Derniers articles https://www.freebelgians.be Derniers articles (C) 2005-2009 PHPBoost fr PHPBoost Le Contingent réserve armée belge à Rotheux-Rimière (Province de Liège) https://www.freebelgians.be/articles/articles-1-275+le-contingent-r-serve-arm-e-belge-rotheux-rimi-re-province-de-li-ge.php https://www.freebelgians.be/articles/articles-1-275+le-contingent-r-serve-arm-e-belge-rotheux-rimi-re-province-de-li-ge.php <p style="text-align:justify">La Radio, ce 10 mai 1940, annonce l’envahissement du sol belge et engage tous les jeunes, non militaire, de 16 à 35 ans, à rejoindre ‘’LOBBES’’, dans les plus brefs délais. Le garde-champêtre ELIE est déjà en route et porte une convocation dans chaque foyer où habite un de ces jeunes. Celui-ci est tenu de rejoindre LOBBES par le train qui passera à ENGIS entre 15H et 16H.<br /> Peu de familles possèdent une voiture, à cette époque, mais elles sont à la disposition de tous. …<br /> Nous voilà dans le train, au milieu de beaucoup d’autres jeunes. L’atmosphère est lourde et les plaisanteries tombent à plat, puis cessent. L’omnibus sert de ramassage et il fait nuit quand nous arrivons en gare de LOBBES. Personne ne nous attend, le service d’encadrement n’est pas prévu, nous sommes un peu désemparés. Heureusement, nos mamans nous avaient pourvu de victuailles.<br /> Dans la ville, nous « squattons » une école abandonnée. Le lendemain, nous avons pu acheter de nouvelles provisions dans un commerce encore ouvert tandis qu’un groupe se ravitaille auprès d’une cantine française.<br /> A pied, nous remontons vers ANDERLUES, regroupement sur les quais de la gare. Des trains se forment pour la FRANCE; nous partons vers BINCHE, MONS, JEMAPPES; le train arrive en vue de QUIEVRAIN. Des avions nous survolent: nous quittons les quais et nous nous réfugions dans la campagne environnante. Un avion trace un grand cercle au-dessus de la ville, les bombardiers se groupent à l’intérieur de la circonférence et lâchent leurs bombes.<br /> Notre groupe s’est disloqué. Certains paniqués se figent, d’autres filent comme des lapins. Je suis de ceux-ci, et je me souviens d’avoir sauté un mur très haut avec tout mon ‘’barda‘’ sur le dos.<br /> Les Rotheusiens sont scindés en plusieurs groupes. Les narrateurs de ce récit eux-mêmes font partie de groupes différents: un se dirige vers la mer du Nord: l’autre vers le Nord de la France.</p><br /> ]<br /> <p style="text-align:center"><img src="https://www.freebelgians.be/upload/freebelgians_07_26_att_travail.jpg" alt="" class="valign_" /></p><br /> <p style="text-align:center">Attestation de travail délivrée à Lambert LAROCK lui permettant de reprendre son activité en cas de démobilisation.</p><br /> <br /> <p style="text-align:justify">Nous ne sommes plus que 3; Robert, Marcel, Joseph, les bombes tombent. L’un d’entre nous veut réciter son acte de Contrition, mais ne retrouve plus les mots. Il souhaite notre aide mais la frayeur nous rend muets; la grande verrière vient d’éclater.<br /> Quand tout est calmé, nous tournons le dos au sinistre et nous marchons, nous marchons ! Nous arrivons ainsi à OSTENDE. Nous trouvons refuge dans l’Hôtel Palace, ainsi que d’autres jeunes qui avaient pris la même direction que nous. Là, l’armée nous nourrit.<br /> Mais, pendant la nuit, ce fut un vrai défilé aux toilettes et 40 gars malades cela s’entend. Marcel qui riait des autres pendant la nuit est dérangé le matin et lui il n’a pas le temps de …. Joseph lui prête une salopette. Elle subit le même sort peu après car la fermeture éclair se coince au mauvais moment !<br /> Joseph sort en ville; il achète un pantalon pour 20 F. Quand Marcel l’enfile, il doit le replier 2 fois sur sa taille et le fait tenir avec une corde !<br /> Nous restons à peu près une semaine, nous logeons alors à MARIAKERKE, à l’Hippodrome. Là, l’armée a affrété un grand bateau et nous offre le voyage vers l’ANGLETERRE, ce que nous refusons. Les Allemands sont installés près de nous et se font même canarder par leurs frères. Nous décidons de rentrer chez nous.<br /> A l’étape suivante, nous voulons passer la nuit dans un pensionnat, mais les occupants se déclarent au complet, et c’est un Allemand, le premier que nous voyons qui exige notre admission et que l’on nous nourrisse.<br /> Le jour suivant nous sautons sur une plate-forme de camion, et nous traversons les Flandres, le conducteur nous dépose chez un boucher qui nous offre une fricassée au boudin noir. Que c’est bon ! Pour dormir, notre hôte tire un matelas à terre dans sa chambre d’amis. Quelle bonne nuit ! Le matin nous disposons de l’atelier pour faire nos ablutions et nous recevons chacun un colis de nourriture pour le retour.<br /> De nouveau un camion nous rapproche de nos foyers et puis de tram en tram nous arrivons au Pont de Seraing. Le pont est dans l’eau. Aussi nous passons en barge; une dame, amie des parents de Joseph, nous accueille, nous loge et nous nourrit. C’est la dernière étape.<br /> Le lendemain, nous avons des ailes pour franchir les derniers kilomètres qui nous séparent encore des familles qui depuis le 10 mai n’ont plus aucune nouvelle.<br /> Aux Biens Communaux, la D.T.A. (Défense Terrestre Avion) tourne et tire vers un avion qui passe dans le ciel. Le Bois de Seraing est franchi dans l’allégresse, et quel bonheur pour nous et nos parents, ces retrouvailles inoubliables.<br /> Nous sommes à QUIÉVRAIN, les bombes ont affolé tout le monde nos amis se sont dispersés mais nous restons un bon groupe : Richard, Renaud, Georges, Marcel, Fernand, Maurice, Joseph.<br /> Des files d’évacués passent et voulant voulons éviter d’être bloqués dans ces colonnes interminables, nous partons à travers les campagnes, ou par de petites routes. Nous passons la frontière à Roisin; là, une fermière nous demande de l’aider à charger sa charrette d’une partie de son ménage, d’installer sa vieille maman dans un Voltaire et surtout de lâcher les animaux dans les prés. Nous faisons un bon repas avant de nous remettre en route, toujours à travers champs avec halte dans des maisons abandonnées où nous dormons et où Georges, notre cuisinier volontaire, tâche d’apaiser notre appétit toujours en éveil.<br /> Nous contournons BAVAY, LE QUESNOY, SOLESMES. Nous allons vers Cambrai, marchons toute la journée, jusque tard dans la soirée. La température est agréable même la nuit.<br /> Un jour, nous suivons une belle allée arborée quand nous apercevons sur le remblai une enfilade de Sénégalais couchés, tués sans doute par une mitrailleuse: nous mûrissons de quelques années en cinq minutes.<br /> Les premiers Allemands que nous avons aperçus se « planquaient » sous un pont, près de la ville d’ARRAS. Les suivants sont sortis d’un avion en rase campagne où nous nous reposions. Un interprète nous demande ce que nous faisons là et d’où nous venons ? De Liège – ah! Luttich et bien, un bon conseil, retournez-y en suivant D.G.7, contraire aux flèches.<br /> Cela nous paraît sage et, de nouveau à pied, nous retournons sur nos pas. L’itinéraire du retour a été suggéré à d’autres adeptes que nous car nous voilà dans une colonne d’évacués. En fin d’après-midi, des Allemands groupent dans un pré les jeunes adultes masculins et laissent circuler les plus âgés, les femmes, les enfants. Renaud est nerveux, il n’apprécie pas cette sélection. Il emmène ses amis à l’orée du bois qui jouxte la prairie où tout le monde se couche à même le sol. Quand la nuit est complètement tombée, en silence, tels des Sioux, les Rotheusiens se coulent dans la forêt proche. Ils marchent un bon quart d’heure et de nouveau se couchent et s’endorment. Ils accompliront, le lendemain, un vaste détour avant de rejoindre la route principale.<br /> Dans la banlieue d’Arras, un magasin de vélos est abandonné. Nous pénétrons dans l’atelier et nous nous emparons de vieilles bécanes que nous remettons en état, certaines n’ont même pas de freins, nous freinerons avec le pied sur la roue avant ! Un d’entre nous, à notre grande colère, brise la vitrine et prend un nouveau vélo tout neuf, en exposition, il sentira notre réprobation tout le trajet de retour alors qu’Ernest qui n’a pas de vélo (il n’a pas voulu d’un nouveau) sera chargé à tour de rôle, jusqu’à ce qu’on lui en trouve un, abandonné dans un fossé.<br /> Etape après étape , nous rebroussons chemin, nous retournons chez nous, malgré les difficultés, la fatigue, nous sommes heureux, notre avenir est de nouveau tracé: revoir nos familles, notre village et redevenir un enfant, sécurisé dans son foyer, à cette époque c’est normal pour un jeune de 16,17 ou 18 ans.<br /> <br /> Après QUIEVRAIN, Emile, Léon, André, Joseph et Lambert forment un troisième groupe. Est-ce l’influence des deux fermiers, ils choisissent souvent des métairies pour les haltes. Lambert se découvre des talents de chef cuisinier et dirige le nouveau noyau.<br /> Lambert garde un bon souvenir d’une école d’agriculture; la ferme contient encore quelques petits animaux qui vont leur procurer un vrai festin. C’est là qu’ilsdécouvrent 3 vieilles bicyclettes, ce qui leur donne l’idée d’en chercher d’autres le long du trajet.<br /> Dans une campagne près d’Arras, nous dormons paisiblement, au petit matin. Les Allemands qui nous réveillent et nous conseillent de rejoindre nos foyers.Joseph qui s’est relevé, les a aperçus, il a éprouvé une telle peur qu’il s’est sauvé et nous ne l’avons jamais retrouvé… sinon à ROTHEUX. Nous faisons demi-tour et pédalons joyeusement sur de petites routes peu encombrées.