qu´il se trouve à quelques kilomètres seulement de cet aérodrome VAN LIERDE voit décoller un appareil de transport ennemi. Il le prend en chasse et l’abat sous les yeux de sa femme et des habitants de CHIEVRES accourus pour assister au spectacle.<br /> Quelle ne fut pas sa surprise, après la guerre, de trouver dans le fond de son jardin, des morceaux de cet appareil, jalousement conservés par sa femme.<br /> <br /> Flight Lieutenant en septembre 1943 et Squadron Leader en février 1944. VAN LIERDE est successivement désigné pour la Central Gunnery School et pour la RAF Section de MANSTON.<br /> <br /> Il demande à reprendre du service en opération, acceptant ainsi d'abandonner son grade de Squadron Leader et est affecté d'abord au 3 Squadron et ensuite au <br /> 164 Squadron en août 1944. Nommé à nouveau Squadron Leader, il participe à la tête de cette escadrille britannique à la défense aérienne des forces d´invasion.<br /> Le Colonel VAN LIERDE compte, à la fin de la guerre, un sérieux palmarès à son actif: 7 avions détruits. 1 avion endommagé, 37 bombes volantes abattues, 250 véhicules et 6 navires endommagés. 9 locomotives détruites. <br /> Cet impressionnant tableau de chasse aide à forger sa réputation. Il est d'ailleurs le seul pilote belge à porter 2 bars sur sa DFC ( "Distinguished Flying Cross") accordée par Sa Majesté. le Roi d'Angleterre. Surnommé "l'as belge des bombes volantes", le Colonel VAN LIERDE n´a cependant pratiqué qu´une fois la technique dite de déviation des V1, technique trop dangereuse, étant donné qu´un détonateur pouvait être attaché à l'aile et que la manœuvre pouvait endommager l´aile de l´avion. Il était plus simple, selon lui, de l´abattre au canon.<br /> En mai 1945, le Squadron Leader VAN LIERDE est désigné successivement pour le 84 Group Support Unit et le Belgian Recruting Mission for Liaison Duties au Quartier Général de la 2d Tactical Air Force.<br /> En août 1945, il est affecté au 350 Squadron puis, de retour en Belgique, est commissionné Major en juin 1946 et prend le commandement du "A" Wing (1 Wing de Chasse à Beauvechain) en novembre de la même année.</p><br /> <br /> <strong>Source iconographique et source internet:</strong><br /> <a href="http://www.vieillestiges.be/fr/bio/25">http://www.vieillestiges.be/fr/bio/25</a> Sun, 01 Oct 2017 17:27:01 +0200 Charles Lemaire 5th S.A.S. http://www.freebelgians.be/articles/articles-4-164+charles-lemaire-5th-s-a-s.php http://www.freebelgians.be/articles/articles-4-164+charles-lemaire-5th-s-a-s.php <p style="text-align:center"><img src="http://www.freebelgians.be/upload/charles_lemaire_membre_du_5th_sas_1.jpg" alt="" class="valign_" /></p><br /> <br /> <p style="text-align:justify">Charles Lemaire habitait Ovifat dans les Hautes Fagnes, région belge mais annexée par l'Allemagne durant les deux guerres(la frontière belge se trouvait entre Malmedy et Stavelot).Comme tous les jeunes de la région, Charles Lemaire (né en 1922) a donc reçu son avis d'enrôlement dans l'armée allemande. <br /> Ce qui signifiait être envoyé directement sur le front de l'est et....la mort assurée (ou presque). Il a donc décidé de ne pas se présenter au recrutement et de filer pendant la nuit pour rejoindre l'Angleterre car il avait appris la création des SAS belges.<br /> <br /> Quittant son village le 8 octobre 1941 vers la ‘’Barque Michel’’ et Verviers où il est resté caché 10 jours, il est passé par Liége, Namur, Dinant, Gedinne, Nancy, Besançon, Arbois, Lons-Le-Saunier, Lyon. Il a pris le train vers Narbonne puis a rejoint Toulouse. Il a été arrêté et emprisonné dans un camp de travail à Caujac où il est resté 2 mois. Il s'en est évadé en tuant deux gardiens. Il est passé par Camparnaud où il est resté 3 mois puis Montauban où il est resté 1 mois. Puis il est passé par Carcassonne,Perpignan.<br /> <br /> Il passa les Pyrénées le 15 avril 1942 dans les environs de Figueras et Argelès, il eut cependant beaucoup de chance car lui et les autres clandestins (qui ont été arrêtés) avaient été abandonnés dans la montagne par leur passeur. Il est ensuite allé à Barcelone puis Saragosse, Valadolid, Orense, Braga, Porto. Il arrive à Lisbonne le 21 mai 1942 puis part vers Gibraltar où il arrive le 28 mai 1942.<br /> Il est ensuite transféré vers l'Angleterre après interrogatoire. Une boîte de sardines portugaises, envoyée à la famille ainsi qu'un message sur radio Londres a averti sa mère qu'il était bien arrivé. Après son entraînement (où il perd un œil), il commencera ses opérations spéciales.<br /> <br /> Lors de l’opération NOAH, il a pour mission d’installer, dans un premier temps, une base forte en territoire français avec interdiction de pénétrer en Belgique et d’attendre les renforts et, dans un second temps, d’attendre l’ordre de Londres pour passer en force dans les Ardennes belges et travailler avec la Résistance. Le Captitaine BLONDEEL, craignant que cet ordre n’arrive trop tard, donne des instructions au chef du premier Groupe, le Lieutenant P. RENKIN : ‘’sauter en France, mais passer en Belgique et préparer l’arrivée des renforts en évitant tout contact avec l’ennemi’’<br /> <br /> Dans la nuit du 15 au 16 août 44, le Lt P. RENKIN et 8 SAS atterrissent à 4 km à l’ouest de LA CROIX SCAILLE. Détail amusant, des 9 parachutistes largués, P. RENQUIN et C. DE VILLERMONT sont déportés par le vent et dérivent vers les couverts de FRANC-BOIS. Ils sont donc, involontairement, les premiers alliés à pénétrer en uniforme sur le territoire belge. Les premiers contacts avec le Groupe D du Secteur 5 de la Résistance sont pris. Deux jours plus tard, les SAS rejoignent la <br /> « Barrière de Mointerne » (Belgique). Mais la zone est peu sûre pour y parachuter les renforts. Le Lt RENQUIN décide d’aller vers le nord, dans la région de GEDINNE (Groupe C de la Résistance). Le 29 août, le Captaine BLONDEEL et 6 SAS sautent à l’est de la route RIENNE-VENCIMONT et rejoignent le premier Groupe. Les SAS recherchent les meilleurs emplacements d’embuscades. Le 1er septembre, ils sont rejoints par un troisième Groupe de 16 SAS dirigé par le Lt DEBEFVE. Commence alors une multitude d’opérations de harcèlement et d’embuscades. Le 5 septembre, deux jeeps avec leur équipage sont parachutées, ainsi que l’aumônier SAS JOURDAIN, le Médecin J. LIMBOSCH, D. FRISON, M. ONGENA et 25 containers. Le lendemain, la jonction avec l’armée américaine a lieu. Mais les SAS ont déjà la mission de participer à l’opération ‘’ BRUTUS’’<br /> Tout d’abord parachuté près du Mans, Charles Lemaire est parachuté ensuite près de Gedinne (en Belgique), Il s'y illustrera de manière particulièrement héroïque lors du harcèlement des troupes allemandes au lieu-dit "Pelée Virée". Il y gagnera la Croix de Guerre. Il faisait partie depuis le 24/07/1944 du 5th SAS-troupe A. Il avait le grade de 1ier Soldat. Du 20/12/1944 au 16/01/1945 il participe à l'offensive Von Rundstedt en temps que membre de la 1ière troupe de reconnaissance. <br /> Du 05/04/1945 au 08/05/1945, il fait partie du 1ier Escadron(A).il est sergent comme membre des troupes en jeep. Il participe à la campagne de Hollande et d'Allemagne. Du 09/05/1945 au 03/07/1945 il participe à la recherche des criminels de guerre(Contre-Intelligence).Après sa démobilisation, il restera encore quelques années en Belgique puis partira pour le Québec où il travaillera entre autre comme cuisinier sur les immenses travaux de construction de barrages du Manitoba. <br /> Charles Lemaire est décédé le 30/11/2000 et est enterré à Montréal. <br /> Source bibliograhique :<br /> <a href="http://paratroopbelgiumcongo.e-monsite.com/pages/mon-oncle-charles-lemaire-membre-du-5th-sas.html">http://paratroopbelgiumcongo.e-monsite.com/pages/mon-oncle-charles-lemaire-membre-du-5th-sas.html</a><br /> <br /> Source iconographique :<br /> <a href="http://paratroopbelgiumcongo.e-monsite.com/pages/mon-oncle-charles-lemaire-membre-du-5th-sas.html">http://paratroopbelgiumcongo.e-monsite.com/pages/mon-oncle-charles-lemaire-membre-du-5th-sas.html</a><br /> </p><br /> <br /> <p style="text-align:center"><img src="http://www.freebelgians.be/upload/charles_lemaire_membre_du_5th_sas_3.jpg" alt="" class="valign_" /></p><br /> <p style="text-align:center"><img src="http://www.freebelgians.be/upload/charles_lemaire_membre_du_5th_sas_4.jpg" alt="" class="valign_" /></p><br /> <p style="text-align:center"><strong> Son carnet militaire</strong></p><br /> <br /> <p style="text-align:center"><img src="http://www.freebelgians.be/upload/charles_lemaire_membre_du_5th_sas_7.jpg" alt="" class="valign_" /></p><br /> <p style="text-align:center"><img src="http://www.freebelgians.be/upload/charles_lemaire_membre_du_5th_sas_15_bis.jpg" alt="" class="valign_" /></p><br /> <p style="text-align:center">Son livret matricule</p> Fri, 01 Sep 2017 13:51:36 +0200 Le sauvetage des drapeaux régimentaires de l'Armée belge en 1940 http://www.freebelgians.be/articles/articles-1-163+le-sauvetage-des-drapeaux-r-gimentaires-de-l-arm-e-belge-en-1940.php http://www.freebelgians.be/articles/articles-1-163+le-sauvetage-des-drapeaux-r-gimentaires-de-l-arm-e-belge-en-1940.php <p style="text-align:justify">Les derniers jours de mai 1940, l’Armée belge subit les assauts toujours plus violents de l’envahisseur allemand. Il est acquis que sa résistance lors de la bataille de la Lys a grandement contribué à la réussite du rembarquement du Corps Expéditionnaire britannique et d’une large frange de l’Armée française à Dunkerque.<br /> Cependant la lutte est inégale et le Roi Léopold III voit s’approcher le moment où il sera acculé à la capitulation. Le 27 mai vers 14h00, ne voulant pas que les emblèmes de ses régiments tombent aux mains de l’ennemi, il lance l’ordre à toutes les unités de ramener au Quartier général, qui est installé au château de Wijnendaele, les drapeaux, étendards, fanions, avec leurs accessoires, hampes, lions. etc. Ceux qui ne pourront le faire devront veiller à ce que les emblèmes soient détruits.<br /> Entre-temps, deux officiers de l’Etat-Major sont envoyés auprès de Mgr Lamiroy, évêque de Bruges, pour lui demander de cacher les drapeaux. Le prélat refuse, estimant cette entreprise trop risquée : en effet, la ville regorge de réfugiés, elle pourrait être bombardée et les troupes allemandes avancent rapidement.</p><br /> <br /> <p style="text-align:center"><img src="http://www.freebelgians.be/upload/sauvetage_drapeaux_001_vue_de_l_abbaye_benedictine_de_zevenkerken.jpg" alt="" class="valign_" /></p><br /> <p style="text-align:center">Abbaye de Zevenkerken (vue actuelle)</p><br /> <br /> <p style="text-align:justify">De retour au quartier général — il est déjà 17h00, - les deux officiers se voient confier par le Roi la mission d’exécuter la même démarche à l’abbaye de Zevenkerken, située à la limite de St-Andries-Brugge et de Loppem. Sans hésiter, le Père Abbé, Dom Théodore Nève accepte: “C’est pour l’abbaye de St-Andries un grand honneur d’accueillir les glorieux drapeaux de l’Armée” .Il y a cependant un risque: dès le début des hostilités, l’abbaye a été transformée en hôpital de campagne. Plus de 800 blessés, Belges, alliés et ennemis y sont soignés en ce moment. </p><br /> <br /> <p style="text-align:center"><img src="http://www.freebelgians.be/upload/domneve1_bis_ter.jpg" alt="" class="valign_" /></p><br /> <p style="text-align:center">Dom Nève </p><br /> <br /> <p style="text-align:justify">Le Père Abbé indique aux émissaires royaux une porte à l’arrière des bâtiments par où ils pourront arriver à l’abri des regards indiscrets. Mais se sentant trop âgé pour s’occuper de l’organisation pratique de cette entreprise, il met dans la confidence le Père Francis de Meeûs; lui intimant l’ordre de garder le secret le plus absolu.