Colonel Aviateur Albert ‘VAN’ Van Eeckhoudt


Albert Van Eeckhoudt en 1939, portant l’uniforme et les ailes de pilote de l’Aéronautique Militaire Belge.



Albert Van Eeckhoudt est né à Vollezele (Brabant) le 25 juillet 1916 dans une famille renommée pour l'élevage du cheval de trait brabançon. Son avenir semble tout tracé mais son attrait pour les choses de l’air en décidera autrement. Après des humanités scientifiques au collège de Melle (Gand) et une année d'études du cycle de formation d'ingénieur technicien, il est appelé au service militaire le 25 août 1937. Il est affecté à la compagnie d'aérostation de Zellick, unité dotée de ballons captifs d'observation et rattachée à l'Aéronautique Militaire. Candidat sous-lieutenant de réserve (CSLR), Albert Van Eeckhoudt suit avec succès la formation d'observateur aérostier à l'Ecole d'Aéronautique. Il est placé en congé illimité le 25 janvier 1939, son terme de milice terminé. Son retour à la vie civile sera de courte durée. En effet, il rejoint l'Aéronautique Militaire le 31 mai 1939, cette fois comme élèvepilote. Il fait partie de la 81e Promotion et y aura notamment comme collègues Georges Nossin et Robert Bladt avec lesquels il partagera des moments importants de son parcours de guerre. Il obtient son brevet de pilote militaire à l'Ecole de Pilotage de Wevelgem le 29 avril 1940, quelques jours à peine avant le déclenchement du deuxième conflit mondial, et est affecté à la 7e Escadrille du 3e Groupe du 3e Régiment d'Aéronautique (7/III/3Aé) comme Sergent pilote CSLR. Début mai 1940, l'escadrille équipée de Fairey Fox (Hispano) est déployée à Evere. Elle est chargée de la Reconnaissance d'Armée et compte 25 pilotes et observateurs. Le 9 mai 1940, l'escadrille rejoint l'aérodrome de Schaffen. Sept des dix appareils de l'unité, la majorité du personnel navigant et technicien y sont redéployés. L'escadrille doit participer le jour suivant à un exercice de tir sur le polygone de Beverloo avec les Hurricane et Gladiator du 2Aé. Seuls sont restés à Evere l'échelon administratif, 3 pilotes parmi lesquels Albert Van Eeckhoudt, 3 observateurs, 2 avions en état de vol et 1 avion en cours de réparation. Le 10 mai 1940 à l'aube, tout bascule, l'enfer se déchaîne. L'aérodrome de Schaffen est attaqué par les bombardiers de la Luftwaffe. Le bilan est terrible: l'escadrille Hurricane perd 8 de ses 11 appareils. Quant à la 7e Escadrille, ses 7 Fairey Fox sont détruits, 3 de ses pilotes sont grièvement blessés. Le personnel reçoit l'ordre de rejoindre le terrain de campagne de Lonzée où sont censés se redéployer les appareils restés à Evere. Evere aussi a subi l'attaque de bombardiers allemands mais les Fairey Fox de la 7e Escadrille n'ont pas été touchés. Dans l'après-midi de la même journée, Albert Van Eeckhoudt est aux commandes de l'un des deux Fox survivants qui rejoignent Lonzée. S'y trouvent également 9 Fairey Fox (Hispano) de la 7e Escadrille du 1er Régiment. Les deux escadrilles mettront leur potentiel en commun pour mener une campagne qui sera à l'image de ce qu'elle fût pour l'ensemble de l'Aéronautique Militaire: frustrante. Se déplaçant de Albert Van Eeckhoudt , 1939, portant l’uniforme et les ailes de pilote de l’Aéronautique Militaire Belge. 3 terrain de campagne en terrain de campagne (Vitrival, Piéton, Aeltre), seules 6 missions de reconnaissance seront effectuées mais 3 aviateurs perdront la vie, 3 avions seront abattus par des tirs anti-aériens, 1 avion sera abattu par une section de 4 Morane Saulnier français qui avaient pris notre Fox pour un He 126 allemand ! Ce qui reste du potentiel (2 avions) est détruit lors d'un bombardement de Aeltre le 18 mai. L'escadrille reçoit l'ordre de se replier sur la France. Le 22 juin, date de l’armistice franco-allemand, elle se trouve dans le Tarn-et-Garonne. Elle y végète jusqu'au 17 août puis rentre en Belgique. Echappant à la captivité, le groupe dont fait partie Albert Van Eeckhoudt est démobilisé dès son retour en Belgique.
