Derniers articles https://www.freebelgians.be Derniers articles (C) 2005-2009 PHPBoost fr PHPBoost Arthur Patiny, d’instituteur à pilote dans la RAF https://www.freebelgians.be/articles/articles-2-273+arthur-patiny-d-instituteur-pilote-dans-la-raf.php https://www.freebelgians.be/articles/articles-2-273+arthur-patiny-d-instituteur-pilote-dans-la-raf.php <p style="text-align:center"><img src="https://www.freebelgians.be/upload/patiny_freebelgians_mai_2026.jpg" alt="" class="valign_" /><br /> Arthur Patiny en uniforme de la R.A.F.</p><br /> <p style="text-align:justify"><br /> Arthur PATINY voit le jour à Floreffe le vingt-trois septembre 1919., Il est le benjamin des cinq enfants d’un couple domicilié à Buzet. Sa scolarité maternelle et primaire se déroulent à l’école communale de Buzet. Il poursuit ses études secondaires à l’Institut Saint-Berthuin de Malonne et intègre ensuite l’Ecole normale à Malonne également. Fin juin 1939, les résultats de la 96ème promotion tombent : Arthur obtient son diplôme d’instituteur avec la mention distinction.Il n’aura malheureusement pas l’occasion de professer directement. Les bruits de bottes se font entendre un peu partout en Europe et le vingt-neuf juillet 1939 la Belgique décrète la mobilisation.<br /> Arthur est mobilisé au 2e régiment de Chasseurs à cheval qui fait partie de la 2e division de cavalerie de l’armée belge. A cette époque, les chevaux ont disparu du régiment et sont remplacés par des motocyclettes. Il intègre le régiment comme milicien avant d’être promu au grade de brigadier (29/08/1939), puis maréchal-des-logis (15/01/1940).<br /> Le dix mai 1940, il rejoint son régiment de Chasseurs à cheval, IIe groupe/6e escadron. Le lendemain, il est dans la région de Herbet-Bomal-Waremme, puis passe par Hannut, Tirlemont et Namur. Le douze mai, il est légèrement blessé à Châtelet. Il poursuit son périple belge durant la campagne des dix-huit jours par Mons, Bruxelles, Alost et Gand. Son dossier militaire nous apprend qu’ensuite, il passe en France et se retrouve à Saint-Omer, Dunkerque et Bergues. On retrouve ensuite sa trace à Yzerenberg et ensuite, le vingt-huit mai à Ramskapelle, où il est fait prisonnier par les Allemands. Il passe les mois de juin, juillet et août aux camps de Brasschaat et d’Anvers et est libéré le cinq septembre 1940. Dégagé de ses obligations militaires (congé illimité), il reprend alors sa fonction d’instituteur à Malonne pour quelques mois seulement.<br /> Arthur décide, en mai 1941, de quitter la Belgique pour tenter de rejoindre les Forces belges libres en Angleterre. Il part le vingt-neuf mai, pour la France, y est arrêté deux jours sur la « ligne Rouge » (ligne de démarcation entre la zone occupée et la zone libre). Il passe ensuite par l’Espagne (20 novembre 1941), le Portugal, et arrive à Gibraltar le vingt-trois novembre, presque cinq mois après avoir quitté la Belgique. L’attente commence pour notre compatriote. Une fois les vérifications d’usage et autres formalités remplies, passeport britannique en poche, il s’embarque à bord du vapeur Batory et arrive à Greenock, en Angleterre, le huit janvier 1942. Il s’engage alors comme volontaire pour la durée de la guerre au sein des Forces belges en Grande-Bretagne où, dans un premier temps, il est affecté à la compagnie administrative du ministère de la Défense Nationale. Le deux février, il passe au camp Malvern, centre de recrutement et d’instruction et y séjourne jusqu’en avril 1942. Le seize avril, il est muté, à sa demande, au dépôt d’aéronautique militaire, où commence son entraînement de pilote et son rattachement à la R.A.F. Le vingt juin, il intègre donc la R.A.F. au grade de Aircraftman 2nd class et est officiellement affecté à la section belge. Il passe ensuite au Receiving Centre Regent’s Park le vingt juillet et le huit août est affecté au 17th Initial Training Wing à Scartborough. Le trente octobre, son entraînement se poursuit à la 6th Elementary Flying Training School de Sywell, où il est promu Leading Aircraftman (notion de cadre dans la R.A.F.).<br /> Le premier janvier 1943, il est affecté au 2nd Aircrew Dispatch Center à Manchester, puis le dix-huit à celui d’Ottawa (Grande-Bretagne). Le vingt-deux février, il rejoint la 31st Service Flying School à Winton, puis le dix-neuf avril la 34 th Service Flying School à Medecine Hat et enfin le six août 1943, le 31st Personnel Dispatch Center, avec le grade de Pilot Officer, correspondant pour l’armée belge, au grade de sergent-pilote d’aviation. Le premier septembre 1943, il rejoint le 7th Personnel receiving Center à Harrogate et le six décembre, la station de la R.A.F. de Sywell. Il est commissionné au grade de sous-lieutenant auxiliaire d’aéronautique, à la date du vingt-six décembre, pour une durée indéterminée et ce, par arrêté des Ministres réunis en Conseil à Londres, sous le numéro 171/23.12.43. Le six février 1944, il est promu au grade de Flying Officer. Le huit, il rejoint la 5th pilot advanced Flying Unit à Ternhill et le huit avril la 53rd Operational Training Unit à Kirton-on-Lindsay.<br /> Le neuf juin 1944, soit trois jours après le D-Day, il est affecté au 84th Group Support Unit, pour ensuite rejoindre son affectation définitive, le sept juillet, au 349e (Belgian) Squadron. Il meurt, accidentellement le douze juillet, lors d’un exercice de combat rapproché, à Burgess Hill (Sussex, 70km au sud de Londres) aux commandes de son Spitfire LF Mk IX, code NH484, immatriculé ‘GE’, dénotant son appartenance au 349e (Belgian) Squadron. Il sera inhumé le dix-sept juillet dans le cimetière militaire de Brookwood (près de Woking).</p><br /> <br /> <strong>Source bibliographique et iconographique</strong> : Extrait du site:<br /> <a href="https://www.bibliotheca-floreffia.be/project/arthur-patigny-un-floreffois-dans-la-raf/">https://www.bibliotheca-floreffia.be/project/arthur-patigny-un-floreffois-dans-la-raf/</a> Wed, 29 Apr 2026 11:05:42 +0200 F/O Charles Detal https://www.freebelgians.be/articles/articles-2-258+f-o-charles-detal.php https://www.freebelgians.be/articles/articles-2-258+f-o-charles-detal.php Charles DETAL est né à Profondeville le 28 mars 1914. <br /> <br /> <p style="text-align:center"><img src="https://www.freebelgians.be/upload/detal_freebelgians_03_2025.jpg" alt="" class="valign_" /></p><br /> <br /> A l’âge de vingt ans, il est admis comme élève-pilote de la 70ème Promotion. Un an plus tard, le 31 août 1935, il obtient son brevet et est nommé Sergent Aviateur. Il passe alors au 2<br /> ème Régiment d’Aéronautique. Il y fait partie de la 5ème Escadrille (Aigle Bleu) qui prend part, le 10 mai 1940, à la Campagne des l8 jours. Ce matin là, son escadrille reçoit pour mission d’interdire à l’ennemi l’espace aérien aux abords de Tongres. Mais leurs Fairy Fox VI C ne peuvent rivaliser avec les Me 109 allemands et l’avion du Sgt DETAL ainsi que deux autres appareils sont abattus lors de ce combat aérien.<br /> Grièvement blessé, il est fait prisonnier et évacué à l’hôpital de Maastricht. Une fois rétabli, il s’enfuit de Belgique et via la Suisse, la France et l’Espagne, il arrive en Grande-Bretagne le 13 mars 1942 accompagné de son épouse, Grace STOKES. <br /> <br /> Le 15 octobre de la même année, il rejoint la Section belge de la RAF<br /> Après un cours de conversion, le 23 mars 1943, il est affecté, conme Pilot Officer, à la 609 Escadrille qui vole sur Typhoon. Sur cet avion il obtiendra sept victoires. Il perdra la vie, le 23 mars 1944 au cours d’un exercice de tir aux roquettes.