<br /> La nuit venue, le Père Francis guette l’arrivée des deux officiers amenant les précieux colis. Il y aura trois voyages, par des petites routes, afin de ne pas éveiller le moindre soupçon. Au total 37 étendards régimentaires ainsi que des accessoires, des fanions et autres emblèmes, le tout emballé ou non de façon hétéroclite: caisses, cartons, papier brun, etc. ainsi qu’un lourd coffret contenant les secrets militaires de l’Armée belge<br /> Les trois hommes transportent le tout à l’étage, dans un local situé dans l’aile du bâtiment réservée au Père Abbé. Quand leur tâche se termine, il est déjà 7 heures du matin le 28 mai 1940, jour de la capitulation<br /> Les drapeaux de l’Armée belge ne pourront cependant demeurer dans ce local. Le Père Francis connaît un endroit qui serait une cache idéale, et le montre aux deux officiers, afin que ceux-ci puissent en témoigner au Quartier-général.<br /> Il y a dans cette aile du bâtiment une tourelle qui, à l’origine, ne s’élevait pas plus haut que le plafond du rez-de-chaussée adjacent, et qui abritait une chapelle privée. Plus tard, cette tourelle sera surélevée de façon à y aménager une autre chapelle à l’usage du Père Abbé. Entre le plafond de la chapelle inférieure et le sol de la chapelle supérieure, il y a un espace vide, difficile d’accès et pratiquement inconnu de tous. Etant jeune moine, le Père Francis a, par hasard, repéré cette cachette, dont même le Père Abbé ignorait l’existence. C’est là qu’il décide de dissimuler les drapeaux.<br /> Il faut cependant murer l’ouverture. Il y a dans la communauté un frère qui est assez habile en travaux de construction: le Frère Yves Lencot, dessinateur en construction et géomètre. Le Père Francis le charge confidentiellement de cette tâche, en lui faisant croire qu’il s’agit de mettre à l’abri les archives du couvent. Ce ne sera pas une mince affaire de porter à pied d’œuvre, avec mille précautions, briques, sable, ciment, etc. sans attirer l’attention, mais tout se passa bien.</p><br /> <br /> <strong>Source bibliographique:</strong><br /> <br /> Extrait de. Le Volontaire de Guerre - 1° trimestre 1999 <br /> Par A. Pattyn<br /> <br /> <strong>Sources iconographiques:</strong><br /> <br /> <a href="http://www3.telebecinternet.com/benedictines/index.html">http://www3.telebecinternet.com/benedictines/index.html</a><br /> <a href="http://www.maisondusouvenir.be/sauvetage_drapeaux.php">http://www.maisondusouvenir.be/sauvetage_drapeaux.php</a><br /> <a href="http://pallas.cegesoma.be/pls/opac/plsp.getplsdoc?lan=F&amp;htdoc=general/opac.htm">http://pallas.cegesoma.be/pls/opac/plsp.getplsdoc?lan=F&amp;htdoc=general/opac.htm</a> Tue, 01 Aug 2017 10:26:39 +0200 Un gendarme dans la Résistance: Alphonse MACKELS http://www.freebelgians.be/articles/articles-3-162+un-gendarme-dans-la-r-sistance-alphonse-mackels.php http://www.freebelgians.be/articles/articles-3-162+un-gendarme-dans-la-r-sistance-alphonse-mackels.php <p style="text-align:center"><img src="http://www.freebelgians.be/upload/mackels_000_image_en_tete.jpg" alt="" class="valign_" /></p><br /> <br /> <strong>LES ANNEES AVANT LA RESISTANCE</strong><br /> <br /> Alphonse MACKELS est né à Wirtzfeld, sa naissance est déclarée à Bullange (Liège) le 5 mars 1909. Il est le fils de Nicolas MACKELS et de Gertrude MACKELS.<br /> Il entre au service de la Gendarmerie d’abord à la Calamine à Liège, puis à Bruxelles. Là, il rencontre Hélène CHAVET, née à Wirtzfeld, déclarée à Bullange (Liège), le 17 mai 1916, fille de Joseph CHAVET et de Rosa SCHULZEN. C’est donc une ancienne connaissance issue de son village natal, elle travaille comme gouvernante chez un médecin, et s’occupe des enfants.<br /> <br /> <strong>LA RESISTANCE – UNITE REFUGE PANTHERE ZONE IV 3ÈME CIE</strong><br /> <br /> Depuis le 20 novembre 1940, Alphonse fait partie de la Résistance et appartient d’abord à la Légion Belge, puis à l’unité refuge Panthère zone IV 3e Compagnie de l’Armée Secrète (A.S.). Il est adjoint au commandant de Compagnie.<br /> A peine arrivé à Nivelles dans la Résistance qui crée ses trames souterraines, MACKELS est au premier rang. On cache des armes, on constitue des dépôts d’essence, on recrute des hommes, on crée des lignes d’évasion, des réseaux d’espionnage. MACKELS est dans toute la cheville ouvrière. Il est l’homme de confiance de tous ceux qui ont pris des responsabilités dans les œuvres de la Résistance.<br /> Pour rendre plus de services, il capta la confiance des Allemands de la Kommandantur de Nivelles. Que de renseignements parviennent par son truchement ! Que de documents - dénonciations anonymes, ou autres - détournées par lui au péril de sa vie. Y a-t-il un chef, à un quelque échelon que ce soit, qui n’ait eu recours à MACKELS en des circonstances difficiles !<br /> Et puis viendront les parachutages, les sabotages, les missions armées – MACKELS participera à leur préparation et le plus souvent à leur exécution avec celui qui est devenu son grand ami René BURION. <br /> En 1941, plusieurs groupes de résistants se mettent en place : le groupe CAROL, le groupe G., le service MILL, le MNB (Mouvement National belge), la Légion Belge et le Front de l’Indépendance.<br /> A la même époque, un groupe indépendant voit le jour, il est composé de Burion, Pardonche, Mackels, Pierard, Blaes et Voituron H. Ils feront partie de l’A.S. en 1943.<br /> En 1941, la résistance Nivelloise compte ses premières victimes. Jean DUBOIS, Léon MAQUE et Robert MICHEL sont arrêtés et fusillés au tir national.<br /> Les actions des résistants sont variées : aides aux réfractaires et aux juifs, fabrication de faux papiers, récupération d’armements et d’explosifs,… lors de parachutages, vol des Registres de la Population et de l’Etat-Civil, récupération d’aviateurs, diffusion de tracts, sabotage des installations ferroviaires, attaque de bureaux de poste (700.000 francs le 7 avril 1944), vol de sceaux communaux, de timbres de rationnement, vol de tissus et de draps lors de l’attaque du château Hennin, ayant permis la confection des salopettes et des brassards, arrestation de collaborateurs, attaque du Q.G. général de la Gestapo à Nivelles le 1er septembre 1944 avec l’arrestation du gestapiste Dero, etc. Durant la nuit du 10 au 11 novembre 1943, les résistants étaient parvenus à placer un drapeau au bout d’un tuyau à gaz dans la main de Jean de Nivelles<br /> <br /> Depuis le 31/13/1936, Alphonse a le grade de maréchal des logis 2e classe à cheval. Le 15/12/1941, suite à la réorganisation de la Gendarmerie, il passe à la Compagnie d’Ixelles.<br /> <br /> <p style="text-align:center"><img src="http://www.freebelgians.be/upload/mackels_017_mariage_mackels.jpg" alt="" class="valign_" /></p><br /> <br /> Après leur mariage, le couple MACKELS-CHAVET installe leur résidence à Nivelles le 15 avril 1941, il habite à la rue Général LEMAN au numéro 13.<br /> Le 1/07/1943, Alphonse passe d’office à la Compagnie de Nivelles.<br /> <br /> A la même époque, un groupe indépendant voit le jour, il est composé de Burion, Pardonche, Mackels, Pierard, Blaes et Voituron H. Ils feront partie de l’A.S. en 1943.<br /> En 1941, la résistance Nivelloise compte ses premières victimes. Jean DUBOIS, Léon MAQUE et Robert MICHEL sont arrêtés et fusillés au tir national.<br /> Les actions des résistants sont variées : aides aux réfractaires et aux juifs, fabrication de faux papiers, récupération d’armements et d’explosifs,… lors de parachutages, vol des Registres de la Population et de l’Etat-Civil, récupération d’aviateurs, diffusion de tracts, sabotage des installations ferroviaires, attaque de bureaux de poste (700.000 francs le 7 avril 1944), vol de sceaux communaux, de timbres de rationnement, vol de tissus et de draps lors de l’attaque du château Hennin, ayant permis la confection des salopettes et des brassards, arrestation de collaborateurs, attaque du Q.G. général de la Gestapo à Nivelles le 1er septembre1944 avec l’arrestation du gestapiste Dero, etc. Durant la nuit du 10 au 11 novembre 1943, les résistants étaient parvenus à placer un drapeau au bout d’un tuyau à gaz dans la main de Jean de Nivelles.<br /> <br /> <strong>L’ARMEE SECRETE</strong><br /> <br /> L’Armée Secrète compte 54.000 membres dont 4.000 sont morts lors d’une action (1.068), exécutés (657), dans un camp de concentration (2.195) ou accidentés en service commandé (12).<br /> Elle est la seule formation purement militaire encadrée par des officiers de carrière. Ce caractère militaire est nécessaire pour que ses membres ne soient pas considérés comme des francs-tireurs, ils bénéficient ainsi protégé par la Convention de Genève au titre de combattant, d’où le port de l’uniforme qui est la salopette.<br /> Fin 1942, Londres reconnaît officiellement les Troupes secrètes et leurs chefs. L’A.B. (Armée de Belgique) avec son commandant Bastin est considérée comme armée régulière sans couleur politique […] C’est dans les directives de base « Le cheval de Troie » (août 43) qu’on parle pour la première fois de l’Armée secrète (A.S.) pour désigner l’A.B. Ce ne fut cependant que le 1er juin 1944 que l’A.B. reçut son appellation définitive d’A.S. <br /> En octobre 1943, de nombreux membres de l’A.S ont pris le maquis. Dix-sept A.S. ont été arrêtés suite au parachutage de Baudémont. (Ittre)<br /> Le 20 octobre 1943, vers 4 heures du matin, un Lancaster largue une douzaine de containers au-dessus du lieu-dit « le Bon Dieu qui croque », à Haut Ittre. Le terrain a été choisi par André DELESTIENNE. La récupération des containers est une réussite, ceux-ci contiennent deux colis de pigeons voyageurs et trois tonnes d’armes et d’explosifs. Joseph TAMIGNEAU, chargé de cacher les armes est étonné du poids et du volume des containers, il est bien obligé d’improviser et fait déposer les containers à l’entrée du château de Baudémont où ils furent recouverts de fagots.<br /> Le lendemain, dix containers sont descendus dans un caveau situé au milieu du potager en entente avec la Comtesse, le Comte et leurs deux fils. Deux containers seront emmenés par le camion de Coco PARDONCHE qui les stockera dans une cabine à gaz au boulevard des Arbalétriers à Nivelles.<br /> En novembre, suite à des indiscrétions, les Allemands découvrent un dépôt d’armes à Waterloo. Un combat s’est engagé entre les Allemands et les résistants qui gardaient le dépôt. Parmi ceux-ci, deux sont tués et quatre sont capturés.<br /> Plusieurs transferts d’armes et d’explosifs vont se faire de novembre à décembre du château de Baudémont.<br /> Suite à l’infiltration du traître Prosper DE ZITTER, le réseau est brûlé et la plupart des résistants choisissent la clandestinité. Jules GIGOT est pris à Haversin ; sous la torture, il parlera du stock d’armes caché au château.<br /> Le 5 décembre, le château est encerclé et perquisitionné par les Allemands. Ceux-ci trouvent un container vide, la famille de Lichtervelde est arrêtée, sauf le cadet qui a pu être averti de ne pas rentrer.