<br /> A RANCE, un barrage allemand détourne les voyageurs à vélo en 2 colonnes, les amène dans l’église après avoir déposé les bicyclettes dans le cimetière voisin. Ils dorment sur les bancs et les chaises. Le lendemain matin, grand rassemblement, chacun passe devant deux officiers et doit présenter sa carte d’identité. Lambert a plus de 18 ans, il est séparé de ses compagnons et doit rejoindre un groupe de personnes âgées de 18 ans à plus ou moins 30 ans.<br /> <br /> Source :<br /> Extrait d’un article mis en ligne par l’asbl : Mémoire de Neupré.<br /> <a href="https://memoiredeneupre.be/a003-cahier-de-mobilisation/">https://memoiredeneupre.be/a003-cahier-de-mobilisation/</a><br /> </p> Mon, 29 Jun 2026 21:01:35 +0200 La Résistance à Anvers et les environs. https://www.freebelgians.be/articles/articles-3-274+la-r-sistance-anvers-et-les-environs.php https://www.freebelgians.be/articles/articles-3-274+la-r-sistance-anvers-et-les-environs.php <p style="text-align:justify">Tous ceux qui abhorrent le régime d'occupation et la collaboration ne passent pas à l'action. Cela exige un grand courage, et le risque de répression est élevé. Fin 1940 et début 1941, la résistance reste l'affaire de quelques individus seulement. À partir de 1942, le nombre de centres de résistance augmente également en dehors des grandes villes. On estime qu'environ 150 000 résistants belges étaient actifs dans les semaines et les mois précédant la Libération. Environ 15 000 d'entre eux ne survivront pas à la guerre. <br /> L'engagement d'une personne dépend de divers facteurs. Il peut s'agir d'une conviction idéologique : antifascisme, position anti-allemande ou pro-alliée, patriotisme belge affirmé, sentiment royaliste, communisme, lutte pour la liberté et la démocratie, etc. Mais une conviction seule ne suffit pas. Les réseaux informels de collègues, de famille, de voisins, d'amis, etc., tissés avant la guerre, jouent souvent un rôle tout aussi important. </p> <br /> <br /> <strong>Les principaux mouvements de résistance à Anvers</strong><br /> <br /> Les mouvements de résistance les plus importants dans la région d'Anvers sont la Légion belge, mieux connue à partir de juin 1944 sous le nom d'Armée secrète (GL- Geheim Leger ou Armée Secrète)), le Mouvement national royaliste (NKB nationale koninklijke beweging), le Front d'indépendance (OF) (onafhankelijk front) et la Brigade blanche-Fidelio (WB-F).(Witte brigade-Fidelio).<br /> <br /> <p style="text-align:center"><img src="https://www.freebelgians.be/upload/freebelgians_06_2026_wb_f.jpg" alt="" class="valign_" /><br /> Hommage d'après-guerre à la résistance ; au micro, Marcel Louette (alias Fidelio)</p><br /> <br /> Ces mouvements de résistance se sont développés par tâtonnements durant la guerre, face à une répression allemande impitoyable. Les deux premières organisations patriotiques belges recrutaient principalement d'anciens soldats et des membres de la bourgeoisie francophone. La NKB était également ouvertement royaliste et donc léopoldiste. L'OF, quant à elle, recrutait dans des milieux très différents. Fondée sous l'impulsion des communistes, elle visait aussi à constituer un large front populaire destiné à unir toutes les forces antifascistes, au-delà des clivages partisans. Pour les actions de résistance armée, le parti communiste s'appuyait toutefois sur ses propres militants, qui formèrent les « Partisans armés ».<br /> La WB-F, fondée dans les milieux libéraux sous l'impulsion du professeur de lycée Marcel Louett, est le seul groupe originaire d'Anvers. Son nom initial, la Brigade Blanche, s'est enrichi du nom Fidelio, pseudonyme de Louett. L'organisation espérait ainsi éviter toute confusion après la guerre avec l'expression courante « Brigade Blanche », synonyme de la résistance en général. Cette brigade, qui a débuté avec un petit journal de résistance et quelques camarades, est devenue une organisation de résistance bénéficiant d'un large soutien. Elle se livrait à des actes de sabotage, recueillait des renseignements, aidait les résistants à se cacher et dressait des listes de collaborateurs.<br /> Cependant, ces mouvements de résistance sont si secrets que certains membres ignorent parfois à quelle cellule ils appartiennent. Nombre de résistants n'ont de contact qu'avec un ou deux collègues au maximum. Ainsi, ils évitent que la répression ou la dénonciation n'anéantissent des organisations entières.<br /> La Résistance avait une règle très claire : laisser le moins de traces possible. Une exception à cette règle existait : la presse clandestine. Les nombreux tracts et journaux clandestins conservés en témoignent. Pendant la Seconde Guerre mondiale, Anvers devint le centre de la presse clandestine en Flandre.<br /> L'une de ces publications est Le Clan d'Estin . Les textes, écrits dans des milieux libéraux, véhiculent un message d'optimisme et de foi en l'avenir. Jean Sasse, fils de l'échevin libéral Éric Sasse, participe à la rédaction. Le journal est imprimé clandestinement dans la librairie de Fernand Rahier. Le numéro du 20 novembre <br /> 1940 témoigne, entre autres, des actions patriotiques au cimetière de Schoonselhof. Le dernier numéro paraît en avril 1941, après plusieurs arrestations. <br /> <br /> <strong>Collecte de renseignemets</strong><br /> <br /> <p style="text-align:justify">Parmi les personnes arrêtées figure Fernand Rahier lui-même, mais pas pour ses écrits. Il collabore également avec le service de renseignement « William », dirigé par Emmanuel Hobben. Ce service, tout comme l'autre service de renseignement anversois « Alex », appartenant au réseau plus vaste « Tégal », tente de transmettre des renseignements aux services alliés à Londres par radio ou par contrebande. Le service « Alex » est principalement composé d'anciens officiers et se concentre sur le renseignement militaire. Ils parviennent même à dérober les plans du célèbre avion de la Luftwaffe : le Focke-Wulf 190. Cependant, les forces d'occupation démantèlent le réseau « Alex » et exécutent plusieurs de ses membres clés.<br /> Bien que la plupart des mouvements de résistance de la province d'Anvers n'aient pas immédiatement recours à la violence, ils y ont recours lorsque cela s'avère nécessaire. Ils ciblent le personnel et les bâtiments de la puissance occupante et des groupes collaborateurs.<br /> L'Armée partisane belge, branche armée du Parti communiste, affirma notamment sa présence. Le groupe Heymans, du nom de Gustaaf Heymans, planifia par exemple un attentat à la bombe contre les locaux de DeVlag, rue Van Eycklei, début 1943. L'attaque fut cependant déjouée et le poseur de bombes Franciscus Palinkx tomba aux mains des Allemands. On découvrit rapidement qu'il n'en était pas à son premier acte de violence. Il avait déjà attaqué un collaborateur, bombardé un terrain d'entraînement allemand à la grenade et avait été arrêté lors d'une tentative d'attaque contre un garage militaire allemand. Cette fois, il ne parvint pas à s'évader de la prison de la Begijnenstraat et, le 8 juin 1943, Palinkx fut fusillé à Anvers. Peu après, les forces d'occupation exécutèrent le groupe de partisans dirigé par Heymans au camp de concentration de Vught, aux Pays-Bas. </p><br /> <br /> <strong>Sabotage.</strong><br /> <br /> <p style="text-align:justify">Et dans le port d'Anvers également, d'une importance économique et militaire capitale pour l'occupant, des activités clandestines se développent. Dockers, équipages de remorqueurs, réparateurs navals… employés d'entreprises comme Béliard et Mercantile, passées sous contrôle militaire allemand, s'organisent en « Comités syndicaux de lutte » illégaux. Ils s'engagent à saboter la production de l'occupant partout où cela est possible. Mais, une fois encore, la répression est impitoyable. En mars et juillet 1942, des agents allemands arrêtent, entre autres, Frans et Albert Adriaenssens, Jaak Pluym, Henri Hazen, Jan Van Herck, Jozef Pir, Pierre Wellekens, Petrus Vande Velde et Jozef Doms, tous employés chez Mercantile. Souvent, ces hommes sont déportés dans les camps via Breendonk, où ils perdent la vie.<br /> Nombreux sont ceux qui entreprennent également des actions et rendent des services moins directement dirigés contre l'occupant et ses collaborateurs. Pensons, par exemple, à ceux qui aident les pilotes alliés abattus ou les Juifs contraints à la clandestinité.<br /> Ainsi, à partir de 1943, le Service Socrate apporta son aide aux objecteurs de conscience et aux personnes clandestines. Après l'instauration du travail obligatoire à l'automne 1942, nombreux furent ceux qui décidèrent d'entrer dans la clandestinité. Dès lors, sans ressources, ils vivaient dans des logements illégaux. Leurs familles risquaient également des sanctions. Un soutien était donc indispensable pour ces personnes. Le Service Socrate fut créé à l'initiative du gouvernement londonien, mais son fonctionnement s'inspirait des organisations de la Résistance.<br /> Parmi les figures marquantes d'Anvers figurait le procureur adjoint du roi, Dirk Sevens. Il apporta également une aide active aux Juifs. Un mois seulement avant la libération d'Anvers, les forces d'occupation retrouvèrent la trace de ce jeune magistrat. Par l'intermédiaire du quartier général du Sipo-SD, Sevens fut déporté au fort de Breendonk. Lors de son interrogatoire, les Allemands le torturèrent avec une telle violence qu'il était à peine reconnaissable à son arrivée. Il fut néanmoins contraint aux travaux forcés. Le 9 août 1944, Sevens succomba après avoir été frappé par un gardien du camp. En face du bureau du procureur du roi, dans l'ancien palais de justice du Britselei, un buste commémore encore aujourd'hui sa résistance.