<br /> Le Flying Officer DETAL était détenteur de la Croix de Guerre avec 7 citations et de la Distinguished Flying Cross avec la citation suivante “Flying Officer DETAL has served with his present squadron since March 1943, and has consistently diplayed skill, courage and keenness wich has greatly inspired his fellow pilots. F/O DETAL has destroyed at least five enemy aircraft and inflicted very severe damage to the enemy.” <br /> Il recevra à titre posthume la Croix de Chevalier de l’Ordre de Léopold.<br /> <br /> <strong>Source :<br /> <a href="https://www2.vieillestiges.be/fr/biodetal-charles">https://www2.vieillestiges.be/fr/biodetal-charles</a></strong> Fri, 28 Feb 2025 12:01:38 +0100 Colonel Aviateur Albert ‘VAN’ Van Eeckhoudt https://www.freebelgians.be/articles/articles-2-249+colonel-aviateur-albert-van-van-eeckhoudt.php https://www.freebelgians.be/articles/articles-2-249+colonel-aviateur-albert-van-van-eeckhoudt.php <p style="text-align:center"><img src="https://www.freebelgians.be/upload/freebelgians_van_eeckhout.jpg" alt="" class="valign_" /><br /> Albert Van Eeckhoudt en 1939, portant l’uniforme et les ailes de pilote de l’Aéronautique Militaire Belge.</p><br /> <br /> <p style="text-align:justify">Albert Van Eeckhoudt est né à Vollezele (Brabant) le 25 juillet 1916 dans une famille renommée pour l'élevage du cheval de trait brabançon. Son avenir semble tout tracé mais son attrait pour les choses de l’air en décidera autrement. Après des humanités scientifiques au collège de Melle (Gand) et une année d'études du cycle de formation d'ingénieur technicien, il est appelé au service militaire le 25 août 1937. Il est affecté à la compagnie d'aérostation de Zellick, unité dotée de ballons captifs d'observation et rattachée à l'Aéronautique Militaire. Candidat sous-lieutenant de réserve (CSLR), Albert Van Eeckhoudt suit avec succès la formation d'observateur aérostier à l'Ecole d'Aéronautique. Il est placé en congé illimité le 25 janvier 1939, son terme de milice terminé. Son retour à la vie civile sera de courte durée. En effet, il rejoint l'Aéronautique Militaire le 31 mai 1939, cette fois comme élèvepilote. Il fait partie de la 81e Promotion et y aura notamment comme collègues Georges Nossin et Robert Bladt avec lesquels il partagera des moments importants de son parcours de guerre. Il obtient son brevet de pilote militaire à l'Ecole de Pilotage de Wevelgem le 29 avril 1940, quelques jours à peine avant le déclenchement du deuxième conflit mondial, et est affecté à la 7e Escadrille du 3e Groupe du 3e Régiment d'Aéronautique (7/III/3Aé) comme Sergent pilote CSLR. Début mai 1940, l'escadrille équipée de Fairey Fox (Hispano) est déployée à Evere. Elle est chargée de la Reconnaissance d'Armée et compte 25 pilotes et observateurs. Le 9 mai 1940, l'escadrille rejoint l'aérodrome de Schaffen. Sept des dix appareils de l'unité, la majorité du personnel navigant et technicien y sont redéployés. L'escadrille doit participer le jour suivant à un exercice de tir sur le polygone de Beverloo avec les Hurricane et Gladiator du 2Aé. Seuls sont restés à Evere l'échelon administratif, 3 pilotes parmi lesquels Albert Van Eeckhoudt, 3 observateurs, 2 avions en état de vol et 1 avion en cours de réparation. Le 10 mai 1940 à l'aube, tout bascule, l'enfer se déchaîne. L'aérodrome de Schaffen est attaqué par les bombardiers de la Luftwaffe. Le bilan est terrible: l'escadrille Hurricane perd 8 de ses 11 appareils. Quant à la 7e Escadrille, ses 7 Fairey Fox sont détruits, 3 de ses pilotes sont grièvement blessés. Le personnel reçoit l'ordre de rejoindre le terrain de campagne de Lonzée où sont censés se redéployer les appareils restés à Evere. Evere aussi a subi l'attaque de bombardiers allemands mais les Fairey Fox de la 7e Escadrille n'ont pas été touchés. Dans l'après-midi de la même journée, Albert Van Eeckhoudt est aux commandes de l'un des deux Fox survivants qui rejoignent Lonzée. S'y trouvent également 9 Fairey Fox (Hispano) de la 7e Escadrille du 1er Régiment. Les deux escadrilles mettront leur potentiel en commun pour mener une campagne qui sera à l'image de ce qu'elle fût pour l'ensemble de l'Aéronautique Militaire: frustrante. Se déplaçant de Albert Van Eeckhoudt , 1939, portant l’uniforme et les ailes de pilote de l’Aéronautique Militaire Belge. 3 terrain de campagne en terrain de campagne (Vitrival, Piéton, Aeltre), seules 6 missions de reconnaissance seront effectuées mais 3 aviateurs perdront la vie, 3 avions seront abattus par des tirs anti-aériens, 1 avion sera abattu par une section de 4 Morane Saulnier français qui avaient pris notre Fox pour un He 126 allemand ! Ce qui reste du potentiel (2 avions) est détruit lors d'un bombardement de Aeltre le 18 mai. L'escadrille reçoit l'ordre de se replier sur la France. Le 22 juin, date de l’armistice franco-allemand, elle se trouve dans le Tarn-et-Garonne. Elle y végète jusqu'au 17 août puis rentre en Belgique. Echappant à la captivité, le groupe dont fait partie Albert Van Eeckhoudt est démobilisé dès son retour en Belgique.<br /> Ayant pu rejoindre le Congo Belge Albert Van Eeckhoudt quitte la Force Publique et signe son engagement dans la RAF/VR le 22 juillet 1943. Le 30 août, revêtu du grade de PO (Pilot Officer) «on probation», il embarque à Cape Town en compagnie d'une dizaine d'autres pilotes sur le paquebot «Esperance Bay» à destination de l'Angleterre. Après plus de 60 jours d'un long voyage qui les mènera à Montevideo puis Gibraltar, le groupe débarque à Cardiff le 5 novembre 1943. Une nouvelle attente recommence... En cette fin 1943, la situation sur les différents théâtres d’opérations s'est profondément modifiée, prenant un cours favorable pour les Alliés. En Méditerranée, avec la reddition de l'Afrika Korps à Tunis, la Campagne d'Afrique du Nord est terminée depuis mai 1943. Les Anglo-Américains ont conquis la Sicile et débarqué dans le sud de l'Italie. Sur le front de l'Est, l'Armée Rouge a pris Afrique du Sud, fin 1942, les candidats pilotes RAF formés dans la South African Air Force reçoivent des stages de planeurs durant leur loisir. Albert Van Eeckhoudt goutte au plaisir… encore rudimentaire à l’époque. 