<br /> La Comtesse est relâchée, mais d’autres arrestations vont suivre le 10 décembre : Joseph TAMIGNEAUX, José BONNENGE et Camille DEJASSE. Deux jours plus tard, ce sera le tour de Jonhy VAN PELT. Ils seront condamnés à mort en mai 44, et envoyés en Allemagne. Seuls VAN PELT et TAMIGNEAUX en reviendront.<br /> Le 4 juin 1944, l’état-major du secteur Sud [de l’A.S.] s’était constitué à Sart-Dames-Avelines et installé, après un premier déménagement, à Marbais à la ferme de la Jouerie appartenant aux Dumont de Chassart.<br /> Le secteur Sud comprenait cinq refuges :<br /> - Le refuge Goujon (Ours) avec 3 compagnies – Waterloo, Braine l’Alleud ;<br /> - Le refuge Hareng (Panthère) avec 4 compagnies – Nivelles, Genappe – qui a pour commandant le lieutenant Descampe à Villers-la-Ville, Alphonse MACKELS faisait partie de la 3e Cie ;<br /> - Le refuge Ichtus (Lynx) avec 4 compagnies – Wavre ;<br /> - Le refuge Jarvan (Jaguar) avec 2 ( ?) compagnies – Gembloux ;<br /> - Le refuge Requin (Puma) avec 1 compagnie – Marchovelette. <br /> <br /> Le 8 juin 1944, l’ordre de déclencher les sabotages sur tout le territoire national était lancé sur les ondes de la B.B.C., les équipes de l’A.S. se mirent à l’ouvrage.<br /> Alors que les Allemands battent en retraite, la section nivelloise de l’A.S. sort de l’ombre.<br /> Pendant quatre jours, elle fut sur la brèche, engagée à Baulers, Bois de Nivelles, Monstreux, Lillois et Nivelles où elle eût trois échauffourées avec les Allemands. Le bilan de ces quelques journées se traduisit, du côté allemand par 17 morts ou blessés graves et environ 250 prisonniers, chiffre dans lequel est inclus celui des blessés légers . Du côté de l’A.S., sept membres ont été tués. A cela il faut ajouter un FFI (mort accidentelle) et deux nivellois Albert DUPIERREUX et Maurice SCUTTENAIRE décédés des suites de leurs blessures.<br /> A l’aube du 3 septembre, l’A.S. s’attaque à un cantonnement allemand situé à l’Enfant Jésus, qui était un grand dépôt d’armes et de munitions de la Luftwaffe. L’ennemi avait déjà réalisé la mise à feu et s’était retiré. Six hommes avaient entre temps atteint le dépôt et éteint un premier foyer d’incendie, sauvant 50 fusils mitrailleurs, un millier de fusils et quelques mitrailleuses, ainsi que de nombreuses munitions. Le second foyer d’incendie a été éteint et quelques dizaines de kilos d’explosifs récupérés.<br /> Le 2 septembre, Ernest ROBERT, Edouard DESCAMPE et Jean-Pierre DESMET capturent un convoi allemand comprenant trente-trois soldats, cinquante chevaux et beaucoup d’armement.<br /> Les 3 et 4 septembre, les résistants de l’A.S, de la 3ème Cie du groupe Panthère de Nivelles procède aux opérations de nettoyage de la ville de Nivelles, au départ du dernier blindé allemand et avant l’arrivée des Américains.<br /> Le 4 septembre, Alfred BOUDART, commandant de la brigade de gendarmerie de Nivelles dirige les opérations de Nivelles – il avait dû prendre le maquis en mars 44 suite au parachutage de Baudémont, il procède à l’arrestation des inciviques et participe aux guérillas de la libération.<br /> CIRCONSTANCES DE LA MORT D’ALPHONSE MACKELS<br /> Depuis le dimanche 3 septembre 1944, à midi, heure H de l’offensive de la Résistance, le maréchal de logis de gendarmerie Alphonse MACKELS et l’officier de marine René BURION étaient sur la brèche.<br /> Après la libération de Nivelles, l’Armée Secrète cherchait l’ennemi partout.<br /> C’est ainsi que leur destin les amena à Lillois. Là, ils apprennent qu’un petit groupe d’Allemands vient de passer et a pris la direction d’Hulencourt. Ils vont les poursuivre. N’écoutant que son ardeur trop longtemps réfrénée, Pierre DE VISSCHER se joint à eux et l’auto fonce, conduite par Richard HAVAUX. Et bientôt, c’est la tragédie.<br /> Des Allemands à vélos progressent vers le Trou du Bois. MACKELS et BURION, sur le capot de la voiture, les tiennent au bout de leur mitraillette. Vont-ils tirer et abattre ces hommes dans le dos ?<br /> MACKELS leur crie en Allemand de se rendre. Mais l’ennemi vaincu et en déroute avait encore des réactions brutales. L’Allemand le plus proche descend de vélo, lève les bras en l’air, comme s’il se rendait, se retourne, saisit la mitraillette en sautoir sur sa poitrine et fauche nos amis surpris. Les autres soldats reviennent en arrière et tirent.<br /> <br /> <p style="text-align:center"><img src="http://www.freebelgians.be/upload/mackels_056_image_funerailles.jpg" alt="" class="valign_" /></p><br /> <br /> Source bibliographique :<br /> <a href="http://www.maisondusouvenir.be/alphonse_mackels.php">http://www.maisondusouvenir.be/alphonse_mackels.php</a><br /> et Joël FERY<br /> Sources photos :<br /> <a href="http://www.maisondusouvenir.be/alphonse_mackels.php">http://www.maisondusouvenir.be/alphonse_mackels.php</a><br /> Octave SANSPOUX et Joël FERY Sat, 01 Jul 2017 15:05:56 +0200 Lt-Col.Aviateur Manu GEERTS. http://www.freebelgians.be/articles/articles-2-161+lt-col-aviateur-manu-geerts.php http://www.freebelgians.be/articles/articles-2-161+lt-col-aviateur-manu-geerts.php <p style="text-align:center"><img src="http://www.freebelgians.be/upload/geerts_1_freebelgians.jpg" alt="" class="valign_" /></p><br /> <br /> Il s´appelait en réalité Louis-Emmanuel GEERTS. Né à DUFFEL, le 23 avril 1907, il a juste 19 ans quand il s´engage, le 31 mai 1926, à l'Aviation Militaire. Il suit d'abord l´école de pilotage de WEVELGEM, il est ensuite affecté à une escadrille de chasse à SCHAFFEN.<br /> Lorsqu’en septembre 1933 on crée le cours de perfectionnement au pilotage, "Manu" fait partie de la seconde équipe de moniteurs.<br /> Blessé le 10 mai 1940, il est évacué en FRANCE et se trouve à MARSEILLE le 28 mai 1940, jour de la capitulation de l´armée belge. De là, il gagne le MAROC où il suit les péripéties de l´école de pilotage.<br /> Lorsque le personnel de l´école est envoyé en ALLEMAGNE, "Manu" se trouve au camp d'HAMMERSTEIN d´où il s´évadera.<br /> Le 25 mars 1942, il commence la grande aventure pour rejoindre, par le "chemin des écoliers" (la FRANCE, via les PYRENEES, l´ESPAGNE, le PORTUGAL et GIBRALTAR), l´ANGLETERRE.<br /> "Manu" rejoint la RAF le 25 septembre 1942. Après une période de réentraînement, il est muté successivement aux squadrons 124, 610 et 609. C´est à la 609 que "Manu" a pu donner la mesure de sa valeur, il en recevra le commandement en juin 1944, au plus fort de la bataille de NORMANDIE. A cette époque il a déjà remporté plusieurs succès au cours de combats.<br /> Ses exploits sont rappelés dans la citation de la Distinguished Flying Cross qu´il reçoit le 24 juillet 1944 :<br /> <br /> <em>"This officer has taken part in twenty-four sorties against heavily defended targets. He has shown a high standard of skill, courage and initiative, qualities which have earned him much success. He has destroyed two enemy aircraft and damaged several locomotives and barges."</em><br /> <br /> <p style="text-align:center"><img src="http://www.freebelgians.be/upload/michpapgeertsfreebelgians.jpg" alt="" class="valign_" /></p><br /> <br /> Voici un de ses hauts faits d'armes raconté par Frank ZIEGLER dans l´ "Histoire de la 609" :<br /> <em>"On the 13th of August, after having received permission by Hitler, the German forces retreat behind the Seine. It actually seems that Manu GEERTS, at the head of eight Typhoons on an armed reconnaissance of the FALAIS-VIMOUTIERS-ARGENTAN area, was the very first man in the air to spot them. In the morning beneath mist and thick cloud the enemy may have felt secure. But finding a gap in the clouds and plunging down through it with his Squadron, Manu found tanks, guns, troop carriers and other vehicles crawling head to tail. Four tanks at once became "flamers", and the fire spread. The mission was perhaps the best that 609 as a rocket-firing squadron had yet archieved. It was Manu Geerts last mission as C.O. of 609. </em>"<br /> <br /> Cette bataille allait être déterminante. Ce fut en fait la fin de la fameuse <em>"Falaise pocket"</em> et le repli en déroute des troupes ennemies encerclées. Une fois de plus, "Manu" GEERTS avait bien mérité de la Patrie.<br /> Peu de temps après il est mis au repos. Il est désigné comme officier de liaison auprès du Commandement de la Chasse où il rendra d´éminents services aux jeunes aviateurs belges. Il assumera, plus tard, d´importantes fonctions à l'Inspectorat Général of the Belgian Air Force.<br /> En 1948, il prend le commandement de l'école de tir à COXYDE et initie les jeunes pilotes au combat aérien. Ayant atteint la limite d'age, il quitte la Force Adrienne en 1959 revêtu du grade de Lieutenant-Colonel.<br /> La valeur de cet officier, aimé et apprécié de tous, avait encore été consacrée par les citations suivantes à l'Ordre du jour de l'Armée :<br /> --Croix de Guerre 1940 avec palme :<br /> <br /> Excellent pilote de chasse, en opérations depuis janvier 1943. N´a pas cessé de se signaler par son mordant au combat. Le 4 décembre 1943, au cours d'une mission particulièrement périlleuse au-dessus d'EINDHOVEN (HOLLANDE) a participé avec son escadrille à l´attaque de 14 Dorniers 217. Sur 7 Dorniers détruits au cours de cette action, s´est acquis une victoire. <br /> <br /> --Palme supplémentaire sur la Croix de Guerre :<br /> <br /> Le 02 janvier 1944, a abattu en combat aérien au-dessus des territoires occupés, un Focke Wulf 190, remportant ainsi sa deuxième victoire confirmée. <br /> <br /> --Lion sur la Croix de Guerre:<br /> <br /> Le 04 janvier 1944, se trouvant en mission offensive au-dessus du continent, abat en combat aérien un Dornier 217, en collaboration avec un autre pilote.<br /> <br /> --Chevalier de l´ordre de la Couronne avec palme :<br /> <br /> Pilote de grande classe, Officier de mérite. En NORMANDIE, a mené son escadrille dans 49 missions offensives de support immédiat de l´armée. A détruit depuis sa dernière citation : 3 tanks, 8 voitures et endommagé 2 barges, une dizaine de tanks, une vingtaine de véhicules et six installations radio-électriques.<br /> Source Internet et sources iconographiques :<br /> <a href="http://www.vieillestiges.be/fr/bio/12">http://www.vieillestiges.be/fr/bio/12</a><br /> <a href="http://www.vvjack.be/PORTAIL/photos.php?id=72">http://www.vvjack.be/PORTAIL/photos.php?id=72</a><br /> <a href="http://www.cometeline.org/ficheB015.html">http://www.cometeline.org/ficheB015.html</a> Tue, 06 Jun 2017 15:54:01 +0200 LE SCOUTISME BELGE, PENDANT LA SECONDE GUERRE MONDIALE http://www.freebelgians.be/articles/articles-4-160+le-scoutisme-belge-pendant-la-seconde-guerre-mondiale.php http://www.freebelgians.be/articles/articles-4-160+le-scoutisme-belge-pendant-la-seconde-guerre-mondiale.php <strong>LE DÉBUT DE LA GUERRE</strong><br /> <p style="text-align:justify">Lorsque le gouvernement belge décrète la mobilisation générale en 1939, des scouts se trouvent disponibles pour de multiples services qui s’improvisent: on en voit à servir dans des cantines dans les gares, creuser des tranchées censées servir d’abri pour la population, etc. <br /> Cela se présente bien, ce sont les grandes vacances. Mais quand les classes reprennent, en septembre, les garçons rejoignent leurs écoles. La vie des unités scoutes continue malgré le vide laissé par les animateurs mobilisés.