<br /> Un petit groupe de jeunes Anversois, membres du club de boxe « Belgische Rekruten Boksers » (Boxeurs Recrues Belges), s'organisa de manière assez spontanée, indépendamment des grandes organisations clandestines. Ils utilisèrent l'acronyme BRB comme pseudonyme pour leur « Mouvement Révolutionnaire Belge » clandestin. Fin janvier 1942, ils planifièrent plusieurs actions en une seule journée. Ils prirent pour cible un bâtiment du DeVlag à Deurne et brisèrent la vitre du siège du VNV sur la Frankrijklei. Cependant, un officier local les surprit et rapporta les faits aux occupants allemands. Il apparut rapidement que ces jeunes gens avaient d'autres antécédents judiciaires, et 22 d'entre eux furent arrêtés. Neuf moururent dans les camps. Les autres retournèrent à Anvers après la guerre. <br /> Source :</p><br /> <br /> <strong>Extrait su site web : Antwerpen herdenkt<br /> <a href="https://www.antwerpenherdenkt.be/oorlogsthemas/verzet-collaboratie">https://www.antwerpenherdenkt.be/oorlogsthemas/verzet-collaboratie</a></strong> Sat, 30 May 2026 16:03:56 +0200 Arthur Patiny, d’instituteur à pilote dans la RAF https://www.freebelgians.be/articles/articles-2-273+arthur-patiny-d-instituteur-pilote-dans-la-raf.php https://www.freebelgians.be/articles/articles-2-273+arthur-patiny-d-instituteur-pilote-dans-la-raf.php <p style="text-align:center"><img src="https://www.freebelgians.be/upload/patiny_freebelgians_mai_2026.jpg" alt="" class="valign_" /><br /> Arthur Patiny en uniforme de la R.A.F.</p><br /> <p style="text-align:justify"><br /> Arthur PATINY voit le jour à Floreffe le vingt-trois septembre 1919., Il est le benjamin des cinq enfants d’un couple domicilié à Buzet. Sa scolarité maternelle et primaire se déroulent à l’école communale de Buzet. Il poursuit ses études secondaires à l’Institut Saint-Berthuin de Malonne et intègre ensuite l’Ecole normale à Malonne également. Fin juin 1939, les résultats de la 96ème promotion tombent : Arthur obtient son diplôme d’instituteur avec la mention distinction.Il n’aura malheureusement pas l’occasion de professer directement. Les bruits de bottes se font entendre un peu partout en Europe et le vingt-neuf juillet 1939 la Belgique décrète la mobilisation.<br /> Arthur est mobilisé au 2e régiment de Chasseurs à cheval qui fait partie de la 2e division de cavalerie de l’armée belge. A cette époque, les chevaux ont disparu du régiment et sont remplacés par des motocyclettes. Il intègre le régiment comme milicien avant d’être promu au grade de brigadier (29/08/1939), puis maréchal-des-logis (15/01/1940).<br /> Le dix mai 1940, il rejoint son régiment de Chasseurs à cheval, IIe groupe/6e escadron. Le lendemain, il est dans la région de Herbet-Bomal-Waremme, puis passe par Hannut, Tirlemont et Namur. Le douze mai, il est légèrement blessé à Châtelet. Il poursuit son périple belge durant la campagne des dix-huit jours par Mons, Bruxelles, Alost et Gand. Son dossier militaire nous apprend qu’ensuite, il passe en France et se retrouve à Saint-Omer, Dunkerque et Bergues. On retrouve ensuite sa trace à Yzerenberg et ensuite, le vingt-huit mai à Ramskapelle, où il est fait prisonnier par les Allemands. Il passe les mois de juin, juillet et août aux camps de Brasschaat et d’Anvers et est libéré le cinq septembre 1940. Dégagé de ses obligations militaires (congé illimité), il reprend alors sa fonction d’instituteur à Malonne pour quelques mois seulement.<br /> Arthur décide, en mai 1941, de quitter la Belgique pour tenter de rejoindre les Forces belges libres en Angleterre. Il part le vingt-neuf mai, pour la France, y est arrêté deux jours sur la « ligne Rouge » (ligne de démarcation entre la zone occupée et la zone libre). Il passe ensuite par l’Espagne (20 novembre 1941), le Portugal, et arrive à Gibraltar le vingt-trois novembre, presque cinq mois après avoir quitté la Belgique. L’attente commence pour notre compatriote. Une fois les vérifications d’usage et autres formalités remplies, passeport britannique en poche, il s’embarque à bord du vapeur Batory et arrive à Greenock, en Angleterre, le huit janvier 1942. Il s’engage alors comme volontaire pour la durée de la guerre au sein des Forces belges en Grande-Bretagne où, dans un premier temps, il est affecté à la compagnie administrative du ministère de la Défense Nationale. Le deux février, il passe au camp Malvern, centre de recrutement et d’instruction et y séjourne jusqu’en avril 1942. Le seize avril, il est muté, à sa demande, au dépôt d’aéronautique militaire, où commence son entraînement de pilote et son rattachement à la R.A.F. Le vingt juin, il intègre donc la R.A.F. au grade de Aircraftman 2nd class et est officiellement affecté à la section belge. Il passe ensuite au Receiving Centre Regent’s Park le vingt juillet et le huit août est affecté au 17th Initial Training Wing à Scartborough. Le trente octobre, son entraînement se poursuit à la 6th Elementary Flying Training School de Sywell, où il est promu Leading Aircraftman (notion de cadre dans la R.A.F.).<br /> Le premier janvier 1943, il est affecté au 2nd Aircrew Dispatch Center à Manchester, puis le dix-huit à celui d’Ottawa (Grande-Bretagne). Le vingt-deux février, il rejoint la 31st Service Flying School à Winton, puis le dix-neuf avril la 34 th Service Flying School à Medecine Hat et enfin le six août 1943, le 31st Personnel Dispatch Center, avec le grade de Pilot Officer, correspondant pour l’armée belge, au grade de sergent-pilote d’aviation. Le premier septembre 1943, il rejoint le 7th Personnel receiving Center à Harrogate et le six décembre, la station de la R.A.F. de Sywell. Il est commissionné au grade de sous-lieutenant auxiliaire d’aéronautique, à la date du vingt-six décembre, pour une durée indéterminée et ce, par arrêté des Ministres réunis en Conseil à Londres, sous le numéro 171/23.12.43. Le six février 1944, il est promu au grade de Flying Officer. Le huit, il rejoint la 5th pilot advanced Flying Unit à Ternhill et le huit avril la 53rd Operational Training Unit à Kirton-on-Lindsay.<br /> Le neuf juin 1944, soit trois jours après le D-Day, il est affecté au 84th Group Support Unit, pour ensuite rejoindre son affectation définitive, le sept juillet, au 349e (Belgian) Squadron. Il meurt, accidentellement le douze juillet, lors d’un exercice de combat rapproché, à Burgess Hill (Sussex, 70km au sud de Londres) aux commandes de son Spitfire LF Mk IX, code NH484, immatriculé ‘GE’, dénotant son appartenance au 349e (Belgian) Squadron. Il sera inhumé le dix-sept juillet dans le cimetière militaire de Brookwood (près de Woking).</p><br /> <br /> <strong>Source bibliographique et iconographique</strong> : Extrait du site:<br /> <a href="https://www.bibliotheca-floreffia.be/project/arthur-patigny-un-floreffois-dans-la-raf/">https://www.bibliotheca-floreffia.be/project/arthur-patigny-un-floreffois-dans-la-raf/</a> Wed, 29 Apr 2026 11:05:42 +0200 Roger JAUMOULLE - Récit d'un combattant 40-45 https://www.freebelgians.be/articles/articles-1-272+roger-jaumoulle-r-cit-d-un-combattant-40-45.php https://www.freebelgians.be/articles/articles-1-272+roger-jaumoulle-r-cit-d-un-combattant-40-45.php <p style="text-align:center"><img src="https://www.freebelgians.be/upload/jaumoulle_freebelgians_avril_2026.png" alt="" class="valign_" /><br /> R. Jaumoulle est le deuxième à gauche, debout</p><br /> <br /> Déclaré bon pour le service, je suis désigné pour le Régiment de Forteresse de Namur, en abrégé R.F. N., pour 17 mois de service actif, et affecté au fort de Marchovelette lequel, avec d'autres, fait partie de la Position Fortifiée de Namur.<br /> Le 31 janvier 1938, après être descendu du train à la gare de Namur, puis avoir pris le tram à vapeur - ligne Namur-Hannut - c'est l'arrivée au fort avant midi avec hébergement dans les baraquements en bois ...<br /> Après un mois d'instruction - par temps de neige et froid de canard - c'est la fièvre et la scarlatine ... ! Comme il s'agit d'une maladie contagieuse, je suis soigné à l'hôpital militaire de Namur pendant deux mois, puis renvoyé à la maison encore pour deux mois, en convalescence. Pendant ce temps, j'ai pris 4 mois de retard pour l'instruction.<br /> Mais à l'armée, tout a été prévu : lorsque je réintègre le régiment, je suis pris en charge par un gradé pour l'instruction en plaine ainsi qu'à l'intérieur du fort. Pour celle-ci, explications du fonctionnement de la coupole G.P. 75 (grande portée), des autres coupoles ainsi que des casemates à mitrailleuses. En fait, j'ai reçu une instruction de luxe ... ce qui me vaut d'être désigné pour la coupole G.P. comme chargeur-tireur, car le soldat, à l'intérieur du fort, doit être capable d'assumer plusieurs fonctions.<br /> Le temps passe et, le 30 juin 1939, c'est la fin du service. Malheureusement, il n'est pas question de libération car le P.P.R. (pied de paix renforcé) nous maintiendra sous les drapeaux jusqu'au 10 mai 1940...<br /> Entre temps la vie s'organise, car après une convocation auprès du commandant du fort, je suis désigné avec d'autres pour faire partie de l'A.T. (artillerie de tranchée) et rejoindre le fort d'Andoy, chargé de tout le barda, fusil compris, par nos propres moyens ... Nous formons une section de 10 hommes, avec un obusier qui tire des obus à ailettes, dont la seule caractéristique est l'imprécision totale du tir ... ! Nous en ferons l'expérience.<br /> Casernés à la ferme Tillieux, à Limoy, entre les forts d'Andoy et de Maizeret, on nous désigne un emplacement à l'entrée d'un bois. Peu après, on creuse un trou de la forme d'un quadrilatère de 4 m sur 4 m, profond de 2 m, pour y recevoir les munitions qui arriveront au compte-gouttes ... (Je signale qu'il s'agit d'un obusier ayant servi en 14-18 !) Le trou n'ayant aucune protection, inutile d'ajouter qu'à la fonte des neiges, il y aura 50 cm d'eau, mais que nous importe cet inconvénient : nous possédons tous nos "bottes personnelles".