6 définitivement l'avantage sur l'armée allemande après la chute de Stalingrad. La Bataille de l'Atlantique à l'issue longtemps indécise est en passe d'être gagnée. Les bombardements stratégiques sur l’Allemagne s’intensifient, sapant peu à peu la capacité de production de la machine industrielle et le moral de la population. Par ailleurs, la RAF n’est plus en manque de pilotes. Les OTU qui doivent assurer la formation opérationnelle ont du mal à absorber les nouveaux brevetés formés dans le cadre de «l'Empire Training Scheme» au Canada, en Nouvelle-Zélande, en Australie ou encore en Rhodésie. Quant au gouvernement belge de Londres, n’ayant pas mis suffisamment l’accent sur la formation de techniciens, il a dû revoir ses ambitions à la baisse. Certes la «350» a conquis ses lettres de noblesse au sein du Fighter Command, la «349» après un départ manqué en Afrique s’est reformée en Angleterre, mais pour l'Air Ministry, il était hors de question d'autoriser la formation d'escadrilles «belges» supplémentaires dès lors que le support technique ne pouvait en être assuré par nos nationaux. La perspective de trouver rapidement une place dans une escadrille opérationnelle n'est pas prête de se matérialiser pour nos pilotes débarquant d'Afrique du Sud. Obligés de ronger une nouvelle fois leur frein, ils sont placés en attente au N° 7 Personnel Receiving Center d'Harrogate où patientent déjà des dizaines de jeunes pilotes brevetés ayant terminé leur formation de base outre-mer. En guise d'alternative, Albert Van Eeckhoudt sollicite son admission comme candidat moniteur. Le colonel Wouters, notre attaché de l’Air qui assure le contact avec la RAF, temporise, répond : «qu'il est conscient de la situation particulière des pilotes venant du Congo, qu'un tour de faveur leur sera accordé pour aller en opérations alors que des pilotes de chasse britanniques auront sans doute à patienter». Dont acte. Mais ce sont nos «congolais» qui auront à patienter cinq mois avant d'être repris dans le système ! Finalement, Albert Van Eeckhoudt, nommé FO (Flying Officer) depuis mars 1944, rejoint le N° 5 Advanced Flying Unit (Tern Hill) le 11 avril 1944. Après les mois d’inactivité, il s' agira d'y refaire ses preuves sur les avions d'écolage et de se familiariser avec les environnements géographique et météorologique bien différents de ceux d'Afrique du Sud. Il y effectuera 64h05 de vol sur Miles Master avant de rejoindre le N° 53 OTU (Kirton-on-Lindsley) le 13 juin 44. Il y découvre le Spitfire, l’avion de chasse emblématique et accumule 67h50 de vol sur les premières versions de l'appareil. Son entraînement terminé, il est muté le 15 août à la «350» mais son arrivée y sera retardée de 4 semaines à la suite d'un malencontreux accident de moto survenu le 14 août ! (clavicule brisée) Albert Van Eeckhoudt rejoint la ‘’350’’ le 01 octobre 1944. Il est intégré au ‘’A’’ flight et y retrouve «Bobby» Bladt, son camarade de promotion. Equipée de Spitfire XIV, le pur-sang de l'écurie Supermarine, l'escadrille est déployée à Lympne sur la côte sud-est de l'Angleterre. Elle est pour quelques jours encore sous le commandement de «Mike» Donnet avant qu’il ne cède les rênes à Léopold Collignon. Au même moment, quittant le Fighter Command, l’escadrille est affectée au 83 Gp de la 2TAF. Le parcours opérationnel d'Albert Van Eeckhoudt peut enfin commencer...<br /> Source :<br /> Extrait d’un article du site<br /> <a href="https://www.vieillestiges.be/files/biographies/BioVanEeckhoudtFr.pdf">https://www.vieillestiges.be/files/biographies/BioVanEeckhoudtFr.pdf</a><br /> </p> Fri, 31 May 2024 13:51:11 +0200 Adjudant Schombroodt : 5°escadrille du 2° Régiment d’aéronautique (Chasse) https://www.freebelgians.be/articles/articles-2-248+adjudant-schombroodt-5-escadrille-du-2-r-giment-d-a-ronautique-chasse.php https://www.freebelgians.be/articles/articles-2-248+adjudant-schombroodt-5-escadrille-du-2-r-giment-d-a-ronautique-chasse.php [<p style="text-align:center"><img src="https://www.freebelgians.be/upload/fairey_fox_belge_de_reconnaissance_de_l_armee.jpg" alt="" class="valign_" /><br /> Fairey FoxIII n° 139 capturé à Vissenaken le 11 mai 1940</p><br /> <br /> <p style="text-align:justify">-On ne peut pas y aller, major ? <br /> Comme des ressorts bandés, tels des chiens de chasse qui attendent que le ‘’vas-y’’ de leur maitre, les pilotes se rapprochent, quêtant la réponse.<br /> -Nous devons attendre les ordres !<br /> Personne ne répondra, la discipline, mieux que laisse, nous tient.<br /> Le capitaine, très grave, nous rassemble :<br /> --Nous avons une mission d’interdiction à fournir avec trois pelotons de trois.<br /> Au fur et à mesure que les noms sont appelés, des regards s’entrecroisent, des clins d’œil s’adressent de l’un à l’autre. La bonne entente règne comme toujours et le moral est au maximum. Toute l’escadrille aurait voulu participer à ce vol, mais il n’en faut que neuf.<br /> -Que ceux qui ne sont pas désignés prennent patience, ce n’est que la première mission.<br /> <br /> Les moteurs sont mis en marche. Leur chanson de géants va crescendo, nous électrise. L’aérodrome prend son vrai visage, tout s’anime, tout s’éveille jusqu’aux herbes qui frissonnent dans le tourbillon des hélices.<br /> Les pilotes bouclent leur parachute, serrent leur casque de vol et s’installent dans leur avion. A 8h30 environ, nous recevons l’ordre de décoller<br /> Nous partons vers est-sud-est. Nus dépassons bientôt la ville de Tirlemont : le bombardement de l’aérodrome est très visible. Nous longeons au sud le chemin de fer Bruxelles-Liège, nos grimpons toujours. J’ai armé mes deux mitrailleuses et nous ne cessons d’inspecter le ciel dans toutes les directions Tout à coup j’aperçois derrière nos deux premiers peloton une volée de petits avions qui foncent sur eux à une vitesse prodigieuse. Ils sont onze. Je secoue immédiatement mon zinc pour obtenir l’attention de Carpentier, il se retourne vers la gauche et les voit à son tour. Il me fait ‘’compris’’ de la tête et ‘’virage à gauche, plein tube’’<br /> L’accrochage a lieu, c’est la mêlée. Quelle vision !! Nos 6 Fox et les 11 monoplans ennemis forment à présnt un bloc. Nous appuyons sur la manette des gaz à plier.<br /> Nous sommes maintenant dans la danse, j’ai encore le temps de voir un des nôtres là à environ 1000m plus bas, un long fuseau blanc sort de la carlingue, un parachute ! Déjà !<br /> Les Messerschmitt, car ce sont des Bf 109, passent dans tous les sens à des vitesses auxquelles nous ne sommes vraiment pas habitués. Nos Fox semblent rester sur place. Les balles hachurent l’air et nous entourent et se resserrent tels les bras d’une pieuvre.<br /> Carpentier choisit le sien et j’en vois un à 1000m qui remonte d’une attaque<br /> -Toi, je te tiens.<br /> Je vise posément, avec un calme qui m’étonne. Je vois nettement la croix noire sur le fuselage et le pilote dans sa cage vitrée Je lui lâche à 50m une double rafale de mes mitrailleuses. Il n’y a pas de doute, il en a eu ! mes traçantes sont en plein dedans ! Il bascule sur l’aile et pique à la verticale, je ne le lâche pas et me colle à son derrière. De nouveau à 50m tout au plus, mes mitrailleuses crachent leurs balles et cette fois plus de correction à faire, je suis dans son axe. Mes pouces ne quittent pas les gâchettes, mais plus fin que le min, son avion gagne de la vitesse.<br /> Soudai, un puissant bruit de moteur et un choc dans les commandes me font tourner la tête : un autre Messerschmitt partait sur ma droite en virant ; il m’avait tiré dans le dos pendant que je poursuivais le premier. Mon assaillant devait avoir un canon, car mon aileron, des lambeaux de toile, des bouts de ferraille se détachaient de l’aile.<br /> Me retournant pour voir si un autre n’était pas à mes trousses, je m’aperçus que la partie doite de mon empennage avait pris le même chemin que l’aileron<br /> Je pensais de suite à la grande vitesse acquise dans le piqué ; tout le plan droit allait-il se détacher ?<br /> Je réduisis les gaz. Dans ses conditions, je ne pouvais plus penser à reprendre le combat. En regardant voler les morceaux, je pensais même que j’allais devoir me servir de mon parachute. Je descendis en spirale. Ma pensée se reporta sur les copains là-haut. J’étais obligé de reprendre le chemin du retour sans eux<br /> Je vole à la plus faibe vitesse possible, mon avion penche de plus en plus à droite et ce n’est qu’en volant en crabe que je parviens à poursuivre ma route. Des morceaux se détachent encore. Si le pire arrive, je ne suis plus assez haut pour sauter en parachute et en regardant ces blessures béantes qui grandissent continuellement, je demande à mon brave 139 de bien vouloir me reconduire au terrain comme il l’a fait tant de fois.