<br /> Le 10 mai 1940: invasion de notre territoire, les choses ont brutalement changé. Les activités de week-end projetées pour la Pentecôte se transforment en un tragique exode, celui des familles fuyant l’invasion et celui provoqué par le gouvernement belge qui dirige vers le midi de la France tous les hommes de 16 à 35 ans Durant cet exode, les chefs scouts repliés dans le sud de la France, procédèrent à Toulouse à l’encadrement de 25 000 belges de 16 à 19 ans, éparpillés et désœuvrés dans les compagnies de jeunesse des C.R.A.B. (Centre de Recrutement de l’Armée Belge).</p> <br /> <br /> <p style="text-align:center"><img src="http://www.freebelgians.be/upload/scoutfreebelgians_1.jpg" alt="" class="valign_" /></p><br /> <p style="text-align:center">Les quinze victimes du mitraillage d’Escaudœuvres (Cambrai) reposent depuis mai 1940 dans le cimetière local.</p><br /> <br /> <p style="text-align:justify">Mission salvatrice qui détourna les jeunes de l’oisiveté, de l’indiscipline et de l’ennui. Mais les moyens de transport font défaut. Le scoutisme prend les devants et organise pour tous les membres concernés un convoi qui aboutit dans les environs de Montpellier, où des sortes de camps routiers s’établissent et vont durer trois mois. Tous les membres du scoutisme ne rejoignent pas l’organisation fédérale, beaucoup sont dispersés dans d’autres camps, organisés par les pouvoirs publics.<br /> Un grave manque de cadres sévit; leur expérience d’actions en groupes organisés permet aux scouts présents d’aider à répondre à ce besoin. L’esprit scout se perpétue et nombre de chefs et routiers tombent au champ d’honneur pendant cette "Campagne des 18 jours" (du 10 au 28 mai 1940).<br /> En Belgique, durant l’été 1940, la situation est pour le moins confuse car on ne voit pas ce qui est permis ou défendu.<br /> De retour au pays, les scouts vont intégrer les organismes de résistance, encadrent de nombreux camps d’enfants retardés mentalement et d’enfants de prisonniers (Camps A.E.P.: (Aide aux Enfants de Prisonniers). Ils rendent aussi de multiples services: aide aux sinistrés, déblaiement, sauvetage des blessés lors des attaques aériennes etc. Mais l’ennemi guettait ces représentants d’un idéal opposé à leurs vues, les exhortant d’abord à collaborer, puis devant leur refus, ce furent les nombreuses brimades, les arrestations et les condamnations. De nombreux chefs routiers s’évadent et rejoignent l’Angleterre pour combattre avec les armées alliées.<br /> Durant l’occupation, les dirigeants scouts se refusent donc à aligner leur mouvement sur les Jeunesses Hitlériennes. Malgré les tracasseries, les interdictions, le scoutisme parvient à se maintenir, en veilleuse, mais en totale autonomie.</p><br /> <br /> <strong>UNE RÉORGANISATION NÉCESSAIRE</strong><br /> <p style="text-align:justify">Dans les pires conditions, le mouvement scout démontre sa très grande capacité d’organisation, son utilité sociale et son ambition civique. À cette époque troublée, aux distractions rares, de nombreux jeunes cherchent dans le scoutisme un dérivatif à la grisaille ambiante.<br /> Une des caractéristiques du mouvement scout au cours de la Seconde Guerre mondiale est de voir ses effectifs croître de manière exponentielle durant toute la durée des hostilités, grâce à une politique de recrutement menée notamment pour contrer l’émergence des mouvements de jeunesse d’ordre nouveau inspirés du scoutisme. Durant la guerre, ses effectifs gonflent de 9.239 en 1939 à près de 20.000 en 1945. 120 unités scoutes sont créées en 1943.<br /> Cette croissance induit cependant la nécessité de trouver des chefs en nombre suffisant pour assurer l’encadrement des nouveaux groupes.</p><br /> <br /> <strong>LES DIFFICULTÉS DE L’OCCUPATION</strong><br /> <p style="text-align:justify">Le programme des activités doit être aussi soumis à l’approbation de la Kommandantur. Depuis juin 1940, l’occupant interdit, en effet, toute publication non soumise à la censure.<br /> Entre les mois de mai 1940 et mars 1941, la Fédération des Scouts Catholiques (FSC), à Bruxelles, connaît une période difficile, qui voit, entre autres, ses locaux de la rue de Dublin mis sous scellés par la Gestapo. Il n’y a pas qu’à la rue de Dublin que des difficultés surgissent. Dans les districts ou des unités, des membres se font arrêter, à cause de leur activité dans la résistance, ou même pour des motifs beaucoup moins graves. Cela déclenche des perquisitions dans les locaux. Ailleurs, des mesures générales sont prises. À Liège, le scoutisme est tout simplement interdit et il doit se camoufler sous la forme d’œuvres paroissiales et envoyer à l’assureur des listes ne mentionnant rien qui fasse penser au scoutisme. Les conditions difficiles que vit le pays sont un stimulant pour l’esprit de dévouement à la communauté. Le scoutisme peut répondre là à un besoin d’encadrement des jeunes: colonies de vacances, camps d’enfants de prisonniers, etc. <br /> Dans ces organismes, dont les fondateurs proviennent des cadres de la FSC, l’utilisation des méthodes scoutes est une réussite dans les collèges et internats où des enfants de prisonniers sont accueillis.</p><br /> <br /> <strong>LA RÉSISTANCE</strong><br /> <p style="text-align:justify">À épingler, cet épisode des 80 enfants juifs arrivés clandestinement au Château du Faing, de Jamoigne (Florenville) en 1943 et qui ont été intégrés à des activités scoutes et scolaires. Dès 1942, le C.D.J.(Comité Des Juifs) avait déjà érigé une véritable administration clandestine, protégeant le mieux qu’elle pouvait une population juive équivalente à celle d’une petite ville, population dispersée aux quatre coins de la Belgique et pourchassée sans relâche par les limiers SS. <br /> Mais une de ses principales missions était d’assurer le sauvetage des enfants juifs de Belgique. C’est alors qu’une section "Enfance" fut mise sur pieds et l’on peut dire, d’après les statistiques publiées après la guerre, que près de 60 % de ces enfants ont échappé à la "Solution finale" et ceux de Jamoigne sont de ceux-là.<br /> C’est ainsi que va se mettre en place toute une filière qui parviendra à placer dans des institutions diverses (couvents, pensionnats, cliniques, homes, orphelinats, sans compter quelque 700 logeurs) plus de 2.500 enfants et adolescents, Dans ce service clandestin, quelques personnes sont à l’œuvre et travaillent au moyen de fichiers codés. Dés la fin 1942, 425 enfants sont déjà placés mais la police SS est vite au courant de cette filière et les premiers enfants juifs sont arrêtés au couvent Saint-Sauveur d’Anderlecht.<br /> C’est sans doute alors que l’Œuvre Nationale de l’Enfance (ONE) sous le patronage de la Reine Élisabeth, songe au home du Faing à Jamoigne. C’est alors qu’au début 1943 que le service social de l’ONE fait amener par train les enfants juifs à Jamoigne. Quelques enfants, dont 3 frères, en partance pour les sinistres camps allemands, sont arrachés la nuit précédant leur départ à la caserne Dossin de Malines et via le home de Wezembeek-Oppem, seront acheminés vers Jamoigne.<br /> Tous ces enfants sont confiés au home Reine Élisabeth de Jamoigne à un personnel (moniteurs et monitrices) et à des enseignants parfaitement au courant de la situation qui intégreront tous ces nouveaux arrivants scolaires, sous des noms d’emprunt, avec la complicité de l’inspection cantonale, du bourgmestre et des deux médecins locaux. Jamoigne, sera visité par les allemands, un matin de juillet 1943. Les nombreux enfants échappèrent, miraculeusement, probablement au fait qu’un des moniteurs, perdant son sang-froid, se réfugia sous les combles où il fut découvert après une chasse à l’homme qui distraya certainement les allemands de leur première intention. Les murs du château du Faing furent un havre de paix durant ces nombreux mois d’une clandestinité parfaite grâce au mutisme du personnel.<br /> Au camp fédéral de formation de La Fresnaye (Dworp), des sessions de formation vont toutefois pouvoir reprendre. Elles se poursuivent durant toute l’occupation, sous les tentes ou dans les divers cantonnements suivant les mesures prises par l’occupant.<br /> En avril 1942, les autorités allemandes décréteront l’interdiction de camper sous tente, si bien que les responsables du camp-école de La Fresnaye, au mois de septembre 1942, inviteront tous les participants à construire leur hutte à l’aide de branchages.</p><br /> <br /> <strong>LE SCOUTISME BELGE EST OBLIGÉ DE SE CACHER</strong><br /> <p style="text-align:justify">L'interdiction du port de l’uniforme par les allemands date de mars 1943. Les scouts se contenteront surtout de délaisser le chapeau traditionnel, les badges et les insignes mais ils poursuivront leurs activités. Cela n’empêche pas des scouts de se rendre, munis d’un paquet approprié, à leur local en ce jour particulier, par exemple, où doivent se faire les promesses. Qu’à cela ne tienne, la troupe royale (créée tout spécialement pour le jeune Prince Baudouin, selon le souhait express de son père le Roi Léopold III, cette troupe passa aussi outre de l’interdiction et continua ses activités à l’abri des regards indiscrets, dans les domaines royaux. Chacun venait avec son uniforme sous le bras et une fois pénétré dans l’enceinte, chacun revêtait ses habits scouts. Malgré tous ces subterfuges, la troupe royale (3e Laeken) devra cesser ses activités en 1944. Le Prince Baudouin (Élan Loyal) fera sa promesse scoute le 5 avril 1942. Le même jour, il reçoit le sacrement de confirmation du Cardinal Van Roey, Primat de Belgique.<br /> À partir de mars 1943, il y a des activités en plein air qui sont cependant très peu indiquées, comme le morse à la lumière ou un hike dans les régions où des maquis sont particulièrement nombreux et actifs. Pour les clans routiers, les choses sont moins simples; des gars ont l’âge requis pour le travail obligatoire en Allemagne et se trouvent dans la nécessité de se camoufler.<br /> Des animateurs, des routiers, tout un groupe venant d’un clan parfois ou d’une unité, engagés dans la résistance sont pris, emprisonnés, déportés. Des centaines de scouts, à titre individuel ou en groupe, entrent dans la résistance pour prendre part activement à ses activités, notamment aux actes de sabotage et aux liaisons. Certains paient de leur vie leur activité patriotique</p>.<br /> <br /> <strong>LE CAMP DE FORMATION DE LA FRESNAYE</strong> situé à Tourneppe (Dworp) en Brabant Flamand.<br /> <p style="text-align:justify">En 1943, la fréquentation sera tellement importante au camp de formation de La Fresnaye, qu’il faudra prévenir à l’avance pour être sûr de trouver de la place. Au cours de l’année 1943, 89 messes sont célébrées au camp, une preuve du succès rencontré par le site. Au cours de cette même année 1942, Jacques Brel, dit Phoque hilarant est ainsi de passage à ce camp de La Fresnaye avec sa patrouille pour poursuivre les travaux d’aménagement de la cabane que son unité (la 41e Albert 1er à Schaerbeek) a construit sur place. Autre figure bien connue ayant participé à un camp-école louveteau du 7 au 13 septembre 1942 : le Père Pire, futur Prix Nobel de la Paix en 1958. Au cours du conflit, il est simultanément aumônier dans l’Armée Secrète et agent des services de renseignements et d’action. (S.R.A.)