<br /> Peu de temps après notre arrivée à Limoy, on nous désigne une petite maison vide à Andoy, à ... 3 Km de la position. La maison est vide, sauf un vieux poèle qui nous rendra bien des services, et surtout de la chaleur.<br /> Nous fabriquons des lits de fortune avec des planches récupérées à droite et à gauche; c'est mieux qu'à même le sol.<br /> Possédant un diplôme de boucher-charcutier, me voilà désigné pour la cuisine et l'entretien de la maison, avec la conséquence d'être exempt du travail sur la position mais de devoir m'y rendre pour y porter le dîner. Sur la photo de la petite maison à Andoy, on peut remarquer que j'y exerce une nouvelle profession : celle de barbier; il n'y a pas de sot métier !<br /> Et c'est le 10 mai 1940. Bien informés sur les événements par notre radio personnelle, nous rassemblons toutes nos affaires et nous nous installons sur la position pour y remarquer qu'un arbre gêne complètement la vue.<br /> Après quelques tirs, nous nous rendons compte qu'il nous est impossible de l'abattre et comprenons seulement que, pour toucher un char ennemi, il nous faudra non pas de l'adresse, mais une chance inouïe.<br /> Le 14 mai 1940, nous recevons l'ordre d'abandonner la position et de charger tout le matériel (sauf les munitions !!!) sur un camion.<br /> Possédant nos vélos personnels, nous sommes désignés à cinq hommes pour démonter la ligne téléphonique qui nous relie au commandement. Il est plus que temps d'obéir aux ordres car nous entendons au loin un drôle de bruit de moteur, qui n'est pas celui d'un camion. Les chars allemands sont au carrefour Quinaux. Nous dévalons à toute vitesse à travers bois vers la Meuse, passons le pont de Jambes terriblement encombré, traversons la ville et nous sommes les derniers à passer le pont de Salzinnes car, quelques centaines de mètres plus loin, nous entendrons le fracas de l'explosion ...<br /> Sur la route de Charleroi, face aux ateliers de Ronet, c'est le baptême du feu (mitraillage par des avions allemands) et il y en aura d'autres, avec abandon du vélo au milieu de la route et plongée dans les fossés.<br /> Arrivés au point de ralliement - centre de Mornimont - à l'effet d'y reprendre le camion, première et immense déception : de camion point, et nous ne le reverrons jamais. (Après la guerre, on a dit, sans contrôle possible, que le camion aurait sauté sur une mine, généreusement placée par nos amis marocains.)<br /> Nous sommes donc, avec mes quatre copains, dans l'obligation de continuer notre route à vélo dans un incroyable désordre. Les nouvelles, mauvaises, circulent à vitesse accélérée. Nous n'irons pas loin, car à Tamines, nous sommes arrêtés par les Marocains - Ils sont partout aux mauvais endroits. Cinq soldats belges à vélo et sans arme, il faut avouer que c'est louche et il faudra l'arrivée d'un lieutenant français qui, après explications et vérification des cartes d'identité, nous permettra de continuer notre route.<br /> La nuit tombe vite. Après avoir trouvé une maison vide dans les environs de Charleroi, et des vivres - c'est le premier repas de la journée -, premier bain dans une vraie baignoire et un sommeil lourd de fatigue jusqu'au lendemain matin.<br /> La frontière française passée, c'est l'arrivée à Douai, incroyablement encombrée de civils et de militaires et où un sous-officier français nous guide vers une caserne où il y a rassemblement des militaires belges. Mais après un sévère bombardement, c'est la débandade à nouveau et la disparition de trois de nos camarades. Je reste avec Dalcq pour la suite des événements.<br /> Comme on ne s'occupe plus de nous, nous reprenons la route de la Belgique après avoir essuyé plusieurs bombardements et mitraillages par les Stukas, pour constater que ces routes sont encombrées d'un innombrable matériel anglais abandonné à la sauvette.<br /> Nous commençons à comprendre la réalité des choses ...<br /> Après avoir logé un peu partout, dans des étables et des prairies, c'est l'arrivée aux environs de Torhout, en pleine fournaise. On entend des tirs de canons de tous côtés.<br /> Le 26 mai 1940, nous sommes réquisitionnés comme artilleurs, puis pour remplacer des troupes en première ligne, et cela, toujours sans fusil. Puis c'est le 28 mai et la capitulation ...<br /> C'est à ce moment que nous rencontrons les premiers Allemands, montant en ligne en bras de chemises, accrochés au coude à coude et chantant à tue-tête ... c'est plus impressionnant que leurs armes !!! Comme ils nous ont dépassés, nous espérons ne pas être prisonniers.<br /> Le soir, nous cherchons un abri dans une église et à un certain moment, mon camarade Dalcq me dit qu'il a faim et qu'il faut trouver de quoi manger. Je m'endors, accablé de fatigue. Le lendemain matin, il n'est pas rentré et je ne le reverrai plus qu'après la guerre, en 1945, car il est prisonnier ...<br /> Je décide de sortir de l'église et je rencontre un officier belge qui est précisément à la recherche des soldats perdus; il me dit que je dois me rendre dans l'usine de filature dont je n'ai pas conservé le nom, où l'on rassemble les soldats de toutes nationalités. On m'oblige à déposer mon vélo - en fait, c'est celui de mon frère, nouvellement acheté en 38 - chez un particulier affirmant que je le retrouverai dès ma libération (!)<br /> Le lendemain, les Belges seuls doivent sortir de l'usine, car nous devons prendre chacun 3 chevaux français pour les conduire de pâture en pâture dans les villages voisins. Pendant ces quelques jours, nous sommes logés et nourris dans une école. Le 10 juin 1940, nous embarquons les chevaux dans un train en partance pour l'Allemagne.<br /> Le 11 juin, les Flamands sont libérés ... au grand dam des cinq wallons restants. Enfin, le lieutenant (flamand) nous confie qu'il essaye de nous faire libérer par tous les moyens, ce qui sera fait le 12 juin. Nous nous présentons devant un colonel allemand et, sans un mot, nous recevons un papier confirmant notre libération. Retourné auprès du particulier détenteur de mon vélo, j'y apprend que les Allemands auraient pris ce vélo ...<br /> A 9 heures du matin, je suis seul sur la route vers Bruxelles; je fais du stop, une charrette d'abord, une camionnette de marchand de bière ensuite, qui me conduit à Bruxelles. Je traverse la ville, étonné de me trouver seul en uniforme belge. Personne ne m'inquiète, ni dans un sens, ni dans l'autre, et, après avoir pris le tram à la Place Rouppe pour Wavre, puis Jodoigne, je suis chargé par un camion jusque Jauche. Les 5 derniers kilomètres à pied me paraissent terriblement légers et c'est la rentrée à la maison vers 18 h, heureux de retrouver mes parents sains et saufs, après 29 mois à l'armée sans interruption. Certains de mes camarades n'ont pas eu cette chance.<br /> Seule ombre au tableau, mon jeune frère, entré au service militaire le 15 avril 1940, n'est pas rentré et on est sans nouvelles depuis le 20 avril... Il rentrera le 1er août 1940, après une singulière odyssée en France (prisonnier aux environs de Bar-sur-Seine), mais ceci c'est une autre histoire !<br /> <br /> Source : Bulletin du CLHAM TOME 5 - FASCICULE 4 - DECEMBRE 1992<br /> <a href="https://www.clham.be/T5-04.html#Jaumoulle">https://www.clham.be/T5-04.html#Jaumoulle</a> Mon, 30 Mar 2026 09:42:01 +0200 Les destructions belges du 10 mai 1940 à Kanne https://www.freebelgians.be/articles/articles-1-271+les-destructions-belges-du-10-mai-1940-kanne.php https://www.freebelgians.be/articles/articles-1-271+les-destructions-belges-du-10-mai-1940-kanne.php <p style="text-align:justify">Aux premières heures du 9 au 10 mai, vers 1 h 30, le quartier général du bataillon à Piringen reçut le premier signal d'alerte. Celui-ci fut immédiatement transmis aux compagnies. Toutes les équipes de démolition furent dépêchées sur place par camion, bus et fourgonnette. Le sous-lieutenant Bruyère du 21e bataillon du génie fut chargé par le commandant du fort Ében-Émael Jottrand de lancer les sept démolitions à Kanne. Il utilisa pour cela des troupes de la section du lieutenant Fonteiniers. Les sites à détruire étaient numérotés de D4 à D10 et se situaient tous de l'autre côté du canal, donc à l'est de Kanne. Le sous-lieutenant Bruyère disposait de 7 sergents, 7 caporaux et 14 soldats pour chacun des sept objectifs.</p><br /> <br /> <p style="text-align:center"><img src="https://www.freebelgians.be/upload/freebelgians_kanne_pour_mars_2026.jpg" alt="" class="valign_" /></p><br /> <br /> D4 Au sommet du Muizenberg<br /> D5 Kapelstraat derrière la chapelle du Saint-Sépulcre<br /> D6 Onderstraat près de l'ancienne ferme-château de Harff<br /> D7 Pont Jeker à Op 't Broek<br /> D8 Pont Jeker à Brugstraat<br /> D9 Pruis près du cimetière<br /> D10 Route vers Caestert<br /> <br /> <p style="text-align:justify">En pleine nuit, le lieutenant Bruyère quitte Piringen avec ses hommes pour le sous-secteur du 2e régiment de grenadiers. À 4 h 10, Bruyère reçoit l'ordre du fort Ében-Émael de procéder aux démolitions D4 à D10 sur la rive est du canal Albert. Il se précipite vers le pont et passe devant le bunker O, où il demande au sergent Pirenne du fort de ne pas faire sauter le pont avant son retour avec son équipe. Cependant, Pirenne a déjà reçu l'ordre de démolition et ne peut qu'attendre que Bruyère et son équipe aient traversé le canal. L'équipe de Bruyère réussit à effectuer six des sept démolitions. Seule la démolition de D8, le petit pont sur la rivière Jeker, échoue en raison d'un problème technique. Pendant que le lieutenant Fonteiniers effectue les travaux de démolition sur l'autre rive du canal, le commandant d'Ében-Émael ordonne à nouveau de faire sauter le pont. Le commandant Pirenne ne put plus retarder la destruction du pont, qui explosa. La voie de retour des sapeurs étant désormais coupée, on chercha une embarcation pour rejoindre la rive ouest amie. Selon le récit d'Alain Pelzer, Bruyère parvint à transporter une vingtaine de soldats sur la rive ouest à trois reprises. Il s'agissait principalement de grenadiers et d'une des équipes de Bruyère. Un des groupes embarqua, mais durant la traversée, des parachutistes allemands du groupe Eisen ouvrirent le feu sur le lieutenant et ses hommes, contraignant les Belges à se rendre immédiatement et à débarquer comme prisonniers de guerre. Le lieutenant Bruyère subit le même sort.