Le lieutenant-colonel Adrien Van den Brandt.- Combattant 14-18 et 40-45



Né à Turnhout le 9 mai 1892, Adrien Van den Brandt est décédé à Mons le 24 septembre 1949 et plusieurs anciens du 10 Fus (Bataillon de Fusiliers Belges) assistèrent le 28 septembre aux funérailles de leur prestigieux Chef de corps. Trente ans avant eux, le 21 septembre 1914, il était volontaire !!
La guerre était déclarée et, conscient de ses devoirs, il choisit de rejoindre l'armée belge plutôt que de poursuivre ses études à l'université de Louvain. Incorporé dans l'infanterie, caporal le 24 novembre 1914, sergent le 17 janvier 1915, il est nommé sous-lieutenant auxiliaire le 27 janvier 1918 et, exactement six mois plus tard, sous-lieutenant de réserve. Cet officier, patrouilleur au 2° bataillon du I° Chasseurs à Pied puis au 5° Chasseurs à Pied, a des états de services exemplaires. Il est fait Chevalier de l'Ordre de la Couronne avec attribution de la Croix de Guerre "pour le courage et la bravoure dont il a fait preuve au cours d'une expédition de nuit qui lui a permis d'occuper un poste ennemi". Et la citation dont il est l'objet précise encore : "Excellent officier sous tous les rapports, très brillante attitude au feu, s'est remarquablement comporté lors du raid du 4 juillet 1918. Grâce à l'intelligence des dispositions de détail prises, à l'audace et à l'entrain de l'exécution, termine sa mission sans subir de pertes et en ramenant 13 prisonniers. Officier de toute première valeur, se présentant toujours pour les missions les plus dangereuses, faisant preuve en toutes circonstances d'un dévouement et d'une bravoure remarquables. Vient de se distinguer à nouveau le 30 octobre 1918 à la tête d'une reconnaissance offensive vers le château de Ronsele, progressant sous les feux convergents de mitrailleuses et donnant à ses hommes le plus bel exemple de mépris du danger. Au front depuis 44 mois."
A ce moment, le sous-lieutenant Van den Brandt est chef de peloton à la... 10°Cie du 3°bataillon du 5°régiment de Chasseurs à Pied. Après l'armistice du 11 novembre et l'occupation de la Ruhr, il rejoint la garnison de Mons, y fera d'ailleurs la connaissance de sa compagne qui lui donnera cinq enfants (deux fils et trois filles). Lieutenant de réserve le 21 septembre 1919, il est admis le 13 avril 1920 dans les cadres actifs, est nommé capitaine le 31 décembre 1929, capitaine-commandant le 26 mars 1935, commissionné « pour exercer l'emploi de major », le 26 mars 1940

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Prise d’armes sur la Grand’ place de Mons



En mai de cette année-là, c'est à nouveau la guerre. Le major Van den Brandt commande le 2°bataillon du 1er Chasseurs à Pied. Sa conduite est à nouveau digne d'éloges et, après le conflit, le général allemand Schaumburg, commandant la 225.I.D. allemande tiendra à souligner l'échec subi par ses troupes devant celles du major Van den Brandt. Ce dernier recevra la Croix de guerre de 1940 pour "a fait preuve de bravoure et d'opiniâtreté dans l'accomplissement des missions prescrites. A été l'âme de la défense du saillant de Nevele attaqué par l'Est et le Sud, a organisé une défense pied à pied par l'occupation successive des éléments de l'agglomération et ne s'est replié que par ordre après un combat de 48 h au cours duquel il fit subir de lourdes pertes à l'ennemi". "Pour sa contre-attaque rapide et décidée, avoir repris et réoccupé la localité de Nevele privée de défenseurs par le repli d'une unité voisine", le 2° bataillon du 1° Chasseurs fut lui-même cité à l'ordre du jour pour "sa résistance opiniâtre et efficace... au cours des 25, 26 et 27 mai 1940...
faisant subir des pertes sévères à l'assaillant et lui interdisant énergiquement l'enveloppement de la position". A la capitulation de l'armée le 28 mai 1940, le major Van den Brandt est fait prisonnier. Une maladie contractée dans les tranchées lors de la première guerre — il en mourra d'ailleurs en 1949 — s'aggrave pendant son internement à l'Oflag IIIB. Il est rapatrié le 18 février 1941. Ses ennuis commencent avec l'occupant qui l'enferme comme otage à la forteresse de Huy.
Il recouvre la liberté, échappe de peu, en se cachant chez un voisin, à une nouvelle arrestation. Car depuis le 1er avril 1941 et bien qu'il reste souffrant le major Van den Brandt est dans la Résistance. Il sera le commandant en chef du secteur A de la Zone I de l'Armée Secrète. Il gagne le maquis dès le 17 mai 1943. Il sera ainsi ouvrier de ferme à Neufvilles (Soignies) et domestique chez les RRPP Rédemptoristes à Sirault, ce « camouflage » n'empêchant évidemment pas l'action, les déplacements, les réunions clandestines, les rapports à transmettre. Les combats de la Libération terminés, le major Van den Brandt se met à nouveau au service de l'armée. Dès le 7 décembre il est désigné comme commandant en second du 10 Fus dont il devient chef de corps effectif à partir du 27 février 1945. La campagne d'Allemagne à laquelle il participe avec son unité lui vaudra d'ajouter une seconde palme à sa croix de guerre de 1940 "pour le courage dont il a fait preuve à la tête du 10° bataillon de fusiliers, lors de la campagne d'Allemagne (Moniteur du 26 au 28 novembre 1947). Il recevra en outre la "Bronze Star Medal" pour sa participation aux opérations militaires, en qualité de commandant du 10° bataillon belge de fusiliers. "Conducteur d'hommes éclairé, dit la citation, le major Van den Brandt mena ses troupes à travers le Luxembourg et l'Allemagne pendant la contre-offensive de printemps de l'armée américaine. Ces troupes s'y distinguèrent, avec la 3° armée américaine par leur bravoure et leur endurance. Le courage du major Van den Brandt, sa compréhension du devoir et son exemple intrépide sont dignes de tous les éloges et rejaillissent à la fois sur lui-même et sur les forces alliées." Après la dissolution du 10 Fus, le major Van den Brandt est affecté, le 1er octobre 1945, à l'État-major de la 3° circonscription militaire à Liège.
Promu lieutenant-colonel en 1946, il prend cette année-là sa retraite. Commandeur de la Couronne, détenteur de sept chevrons de front. Tel était le lieutenant-colonel Van den Brandt, un chef aimé.

Les bataillons de fusiliers belges 1944-1945
F = Francophone, V= néerlandophone, Bil = bilingue,
Leur affectation est soit le 21st British Army Group = B, soit le 12th U.S. Army group = A avec, dans ce dernier cas, l’indication de l’armée américaine (par exemple A3 = 3rd U.S. Army)
En premier lieu vous trouverez le lieu et la date de constitution, en dernier lieu il s’agit de la date de la dissolution du bataillon
Ces bataillons constitueront la nouvelle armée belge.





Sources bibliographique et iconographiques :
‘’Dans la foulée de Patton’’ par Pierre Erculisse et Roger Rosart paru aux Editions André Boland 1985.