</p><br /> <br /> <p style="text-align:center"><img src="http://www.freebelgians.be/upload/scoutfreebelgians.jpg" alt="" class="valign_" /></p><br /> <br /> <p style="text-align:justify">Durant l‘occupation, le camp de La Fresnaye accueille plusieurs scouts ou des routiers en difficulté par rapport à l’occupant ou réfractaires au STO (Service du Travail Obligatoire) en Allemagne. Le Front de l’Indépendance, un mouvement de résistance fondé en mars 1941, aurait également utilisé les deux camps scouts BSB (Boy Scouts de Belgique) et FSC comme zone d’entraînement pour ses milices patriotiques, à la fin de la guerre. Le camp de La Fresnaye ne connaîtra que deux descentes accidentelles de la Gestapo, la première à l’occasion d’un réfractaire caché dans les environs du camp, la seconde à la suite d’une perquisition au camp voisin des scouts pluralistes, où les Allemands auront vent de l’existence d’un dépôt d’armes. Cette dernière conduira à l’arrestation de quelques routiers présents au camp, le 12 août 1944.<br /> Durant l’Offensive Von Rundstedt, (Bataille des Ardennes) les scouts et les cheftaines ont assuré, en accord avec les autorités américaines, un service d’aide matérielle aux réfugiés et à la population.</p><br /> <br /> <strong>LA FIN DE LA GUERRE</strong><br /> <p style="text-align:justify">À la libération, en septembre 1944, le pays est libéré. Mais c’est la pluie des "Robots" sur Anvers et Liège. Sous l’amoncellement des ruines, les scouts recherchent les blessés et les morts. On a vu, le 3 septembre 1944, des scouts en uniforme réglant la circulation au carrefour Montgomery, à Bruxelles. Des clans, contactés d’avance, ont monté la garde dans des dépôts militaires abandonnés pour y empêcher le pillage.<br /> Peu à peu, le scoutisme retrouve fièrement ses uniformes et se met au service de la nation libérée. Il n’a jamais sans doute été aussi visible et admiré au sein de la société belge.<br /> Outre quelques services extraordinaires, tels que l’accueil des déportés et des prisonniers de guerre revenus d’Allemagne, l’encadrement de 20 000 réfugiés hollandais évacués en Belgique en 1945, la vie allait reprendre normale et régulière.</p><br /> <br /> <strong>Sources bibliographiques et internet:</strong><br /> L’Avenir du Luxembourg du jeudi 28 mars 2002 et du 14 mai 1988<br /> Le Soir du 2 mai 1986<br /> Le camp scout de La Fresnaye, 50 ans d’histoire, Thierry Scaillet<br /> 100 ans de scoutisme mondial, Philippe Maldague<br /> Notre histoire ou 75 ans de scoutisme, Abbé Georges Morel<br /> Allons, enfants de la Patrie, Jean-Pierre du Ry<br /> <a href="https://www.latoilescoute.net/Le-scoutisme-belge-pendant-la">https://www.latoilescoute.net/Le-scoutisme-belge-pendant-la</a><br /> <br /> <strong>Sources iconographiques:</strong><br /> <a href="http://www.lafresnaye.be/article_claporte.htm">http://www.lafresnaye.be/article_claporte.htm</a><br /> <a href="http://www.maisondusouvenir.be/scouts_verviers.php">http://www.maisondusouvenir.be/scouts_verviers.php</a> Mon, 01 May 2017 20:01:20 +0200 Passeurs à Montzen http://www.freebelgians.be/articles/articles-3-159+passeurs-montzen.php http://www.freebelgians.be/articles/articles-3-159+passeurs-montzen.php <p style="text-align:center"><img src="http://www.freebelgians.be/upload/montzenfreebelgians.jpg" alt="" class="valign_" /></p><br /> <br /> <p style="text-align:justify">Dans le cas de Montzen, on peut parler d’une filière de passeurs. En effet, des personnes collaboraient et s’organisaient pour aider au passage des Français vers la Belgique occupée.</p> <br /> <br /> <strong>Le vicaire Jean Arnolds et son père Jean-Hubert. </strong><br /> <br /> <p style="text-align:justify">Jean Arnolds, de son nom complet, Jean-Mathieu-Joseph Arnolds, est né à Baelen le 7 mars 1904. Son père Jean Hubert est né à Welkenraedt le 25 juillet 1877 et était surveillant à la S.N.C.B. Il manifesta le désir de mener une vie de sacrifice au service de Dieu dès l’âge de 10 ans, suite à un pèlerinage à Val-Dieu. En 1940, Jean Arnolds participa à la Campagne des 18 jours et fut fait prisonnier avec bon nombre d’autres soldats. Il resta en captivité jusqu’en juillet 1940. Les habitants des Cantons de l’Est furent renvoyés dans leurs foyers suite à l’ordre du Haut Commandement Allemand Par la suite, Jean Arnolds fut nommé vicaire à Montzen.28 Comment procédaient le vicaire Arnolds et son équipe ? Les évadés lui étaient envoyés par ses « collègues » de La Calamine, les vicaires Nicolas Xhonneux et Peters Hendricks. Ensuite, Jean Arnolds et/ ou son père (âgé alors de 65 ans) amenaient les fugitifs à la ferme des Hissel à Teberg. La Gestapo vint arrêter le vicaire le 22 juin 1943 et son père le 9 septembre 1943. Un jour, lorsque le vicaire revenait du cimetière, un agent provocateur, déguisé en prisonnier, se présenta à lui. De caractère bon et généreux, et sans se méfier, jean envoya ce dernier prendre quelques forces chez sa maman avant de continuer son chemin vers la liberté et vers son pays. Peu après, la Gestapo se présenta à son domicile et lui demanda de la suivre afin de subir un interrogatoire. Ayant rassemblé quelques objets, comme s’il partait en voyage, le sourire aux lèvres, il monta docilement dans la voiture grise qui stationnait devant la maison. Il ne se doutait sûrement pas encore que ce serait le début d’un long calvaire. D’abord envoyé à Aix-La-Chapelle, où il resta plusieurs mois emprisonné, Jean Arnolds fut transféré, le 3 mai 1944 au bagne de Brandenburg près de Berlin. Il est condamné à mort le 27 avril 1944. Tous les recours en grâce ayant été refusés, il fut décapité à la hache le 28 août 1944. Il s’était bien préparé à sa mort depuis une semaine, il écrivit une dernière lettre poignante qui paraît inspirée par le St-Esprit et qui caractérise l’état d’âme de ce disciple sincère du Christ . Son père fut condamné à mort le même jour que lui et exécuté dans une prison allemande, à Francfort-sur-le-Main. <br /> </p><br /> <br /> <p style="text-align:center"><img src="http://www.freebelgians.be/upload/monumentarnoldsfreebelgians.jpg" alt="" class="valign_" /></p><br /> <br /> <strong>Nicolas Xhonneux.</strong> <br /> <br /> <p style="text-align:justify">Vicaire de La Calamine Il naquit le 5 septembre 1907 à Henri-Chapelle, où il passa sa jeunesse. Il entreprit des études à Forges-Baelen. Il célébra sa 1ère messe le 1er juillet 1934 à Liège, et le 8 juillet à Henri-Chapelle. Ce même mois, il devint vicaire à La Calamine. Il fut mobilisé dans l’armée belge en 1939 et déjà le 12 mai de cette même année il fut fait prisonnier, mais libéré le 10 août 1940 avec les autres prisonniers originaires des 10 communes annexées par le Reich. Jusqu’en 1942, aucun prisonnier de guerre ne se présenta à lui. Mais, le curé Göttsches de Sainte-Marie à Aix-la-Chapelle offrait déjà l’asile à des prisonniers dans son presbytère. Alors que le vicaire errait dans la forêt d’Aix-la-Chapelle, en cet hiver très dur de 1942, il savait que des prisonniers de guerre espéraient rencontrer une aide. Le premier à venir l’aborder fut un séminariste d’Albi, du midi de la France, Jean Sauvot. Sachant que l’Abbé Arnolds de Montzen venait en aide à des prisonniers évadés, il emmena ce premier prisonnier auprès de ce dernier. Pour l’hébergement, il fut beaucoup aidé par sa cousine Laura Xhonneux. Le 20 septembre 1942, le vicaire Xhonneux tomba dans un piège tendu par la Gestapo. Un Français, au service des Allemands, se fit passer pour un prisonnier en quête d’un passage vers la liberté… Trompé par l’homme, le vicaire ne lui refusa pas son aide et il fut malheureusement arrêté le 22 septembre 1942. <br /> A Aix-la-Chapelle, il fut condamné à 2 ans de prison et envoyé à Butzbach (en Haute-Hesse, entre Giessen et Francfort). La sentence fut annulée par le tribunal de Leipzig, pour la raison que des ecclésiastiques auraient dû éviter de venir en aide aux prisonniers de guerre. De retour pour la 2ème fois au tribunal d’Aix-la-Chapelle, il fut condamné à 4 ans. Lors de ce jugement, la Gestapo demanda la peine de mort pour le vicaire. Ensuite il fut de nouveau transféré à Butzbach, mais fut libéré très vite par l’avancée américaine le 1er avril 1945. IL est décédé à Eupen le 5 décembre 1980.</p> <br /> <br /> <strong>Le Couvent des Augustines d’Auxerre à Pannesheydt.</strong> <br /> <br /> <p style="text-align:center"><img src="http://www.freebelgians.be/upload/pannesheydt_freebelgians.jpg" alt="" class="valign_" /></p><br /> <br /> <p style="text-align:center">Couvent de Pannesheydt, devenu une maison de repos.</p><br /> <br /> <p style="text-align:justify">Forcées de quitter leur maison-mère d’Auxerre (située à 150km au SE de Paris), suite à la loi Combes qui condamnait les 40 moniales d’Auxerre à l’exil, la communauté de sœurs d’Auxerre arrive à Montzen le 7 mars 1904. Aidées par des hommes de loi chrétiens et par Caritas, les sœurs refusèrent l’hébergement de groupes issus des jeunesses hitlériennes. A leur place, elles accueillirent des enfants abandonnés, orphelins de la guerre, recueillis par les Augustines de Neuss (Allemagne). Ensuite, les sœurs collaborèrent activement avec la Résistance en cachant des évadés alliés échappés des camps nazis. Des prisonniers français se réfugièrent souvent au couvent. <br /> Voici comment ces tours se jouaient : les évadés se faufilaient dans notre jardin-chemin bien déterminé sur des petits papiers enfouis dans des bocaux de confiture, mais combien compromettants ! Nous les conduisions à la cave où nos sœurs allemandes et polonaises rivalisaient pour leur venir en aide, tant pour la toilette, que l’habillement ou la nourriture. Quand ils étaient prêts à partir, Germaine les conduisait parfois dans une prairie où le train venant d’Aix prenait la direction de Visé. Le conducteur du train, quoique allemand, connaissait Germaine et, à son appel : ’’Il y a des lapins dans la prairie’’…ralentissait le convoi et le tour était joué…», a témoigné Sœur Gertrude-Marie. De plus, le couvent était voisin de la sablière possédant une voie raccordée sur le réseau afin d’évacuer le sable. Puis, une lettre écrite dans la maison-même, dénonçant les actes de résistance des sœurs, fut interceptée à la poste par une employée allemande qui leur fit éviter le pire. Prévenue du danger, la Supérieure de la communauté interdisait alors ces hébergements clandestins. C’est alors que Germaine vint chercher les fugitifs afin de les cacher dans sa propre demeure, avec bien sûr l’accord de ses parents. </p><br /> <br /> <strong>Demoulin</strong> <br /> <br /> <p style="text-align:justify">Pour arriver jusqu’au Bloo Gaar, (nom de la demeure de la famille Demoulin), les prisonniers traversaient Bambusch, puis dans la Cosenbergerheydt Ils prenaient ensuite le tunnel du chemin de fer pour arriver au Bloo Gaar, où ils étaient recueillis par Germaine. Elle les cachait au 1er étage à l’arrière ou au 2ème étage dans les chambrettes sous le toit. Du 25 novembre 1941, jusqu’au 20 mai 1943, jour de l’arrestation de Gustave Demoulin, ces passeurs accueillirent plus de 40 fugitifs français dans leur maison. La famille Demoulin était très bien renseignée sur l’évolution de la guerre dans les différents pays concernés. Ils recevaient des Allemands chez eux afin de les questionner, et de leur faire croire qu’ils travaillaient avec eux. C’était souvent Germaine qui jouait ce petit jeu. Tous les renseignements qu’ils pouvaient se procurer, ils les communiquaient aux Anglais grâce à leur poste radio clandestin. Ils correspondaient donc souvent avec les alliés. Les évadés étaient aussi envoyés vers l’Hôtel Métropole de Liège (à l’embouchure de la rue des Guillemins et de la place devant la gare). Germaine Demoulin envoya les prisonniers vers l’Hôtel après avoir contacté ses correspondants sur place. Dans son journal, au jour du 17 novembre 1942, (p.227) Germaine recopia les mots du fils d’un autre passeur (habitant à proximité du château Villers), qui disait : Je viens de la part du passeur de Français qui m’a dit de prévenir Melle Demoulin et le couvent que l’Hôtel de Liège ne marchait plus pour les Français et de ne plus les envoyer là <br /> L’Hôtel Métropole put abriter des prisonniers pendant un certain temps mais après ces clandestinités ont été découvertes. <br /> Martin Hissel, Henri Scheen, Jacques Denis et Pierre Conrath venaient chercher des prisonniers et les amenaient plus loin pour passer la frontière. <br /> Vétérinaire de profession, Mr Demoulin fut bourgmestre de 1927 à 1938, et passeur de prisonniers évadés pendant la guerre 1914-18 mais se contenta d’en héberger en 1940-45. En effet, lui n’en conduisait jamais, car il était beaucoup trop âgé. C’était surtout sa fille Germaine qui les guidait, bien sûr avec sa bénédiction. De plus une jeune fille était beaucoup moins repérable et remarquée qu’une personne âgée plus aisément soupçonnée. Ce fut pour avoir hébergé des fugitifs que M. Demoulin fut arrêté par les nazis le 20 mai 1943 Après un court séjour à la prison d’Aix-la-Chapelle, il fut incarcéré au camp d’Oranienburg/Sachsenhausen, mais ce fut au camp de Lublin (en Pologne) qu’il fut exécuté en décembre 1943.