<br /> Harry Bovens, soldat de la 14e Ligne , était en permission chez ses parents à Kanne. Avec deux gendarmes auxiliaires de Kanne, il rejoignit un des groupes (l'escouade de démolition D10, sur la route de Caestert) et tenta de traverser, mais ils échouèrent car l'embarcation était amarrée sur la rive opposée. Ils tentent de traverser le pont détruit, mais lui et ses compagnons sont contraints de se rendre aux parachutistes allemands sur la rive est. Ils sont conduits sur les hauteurs de Tiendenberg, puis attaqués par un avion allemand. Vingt-quatre Belges et trois soldats allemands sont tués. Les autres sont déportés en Allemagne comme prisonniers de guerre via Maastricht. <br /> Source : Texte d’Alain Pelzer<br /> <a href="https://heemkundekanne.be/vers-van-de-pers/vernielingen-op-10-mei-1940-in-kanne/">https://heemkundekanne.be/vers-van-de-pers/vernielingen-op-10-mei-1940-in-kanne/</a></p> Fri, 27 Feb 2026 18:11:09 +0100 Arthur Vanerpoorten, Sénateur,Ministre et déporté politique. https://www.freebelgians.be/articles/articles-3-270+arthur-vanerpoorten-s-nateur-ministre-et-d-port-politique.php https://www.freebelgians.be/articles/articles-3-270+arthur-vanerpoorten-s-nateur-ministre-et-d-port-politique.php <p style="text-align:justify">En ouvrant la séance du 29 mai 1945, le président du Sénat, Robert Gillon, sait que l'ordre du jour lui impose un pénible devoir. Il doit prononcer l'éloge funèbre du sénateur et ministre Arthur Vanderpoorten. Ce collègue a perdu la vie dans le camp de Bergen-Belsen.<br /> </p><br /> <br /> <p style="text-align:center"><img src="https://www.freebelgians.be/upload/2_vanderpoorten_freebelgians_fevrier_2026.jpg" alt="" class="valign_" /></p><br /> <br /> <p style="text-align:justify">Il est indéniable que le défunt était apprécié. Comme le dit Gillon dans son éloge funèbre : « Il fut enlevé à notre affection. Ainsi s'évanouit l'espoir de revoir parmi nous ce collègue courtois. Orateur flamand remarquable, sa disparition est pour ceux dont il défendait l'idéal une perte sensible.<br /> Arthur Vanderpoorten a atteint l'âge de 61 ans et a fait ses preuves dans l'industrie textile, dans le mouvement gymnique et en politique. En tant que sénateur et ministre, il prône un libéralisme aux accents sociaux. Et bien que la cause flamande le touche, il ne veut pas renoncer à l'union belge.<br /> Durant la Seconde Guerre mondiale, Vanderpoorten reste fidèle à son idéal humaniste en dépit de circonstances particulièrement éprouvantes qui le conduisent finalement à la mort, fin tragique d'un parcours mouvementé, émaillé de maintes péripéties politiques, et qui l'amène, tout comme d'autres ministres, à la captivité.<br /> Le 10 mai 1940, lorsque l'Allemagne envahit la Belgique, Arthur Vanderpoorten est en convalescence après avoir subi une intervention chirurgicale. Il se rend néanmoins au Sénat. Depuis quelques mois, il est ministre de l'Intérieur au sein d'un gouvernement d'union nationale dirigé par Hubert Pierlot. Le devoir l'appelle, à l'heure où les institutions du pays et le bien-être de ses citoyens sont mis en péril.<br /> Vanderpoorten vit la campagne des dix-huit jours en première ligne. Les ministres ne parviennent pas à s'entendre avec le roi Léopold III à propos du cours de la guerre. Le souverain, qui est le commandant en chef des armées, veut capituler et partager le sort de ses soldats. Les ministres tentent en vain de le convaincre de quitter le pays pour poursuivre la lutte aux côtés des alliés. Avec ses collègues Hubert Pierlot, Paul-Henri Spaak (Affaires étrangères) et le général Henri Denis (Défense), Vanderpoorten s'entretient une dernière fois avec Léopold III au château de Wijnendale. Il attire spécialement l'attention du roi sur les deux millions de Belges qui ont fui le pays vers la France depuis l'invasion allemande. Qu'adviendra-t-il d'eux lorsque sa décision de capituler parviendra jusqu'en France ?<br /> Le 10 mai 1940, lorsque l'Allemagne envahit la Belgique, Arthur Vanderpoorten est en convalescence après avoir subi une intervention chirurgicale. Il se rend néanmoins au Sénat. Depuis quelques mois, il est ministre de l'Intérieur au sein d'un gouvernement d'union nationale dirigé par Hubert Pierlot. Le devoir l'appelle, à l'heure où les institutions du pays et le bien-être de ses citoyens sont mis en péril.<br /> L'armée belge capitule pourtant peu de temps après. Les 'quatre de Wijnendale' ont entre temps déjà rejoint leurs collègues en France. La capitulation belge suscite la colère de la population et du gouvernement français. Pour éviter des représailles contre les Belges réfugiés en France, le premier ministre Pierlot s'empresse de condamner l'attitude de Léopold III et de le déclarer dans l'impossibilité de régner. C'est Arthur Vanderpoorten qui prononce en néerlandais le discours de Pierlot.<br /> Quelques jours plus tard, les parlementaires belges, réunis à Limoges, adoptent une résolution qui va dans le même sens. Ils se disent solidaires du gouvernement et « flétrissent » la capitulation décidée par Léopold III. Au Sénat, Vanderpoorten estime qu'en tant que membre du gouvernement, il doit s'abstenir.<br /> La France capitule elle aussi en juin 1940. Le gouvernement Pierlot estime alors que pour la Belgique aussi, la bataille est terminée. Les ministres ne sont toutefois plus les bienvenus dans leur patrie. Depuis leur rupture avec Léopold III, leur popularité au sein de la population a fondu comme neige au soleil. Les vitres de l'habitation de Vanderpoorten à Lierre sont même fracassées. Quant à l'occupant allemand, il leur interdit de remettre le pied sur le sol belge .<br /> La partie inoccupée de la France, où les ministres ont trouvé asile, est administrée par le régime de Vichy. Mais ce régime collabore avec l'Allemagne et paralyse en fait les activités du gouvernement belge. Afin de pouvoir développer une certaine action gouvernementale, Pierlot et quelques autres membres de son gouvernement partent donc pour Londres. Huit autres collègues démissionnent et demeurent en France. Vanderpoorten fait partie de ceux-ci et s'établit à Pont-de-Claix près de Grenoble.</p><br /> <br /> <p style="text-align:center"><img src="https://www.freebelgians.be/upload/6_vanderpoorten_pont_de_claix_freebelgians_fevrier_2026.jpg" alt="" class="valign_" /><br /> Arthur Vanderpoorten devant sa résidence à Pont-de-Claix, 1941. Le premier à droite est Léon Matagne</p>.<br /> <br /> <p style="text-align:justify">Au départ, la Belgique n'est pas encore un véritable allié de la Grande-Bretagne. Il ne semble pas encore nécessaire de former un gouvernement élargi en exil. Dans ces circonstances, Vanderpoorten juge être plus utile en restant en France.<br /> En tant que ministre de l'Intérieur et – depuis le départ de son collègue Jaspar à Londres – de la Santé publique, Vanderpoorten se préoccupe beaucoup du sort des quelque deux millions de Belges jetés sur les routes de France. Ils représentent quasiment un quart de la population belge de l'époque. Ils sont aussi au centre des discussions qu'il a avec le président du Sénat Gillon lorsque celui-ci lui rend visite à Pont-de-Claix. Il ne veut pas abandonner les réfugiés belges au bon vouloir des autorités de Vichy.<br /> Dans le courant de 1941, Pierlot juge qu'il n'est plus opportun de faire venir les ministres restés en France. Le régime de Vichy lui aussi fait obstacle au départ des ministres belges. Vanderpoorten et les sept autres ministres font l'objet d'une étroite surveillance et ne sont pas autorisés à quitter le canton local.<br /> Vanderpoorten ne perd pas courage pour autant. « Je ne veux pourtant pas me plaindre! », écrit-il à sa femme et ses enfants à la fin du mois d'août 1941, un an après avoir pris congé d'eux. À la demande du gouvernement Pierlot, il commence à organiser des vacances dans les Alpes françaises pour les enfants belges. Fin 1942, les colonies pour enfants débiles sont déjà bien implantées.<br /> Mais la situation dans la France de Vichy est loin d'être rose pour les ministres. Le 4 janvier 1943, en début de soirée, trois agents de la Gestapo se présentent au Grand Gallet, la résidence de Vanderpoorten à Pont-de-Claix. Il est contraint de les accompagner. « Au revoir, vieux frère, et bon courage », dit-il en guise d'adieu à Léon Matagne. Matagne ne le reverra plus, Vanderpoorten a bel et bien été arrêté.<br /> Après dix jours d'incarcération à Lyon, Vanderpoorten est transféré à la prison de Fresnes, près de Paris, destinée aux personnes accusées de 'crimes politiques'. On lui reproche ses contacts avec le gouvernement Pierlot et avec les services de renseignement belges. Selon toute vraisemblance, l'aide qu'il apporte aux réfugiés belges désireux de gagner la Grande-Bretagne en passant par les Pyrénées joue également un rôle.