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Rss Le pilote U.S de Ganshoren et le maquis de St.Marcoult
Quel pourrait être lien entre Pocatello (la porte de l’Ouest), Idaho, Etats-Unis et Ganshoren, commune à la périphérie de Bruxelles ? A première vue aucun. Et pourtant …

Le 1er mai 1944 le bombardier B-17 immatriculé 52 QJ-E du 339 Bomber Squadron 96 Bomber Group quitte la piste de sa base anglaise de Snetterton direction Metz.
Au-dessus du Luxembourg il est attaqué et perd un de ses moteurs. Le pilote, réalisant qu’il ne pourrait pas atteindre la Mer du Nord et encore moins l’Angleterre ordonne au crew (équipage) de s’éjecter avant de tenter un atterrissage d’urgence dans le pays occupé, la Belgique. Le mitrailleur de queue, Sergeant Gerald S. Sorensen, garçon calme et croyant quitte son poste et va vers l’avant afin de vérifier si tout le monde est sorti avant de s’éjecter lui-même.
L’avion s’écrase près d’Isières, petit village au Nord-Est d’Ath au lieu-dit « La Cavée ».
Quatre hommes sont arrêtés sur-le-champ.
Le pilote, le 2nd Lieutenant Eugen W. Dingledine et quatre de ses compagnons sont interceptés par quatre jeunes hommes et passés directement entre les mains de la Résistance.
Le pilote et le bombardier, 2nd Lt Second-Lieutenant D’Nuncio B. Street, sont hébergés jusqu’au mois d’août dans la maison de Jean Meysman. A ce moment les SS investissent la maison et arrêtent tout ce petit monde. Après quelques durs moments passés entre leurs mains les deux officiers sont finalement reconnus comme prisonniers de guerre et finiront la guerre en Allemagne.
L’Air Gunner S/Sergeant et son collègue Gerald Sorensen, 24 ans, parviennent à se perdre dans la nature mais aussi à se perdre mutuellement. Sorensen ère pendant 2 jours dans la nature se nourrissant de tablettes de chocolat et de ses tablettes de benzédrine. Mauvaise situation pour Gerald, dont c’était l’avant-dernière mission, la 29ème, avant un repos dans sa petite ville.
A l’aube du troisième jour il est repère par un groupe de résistance de l’ «Armée Blanche» (Armée Secrète)
Parmi ceux-ci se trouve le jeune Roger Abeels, 20 ans de Ganshoren, déjà actif dans « La Libre Belgique » clandestine. Gerald ne parle pas un mot de français ou de flamand et Roger ignore tout de la langue de Shakespeare. Et pourtant, ça « clique » immédiatement entre les deux.
Alors Roger décide d’amener Gerald chez ses parents à Ganshoren. Il y fait connaissance avec papa Abeels, la maman, laquelle le considèrera immédiatement comme un deuxième fils et la petite sœur Monique.
Monique deviendra vite la « petite peste » car elle n’arrêtera pas de tourner autour de Gerald lorsqu’il discute avec Roger.
L’été s’achève.



Sur le front les nouvelles sont bonnes. Les Britanniques approchent de Bruxelles. A cette époque les deux inséparables avaient déjà rejoint le maquis de Saint Marcoult, QG d’une importante zone de résistance englobant près de 400 hommes. (voir l’article au sujet du maquis de St. Marcoult sur ce même site)
Le 3 septembre vers 6 heures du matin le groupe se prépare à aller à l’encontre des Alliés. Sous les ordres d’un certain Capitaine Brent le groupe se compose de Roger Abeels, de Gerald Sorensen, de Mac Manaman, Richard Decroes, G. Duhainaut, Jean Colin et du prêtre Venqsuier. Un autre pilote américain, Frank Forsight, se joint au groupe. Roger a revêtu la fameuse combinaison blanche de la résistance et est armé d’une mitraillette Sten. Gerald porte le blouson de cuir de l’US Air Force et emporte son pistolet Colt.
Dans l’après-midi une colonne britannique est bloquée devant Marcq-lez-Enghien par les Allemands. Les résistants attaquent l’unité allemande en se dirigeant vers le collège situé sur la grand’route.
Un court mais intense combat à la mitraillette et à la grenade s’en suit. Apres quelques longues minutes les résistants se retirent. Mais trois hommes manquent à l’appel, Roger Abeels et les deux américains. La colonne allemande, forte d’environ 300 hommes emporte ses 10 tués.

Fin septembre Roger et Gerald sont inhumés au cimetière de Ganshoren, côte à côte.
En 1946 les autorités américaines commencent à rapatrier les corps des soldats US tombés en Belgique sur demande des familles. Une délégation se présente à la commune de Ganshoren afin de procéder aux formalités pour exhumer Gerald Sorensen. Elle agit sur demande de la mère et de l’épouse, Nora. Mais le préposé au cimetière connaissant les liens profonds liant Gerald à la famille Abeels prévient celle-ci. Les Abeels prennent contact avec la famille Sorensen et obtient de celle-ci l’autorisation de garder Gerald parmi eux.
Il repose dans le fond du cimetière à coté de son compagnon d’armes et ami Roger.
Le nom de Sorensen figure sur le monument aux morts de la commune. Une avenue porte son nom et à coté on trouve la rue Roger Abeels.
Il y a quelques années j’ai rencontré, par pur hasard, Monique la sœur, portant des fleurs sur les tombes. Elle a préféré rester discrète sur cette belle histoire.
J’ai respecté son sentiment …


Les funérailles de Sorensen et d'Abeels




Cliché de gauche: le monument dédié à l'A.S. à Labliau (Marcq/Enghien) - cliché de droite: à l'arrière les sépultures des deux hommes.




Article et photos de M. René Torsin et publiés avec l'aimable autorisation de celui-ci.
 
 
Note: 5
(3 notes)
Ecrit par: prosper, Le: 28/08/11


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