<br /> Henri Scheen, passeur aussi, se douta toujours de l’implication de M. Demoulin dans le réseau. En effet, pourquoi le vieil homme fendait-il du bois à chacune des visites de Henri? N’était-ce pas pour permettre à Germaine d’écouter ce poste émetteur allié ?<br /> Elle était élève au Couvent des Augustines à Pannesheydt, ce qui a renforça son amour pour la France car, comme déjà mentionné plus haut, la majorité des sœurs Augustines étaient françaises.<br /> En tant que passeuse, elle se tenait toujours prête à conduire les évadés vers un autre abri ou à un certain train. Suite à la trahison épistolaire, mentionnée plus haut, elle allait donc chercher les évadés au couvent pour les ramener chez elle. Pour les amener au train, Germaine prenait le chemin longeant Pannesheydt et menant au chemin de fer un peu avant Hindel. Les machinistes de Visé savaient que, dans ce coin-là, il fallait rouler lentement car il y avait du « matériel » à prendre. Cela se passait bien évidemment pendant la nuit. Germaine prit le risque de garder tous ces précieux renseignements en écrivant son journal intime du 18 janvier 1941 jusqu’au 15 septembre 1944. <br /> Les évadés étaient pris en charge par Germaine qui les amenait jusque chez elle. De là, Henri allait les chercher et passait avec ceux-ci par le vieux cimetière de Montzen, par les prairies, par la route, et enfin par la ferme Gillisen pour se diriger vers Vogelsang. Les prisonniers donnaient toujours leurs coordonnées complètes à la famille Demoulin. </p><br /> <br /> <strong>Henri Scheen</strong>, <br /> <br /> <p style="text-align:justify">Habitant Bömken à Montzen, machiniste de trains à vapeur, faisait fréquemment passer des évadés français par « ses » trains. En effet, il permettait aux fugitifs de monter sur les trains à Montzen et il ralentissait à Remersdael afin de leur permettre de sauter. S’il ne passait pas les Français par la ligne ferrée, il les amenait lui-même à pied, et toujours vers 1h du matin. Il longeait le bois de Hees et passait par des petits sentiers qu’il connaissait bien. Mais pas par les haies, mais par des fils de clôture pour éviter de faire du bruit. Passant par la ferme « Te Berg » des Hissel, il descendait « la Gulpen » mais en bas à la route, il y avait toujours des Allemands donc il fallait faire très attention. Il longeait aussi un petit ruisseau (combien de fois n’est-il pas tombé dedans dans le noir), il allait par les prairies au hameau de Vogelsang chez les familles Simons, Taeter ou Putters et de là, allait à Aubel où il les mettait aussi sur un train. <br /> Henri Scheen arrêta l’activité de passeur lorsqu’il eut appris l’arrestation des frères Hissel. Il avait senti l’approche du danger. Henri vécut d’ailleurs ‘’la peur de sa vie’’ le jour où il s’enfuit de son domicile et courut vers chez Hermans Klinkenberg à Eischen, près du château de Graaf à Montzen. Arrivé à destination, il dut se dissimuler dans un champ de pommes de terre car un Allemand passait par là. Le pauvre Henri Scheen dut rester très longtemps tapi dans le champ de tubercules, l’Allemand ne décollait pas… Le fermier, propriétaire du champ, ayant aperçut Henri vint d’ailleurs vers lui et lui recommanda de ne pas bouger à cause de la présence insistante de l’Allemand. Henri Scheen aurait passé environ 25 prisonniers.</p> <br /> <br /> <strong>Jacques Denis</strong> <br /> <br /> <p style="text-align:justify">Il habitait Hees (bois séparant Montzen et Henri-Chapelle). Il emmenait les prisonniers vers la Clouse dans sa camionnette de boucher. En effet, il tenait une boucherie à Aubel. Il se pourrait qu’il ait eu des contacts avec les gens de l’Hôtel Métropole de Liège. Son frère Hubert Denis, employé à la gare de Montzen, fut fusillé à la Citadelle à Liège le 9 novembre 1942 avec 12 autres compagnons, pour faits de résistance et sabotages. En reconnaissance, une rue de Montzen porte d’ailleurs le nom de «Rue Hubert Denis ». </p><br /> <br /> <strong>Famille Hissel</strong> <br /> <p style="text-align:justify"><br /> C’était à la ferme Teberg, entre Montzen et Hombourg, que vivaient 3 célibataires, Maria, une quarantaine d’années, Victor 36 ans et Martin la trentaine, c’étaient les cousins du vicaire Arnolds. Comme beaucoup d’autres, eux aussi vinrent en aide aux demandeurs d’asile. D’une part, ils accordaient spontanément l’asile à la ferme Teberg, à tous ceux qui se disaient être des soldats français. Au départ de Teberg, Martin, vêtu de sa casquette norvégienne protégeant les oreilles, chaussé de ses bottes rouge-brun, les conduisait à travers bois et prairies, tout en restant loin devant les prisonniers, vers le hameau de Vogelsang, où il y a actuellement le cimetière américain. <br /> C’était à partir de là que Martin laissait ses protégés aux bons soins des familles Taeter, Putters et Simons qui les passaient au-delà de la frontière de Merckhof. Germaine affirme qu’au départ de leur ferme, les Hissel auraient secouru ‘’une centaine d’évadés ‘’. (Carnet V, 9 décembre 1942). D’autre part, Martin ainsi que Pierre Conrath ou Henri Scheen étaient fréquemment appelés à l’aide par la famille Demoulin ou par le vicaire Arnolds pour emmener les prisonniers français plus loin. Quand Martin s’en occupait, il allait chercher les évadés chez la famille Demoulin, au vicariat ou au Couvent de Pannesheydt. A partir de ces endroits, ils les menaient vers un train ’’a gen Drienschiif’’, près de la station d’aiguillage et de rotation dans la gare de Montzen. <br /> Dans le journal de Germaine Demoulin, Martin Hissel apparaît 5 fois comme passeur du réseau de la famille Demoulin fin 1941 et début 1943. Selon une rumeur, les frères Hissel auraient été dénoncés par des personnes du voisinage. Suite à cet acte de trahison, ils furent emmenés de force par la Gestapo le 2 avril 1943. D’abord incarcéré à Aix-la-Chapelle, Martin Hissel fut déporté vers une prison, un « Durchgangslager » à Siegburg dans lequel il fut forcé de travailler, jusqu’à la libération par les armées anglaises vers le 10 avril 1945. Son frère, Victor fut déporté à Düsseldorf en 1944 et décéda dans un hôpital de prison lors d’un bombardement le 22 avril 1944. </p><br /> <br /> <strong>Pierre Conrath.</strong><br /> <br /> <p style="text-align:justify">Pierre Conrath, pompier à Moresnet, habitait la Place communale à Montzen. Il faisait partie d’une organisation qui s’appelait « défense passive » et qui servait à venir en aide aux personnes en cas de sinistre dû à la guerre. La plupart des membres étaient âgés de 30 à 40 ans et étaient tous volontaires. Cependant, Pierre Conrath était très zélé : il réquisitionna Hubert Hissel, transporteur, pour aller avec son camion déblayer après un bombardement à Aix. Il avait aussi aidé les Allemands, à fixer le drapeau à croix gammée sur la perche à tir, bien qu’il amenait des prisonniers français chez Léon Palm. <br /> Dans son journal à la date du 5 mars 1942, Germaine affirme qu’il aurait passé une centaine de parachutistes anglais. Malgré quelques coup de main rendus aux Allemands, il trahit jamais les Belges et ne porta jamais porté d’insigne ou de brassard allemands contrairement à son fils aîné. <br /> Les passeurs de Montzen ne venaient jamais ou rarement avec les fugitifs jusqu’à Vogelsang. Ils leur montraient le hameau du haut de Hees, et leur disaient qu’il y avait là trois fermes où ils allaient être bien accueillis. Les prisonniers rentraient dans la cour et frappaient à la porte de n’importe quelle ferme. Cependant les trois familles respectives n’étaient pas nécessairement au courant des passages clandestins dans les autres fermes, bien qu’elles pouvaient s’en douter. Tout ceci demeura secret pendant longtemps. Vogelsang présentait un avantage pour les fugitifs, car il s’agissait d’un hameau bien caché grâce aux vergers l’entourant. </p><br /> <br /> <strong>Famille Putters.</strong> <br /> <br /> <p style="text-align:justify">Souvent, c’étaient les enfants (il y en avait 11 chez les Putters) qui guidaient les prisonniers au-delà de la frontière, leur père ne les accompagnait jamais. Que les enfants soient passeurs se justifiait par le peu de méfiance qu’ils éveillaient chez les occupants. De plus, les enfants, tout en jouant ou en se déplaçant innocemment guidaient les prisonniers en toute sécurité. Les trois enfants demeurant encore à Vogelsang aujourd’hui devaient être âgé de 6, 10 et 15 ans pendant de la guerre. La frontière, ils la passaient vers la Clouse, à Tenhelsen, entre les 2 postes-frontières (Simonis et Cosberg, puis ils prenaient la direction de Froidthier. Ils cachaient les prisonniers dans le fenil pour garantir un minimum de sécurité pour la famille. Eux aussi subirent des contrôles effectués par des Allemands parlant le français, déguisés en prisonniers français. Mais le père Putters ayant tout de suite senti la ruse, leur avait dit qu’il ne s’occupait pas de ça…Dans le cas contraire, le père aurait été mis au secret dans un camp de concentration comme les autres passeurs trahis. (Une seule fois pendant la guerre, le père a passé la frontière pour aller rendre visite à ses sœurs qui habitaient la Belgique occupée. Et cette fois-là, un douanier l’a poursuivi et il a été ramassé.) </p><br /> <br /> <strong>Famille Simons.