<br /> Le roi Léopold III est rapidement informé de l'arrestation de Vanderpoorten. Grâce à une intervention humanitaire, l'épouse de Vanderpoorten est autorisée à le rencontrer une dernière fois. Ils peuvent se voir pendant 25 minutes. Il embrasse son épouse à travers les barreaux, en présence d'un infirmier allemand.<br /> En septembre 1943, Vanderpoorten est intégré dans un convoi après un passage par les cellules de la police de Francfort. Sa destination est Sachsenhausen, un camp de concentration situé au nord de Berlin. Le cabinet du roi Léopold III a vent de la déportation et insiste à nouveau pour que des démarches soient entreprises.<br /> À Sachsenhausen, Vanderpoorten devient le numéro 71.693, un numéro qui est en outre suivi de la funeste abréviation « NN ». Le ministre est considéré comme un prisonnier « Nacht und Nebel ». Il disparaît dans la nuit et le brouillard et sa famille et ses amis ne peuvent plus jamais recevoir de ses nouvelles.<br /> À son arrivée dans le camp, il passe les premières semaines en isolement, privé de tout contact avec les autres détenus. Les nombreuses privations affaiblissent son organisme et lui valent de séjourner plusieurs mois à l'hôpital. Dès qu'il reprend des forces, Vanderpoorten est employé comme Hilfsarbeiter. Spécialiste de la branche textile, il est contraint de couper plusieurs mètres de tissu par jour et d'emballer des tapis. Il effectue en outre des travaux domestiques pour le chef d'équipe qui était un criminel de profession.<br /> La vie au camp est une épreuve autant mentale que physique. Lorsque sa santé fragile l'oblige à garder longtemps le lit, il est humilié par les Blockältesten, les prisonniers chargés par les SS de surveiller l'infirmerie. Ils refusent de lui accorder un lit dans l'encoignure qui l'aurait mis à l'abri des courants d'air et des allées et venues. Il est également témoin d'expérimentations médicales. De jeunes détenus sont choisis comme cobayes et placés dans une pièce séparée où ils sont privés de nourriture et ne reçoivent que des médicaments ou des injections. Leurs cris atroces sont audibles jusque dans l'infirmerie où se trouvent Vanderpoorten et ses compagnons de détention.<br /> Pressée par l'avancée de l'Armée rouge, la SS commence à évacuer les baraques au printemps de 1945. Tout comme des milliers d'autres prisonniers qui n'ont plus la force de travailler, Vanderpoorten est transféré au camp de Bergen-Belsen.<br /> Il y entre en février 1945, le mois où Anne Frank et sa sœur Margot y perdent la vie. Bergen-Belsen est destiné à accueillir les malades et mourants provenant d'autres camps. Les soins médicaux y sont inexistants et les prisonniers sont abandonnés à leur sort. Ils sont généralement privés de nourriture, de couvertures ou de chauffage; une épidémie de typhus y fait des ravages. Jamais autant de prisonniers ne périront de maladie, de faim et d'épuisement qu'en mars 1945 à Bergen-Belsen, sous le regard indifférent des gardiens SS.<br /> Bien qu'extrêmement affaibli, Vanderpoorten veut remonter le moral de ses compagnons de détention en renouant avec un ancien hobby. Il leur fait faire des exercices de gymnastique. Mais le typhus et la dysenterie ont finalement raison de lui. Après quatre jours de fièvre de plus en plus forte, Arthur Vanderpoorten rend son dernier souffle le 3 avril 1945. Ses dernières paroles furent : « Tout ce que j'ai fait, je l'ai fait pour ma patrie. Embrassez ma femme et mes enfants. »<br /> <br /> <strong>Sources bibliographies et iconographiques.: Sénat de Belgique et Cegesoma/archives de l’état</strong></p> Sat, 31 Jan 2026 17:20:56 +0100 Deux témoignages de soldats belges de leur campagne des 18 jours en mai 1940 https://www.freebelgians.be/articles/articles-1-269+deux-t-moignages-de-soldats-belges-de-leur-campagne-des-18-jours-en-mai-1940.php https://www.freebelgians.be/articles/articles-1-269+deux-t-moignages-de-soldats-belges-de-leur-campagne-des-18-jours-en-mai-1940.php <strong>Pierre Célis<br /> 15e Artillerie (3e Corps d'Armée).</strong><br /> <br /> <p style="text-align:justify">Le 10 mai 1940, nous étions stationnés à Grivegnée, près de Liège. Bien que nous entendions des grondements sur le canal Albert, le calme régna dans notre secteur toute la journée. Ce n'est que vers le soir que nous avons reçu l'ordre d'atteler les chevaux. J'étais chef de convoi .(Artilleur) et nous avons dû aider à déplacer notre obusier de 155 mm de sa position. Ce fut une tâche ardue, car la machine était restée immobile pendant presque toute la mobilisation. J'ai toujours trouvé étrange que nous, les artilleurs, ayons dû rendre nos fusils quelques jours avant le débarquement, avec la promesse de recevoir des revolvers. C'était censé être plus pratique. J'ignore qui a donné l'ordre, ni s'il y a eu manœuvre déloyale, mais le résultat fut que nous nous sommes retrouvés sans armes personnelles pour nous défendre le 10 mai. Quoi qu'il en soit, tôt le matin du 11 mai, notre batterie est partie et, vers 4 heures du matin, nous avons traversé la Meuse à Liège. Personne ne nous a dit où nous allions. Une fois la traversée terminée, plusieurs avions allemands sont apparus au-dessus de nous. Nous avons immédiatement mis pied à terre, mais miraculeusement, les Allemands nous ont laissés tranquilles. Peut-être parce que nous ne nous dirigions pas vers le front. À Bierset, sur la rive gauche de la Meuse, nous nous sommes cachés dans un bois et avons laissé nos canons le long de la route. De temps à autre, nos mitrailleuses tiraient quelques coups, mais sans résultat. Vers 17 heures, nous quittâmes nos abris et venions à peine de rejoindre la route lorsqu'une vingtaine de Stukas ouvrirent le feu sur nous. J'eus alors l'impression que les Allemands connaissaient tous nos mouvements à l'avance (le médecin du régiment, soit dit en passant, était un germanophone originaire des Cantons-de-l'Est). Dès lors, ce fut chacun pour soi. Pris de panique, nous nous enfuîmes, abandonnant chevaux et armes. Je passai la nuit chez un fermier à Bierset avec quelques autres soldats. Le lendemain, nous trouvâmes des vélos, probablement ceux des Chasseurs des Ardennes, et nous reprîmes notre route. Nous pédalâmes à travers les files de réfugiés en direction de Huy. Les réfugiés ne nous appréciaient guère, craignant que nous n'attirions l'attention des avions. Passant par Huy et Namur, nous arrivâmes à Charleroi. Les habitants nous accueillirent avec une grande hostilité. On ne nous a même pas donné un verre d'eau, et on nous disait : « Si vous avez soif, allez boire au canal Albert. » C'était le troisième ou le quatrième jour de la guerre, et nous avons décidé de prendre la route pour les Flandres. Après près de 100 km, nous sommes arrivés à Lichtervelde, où la gendarmerie a tamponné nos passeports pour éviter d'être punis comme déserteurs. Avec des soldats de différentes unités, nous avons été entassés dans des camions et envoyés au front. Le voyage fut bref, car cinq kilomètres plus loin, des avions allemands ont ouvert le feu sur notre convoi. Une fois de plus, il a fallu sauver ce qui pouvait l'être . J'ai ensuite erré pendant quelques jours jusqu'à ce que, peu après la capitulation, je sois fait prisonnier à Kortemark. C'était la première fois que je voyais un soldat allemand d'aussi près…<br /> <br /> <strong>Jean Beunekens,<br /> 1er Grenadiers</strong><br /> </p><br /> <p style="text-align:justify">J'étais lance-grenades au 1er régiment de grenadiers, stationné à Tessenderlo. Le 10 mai, à quatre heures du matin, l'alarme retentit, mais personne ne se doutait que les Allemands allaient envahir notre pays. Pour nous, ce n'était qu'un exercice de plus. Le mois précédent, nous avions souvent couru les deux kilomètres séparant notre caserne de Huist de nos positions le long du canal Albert. De ce fait, un tiers de notre régiment n'avait pas ses armes ce matin-là. Vers six heures, des chasseurs allemands apparurent au-dessus de nos positions, bientôt suivis de trois bombardiers (nous les avons d'abord pris pour des Belges ou des Français !). Heureusement, ils ne nous attaquèrent pas. Nous aurions été une cible de choix, car la plupart des soldats avaient quitté leurs positions et suivaient les avions à découvert. À une vingtaine de mètres de moi, un soldat de la compagnie francophone se mit soudain à tirer avec sa mitrailleuse antiaérienne. C'était un certain Jacquemeyns, un boxeur assez connu à l'époque. Un des bombardiers prit feu et s'écrasa quelques secondes plus tard. Les chasseurs nous attaquèrent alors et nous nous dispersâmes. Rien de bien important ne se passa ce jour-là. Nous apprîmes cependant que notre 2e régiment de grenadiers était sous un feu nourri aux alentours d'Ében-Émael et avait déjà subi de lourdes pertes. Puis, le 11 mai, l'ordre arriva d'abandonner nos positions et de nous replier vers l'ouest. Et ce, alors qu'aucun coup de feu n'avait quasiment été tiré ! Tous les soldats étaient lourdement chargés. Je devais aussi porter la partie de ma compagnie qui servait de lance-grenades. Il disparut à un moment donné (je ne me souviens plus exactement quand) et je ne l'ai jamais revu. Ainsi, pendant toute la campagne, je portai 25 kg : sac à dos, revolver, pelle, lance-grenades et munitions. À Lierre, la compagnie s'arrêta et nous dumes immédiatement commencer à creuser des tranchées . Nous n'y restâmes pas longtemps… jour après jour, nous battions en retraite. Et à chaque fois, le même scénario : s'arrêter, creuser, puis avancer tandis que les Allemands nous pilonnaient de loin avec leur artillerie. C'était épuisant. Vers le 16, nous sommes arrivés à Zelzate, sur le canal de Gand à Terneuzen. De là, nous avons tiré sur l'avant-garde allemande qui commençait à pénétrer en Flandre zélandaise. Ce fut la première et unique fois que j'ai