<br /> Je fais très prudemment un large virage pour me mettre dans le vent, cela tient toujours !<br /> Ouf ! mon zinc roule maintenant sur la piste.<br /> Je sors de l’avion et regarde de plus près les dégâts, Ils me l’ont arrangé mon 139, outre les deux morceaux arrachés, des balles ont traversé les mâts, le plan droit et le gouvernail de direction, la toile de l’empennage pend jusue dans les herbes.<br /> D’autres ont atterri à leur tour, mais on en attend enore trois.<br /> Les trois derniers, nous les attendrons en vain, ils ne reviendront aps…<br /> Personne n’ose parler, la douleur est visible sur les traits de tous ; notre commandant d’escadrille, le brave capitaine Boussa, serre les dents.<br /> Mais aussi, pourquoi nous envoyer à une partie aussi inégale, en ‘’suicide commandé’’ ?<br /> Source bibliographiques et photographiques :<br /> 39-45 Carnets de Guerre Edition Jourdan.<br /> ‘’Peuple belge, nous nous sommes battus à un contre vingt’’ article de Joseph Schombroodt, ‘’Icare’’ n°74 de 1975<br /> <a href="https://www.belgian-wings.be/fairey-fox-4/o-139">https://www.belgian-wings.be/fairey-fox-4/o-139</a><br /> </p> Tue, 30 Apr 2024 11:11:43 +0200 Général Aviateur Léo De Soomer https://www.freebelgians.be/articles/articles-2-244+g-n-ral-aviateur-l-o-de-soomer.php https://www.freebelgians.be/articles/articles-2-244+g-n-ral-aviateur-l-o-de-soomer.php <p style="text-align:center"><img src="https://www.freebelgians.be/upload/leon_de_soomer_freebelgians.jpg" alt="" class="valign_" /></p><br /> <br /> <p style="text-align:justify">Léo (Léon) DE SOOMER est né à ANVERS le 30 janvier 1909. Il a épousé le 09 février 1933 à SAINT-HUBERT Léonie (Loulou) PETIT. Lors de son mariage, le Sous-Lieutenant du 2ème Régiment aéronautique de l'armée belge était domicilié à Malines, Ils n'eurent pas d'enfants. <br /> <br /> <br /> <br /> Il débuta sa carrière militaire aux écoles de pupilles de l'armée le 31 janvier 1925.<br /> Nommé successivement Caporal le 4 juin 1927, sergent le 4 décembre 1927 et sous- Lieutenant le 26 décembre 1929, il sera chef de peloton au 7ème régiment de Ligne du 26 décembre 1929 au 19 janvier 1930, rentre le 20 du même mois à l'aviation comme candidat Observateur jusqu'au 6 juillet 1930. Il sera avec Jean DE GALLATAY les deux premiers officiers sortis de l’École Royale Militaire à passer directement à l’aviation le premier décembre 1929.<br /> <br /> Léon DE SOOMER obtiendra son brevet civil à l’École ORTA de SAINT-HUBERT le 31 mars 1931, c'est probablement à cette époque qu'il a rencontré Léonie PETIT qui deviendra plus tard son épouse. Par la suite il entra à l’École Militaire de WEVELGHEM dont il a reçu son brevet élémentaire le 16 juillet 1931<br /> <br /> Il séjourne en escadrille au 2ème Régiment Aéronautique en tant que pilote et observateur du 7 juillet 1930 au 27 avril 1934. Il sera nommé Lieutenant le 26 décembre 1932. Il est désigné pour prendre la direction de l’Atelier Moteurs du 28 mars 1934 au 15 septembre 1936. Durant ce temps, le 26 mars 1935, il est commissionné Capitaine Aviateur et se prépare à l’École de guerre dans le groupe de service des études où il y entra le 16 septembre 1936. Il est Breveté d’État-Major (BEM) deux ans plus tard le 15 septembre 1938 et fait alors un stage du 16 septembre 1938 au 25 septembre 1938 comme Commandant de la Batterie au 6ème d’Artillerie.<br /> Par la suite, il entra au bureau des études techniques aux Établissements de l’Aéronautique Militaire à EVERE du 26 septembre 1938 jusqu'au 3 octobre 1938. Il repartira de nouveau en stage de brevet d’État-major au 6ème Régiment d'Artillerie du 4 octobre 1938 au 18 août 1939<br /> <br /> Il n'est pas seulement un fin pilote, c'est un bûcheur acharné, Le 19 août 1939, Léon DE SOOMER passe à l’État- major de la Défense Aérienne du Territoire (DAT),<br /> C’est la mobilisation, ensuite est arrivé le début la seconde guerre mondiale dont il fera sa campagne des dix-huit jours au DAT. Le 10 mai 1940, il est chargé d’assurer la liaison avec les missions aéronautiques françaises et britanniques. L’armée belge capitule : Léon DE SOOMER est fait prisonnier le 28 mai 1940, il a reçu l'autorisation du Lieutenant Général DUVIVIER de tenter de rejoindre la Grande-Bretagne, il a repris sa liberté le 29 mai 1940. A pieds, en compagnie du Major RENSON et le Capitaine GROSSMAN, il traverse les lignes, passe à la nage le canal de FURNES à BERGUES, et finalement arrive à DUNKERQUE,<br /> <br /> Nous le retrouvons adjoint au Lieutenant-Colonel Louis WAUTERS l’Attaché de l’Air, en Grande Bretagne le premier juin. Il fut la cheville ouvrière de l’époque, grâce à sa connaissance parfaite de l'anglais (Ses parents avaient rejoint l'Angleterre durant la première guerre mondiale ; il avait fréquenté l'école anglaise durant quatre années), sa volonté et aux contacts qu’il établit à l’Air Ministry ont permis de réglé l’incorporation des aviateurs dans les unités de la RAF, permettant à vingt-neuf d’entre eux de participer à la Bataille d’Angleterre. Grâce à son action à la fin de l’année 1940, près d’une centaine de candidats Pilotes, Navigateurs ou mitrailleurs de bord sont à l’entraînement dans les diverses écoles de la RAF.<br /> C'est lui également qui va procéder à l'organisation de l’école de pilotage Franco-belge à ODIHAM.<br /> C'est encore lui qui va veiller à l’instruction du personnel au sol de la 1ère escadrille belge<br /> Le 3 mars 1941, il devient Pilot Officer (équivalent grade belge : Sous-lieutenant d’aviation)<br /> <br /> C'est seulement après l'exécution de ce travail peu intéressant pour un pilote d'un allant tel que le sien, qu'il sera autorisé à suivre un cours d’entraînement opérationnel (OTU) du 7 avril 1941 au 3 juin 1941 avant d'entrer le 4 juin 1941 à la 32ème escadrille de chasse au Pays de Galles. Une vraie escadrille internationale où mêlés à des anglais, des Canadiens, des Australiens, on rencontre des Polonais, des Tchèques, des Français, des Danois et même un Belge. Leur principale mission sera la protection des convois maritimes passant au Sud de l'Irlande. Beaucoup d'alertes, mais peu de résultats.</p><br /> <br /> Laissons-lui la parole :<br /> <br /> <p style="text-align:justify">« En octobre, je passe avec mon escadrille à HOUSTON (KENT) pour devenir une escadrille spécialisée anti-flak contre les caboteurs passant dans la manche avec des Hurricane à 4 canons de 20 mm. L'escadrille devient aussi une escadrille de chasse de nuit, elle fera des missions spéciales avec les M.T.B. de DOUVRES. En 1942, l'escadrille passe à WEST MALLING pour assurer la défense de nuit du sud de LONDRES. J'en ai marre et saute sur l'occasion de prendre un Flight à la 174ème escadrille » (Flight Commander)<br /> Il restera dans cette escadrille du 10 juin 1942 au 21 août 1942. Ses missions seront des attaques des caboteurs dans la Manche de jour comme de nuit et des attaques d’aérodromes de chasseurs allemands dans le Nord de la France et usines sur le continent… En mai 1942, il est promu Flight Lieutenant (équivalent grade belge : Capitaine d’aviation).