</strong><br /> <br /> <p style="text-align:justify">Ici à nouveau, c’étaient les enfants qui conduisaient les prisonniers au-delà de la frontière, à 200-300m de distance. C’était en général Jean, âgé de 19-20 ans à l’époque, le seul garçon des 6 enfants, accompagné d’une de ses deux sœurs aînées, Maria ou Anna<br /> Ils firent passer plus de 80 prisonniers. Jean avait même une liste de tous les prisonniers passés par là, qu’il avait cachés dans le plancher du grenier. Il ne la retrouva jamais même après maintes recherches. Quand les prisonniers passaient la nuit à la ferme Simons, c’était souvent au fenil et ils recevaient des tartines. Jean et sa sœur amenaient les prisonniers à Aubel chez Vandendael, qui était boulanger. Suite à un passage trop imprudent, Vandendael fut arrêté par la Gestapo. Il dénonça Anna. Mais la Gestapo vint chercher l’aînée, Maria, à la place. Maria put parler avec sa petite sœur quand celle-ci était allée s’habiller pour partir pour l’interrogatoire, avec les Allemands. Elle lui dit, en quelques mots ce qui se passait. Après deux heures d’interrogatoire, Anna revint et la Gestapo n’avait rien pu leur faire dire.<br /> Famille Taeter <br /> Alors que toute la famille était belge, le père, Mr Taeter était allemand. Cette famille nombreuse cachait aussi des prisonniers dans le fenil ou parmi les vaches, comme la plupart des fermiers. Chez les Taeter, les évadés étaient ravitaillés comme des princes : déjeuner sur plateau, cigarettes, … Souvent, c’était le fils ainé, Henri, qui les conduisait, se tenant toujours à grande distance. Le transfert des fugitifs avait lieu vers 6 heures du matin. Il leur fallait effectivement traverser routes, haies et ruisseaux : la route était longue et tortueuse. Quand ils arrivaient à hauteur d’une certaine écurie, Henri passait le relais à une petite fille de 7 ans qui conduisait les prisonniers à Froidhier pour prendre le train de la ligne Aubel-Liège qui ne passait que 2 fois par semaine.</p><br /> <br /> <strong>Sources :</strong><br /> <a href="http://mediatheque.territoires-memoire.be/doc_num.php?explnum_id=1244">http://mediatheque.territoires-memoire.be/doc_num.php?explnum_id=1244</a><br /> G. MASSENAUX, Le vicaire Jean Arnolds, un Baelenois, prêtre-martyr ; Holocauste du Nazisme, Eupen, avril 1980, p.4-6. C.WILLEMS, Les larmes de la liberté, sans édition, s.d., p.207. <br /> SAUVOT J., L’évasion en direct par ceux qui l’ont vécue, Editions France empire, 1982, p.252-256.<br /> Le Journal de Germaine Demoulin 1941-1945, Hélios, 2006, p. 227 et 234. <br /> <a href="http://pallas.cegesoma.be/pls/opac/opac.search?lan=F&amp;seop=3&amp;sele=3&amp;sepa=1&amp;doty=&amp;sest=wynants&amp;chna=&amp;senu=132962&amp;rqdb=1&amp;dbnu=1">http://pallas.cegesoma.be/pls/opac/opac.search?lan=F&amp;seop=3&amp;sele=3&amp;sepa=1&amp;doty=&amp;sest=wynants&amp;chna=&amp;senu=132962&amp;rqdb=1&amp;dbnu=1</a> Sun, 02 Apr 2017 12:37:33 +0200 Les moutons noirs de Piron http://www.freebelgians.be/articles/articles-6-158+les-moutons-noirs-de-piron.php http://www.freebelgians.be/articles/articles-6-158+les-moutons-noirs-de-piron.php <p style="text-align:center"><img src="http://www.freebelgians.be/upload/piron_wenkin.jpg" alt="" class="valign_" /></p><br /> <br /> <p style="text-align:justify">Hugues Wenkin collabore avec les plus grands acteurs de la presse historique française depuis 2006 dont les magazines Batailles et Blindés, Ligne de front, Trucks and Tanks, Los, Véhicules militaires magazine, 35/45 magazine et Guerres et Histoire. Auteur de nombreuses monographies et d'études historiques sur la guerre mécanisée, ses ouvrages sont toujours basés sur des recherches approfondies en archives. Il se fait un point d'honneur à confronter systématiquement ses analyses tactiques avec un retour sur les lieux des combats. Son approche factuelle à contre-courant permet d'appréhender les problématiques abordées sous un jour nouveau. Ses révélations sur les véritables raisons de la chute du fort d'Ében-Émael l'ont récemment mis sur le devant de la scène médiatique.</p><br /> <br /> <p style="text-align:justify"><strong>En voici la quatrième de couverture:</strong></p><br /> <br /> <em>Nos enfants savent à peine qu'ils ont existé et mesurent encore moins ce que nous devons aux hommes de la brigade Piron. Pourtant, ils ont donné la plus belle période de leur vie pour notre liberté. Leur histoire est belle, et même romanesque par certains côtés. Elle parle de champ d'honneur, de pugnacité, de victoires arrachées par le courage et la volonté. C'est celle qu'ils nous ont léguée dans leurs mémoires. Les archives belges et anglaises révèlent un autre pan de cette aventure. En 1940, ils ont dû désobéir aux ordres de se rendre et imposer leur existence au gouvernement Pierlot. Certains se sont mutinés pour pouvoir se battre contre l'occupant. Résistants et indignés de la première heure, ils ont fait flotter un drapeau belge victorieux de la Normandie au cœur du Reich en passant par la libération de Bruxelles et deux rudes campagnes en Hollande. <br /> La paix revenue, les héros se sont vus reprocher leurs galons gagnés sur les champs de bataille par une hiérarchie rentrant des camps de prisonniers où elle s'était docilement laissé enfermer. Moutons noirs pour avoir été une minorité pugnace dans une majorité soumise au vainqueur, les soidats de Piron n'ont pas été reconnus à la hauteur de leurs mérites. Hugues Wenkin revient sur l'histoire de ces hommes hors du commun au terme d'une enquête qu'il a menée sur leurs traces de Gibraltar à Londres et de Caen à Arnhem.</em><br /> <br /> L'ouvrage est disponible aux Editions Weyrich:<br /> <a href="https://www.weyrich-edition.be/moutons-noirs-de-piron-wenkni#.WMHIV9LhCpp">https://www.weyrich-edition.be/moutons-noirs-de-piron-wenkni#.WMHIV9LhCpp</a> Thu, 09 Mar 2017 22:27:06 +0100 Une résistante courageuse 1940-1945 : Maria Lennertz http://www.freebelgians.be/articles/articles-3-157+une-r-sistante-courageuse-1940-1945-maria-lennertz.php http://www.freebelgians.be/articles/articles-3-157+une-r-sistante-courageuse-1940-1945-maria-lennertz.php <p style="text-align:center"><img src="http://www.freebelgians.be/upload/maria_lennertz_001.jpg" alt="" class="valign_" /></p><br /> <br /> <p style="text-align:justify">La guerre traditionnelle en 1914 avait connu deux aspects de ce que l’on n’appelait pas encore vraiment ‘’résistance’’ à savoir le renseignement et la presse clandestine.<br /> En 1940, le premier va se poursuivre sans faille, comme s’il n’avait pas été interrompu et la deuxième va reprendre à nouveau quinze jours après la capitulation.<br /> Durant la guerre 40-45, la résistance à l’occupant va prendre deux formes principales et comprendre des ‘’mouvements’’ et des ‘’réseaux’’. Pour ces derniers, il y aura des réseaux spécialisés dans les renseignements et d’autres dans les évasions.<br /> Maria (Marie) Lennertz naquit à Welkenraedt le 31 décembre 1919, un peu plus d’un an après l’Armistice du 11 novembre 1918. Durant ses vingt premières années, elle vécut au sein d’une Belgique qui s’efforçait de panser ses plaies ouvertes par les quatre années d’occupation de l’armée sanguinaire du Kaiser Guillaume II. Mais les années passant, des bruits de bottes se firent entendre de plus en plus du côté de l’Est de nos frontières. Un certain Hitler, nommé chancelier de l’Allemagne en 1933 puis ‘’Führer’’en 1934, envisagea une politique expansionniste qui fut à l’origine de la Seconde Guerre mondiale.<br /> Et c’est ainsi qu’au matin du 10 mai 1940, la Belgique se voyait à nouveau violée par l’arrivée des troupes allemandes.<br /> La jeune Maria Lennertz ressentit alors un immense besoin de combattre ces envahisseurs tant détestés et, dès le mois de juillet de la même année, elle rejoignait un groupe de Belges décidés à combattre les nazis par tous les moyens possibles.<br /> Elle fut ainsi chargée de dactylographier des tracts, de distribuer des journaux clandestins, notamment ‘’La Libre Belgique’’. Tous ces écrits rendaient courage à la population et nuisaient à l’occupant.<br /> Elle s’occupait également des prisonniers évadés afin de les faire passer en zone libre en France pour que ceux-ci puissent rejoindre la Grande Bretagne.<br /> Malheureusement, le 9 janvier 1943, dénoncée par des traîtres, elle fut arrêtée par la Gestapo. Interrogée, torturée par des SS, elle résista stoïquement aux interrogatoires sans jamais rien révéler. Ne trouvant pas de preuves, elle fut remise en liberté le 2 février suivant.<br /> Durant une courte période, Marie Lennertz resta inactive, le temps de se faire un peu oublier sans doute ! Ensuite, n’y tenant plus, elle reprit comme précédemment ses activités clandestines dans la région bruxelloise et entra dans l’organisation qui s’appelait ‘’FRONT DE L’INDEPENDANCE’’. <br /> Ce mouvement de résistance avait pour but de réunir les Belges résistants de toutes opinions et tendances. Il mit en place des opérations de sabotage, des chaînes d’évasion, un service de faux documents et diffusa 250 publications clandestines différentes.<br /> Le 10 février 1944, Maria Lennertz est à nouveau arrêtée par la GESTAPO de l’Avenue Louise. <br /> S’en suit des interrogatoires brutaux, des menaces de mort, mais elle résiste une fois de plus aux brutalités et ne dit rien. Trois mois plus tard, en juin 1944, elle est transférée au sinistre camp de RAVENSBRUCK, le seul grand camp de concentration réservé aux femmes et porte le numéro matricule 42764.<br /> Grâce à la sollicitude du comte Folke Bernadotte, alors président de la Croix-Rouge internationale, elle sera libérée le 5 mai 1945 et envoyée, très malade, en Suède. Elle y restera pratiquement deux mois durant lesquels elle recevra des traitements appropriés. Elle rentrera en Belgique le 30 juin 1945 mais gardera des séquelles suite aux traitements subis au cours de son incarcération</p><br /> Sources Internet :<br /> <a href="http://www.maisondusouvenir.be/resistance_maria_lennertz.php">http://www.maisondusouvenir.be/resistance_maria_lennertz.php</a> Thu, 02 Mar 2017 15:50:19 +0100 Honoré ARNOULD d’Ochamps. http://www.freebelgians.be/articles/articles-1-156+honor-arnould-d-ochamps.php http://www.freebelgians.be/articles/articles-1-156+honor-arnould-d-ochamps.php <p style="text-align:justify">Un jour, j’ai reçu une convocation pour faire mon service militaire à partir du 16 octobre 1940. J’aurais dû accomplir douze mois de service militaire actif. <br /> Un peu plus tard, des jeunes de Ochamps et moi, qui étions nés en 1920, avons reçu un papier pour aller à l’incorporation. Moi j’étais dorénavant appelé pour le <br /> 15 mai 1940. Mais la guerre s’est déclenchée, je n’étais même pas encore soldat et tous les jeunes de tel âge à tel âge, devaient partir parce que <br /> les Allemands arrivaient. Pour ne pas être considérés comme déserteurs, nous sommes allés là-bas. Nous sommes partis le 10, comme nous pouvions. <br /> Je me rappelle que nous étions en camion avec un type de Ochamps et qu’il nous a conduit jusqu’à Namur. Nous avons vu tout Namur bombardé. Lorsque nous étions passés à Jemelle, c’était déjà comme cela. Enfin, nous sommes arrivés à Trazegnies à la caserne des Chasseurs Ardennais (??) par le train. De là, nous avons été envoyés à Sint-Gillis-Waas, près de Saint Nicolas en Flandre. <br /> C’était le regroupement, ils nous ont habillés et puis ils nous ont envoyés dans le Midi de la France, à Pont-Saint-Esprit, pour faire notre instruction. <br /> Nous avions été embarqués dans des wagons à bestiaux.