Ayant pu rejoindre le Congo Belge Albert Van Eeckhoudt quitte la Force Publique et signe son engagement dans la RAF/VR le 22 juillet 1943. Le 30 août, revêtu du grade de PO (Pilot Officer) «on probation», il embarque à Cape Town en compagnie d'une dizaine d'autres pilotes sur le paquebot «Esperance Bay» à destination de l'Angleterre. Après plus de 60 jours d'un long voyage qui les mènera à Montevideo puis Gibraltar, le groupe débarque à Cardiff le 5 novembre 1943. Une nouvelle attente recommence... En cette fin 1943, la situation sur les différents théâtres d’opérations s'est profondément modifiée, prenant un cours favorable pour les Alliés. En Méditerranée, avec la reddition de l'Afrika Korps à Tunis, la Campagne d'Afrique du Nord est terminée depuis mai 1943. Les Anglo-Américains ont conquis la Sicile et débarqué dans le sud de l'Italie. Sur le front de l'Est, l'Armée Rouge a pris Afrique du Sud, fin 1942, les candidats pilotes RAF formés dans la South African Air Force reçoivent des stages de planeurs durant leur loisir. Albert Van Eeckhoudt goutte au plaisir… encore rudimentaire à l’époque. 6 définitivement l'avantage sur l'armée allemande après la chute de Stalingrad. La Bataille de l'Atlantique à l'issue longtemps indécise est en passe d'être gagnée. Les bombardements stratégiques sur l’Allemagne s’intensifient, sapant peu à peu la capacité de production de la machine industrielle et le moral de la population. Par ailleurs, la RAF n’est plus en manque de pilotes. Les OTU qui doivent assurer la formation opérationnelle ont du mal à absorber les nouveaux brevetés formés dans le cadre de «l'Empire Training Scheme» au Canada, en Nouvelle-Zélande, en Australie ou encore en Rhodésie. Quant au gouvernement belge de Londres, n’ayant pas mis suffisamment l’accent sur la formation de techniciens, il a dû revoir ses ambitions à la baisse. Certes la «350» a conquis ses lettres de noblesse au sein du Fighter Command, la «349» après un départ manqué en Afrique s’est reformée en Angleterre, mais pour l'Air Ministry, il était hors de question d'autoriser la formation d'escadrilles «belges» supplémentaires dès lors que le support technique ne pouvait en être assuré par nos nationaux. La perspective de trouver rapidement une place dans une escadrille opérationnelle n'est pas prête de se matérialiser pour nos pilotes débarquant d'Afrique du Sud. Obligés de ronger une nouvelle fois leur frein, ils sont placés en attente au N° 7 Personnel Receiving Center d'Harrogate où patientent déjà des dizaines de jeunes pilotes brevetés ayant terminé leur formation de base outre-mer. En guise d'alternative, Albert Van Eeckhoudt sollicite son admission comme candidat moniteur. Le colonel Wouters, notre attaché de l’Air qui assure le contact avec la RAF, temporise, répond : «qu'il est conscient de la situation particulière des pilotes venant du Congo, qu'un tour de faveur leur sera accordé pour aller en opérations alors que des pilotes de chasse britanniques auront sans doute à patienter». Dont acte. Mais ce sont nos «congolais» qui auront à patienter cinq mois avant d'être repris dans le système ! Finalement, Albert Van Eeckhoudt, nommé FO (Flying Officer) depuis mars 1944, rejoint le N° 5 Advanced Flying Unit (Tern Hill) le 11 avril 1944. Après les mois d’inactivité, il s' agira d'y refaire ses preuves sur les avions d'écolage et de se familiariser avec les environnements géographique et météorologique bien différents de ceux d'Afrique du Sud. Il y effectuera 64h05 de vol sur Miles Master avant de rejoindre le N° 53 OTU (Kirton-on-Lindsley) le 13 juin 44. Il y découvre le Spitfire, l’avion de chasse emblématique et accumule 67h50 de vol sur les premières versions de l'appareil. Son entraînement terminé, il est muté le 15 août à la «350» mais son arrivée y sera retardée de 4 semaines à la suite d'un malencontreux accident de moto survenu le 14 août ! (clavicule brisée) Albert Van Eeckhoudt rejoint la ‘’350’’ le 01 octobre 1944. Il est intégré au ‘’A’’ flight et y retrouve «Bobby» Bladt, son camarade de promotion. Equipée de Spitfire XIV, le pur-sang de l'écurie Supermarine, l'escadrille est déployée à Lympne sur la côte sud-est de l'Angleterre. Elle est pour quelques jours encore sous le commandement de «Mike» Donnet avant qu’il ne cède les rênes à Léopold Collignon. Au même moment, quittant le Fighter Command, l’escadrille est affectée au 83 Gp de la 2TAF. Le parcours opérationnel d'Albert Van Eeckhoudt peut enfin commencer...
Source :
Extrait d’un article du site
https://www.vieillestiges.be/files/biographies/BioVanEeckhoudtFr.pdf