<br /> <br /> Le 19 août 1942, avec cette Escadrille, il a participé au raid sur DIEPPE pour laquelle il se verra décerner la croix de guerre Belge.<br /> « Rien que des Anglais, canadiens et Néo-Zélandais. Plus tard DE SELYS et DE CALLATAY me rejoignent, c'est la plus ancienne unité d'aviation anglaise, une escadrille de Chasse de nuit en Hurricanes dont le premier Flight est stationné au Nord de LONDRES, elle participe à la défense de cette ville. L'autre Flight travail à MANSTON Comme « INTRUDERS » (intrus). Ce métier ne paie pas. Fait tout et bien que j'obtiens le rééquipement de l'escadrille sur « TYPHOONS » et la transforme en escadrille de chasseurs bombardiers en janvier 1943. Nous revenons à WEST MALLING, puis à HOUSTON pour attaquer les caboteurs et part dans la Manche et les îles Hollandaises ainsi que les objectifs terrestres (surtout les aérodromes) dans le Nord de la France. Nous fessons les missions de jour et de nuit. »<br /> « Le 23 août 1943, je suis mis au repos. Je passe à l'Etat-Major de la Chasse anglaise pour devenir Wing-Commander officier de liaison pour les Belges. M'y occupe du personnel, fait des études, apprend tout ce que je peux et commence la construction d'une documentation. » <br /> Il restera à ce poste jusqu’au 30 avril 1944. Par la suite, le premier mai 1944, il sera l'Attaché au Cabinet du Ministre de la Défense Nationale où il assurera les fonctions d'officier de liaison auprès de la Chasse Britannique, commissionné Major Aviateur BEM le 26 septembre 1945, sa fonction prendra fin le 3 avril 1946 et le lendemain 4 avril, il est promu Chef de Cabinet du Ministère de la Défense Nationale. Il sera nommé Lieutenant-Colonel BEM le 26 juin 1946.<br /> <br /> Nommé Group-Captain (équivalent grade belge : Colonel Aviateur) le 26 juin 1949, sa carrière active est loin d’être terminée. En effet, le 26 août 1949 le Ministre lui confie le Commandement du Groupement « Instruction et Entraînement ». Il réorganise ces services, leur donne une ampleur nouvelle. Sa fonction sera terminée le 17 novembre 1950 le jour avant son départ en mission aux U.S.A., d'où il reviendra le 23 décembre 1950 pour reprendre le commandement du Groupement « Instruction et Entraînement » du 24 décembre 1950 jusqu'au 19 mars 1952<br /> Léon DE SOOMER est décédé le mardi 09 octobre 1956 âgé seulement de 47 ans d'une courte et terrible maladie dans un hôpital de Londres non loin de son domicile à THAME-ON-DITTON, un village situé dans le secteur urbain du grand Londres.<br /> <br /> Source : article paru sur le site<br /> <a href="https://www.sitytrail.com/fr/poi/7039608-saintxhubert--10x-general-aviateur-leo-de-soomer/">https://www.sitytrail.com/fr/poi/7039608-saintxhubert--10x-general-aviateur-leo-de-soomer/</a></p> Fri, 29 Dec 2023 19:54:26 +0100 Colonel Aviateur Joseph Renier https://www.freebelgians.be/articles/articles-2-241+colonel-aviateur-joseph-renier.php https://www.freebelgians.be/articles/articles-2-241+colonel-aviateur-joseph-renier.php <p style="text-align:center"><img src="https://www.freebelgians.be/upload/renier_freebelgians.jpg" alt="" class="valign_" /></p><br /> <br /> <br /> <p style="text-align:justify">Joseph Renier est né à Hollogne-sur-Geer le 19 juillet 1910. Après des humanités scientifiques à l'Athénée Royal de Liège, il s'engage à l'Armée à l'âge de 19 ans et ce, pour une période de trois ans. Sa formation de base terminée, il est affecté au 2°Régiment d'Artillerie stationné à Anvers. En 1930, il présente et réussit l'Examen A, ce qui lui ouvre les portes d’une carrière d'officier d'active par la voie du cadre. Pilote à l’Aéronautique Militaire Le 1 juillet 1931, il passe à l'Aéronautique Militaire en qualité de sergent élève-pilote. Rattaché à la 66°Promotion, il rejoint l'École de Pilotage de Wevelgem et obtient son brevet de pilote militaire le 1 août 1932. Il est affecté comme sergent-aviateur à la 1°Escadrille du 2°Régiment d'Aéronautique alors stationné sur l'aérodrome de Awans- Bierset. L'escadrille est équipée de Breguet XIX, elle fait partie du III°Groupe de Bombardement. Après des passages successifs par l'École d'Aéronautique pour y acquérir et parfaire sa formation d'officier, Joseph Renier rejoint l'aérodrome de Nivelles, nouveau terrain de déploiement du 2° Régiment d'Aéronautique qui, dans le cadre d'une réorganisation importante de la 5e Arme, est devenu en 1935 régiment de chasse à part entière. Joseph Renier est affecté tout d'abord à la 3° Escadrille, ensuite à la 1°Escadrille du III° Groupe. Il vole successivement sur Fairey Firefly et Fairey Fox. Nommé Sous-lieutenant aviateur le 26 juin 1935, Lieutenant aviateur le 26 juin 1938, le 30 septembre de la même année, alors qu’il est chef de peloton de chasse, il passe à l'École de Tir aérien d'Ostende (Steene) comme commandant de l'Escadrille de Tir. Il y est sous les ordres du Major Désiré Guillaume qui, quelques années plus tard, sera le premier C.O. belge de la ‘’350’’. Pour Joseph Renier, il s'agit d'une mutation intéressante puisqu’elle lui donne l'occasion de voler sur tous les types d'avions de chasse de notre Aéronautique Militaire : Fairey Fox, Gloster Gladiator, Fiat CR.42 et Hurricane sur lequel il effectuera 40 heures de vol. Notons au passage qu'il aura l'occasion de piloter le chasseur prototype Renard 36, appareil de la classe du Hurricane, conçu par l'ingénieur belge Alfred Renard, mais que l'incurie des autorités politiques de l'époque ne permit jamais d'amener au stade de la production de série. <br /> À la veille des hostilités, Joseph Renier totalise 1.400 heures de vol, dont 150 heures comme observateur.</p><br /> <br /> <strong>Mai 1940 – décembre 1941</strong> <br /> <br /> <p style="text-align:justify">Le 10 mai 1940, la neutralité de la Belgique est bafouée, les jours de notre Aéronautique Militaire sont comptés. Après avoir évacué vers l'aérodrome du Zoute 9 avions remorqueurs dont la Luftwaffe réglera rapidement le sort, le 13 mai l'École de Tir reçoit l'ordre de se replier sur la France. Ce sera tout d'abord vers Cazaux, ensuite vers Montauban où sont stationnés des éléments du 2°Régiment d'Aéronautique. Joseph Renier va connaître cette période trouble où l'impéritie des autorités politiques et militaires sapera à coup sûr le moral des unités belges repliées en France. Le 19 août 1940, il reçoit l'ordre de rentrer au pays avec l'État-major de l'Aéronautique Militaire. Il s'exécute. Rendu à Bruxelles le 23 août, il échappe au sort réservé à la plupart des officiers d'active : l'internement et la captivité. Allergique aux idées de l'Ordre Nouveau et peu enclin à confier son avenir à l'OTAD (Office des Travaux de l'Armée Démobilisée), chargé notamment de fournir un emploi dans les organismes de l'État aux militaires d'active démobilisés, Joseph Renier décide de rejoindre l'Angleterre. Il quitte la Belgique le 29 janvier 1941. Il lui faudra un mois pour atteindre Marseille, un mois encore pour se retrouver au pied des Pyrénées qu'il parvient à franchir clandestinement le 23 avril. Le 24 avril 1941, il est arrêté à Barcelone, y reste emprisonné jusque fin juillet avant d'être transféré comme tant d'autres à Miranda de Ebro. Miranda de Ebro, un des nombreux camps créés par les franquistes à la fin de la guerre d'Espagne pour interner les soldats républicains qu'il fallait isoler de la population. Mais désormais ce sont les évadés malchanceux des zones occupées par les armées du Reich, qui tentent