<br /> <br /> J’avais noté sur un petit papier les villes que nous avions traversées. Nous étions partis le <strong>mercredi 15 mai</strong> de Sint-Gillis-Waas, direction Gentbrugge, <br /> Torhout, Lichtervelde, Gits, Beveren, Roeselare, Courtrai, Merken. <br /> <strong>Le jeudi 16</strong>, nous sommes en France. Nous passons par Roubaix, Croix-Wasquehal, Lille, Lomme, Lambersart, Lompret, Renescure, St Omer, Audruicq, <br /> Nortkerque. <br /> <strong>Vendredi 17</strong>, Boulogne-sur-Mer, Hesdigneul, Neufchâtel, Dannes, Camiers, Etaples, Port-le-Grand, Laviers, Feuquières, Fressenneville. <br /> <strong>Samedi 18</strong>, Aumale, Gourchelle, Abancourt, Formerie, Gaillefontaine, Serqueux, Mathonville, <br /> Montérolier, Cléres, Montville, Maromme, Rouen. <br /> <strong>Dimanche 19</strong>, Lisieux, St Pierre-sur-Dives, Couliboeuf, Montabard, Champfleur, Le Mans. <br /> <strong>Lundi 20</strong>, Thouars, Niort, Fontaines-d’Ozillac. Mardi 21, Lamagistère, Montauban, Toulouse, Carcassonne, <br /> Béziers et puis direction Pont-Saint-Esprit.<br /> <br /> Nous avions été mobilisés, nous qui n’avions pas fait notre service militaire avant la guerre. Après le 28 mai (le roi Léopold III capitula sans condition <br /> et refusa de suivre en exil le gouvernement belge), nous n’osions plus guère sortir. Mais, trois semaines plus tard, c’était eux qui capitulaient <br /> (le 17 juin, le maréchal Pétain présentait aux Allemands une demande d’armistice. L’armistice fut signé le 22 juin 1940 à Rethondes, <br /> dans le wagon de l’armistice de 1918) <br /> <br /> Alors, dans le Midi, qu’est-ce qu’il fallait faire, on était abandonné. L’armée nous nourrissait à moitié, il fallait tirer son plan, <br /> nous avions reçu un congé illimité de l’armée. <strong>« Tirez votre plan, faites ce que vous voulez »</strong>. <br /> A partir de Pont-Saint-Esprit, avec ceux d’Ochamps. On était bien ensemble. <br /> On a même pris des photos devant le monument aux morts de Pont-Saint-Esprit.</p><br /> <br /> <p style="text-align:center"><img src="http://www.freebelgians.be/upload/harnould_1bis.jpg" alt="" class="valign_" /></p><br /> <br /> <p style="text-align:justify">Nous décidons de remonter la France et le 6, nous allons à pied de Pont-Saint-Esprit jusqu’à Bourg-Saint-Andéol. <br /> Le 7, nous avons pris l’autocar pour Montélimar où nous avons dormi. Le lendemain, autocar pour Valence et puis Lyon. <br /> Je me souviens que lorsque le car était plein, on allait sur le toit, sur le porte-bagages. Il fallait faire attention aux branches des arbres. <br /> A Lyon, le tram nous a emmenés à Fort Sainte Foy où nous avons logé deux nuits. Comme on avait un peu de temps libre, on a visité un jardin zoologique, <br /> manière de se distraire un peu.<br /> On nous avait dit, après la capitulation de la France, que c’était préférable de remonter en habit militaire. <br /> On a repassé la ligne de démarcation facilement, avec le papier fait à Lyon le 18 août par les Allemands. <br /> On croyait remonter chez nous en sécurité, nous n’étions pas considérés comme des déserteurs. <br /> Nous sommes passés par Mâcon, Chalon-sur-Saône, Beaune, Dijon, Langres, Chaumont, St Dizier, Châlons-sur-Marne, Reims, Laon et St Augustin. <br /> A Paris, nous avons été réunis au Palais des sports. C’était un camp de réfugiés où l’on était plus ou moins bien nourri. <br /> La journée, on sortait. On est allé dire bonjour à des tantes de Gilbert Picard qui habitaient Paris. On se promenait. <br /> On est resté 8 ou 15 jours à Paris. On était avec des civils et des flamands naturellement. Nous avons été séparés des flamands, eux sont rentrés. <br /> Ils ont été rapatriés plus vite que nous. Un beau jour, les civils ont aussi été rapatriés. Il ne restait plus que nous, <br /> les militaires wallons et, un beau jour, les Allemands sont arrivés avec des sentinelles à l’entrée du Palais des sports <br /> et cela a fait que nous étions prisonniers.<br /> <br /> On a été à Drancy (Paris) pendant 4 semaines. C’était un ancien camp. Ils n’étaient pas encore bien organisés. <br /> Et puis, nous avons été expédiés à Sarrebruck dans une caserne française, occupée par les Allemands et puis à Metz, dans un fort. <br /> Et un beau jour, nous avons été expédiés en Allemagne. Ce qui est bête, c’est que nous avions nos vêtements civils dans nos valises. <br /> Mais à l’armée, il n’y avait plus d’organisation. Qu’allait-on devenir, on n’en savait rien. <br /> Des militaires d’Ochamps, des plus anciens, sont revenus et n’ont pas été faits prisonniers. <br /> C’était un peu la chance, qu’est-ce qu’il fallait faire pour bien faire. François, lui, est remonté en civil et a pu rentrer à la maison. <br /> <br /> En Allemagne, on a commencé dans une fabrique de moellons. C’était un travail tout à la main, <br /> les moellons étaient faits avec du « bims », un gravier léger qui venait des rives du Rhin. <br /> Là, c’était la discipline ! Le matin on t’ouvrait la porte, tu allais travailler jusqu’au soir et il fallait rentrer pour 6 heures, <br /> à la fermeture des portes. Il n’y avait guère de liberté. Un beau jour, ils sont arrivés à la fabrique, on était 30 ou 40. <br /> Ils ont demandé des volontaires pour aller travailler dans des fermes. On s’est dit que cela ne devait pas être pire.<br /> Je suis tombé dans une bonne famille. C’était une région assez calme avec des petits villages. <br /> Moi, je faisais partie du commando de Hausen, n° 1222 A. Nous étions de 25 à 30 prisonniers. Le soir, on devait rejoindre son commando pour dormir. <br /> On logeait dans une salle de théâtre. La sentinelle qui nous surveillait, logeait dans une espèce de pigeonnier au-dessus de nous. <br /> C’est une petite pièce que l’on voit dans les salles de théâtre.<br /> Certains se sont enfuis et nous après, nous avons dû attacher nos chaussures et notre pantalon sur une barre, que la sentinelle faisait monter en tirant sur une ficelle attachée à une poulie. Le matin, elle redescendait nos affaires. <br /> C’était une personne assez jeune qui avait déjà été au front et qui était revenue un peu handicapé. Il avait été recasé là. <br /> Lorsque je revois le film « La vache et le prisonnier » avec Fernandel, je revois des choses qui se sont passées comme pour nous. <br /> Au début, on se posait la question : « Quand est-ce que nous rentrerons chez nous ? » <br /> On pensait rester quelques mois, l’année suivante, on s’est dit que ce serait l’année d’après et pour finir, cela a duré 4 ans <br /> en plus du temps passé à la fabrique. Nous autres, comme prisonniers, nous n’avions besoin de rien. On avait même un petit salaire. Il y en avait même qui renvoyaient de l’argent chez eux. On était considéré comme des travailleurs obligatoires.<br /> Il y avait un petit tracteur d’une vingtaine de chevaux.</p><br /> <br /> <p style="text-align:center"><img src="http://www.freebelgians.be/upload/harnould_2.jpg" alt="" class="valign_" /></p><br /> <br /> <p style="text-align:justify">L’exploitation était moyenne, ils avaient eu la fantaisie d’acheter un petit tracteur malgré le fait qu’il y avait encore des chevaux. Et alors, du mazout, tu en avais au compte-gouttes. Là-bas, c’étaient toutes petites fermes, ils attelaient même les vaches et les bœufs. Le travail était principalement manuel. Surtout au début, le râteau, la fourche, il n’y avait pas de machine, cela ne valait pas la peine d’acheter des machines. Là où j’étais, il y avait quand même une moissonneuse-lieuse, c’était déjà un peu perfectionné. Il y avait des maisons où il y avait trois ou quatre vaches, alors, ils attelaient les vaches. Certains avaient des prisonniers pour les aider, ceux qui en avaient besoin. Les trois quarts des maris étaient partis à la guerre. La commune organisait cela. Ceux qui avaient besoin était aidés par des prisonniers parce qu’en Allemagne, il fallait que cela rentre aussi, que les fermes produisent. Tous les prisonniers se déplaçaient à pieds. Le travail était celui de la ferme. En hiver, lorsqu’il y avait beaucoup de neige, on allait aux bouleaux pour faire des balais, pour en avoir en été.<br /> <br /> Dans les fermes, on était bien nourri, on côtoyait des gens, c’était plus agréable. Quitte à être prisonniers, que ce soit le plus agréablement possible. Pour écrire à la famille, nous avions reçu des lettres imprimées exprès. On avait une lettre par mois. Ils faisaient aussi des cartes postales pour envoyer à la famille, mais pour nous, c’était surtout des souvenirs : Noël en Allemagne, prisonniers On parlaient un peu l’allemand des villages, il fallait bien. Il y en avait qui étaient un peu réticent au départ, mais à la longue, il a bien fallu. Ça a duré tellement longtemps. Je comprends mieux ceux que j’ai côtoyés en Allemagne. Ils ont l’habitude de parler pour que je puisse comprendre. On a rencontrés des jeunes filles allemandes, mais on ne pouvait pas leur parler. C’était interdit. Mais dans les petits villages… On était au courant de l’évolution de la guerre par les civils. Il y en avait qui ne pouvaient mal de raconter. Ils devaient être méfiants par rapport aux vrais Allemands, aux vrais Nazis. Mais pour nous, comme nous étions dans les fermes, nous n'étions pas à plaindre. Naturellement, on devait faire leur boulot, on était leur domestique. Nous n'avions qu’une chose à faire, c’était de faire ce qu’ils nous demandaient de faire. Nous n'étions pas commandés grossièrement. Il y en avait qui étaient dans des fermes à tendance hitlérienne, ils étaient considérés comme des riens du tout. <br /> <br /> On a été libéré lorsque les Américains sont arrivés. Nous autres, nous étions près du fameux pont de Remagen. On était à 10 kilomètres de là. Ils ont mis du temps pour le prendre, ça a chauffé. On était dans des abris que l’on avait faits un peu plus loin que le petit village. C’était un hameau, il y avait 6 maisons. Les Américains nous ont libérés et nous ont conduits à l’arrière. Au début, ils nous prenaient pour des Allemands, ils n’étaient pas certains que nous étions prisonniers. J’ai fait des kilomètres comme cela, les mains sur la tête. Je me suis dit, si c’est cela les Américains. Et puis, derrière le front, nous avons contacté des officiers américains et ils ont quand même compris, nous leur avons fait comprendre que nous étions des prisonniers et non pas des Allemands déguisés. Mais au départ, on a eu affaire à des « gaillards », l’armée américaine était constituée de toutes sortes de gens, surtout ceux qui se trouvent en première ligne. C’est pareil dans toutes les armées, ils envoient se faire tuer les minorités, les noirs, … Le fils de mon patron, Hermann, qui était dans la cavalerie, a été prisonnier en Normandie. Il est resté en Amérique jusqu’en 48. Dans toutes les maisons, les jeunes étaient partis. Chez la sœur de la dame où l’on va encore, son mari a eu trois frères qui ont été tués. Et chez Honningen, Maria, trois frères. Et le frère d’Hermann, il était revenu en congé de Russie vers 43, j’avais été avec lui pour porter ses valises jusqu’à l’arrêt du car. Il m’avait dit « Je ne reviendrai jamais plus ». Quinze jours après, un garde champêtre est venu avec un avis. Herman avait un autre frère qui était docteur, lui n’était pas à l’armée. Il est venu me voir ici à Ochamps et nous a dit qu’il était venu car j’étais fort gentil. Ces familles-là ne demandaient pas que l’on prenne leurs enfants. Quand on est revenu, l’armée nous a mis en congé. </p><br /> <br /> Sources Internet<br /> <a href="http://genealogie.marche.be/pdf/HARNOULD.pdf">http://genealogie.marche.be/pdf/HARNOULD.pdf</a> Fri, 03 Feb 2017 20:50:20 +0100