utilisé mon DBT. <br /> <br /> Nous avons ensuite continué notre route vers Maldegem. La faim nous tenaillait. Pendant des jours, nous n'avons pas aperçu de cantine. Nous vivions de ce que nous donnaient les réfugiés, allant parfois chercher quelques poulets dans une ferme. J'avais aussi pris l'habitude de relâcher les animaux dans chaque ferme abandonnée ; j'avais travaillé dans une ferme pendant des années. Par exemple, à Maldegem, j'ai « libéré » un taureau, mais l'animal venait à peine de sortir de son étable qu'un soldat affamé l'a abattu et a partagé le butin avec ses camarades. À Adegem, non loin de là, nous étions de nouveau sous un feu nourri d'artillerie. Des rumeurs circulaient aussi selon lesquelles il n'y avait aucun Allemand sur place, mais qu'un sergent belge, un certain De Gendt, avait donné l'ordre d'ouvrir le feu après avoir été surpris par des vaches égarées. Pris de panique, ils auraient alors tiré à tout va. À ce moment-là, ma compagnie était en réserve, je ne sais donc pas quelle part de vérité cela revêt. Mais il est certain que plusieurs garçons sont morts cette nuit-là. Le 26 mai, notre régiment arriva à Rumbeke, un hameau de Roulers, où nous prîmes position autour du château. Nous y fûmes bombardés sans relâche pendant deux jours, et des dizaines d'hommes furent tués. Le jour de la reddition, nous recevîmes l'ordre de nous positionner au sud de Roulers. Nous continuâmes le combat jusqu'à 7 ou 8 heures du matin, quelques heures seulement après la capitulation officielle. C'est durant ce court laps de temps que la plupart des grenadiers furent tués. J'ai moi-même vu trois hommes tomber à mes côtés. On nous dit ensuite que nous devions couvrir la retraite d'une unité anglaise et le redéploiement des 3e et 5e régiments d'infanterie. Bien que cette dernière mission fût, bien sûr, totalement inutile. Vers 8 heures du matin, nous fûmes faits prisonniers, et c'est seulement alors que nous apprîmes la reddition de l'armée ! Après une marche épuisante, nous fûmes embarqués dans des wagons à Courtrai, en direction de l'Allemagne. Cependant, la gare fut bombardée par un avion anglais, ce qui endommagea les voies ferrées et rendit le voyage impossible. Escortés par quelques Allemands, nous avons continué à pied. J'ai tenté de m'échapper du convoi à plusieurs reprises, mais j'ai été arrêté à chaque fois. Finalement, j'y suis parvenu et j'ai trouvé refuge dans une ferme à Audenarde. Là, on m'a donné des vêtements civils. C'est ainsi que j'ai rejoint Bruxelles en passant par Ninove, où vivaient mes parents.<br /> <br /> <strong>Source :<br /> <a href="https://www.dbnl.org/tekst/vos_066belg01_01/vos_066belg01_01_0005.php">https://www.dbnl.org/tekst/vos_066belg01_01/vos_066belg01_01_0005.php</a></strong><br /> </p> Wed, 31 Dec 2025 10:34:29 +0100 La mobilisation https://www.freebelgians.be/articles/articles-1-268+la-mobilisation.php https://www.freebelgians.be/articles/articles-1-268+la-mobilisation.php <p style="text-align:left">L'essentiel de l'armée belge était divisé en trois catégories d'unités : les unités actives, les unités de 1°réserve et les unités de 2°réserve. Les unités actives étaient composées des plus jeunes recrues, dont les connaissances militaires étaient encore fraîches. Les soldats légèrement plus âgés étaient affectés à la 1°réserve, et les plus âgés à la 2°réserve.<br /> Régiments actifs : classes 36, 37, 38 et 39<br /> Premiers régiments de réserve : classes 32, 33, 34 et 35<br /> Deuxièmes régiments de réserve : classes 28, 29, 30 et 31</p><br /> <br /> <p style="text-align:center"><img src="https://www.freebelgians.be/upload/frrebelgians_mobilisation1_decembre2025.jpg" alt="" class="valign_" /></p><br /> <br /> <p style="text-align:justify">L'armée belge fut mobilisée pour la première fois le 27 septembre 1938, en raison de l'imminence de l'invasion nazie des Sudètes tchécoslovaques. Cinq classes de réservistes furent appelées à former, avec la classe déjà sous les armes, les six divisions d'infanterie actives et les six divisions d'infanterie de la 1re réserve.<br /> Le moral des soldats rappelés est excellent ; ils sont heureux de revoir leurs camarades de classe, et cela est fêté avec enthousiasme dans les cafés.<br /> Le 30 septembre, le danger de guerre était écarté ; les Français et les Anglais étaient parvenus à un accord avec Hitler selon lequel la Tchécoslovaquie pouvait être annexée à son Reich.<br /> Le 2 octobre, le gouvernement belge a décidé d'une démobilisation accélérée, ce qui a entraîné la dissolution immédiate de tous les régiments.<br /> Le soir venu, des groupes de soldats déambulaient le long des routes et de nombreux trains militaires entravaient le trafic ferroviaire normal.<br /> Le matériel abandonné fut récupéré par les régiments actifs. Des mitrailleuses légères jonchaient les rues, mêlées à des chaussures et autres équipements. Des vêtements militaires furent retrouvés dans des granges, à côté de harnais. La situation était si critique qu'un agriculteur appela Liège trois jours après la démobilisation : chevaux, ambulances, trousses médicales, harnais et matériel bloquaient les bâtiments de sa ferme. Le médecin, les infirmières et tous ceux qui avaient été rappelés étaient rentrés précipitamment chez eux, abandonnant tout sur leur passage.<br /> Le 26 août 1939, quelques jours avant l'invasion de la Pologne par l'armée allemande, l'armée belge se mobilisa pour la deuxième fois. Cette mobilisation se déroula plus facilement qu'en 1938.<br /> Afin de ne pas trop perturber le bon fonctionnement du pays, la mobilisation a été divisée en plusieurs phases :<br /> <br /> <br /> Phase A (26 août 1939)<br /> 1re, 2e, 3e, 4e, 5e et 6e divisions d'infanterie<br /> 1re division des chasseurs ardnnais<br /> 1er régiment de cyclistes frontières, 2e régiment de cyclistes frontières et bataillon de cyclistes frontières du Limbourg<br /> 1re division de cavalerie<br /> 2e division de cavalerie<br /> Les 1er, 2e et 3e régiments d'aviation, ainsi que les unités de soutien<br /> 1er Régiment de Défense Anti-Aérienne <br /> 2e Régiment de Défense Anti-Aérienne <br /> Troupes de forteresse de Namur, Liège et Anvers<br /> une partie des unités de soutien<br /> La phase B suivra le 28 août.<br /> 8e et 11e divisions d'infanterie<br /> 2e division des chasseurs des Ardennes<br /> <br /> En raison de la rapidité des événements, la phase C est déclarée le 1er septembre, lorsque les troupes allemandes envahissent la Pologne.<br /> 7e, 9e, 10e et 12e divisions d'infanterie<br /> 1er régiment léger, 2e régiment léger<br /> Transport des troupes<br /> Les troupes ferroviaires<br /> Unités territoriales<br /> Une partie des troupes de ravitaillement<br /> <br /> La phase E, la mobilisation générale, aura lieu le jour même de l’attaque (10 mai 1940).<br /> Plus de 600 000 civils seraient appelés à prendre les armes – soit plus de 8 % de la population.<br /> La qualité du cantonnement dépend des possibilités offertes par les cantonnements. Au début de la mobilisation, les écoles et les bâtiments publics furent réquisitionnés; plus tard, des baraquements en bois furent construits à proximité des positions.<br /> La mobilisation massive d'hommes entrave le fonctionnement économique du pays. <br /> Sous la pression du Parlement, le gouvernement accorde toute une série d'exemptions :<br /> En octobre, ce furent les mineurs (un régiment du Hainaut perdit 700 hommes) et les ingénieurs des mines qui furent les suivants à être démobilisés.<br /> Vient ensuite le tour des pères de familles nombreuses.<br /> Médecins et infirmières.<br /> Le personnel enseignant.<br /> Des représentants du ministère des Finances et des responsables municipaux.<br /> Et le secteur réclame également le retour de ses spécialistes.<br /> Pour remplacer les soldats exemptés, il fallut faire appel aux miliciens plus âgés, qui, naturellement, rechignaient à prendre la place des plus jeunes. Tandis que les soldats exemptés pouvaient travailler et gagner leur vie comme d'habitude, ceux qui portaient les armes recevaient initialement une solde de 30 centimes (anciens francs belges) par jour. Plus tard, cette solde fut portée à un franc par jour (le prix d'un verre de bière), et une allocation de milice de 8 à 12 francs par jour fut accordée.</p><br /> <br /> <p style="text-align:center"><img src="https://www.freebelgians.be/upload/freebelgians_mobilisation2_decembre_2025.jpg" alt="" class="valign_" /><br /> Une photo très rare de soldats belges et allemands à la frontière belgo-allemande en 1939.<br /> Collection -<br /> A. Vandewalle.</p><br /> <br /> <p style="text-align:justify">Le rude hiver (l'hiver 39-40 fut très froid), les exemptions, la détresse de leurs familles et le sentiment d'inutilité de leur sacrifice ont rendu amer les soldats, qui ne cessent de répéter :<br /> ‘’Si le pays est en danger, cela s'applique à tous. S'il n'y a pas de danger, nous sommes libérés.’’<br /> Cette situation, conjuguée à la propagande ennemie, provoque des troubles dans plusieurs régiments. La discipline est difficile à maintenir dans les cantonnements. La seule sanction efficace est la suppression des permissions.<br /> <br /> Sources :<br /> <a href="https://meetjesland1940.be/mobilisatie.html">https://meetjesland1940.be/mobilisatie.html</a></p> Sat, 29 Nov 2025 11:41:38 +0100 Sur le canal Léopold. https://www.freebelgians.be/articles/articles-1-267+sur-le-canal-l-opold.php https://www.freebelgians.be/articles/articles-1-267+sur-le-canal-l-opold.php <p style="text-align:justify">Samedi 25 mai 1940 au 1er Régiment de Carabiniers-Cyclistes.