via le Portugal ou Gibraltar de rejoindre l'Afrique ou l'Angleterre, qui en sont principalement les pensionnaires. Les internés y vivaient dans des conditions déplorables, soumis à l'arbitraire des autorités espagnoles, à la volonté délibérée des geôliers de les humilier, vivant dans la hantise de moisir en Espagne et d'en sortir trop tard pour encore participer à la lutte. Néanmoins, résultat d'une activité diplomatique continue, au prix de tractations se monnayant en termes de fournitures diverses à l'Espagne franquiste, les portes du camp s'ouvraient de temps à autre pour rendre à la liberté des groupes d'internés laissés dans l'ignorance de leur sort jusqu’à la dernière minute. Joseph Renier est ainsi « libéré » le 13 décembre 1941 et placé en résidence surveillée jusqu'au moment où les autorités consulaires belges lui délivrent les documents permettant de franchir la frontière portugaise. Via Lisbonne, il rejoint Gibraltar. Le 25 décembre 1941, il embarque à bord d'un navire qui accoste à Glasgow (Greenock) le 04 janvier 1942. <br /> </p><br /> <strong>À la RAF</strong> <br /> <br /> <p style="text-align:justify">Après le passage obligé par la ‘’Patriotic School’’ et ses interrogatoires, Joseph Renier est intégré aux Forces belges en Grande-Bretagne le 20 janvier 1942. Le 10 mars, il rejoint le RAF Depot d'Uxbridge comme membre de la RAF Volunteer Reserve avec le grade de Pilot Officer on probation. Après un court passage par la Service Flying Training School Nr 9, assurant notamment la remise en condition des pilotes étrangers ayant rejoint la RAF, c'est l'OTU Nr 58 de Grangemouth qui l'accueille. Il y découvrira le potentiel du Spitfire, les tactiques et les procédures en usage au sein du Fighter Command. Il termine son réentraînement avec la mention ‘’A good average pilot’’ et le 19 août 1942, il est affecté au 609 Squadron dont le badge s'orne de la rose blanche d'York. Il s'y retrouve en pays de connaissance. En effet, les pilotes belges auront tout au long de la guerre une relation privilégiée avec cette escadrille : pas moins de 55 pilotes belges combattront sous ses couleurs, trois d'entre eux en assureront même le commandement. Pour l'heure, Joseph Renier y retrouve A. Blanco, J. de Selys, R. Dopere, V. Ortmans, R. Lallemant, R. Roelandt, R. Van Lierde, J. Creteur et R. Wilmet. Certains se sont trouvés sous son commandement à Nivelles ou à l'École de Tir mais aujourd'hui, c'est comme simple ailier qu'il prend place parmi ses compagnons d'arme. En août 1942, l'escadrille est stationnée à Duxford au sud de Cambridge. Rappelons qu'elle a partagé avec le 56 Sqn l'avantage tout relatif d'être la première escadrille de la RAF à être équipée du nouveau chasseur Typhoon, l'appareil tant attendu pour relever le défi du Fw 190. Mais, initialement tout au moins, le Typhoon ne s'est pas révélé être à la hauteur des espérances. Des problèmes techniques, tant au niveau de la cellule que de la motorisation, perturberont la période de conversion de l'escadrille. Les pilotes de la ‘’609’’ essuieront les plâtres et il faudra toute la conviction de leur CO, le Sqn Ldr R. Beamont et sa confiance dans les qualités intrinsèques de l'avion, pour que le Typhoon soit adopté par les autorités. Il s'imposera vite comme un système d'arme redoutable, particulièrement à basse altitude. <br /> Malgré ces difficultés, l'escadrille avait retrouvé son statut opérationnel dès la mi-juillet 1942, mais seuls trois ‘’Sweeps’’ au-dessus du continent avaient été effectués au cours du mois. Nonobstant une servicibilité des avions qui s'améliorait progressivement, celle-ci était encore insuffisante pour que l'escadrille soit engagée dans l'opération Jubilee, le raid sur Dieppe, le jour même de l'arrivée de Joseph Renier. Les derniers mois de l'année, l'essentiel des missions confiées à l'escadrille consistera en patrouilles à basse altitude au-dessus du Channel au large de Falmouth et Dungeness à partir de Biggin Hill puis de Manston et ont pour but d'intercepter les chasseurs bombardiers ennemis, principalement des Fw 190 qui mènent des opérations de harcèlement sur les villes et les installations côtières. Joseph Renier effectue sa conversion sur Typhoon sans problème. Fin septembre, il est prêt à entrer dans le grand cirque. Il effectue sa première mission opérationnelle le 26 septembre 1942 en compagnie de Jean de Selys Longchamps. Gageons qu'elle lui aura laissé un souvenir durable. Ce matin là, le ‘’B ‘’ Flight dont ils font partie est en alerte depuis 05hrs30. À 11hrs12, ils décollent pour intercepter ce que le contrôle radar leur annonce comme étant probablement un Ju 88 <br /> Le 30 septembre, Joseph Renier a l'occasion de faire étalage de toute sa maîtrise. Au retour d'une mission d'entraînement de nuit, son Typhoon (PR-R) connaît une panne hydraulique. Le train d'atterrissage refuse obstinément de descendre. Joseph Renier réussira dans l'obscurité à poser son appareil sur le ventre pratiquement sans dommage, ce qui lui vaudra les félicitations du Station Commander. En novembre 1942, Joseph Renier est nommé Flight Lieutenant. Avec une confiance accrue du Fighter Command dans la fiabilité du Typhoon, c'est toute la panoplie des missions offensives concoctées par le 11 Gp qui remplira bientôt les ordres de mission de l'escadrille : Rodeo, Circus, Rhubarb, Roadsted, Night Intruder se succèdent. Au cours des 16 mois de sa présence à la ‘’609 ‘’, Joseph Renier effectuera 215 heures de vol en missions de combat. Si son palmarès ne compte pas de victoires aériennes, il connaîtra sa part de succès dans les attaques au sol contre les objectifs d'opportunité les plus divers : locomotives, trains, chalands, camions, centrales électriques qui constituaient le menu habituel des sorties à basse altitude. Sa dernière mission à la ‘’609 ‘’, Joseph Renier l'effectue le 30 novembre 1943. Il s'agit pour l'escadrille d'une ‘’première’’. <br /> Désormais, elle ajoutera à son programme des Sweeps à basse altitude et à longue distance dans le but d'engager lors de leur atterrissage, les chasseurs ennemis rentrant de mission d'interception des bombardiers alliés. Sous le commandement de son CO, le Sqn Ldr Thorton-Brown, l'escadrille décolle pour ratisser la région de St Truiden - Venlo, mission qui verra Remy Van Lierde, leader de la Blue Section dont Joseph Renier fait partie, se payer une victoire sur un Me 110. Joseph Renier termine son premier tour d'opérations avec une appréciation élogieuse de son CO dont l'essentiel tient en quelques lignes : « Joseph Renier has carried out some excellent operational work (...) has proved himself a very reliable operation pilot (…) I consider he should receive some form of recognition for his service. » </p><br /> <br /> <strong>Aux usines Napier</strong><br /> <br /> <p style="text-align:justify">Cette forme de reconnaissance que souhaite pour lui son CO, Joseph Renier la connaîtra dans son affectation suivante. En effet, sa période de repos il la vivra non pas dans quelque obscure fonction administrative, mais comme pilote d'essai aux usines Napier de Luton. Le 12 décembre 1943, il y remplace Raymond Lallemant, figure éminente de la ‘’609’’, qui lui aussi, à l'issue de son premier tour d'opérations, avait été appelé à la même fonction. Le travail ne manquait pas. Le Typhoon ainsi que le Tempest alors en développement, étaient équipés du moteur Napier Sabre de 2.400 hp, dont les autorités de la RAF s 'attachaient à augmenter la fiabilité. Des nouveaux réglages étaient étudiés, des composants étaient modifiés, démarches qui exigeaient des essais approfondis avant d'être intégrés dans les chaînes de production. Joseph Renier restera affecté aux Usines Napier jusqu'au 12 février 1944, effectuant pas moins de 56 hrs de vols d'essai en ces deux mois d'hiver. Restant dans le domaine technique, le 13 février, il est muté à la 13 Maintenance Unit de Henlow comme pilote d'essai des Typhoon et Mosquito sortant de réparation. Dans ce contexte, il effectue une conversion rapide sur le cheval de bataille de la firme De Havilland, le Mosquito, familièrement appelé « The Wooden Wonder », en référence à sa structure de bois, mais qui se révélera comme l'un des avions les plus polyvalents de la guerre. Joseph Renier restera attaché à cette unité jusqu 'au 4 juillet 1944, y effectuant 110 hrs de vol à la plus grande satisfaction du commandant de l'unité : « … A sound and capable officer who has carried out his duties of test pilot of Mosquito and Typhoon aircraft in a very satisfactory manner. » Deuxième tour d'opérations Il quitte la 13 MU pour entamer son deuxième tour d'opérations. Le contexte opérationnel s'est radicalement modifié au cours des six mois où Joseph Renier s'est trouvé éloigné des combats. Le 6 juin, le débarquement en Normandie a marqué l'ouverture du deuxième front. Même si les Alliés ne sont pas encore parvenus à réduire totalement la résistance allemande dans le Cotentin, la formidable machine de guerre anglo-américaine est en marche. En Méditerranée, la Sicile, la Sardaigne, la Corse sont aux mains des Alliés. La conquête de la péninsule italienne se poursuit, Rome est tombée le 4 juin, le débarquement sur la Côte d'Azur se prépare. A l'Est, les Russes sont à l'offensive depuis la Baltique jusqu'à la Mer Noire. L'étau se referme sur les forces de l'Axe. Son deuxième tour d'opérations, Joseph Renier l'effectuera comme pilote de reconnaissance photographique. Homme précis, consciencieux pour qui le détail a de l'importance, cette affectation nouvelle, comme la précédente d'ailleurs, répond particulièrement bien à son tempérament et à ses capacités. C'est aussi de la part des autorités de la RAF une marque de confiance et d'appréciation car peu de pilotes étrangers sont admis à servir dans ce type d'unité. Le 4 juillet, Joseph Renier rejoint à Dyce le 8 PRU/OTU. Il y effectue 53 hrs de vol sur Mosquito qui lui permettent de découvrir les spécificités inhérentes à sa nouvelle mission. Le 12 septembre, il débarque au 34 PR Wing de la 2TAF et est affecté au 140 Sqn équipé de Mosquito PR.XVI. Une escadrille de Spitfire PR.XI et une escadrille de Wellington complètent l'effectif de l'unité. Le Wing, dont la mission est axée sur la reconnaissance à haute altitude, de jour comme de nuit, est un des outils essentiels de la planification des opérations et, à ce titre, dépend directement de l'État-major de la TAF. Dès le 9 septembre, le 140 Sqn a été redéployé en France et c'est à Amiens que Joseph Renier rejoint sa nouvelle escadrille. Fin septembre, toutes les escadrilles du Wing se trouvent réunies à Melsbroek qui sera leur base d'opérations principale pendant six mois. Si ce stationnement à Melsbroek marque le retour au pays, les opérations sont cependant loin d'être terminées. Découvrons rapidement le nouvel environnement dans lequel se retrouve Joseph Renier. Doté d'une batterie de caméras verticales (4) et oblique (l), le Mosquito PR.XVI, à la robe bleu nuit, équipe le 140 Sqn depuis juillet 1944. La version de reconnaissance photographique est la dernière-née de la lignée. Le tandem pilote et navigateur qui en constituent l’équipage permet une répartition optimale des tâches. Caractéristique unique dans un avion à la structure de bois, la cabine de pilotage est pressurisée. Démuni de tout armement, ce sont ses performances qui doivent principalement garantir sa sauvegarde. Un plafond opérationnel de 40.000 ft, une vitesse de 365 Kts à 28.000 ft 7 doivent le mettre en principe hors d'atteinte des chasseurs ennemis du type Fw 190 et Me 09, pour autant que ceux-ci ne disposent pas d'un avantage en altitude lors d'une interception éventuelle. La mission PR était cependant semée de nombreuses embûches. S'enfoncer en solitaire à haute altitude dans la profondeur du territoire ennemi présentait des aléas certains. Même si aux altitudes auxquelles les Mosquito PR évoluaient les risques de la « Flak » étaient réduits, voler en-dehors des zones de ‘’contrails’’ était impératif pour échapper à la détection visuelle. D’autre part, le maintien d'un ‘’look-out’’ de tous les instants, parfois difficilement conciliable avec l'exigence d'une navigation précise, restait la meilleure garantie de survie. Le facteur météo était déterminant pour le succès de la mission. Seul, un ciel dégagé autorisait les prises de vues, mais des conditions météorologiques favorables avaient comme corollaire de mettre en l'air un nombre accru de chasseurs de défense aérienne. Au retour, le danger pour les équipages venait parfois des rapides chasseurs alliés qui ne s'encombraient guère de procédures d'identification, or le Mosquito avait une silhouette proche de celle du Me 410. Au total, conséquence directe des limitations météo, les escadrilles PR effectuaient moins de sorties que les autres unités de la TAF, mais en contrepartie, l'exceptionnelle endurance du Mosquito permettait que chaque mission soit exécutée de façon approfondie. Au moment où Joseph Renier rejoint son escadrille à Amiens, une partie importante de la Belgique est libérée, mais la Campagne de Hollande piétine. Les Anglais vont connaître un drame à Arnhem que d'aucuns imputeront à une carence dans l'exploitation des missions PR puisqu’une sousestimation du simple au double des forces allemandes déployées sera une des causes de l'échec. Par ailleurs, la longueur excessive des lignes de communication va bientôt ralentir le rythme des opérations. Si le port d'Anvers est tombé intact aux mains des Alliés, son utilisation reste impossible dès lors que le bas-Escaut et les îles zélandaises sont toujours sous le contrôle des Allemands. De plus, ceux-ci vont prendre la métropole comme cible de leurs attaques de V1 et V2, à partir de sites de lancement fixes ou mobiles situés dans les environs de Rotterdam, Den Haag, Tilburg, Breda. Le difficile repérage de ces sites sera pour les unités PR une mission prioritaire qui s'ajoutera à celles plus traditionnelles de recherche des concentrations et mouvements de troupes, de localisation des lignes de défense, d'établissement du niveau d'occupation des aérodromes. Joseph Renier effectue sa première mission le 6 octobre 1944 en assurant une couverture photographique du secteur Rotterdam - Den Haag à 28.000 pieds, 2hrs30 de vol sans problème. Les missions opérationnelles se succèdent, la plupart d'entre elles à bord du Mosquito MM395 avec son fidèle navigateur le Flight Sergeant Guilliams. Toutes des missions à haute altitude qui les mèneront très souvent dans le secteur s'étendant du nord d'Amsterdam vers les îles de la Frise, répétition rendue essentielle pour garantir une investigation systématique et la fiabilité du renseignement. Au cours de ces missions, ils auront l'occasion d'observer les panaches de fumée signant la trajectoire balistique