<br /> <br /> Une patrouille quitte la 1re compagnie, cette fois dirigée par le commandant de compagnie en personne. Le lieutenant Jonckheere emmène avec lui quatre de ses soldats : le sergent Van Boom, le sergent Le Grand, ainsi qu'un caporal et un soldat inconnus.<br /> La patrouille atteignit le ‘’Graaf Jansdijk’’ au nord-est de Sint-Laureins sans trop de difficultés, puis traversa le village jusqu'à l'ouest du ‘’Leemweg’’, qui mène à Eeklo. Chemin faisant, ils s'arrêtèrent à deux reprises lorsqu'une voiture blindée allemande fut aperçue au loin. Jonckheere et son escouade rencontrèrent alors un groupe plus important de véhicules ennemis sur le point d'entrer à Sint-Laureins. Les soldats se baissèrent derrière une haie à environ cinq mètres de la colonne et restèrent silencieux. Au bout d'une vingtaine de minutes, l'officier décida de tenter de regagner la rive belge du canal. Les cinq hommes traversèrent la route en courant et s'arrêtèrent un peu plus loin, parmi les maisons du village. Le sergent-chef Van Boom et le sergent Le Grand manquaient à l'appel. Le lieutenant Jonckheere attendit, mais décida que le temps pressait et retourna à sa compagnie avec le caporal et le soldat restants. Vers 11 heures, le lieutenant Jonckheere put rendre compte de ce qui s'était passé à Sint-Laureins. En quelques minutes, les canons du IV/19A ouvrirent le feu et bombardèrent la position allemande signalée.<br /> Lorsque le sergent-chef José Van Boom pourra lui aussi revenir quelque temps plus tard, il sera établi que le sergent Michel Le Grand a été blessé par balle alors qu'il traversait le ‘’Leemweg’’. Le sergent est vraisemblablement décédé sur le coup.</p><br /> <br /> <p style="text-align:center"><img src="https://www.freebelgians.be/upload/le_grand_freebelgians_nov_2025_64237.jpg" alt="" class="valign_" /><br /> Le Grand Michel.<br /> Sergent 1er régiment de Carabiniers – Cyclistes, 3/I<br /> Né à Saint-Josse-Ten-Noode le 29 décembre 1916. Décédé à Saint-Laurent le 27 mai 1940.</p><br /> <br /> <br /> <p style="text-align:justify">Peu après midi, un véhicule blindé apparaît près des vestiges du pont sur la digue de ‘’Sint-Janspolder’’. Le véhicule allemand est détruit par les tirs du canon antichar C47 et du chasseur de chars T13 qui soutenait la 1re compagnie. Celle-ci envoie immédiatement une nouvelle patrouille après l'incident. Trois des quatre membres d'équipage sont retrouvés morts dans leur véhicule endommagé. Le quatrième soldat semble avoir réussi à s'échapper. (Archives belges - 18daagseveldtocht.be)<br /> <br /> Le véhicule blindé en question est un ‘’Landsverk M38’’ du constructeur suédois AB Landsverk.<br /> Ce véhicule blindé appartenait initialement à l'armée néerlandaise, mais il a été saisi, avec plusieurs autres véhicules Landsverk, par la 227° I.D. allemande et utilisé par son unité de reconnaissance (Aufklärungs Abteilung).<br /> Le ‘’Landsverk’’ fut détruit par plusieurs obus du canon antichar belge C47, et l'équipage allemand composé de cinq hommes, périt.Il s’agissait de :<br /> <br /> L’Uffz Wilhelm Bolles,<br /> L’Obergefreiter Egon Murschall,<br /> Les Schütze Anton Ambour, Schütze Goswin, Welter et le Schütze Gerhard Stürmer.<br /> <br /> Les soldats tombés furent enterrés à 50 mètres du pont détruit. Leurs tombes étaient marquées d'une croix portant leurs noms, sur laquelle était gravé un casque transpercé.<br /> En 1942, leurs corps furent exhumés et transférés au cimetière allemand de l’époque et situé à Deinze.<br /> </p><br /> <p style="text-align:center"><img src="https://www.freebelgians.be/upload/landsverk_m38_freebelgians_nov_2025.jpg" alt="" class="valign_" /><br /> Le ‘’Landsverk’’ détruit au canal Léopold (photo - www.landsverk-m38.nl).</p><br /> <br /> Sources bibliographiques et iconographiques <br /> Information reçue de Robin Buysse:<br /> <a href="https://meetjesland1940.be/aan-het-leopoldkanaal.html">https://meetjesland1940.be/aan-het-leopoldkanaal.html</a> Thu, 30 Oct 2025 09:48:59 +0100 Quelques aspects de la Résistance dans l’Ouest du Brabant-Wallon pendant la SGM https://www.freebelgians.be/articles/articles-3-266+quelques-aspects-de-la-r-sistance-dans-l-ouest-du-brabant-wallon-pendant-la-sgm.php https://www.freebelgians.be/articles/articles-3-266+quelques-aspects-de-la-r-sistance-dans-l-ouest-du-brabant-wallon-pendant-la-sgm.php <p style="text-align:justify">Évoquer la résistance reste une tâche extrêmement ardue, de part son caractère secret bien sûr, mais aussi en raison de certains abus qui ont existé et de la difficulté qui en découle de faire aujourd’hui objectivement la part des choses. A cela s’ajoute que les groupes de résistants couvraient un territoire qui dépassait largement le cadre des anciennes communes et que les frontières entre ces différents groupes étaient souvent assez perméables.<br /> Comme ailleurs, la résistance fut fort active à Tubize et dans les environs. Entrer dans la clandestinité était très contraignant. Il fallait trouver des véhicules et des vélos pour les déplacements, constituer des dépôt d’armes, se procurer des faux papiers d’identité ou des faux permis de travail, se procurer des vivres, de l’argent et des logements. La vie dans le maquis était donc particulièrement éprouvante pour les hommes qui s’étaient levés contre l’occupant</p><br /> <br /> <p style="text-align:center"><img src="https://www.freebelgians.be/upload/charles_mahieufreebelgians_octobre_2025.jpg" alt="" class="valign_" /></p><br /> <p style="text-align:center">Charles Mahieu</p><br /> <br /> <p style="text-align:justify">A Tubize, on cite le groupe G, spécialisé dans le sabotage par explosifs. Ses animateurs étaient Charles Mahieu, ancien sous-officier du Génie et <br /> spécialiste des explosifs. Dès 1940, avec Désiré Ferier, il constitua un dépôt d’armes et d’explosifs à la ferme Tramasure, chaussée de Bruxelles. A leur actif on doit notamment une action spectaculaire en 1943 à Clabecq sur le Canal qui mis le bief à sec durant plusieurs jours. Cet exemple fut suivi par d’autres groupes de la résistance dans la région. Le Brabant wallon avait été jumelé avec Braine-le-Comte où le responsable était Adolphe Chaboteau (également P.A.). Il était secondé par René Hanquet, responsable du BW. Le groupe de Braine-le-Comte comptait une soixantaine de personnes et travailla plusieurs fois en liaison avec les P.A. (Partisans Armés) et l’A.S. (Armée Secrète).<br /> L’Armée Secrète, avec les refuges Ours (Halle) et Furet (Virginal), disposait de nombreux éléments à Tubize et dans les villages environnants.<br /> Du côté d’Ittre on avait, outre l’A.S., commandée par Fernand Van Vaerenberg, le groupe NOLA qui était très actif dans la région. Il était commandé par Henri Heffinckx et a à son actif plus de 500 sabotages. C’est en voulant secourir les hommes du groupe NOLA engagés dans une escarmouche avec des Allemands en fuite que trois soldats anglais furent tués à Clabecq.<br /> Les résistants qui firent le plus parler d’eux à Tubize et dans les communes avoisinantes appartenaient à la nébuleuse du F.I. (Front de l’Indépendance) et ses Milices Patriotiques, et des P.A., en particulier du corps 023 secteur de Tubize. En principe le cloisonnement entre les différents groupes était de règle, mais ce ne fut pas vraiment le cas dans la région. Et il n’était pas rare qu’une même personne ait agi pour le compte du F.I. ou des P.A., voire même de l’A.S.<br /> A Tubize, le groupe « L’Espoir » des Milices Patriotiques du F.I., composé d’une bonne soixantaine de personnes, s’illustra par l’impression et la diffusion de journaux clandestins, le dépôt et le transport d’armes et d’explosifs, la collecte de renseignements militaires et sur la production industrielle de la région, le sabotage dans les usines, etc.<br /> Le corps 023 des P.A. était actif dans un secteur qui couvrait une vingtaine de commune depuis Braine-le-Comte jusqu’à Tubize. Son effectif se montait à quelques 125 personnes, dont une vingtaine de « durs » pour les missions spéciales. A sa tête, on trouvait le commandant Claude (Emile Boucher de son vrai nom).<br /> Parmi les faits d’armes habituels de la résistance, il faut bien sûr citer les sabotages ; mais aussi la diffusion de la presse clandestine ; le vol (simulé) des Registres d’État Civil dans les différentes administrations communales ; les réquisitions d’armes auprès des gardes champêtres et des gendarmes ; les réquisitions d’argent dans les grosses entreprises de la région (Carrières de Quenast, Forges de Clabecq, Fabelta) et les bureaux de poste pour financer la résistance et aider les réfractaires ; le vol (simulé) de timbres de ravitaillement, de cartes d’identité, de permis de travail ; la dissimulation de réfractaires ; le sauvetages d’aviateurs abattus au-dessus de la région, …<br /> De nombreuses femmes, généralement fort jeunes, participèrent à cet effort de guerre, souvent comme estafettes. Elles passaient les courriers entre les groupes de résistants et les ordres de missions aux hommes qui avaient pris le maquis.<br /> Des explosifs étaient discrètement subtilisés aux Carrières de Quenast et servirent aux nombreux sabotages.<br /> Les résistants eurent aussi à payer un lourd tribut. Les actions qu’ils menèrent n’étaient pas sans danger et plusieurs d’entre eux en firent les frais. Certains furent dénoncés, arrêtés par les Allemands, déportés ou exécutés ; d’autres sont tombés au cours de leurs missions. Le début du mois de septembre 1944 fut particulièrement meurtrier. Des accrochages entre résistants et les troupes allemandes en déroute eurent lieu à Ittre, à Rebecq, à Saintes. A chaque fois, il y eut des victimes à déplorer.<br /> <br /> Source : Musée de la Porte. (Tubize)</p> Tue, 30 Sep 2025 09:46:01 +0200