des fusées V2 dans la stratosphère et d'être les témoins d'interceptions menées contre les formations de bombardiers alliés par des Me 262 et Me 163, nouvelles menaces qui guettent aussi les chasseurs PR. Le mauvais temps perturbe considérablement l'exécution des missions dans le cours du mois de décembre. Les Allemands en profiteront pour lancer leur offensive dans les Ardennes. Le 1 janvier 1945 à l'aube, l'aérodrome de Melsbroek subit de plein fouet la fameuse attaque surprise de la Luftwaffe. L'opération « Bodenplatte » coûtera au 34°Wing la perte de six Mosquito PR XVI, six Spitfire PR XI et quatorze Wellington. Les missions reprendront cependant le jour même et il faudra moins d'une semaine pour rétablir les effectifs à leur niveau normal. Fin février, les escadrilles du wing sont réorganisées. Des transferts de personnel s'opèrent, Joseph Renier quitte le 140 Sqn au sein duquel il aura effectué 19 missions opérationnelles, il est versé au 16 Sqn équipé de Spitfire PR XI. 8 À l'instar du Mosquito PR XVI, le Spitfire PR XI est un avion non armé, mais en l'absence d'un poste de pilotage pressurisé, l'inconfort est cette fois au rendez-vous. Ses performances sont quasi équivalentes à celles du Mosquito, par contre le risque attaché à la mission PR effectuée par un avion monoplace se trouvait considérablement accru. Avec le franchissement du Rhin à Wesel le 25 mars 1945, débute la Campagne d'Allemagne, dernière phase de la guerre à l'Ouest. Le 21°Groupe d'Armées, associé à la 2°TAF, progresse vers la côte balte. Entre le 23 mars et le 26 avril 1945, Joseph Renier effectuera 13 missions à bord de son Spit, volées pour la plupart en couverture de la région de Brême – Hambourg – Kiel. Si l'on s'en réfère à ses compte rendus de missions, certaines d'entre-elles lui ont laissé un souvenir marquant. Mais c'est sans conteste sa mission du 18 avril 1945 qui fera date. Effectuée à partir de Eindhoven où l'escadrille s'est redéployée début avril, elle lui vaudra par ailleurs en grande partie l'octroi de la DFC. Le 26 avril, Joseph Renier effectue sa dernière mission de guerre : une couverture photo du trafic maritime à l'embouchure de l'Elbe vers Cuxhafen - Borkum à 27.000 ft - 2hrs05min de vol. Le 16 juin 1945, Joseph Renier quitte le 34 Wing pour l’État-major du Group Captain Leboutte installé à Bruxelles. Il est membre de la « Belgian Recruiting Mission » avec le grade de Squadron Leader. Il y œuvrera à la mise sur pied de notre Aviation Militaire dont nos escadrilles nationales - 349 et 350 - déployées à Fassberg doivent constituer la pierre angulaire mais qui pour l'heure sont toujours sous la tutelle de la RAF. Le 4 décembre 1945, la Distinguished Flying Cross lui est décernée.</p> <br /> <br /> <strong>Source : Les Vielles Tiges de l’aviation belge<br /> Article de Jean Buzin.<br /> <a href="https://www.vieillestiges.be/fr/bio/37">https://www.vieillestiges.be/fr/bio/37</a></strong> Mon, 30 Oct 2023 10:12:35 +0100 Général de Brigade Aviateur Louis Remy https://www.freebelgians.be/articles/articles-2-236+g-n-ral-de-brigade-aviateur-louis-remy.php https://www.freebelgians.be/articles/articles-2-236+g-n-ral-de-brigade-aviateur-louis-remy.php <p style="text-align:center"><img src="https://www.freebelgians.be/upload/freebelgians0623_louis_remy.jpg" alt="" class="valign_" /><br /> Louis Remy, Sous-lieutenant à l'Aéronautique Militaire. </p><br /> Louis Remy est né à Laeken le 14 juillet 1916. Après des humanités classiques, il entre à l'École Royale Militaire (ERM) le 28 novembre 1936 comme élève de la 82e Promotion Infanterie-Cavalerie. Élève-pilote à l’Aéronautique Militaire Le 28 décembre 1938, sa formation académique terminée, nommé sous-lieutenant, Louis Remy est désigné pour le 2e Régiment de Carabiniers Cyclistes. Simple mutation administrative, car c'est dans la 5°Arme, l'Aéronautique Militaire, qu'il entend faire carrière. Dès le 5 janvier 1939, il passe à l'École d'Aéronautique comme élève-observateur, passage obligé et première étape pour les officiers issus de l 'ERM dans l'obtention du brevet de pilote. Il s'y retrouve en compagnie de sept officiers de sa promotion1 qui ont fait le même choix. Louis Remy obtient le brevet d'observateur le 10 juillet 1939 et passe au 1er Régiment d'Aéronautique. Sa forte personnalité ne tarde pas à s'y affirmer. Le 1 septembre 1939, il écope de 4 jours d'arrêts simples, tout comme son camarade de promotion Henri Picard. Motif : « au cours d'un concert dans une ville, avoir tourné à motocyclette autour d'un kiosque, gênant ainsi l'audition. Avoir provoqué par cet acte inconsidéré des protestations dans le public au détriment du prestige de l'uniforme ». Il s'agissait en l'occurrence d'un concert organisé à St Trond dans le cadre d'une manifestation proallemande ! Toujours en compagnie de ses contemporains de promotion de l'ERM et totalisant 250 hrs de vol sur Breguet XIX et Fairey Fox, il repasse à l'École d'Aéronautique le 3 janvier 1940, cette fois comme élève-pilote. Le groupe est rattaché à la 83° Promotion, constituée essentiellement d'officiers. Le 7 mars 1940, son parcours manque de s'arrêter brutalement. Alors qu'il est à l'entraînement à la 2e Escadrille école de Gosselies, son appareil Avro 504N s'écrase en bordure de l'aérodrome. Il en sortira ainsi que son moniteur avec quelques blessures aux jambes. <br /> Le 10 mai 1940, Louis Remy, officier-élève à la 4° Escadrille école de Tirlemont, totalise 50 hrs de vol sur Avro 504N et 30 hrs sur Fairey Fox. Louis Remy sera de l'évacuation de l'École de Pilotage sur Oujda. Rappelons brièvement que l'armistice franco-allemand du 24 juin 1940 mettra fin aux espoirs de relance en terre marocaine de notre École de Pilotage. De plus, ralliées à Vichy, les autorités françaises couperont court au projet d'évacuer le matériel et le personnel vers le Congo belge. Déception tant pour les moniteurs et les élèves que pour ceux qui, d'initiative, s'étaient mis en devoir de rejoindre l'École de Pilotage au Maroc après la capitulation belge du 28 mai 1940. L'École représentait à leurs yeux la pérennité de notre Aéronautique Militaire et l'espoir à terme de reprendre part au combat. En l'absence d'instructions en provenance de l'État-major de l'Aéronautique Militaire replié à Montpellier, un climat de fronde s'établira rapidement au sein du personnel subalterne. Un seul objectif compte désormais : le retour au pays. Quant aux moniteurs et aux élèves-pilotes, si la majorité d'entre eux entendent poursuivre la lutte et pensent rejoindre l'Angleterre, ils se heurtent à la position ambiguë du gouvernement belge en exil à Limoges. Celui-ci condamne implicitement le départ vers la Grande-Bretagne d'unités constituées. Finalement, cédant aux pressions, le commandement de l'École autorisera les moniteurs et les élèves-pilotes désireux de rejoindre l'Angleterre à tenter leur chance par leurs propres moyens non sans les avoir placés au préalable en congé sans solde. Le 4 juillet, un groupe fort d'une soixantaine d'hommes arrive à Casablanca. Parmi eux, quelques-uns, dont Louis Remy, choisiront alors de rejoindre la Colonie. Ils suivent l'exemple de F. Burniaux, chef-moniteur de la 5° Escadrille, et J. Ceuppens, observateur au 1er Régiment d'Aéronautique qui, d'initiative, avait rejoint Oujda. Le groupe qui a opté pour l'Angleterre trouve à s'embarquer assez rapidement. Pour les autres, les ‘’légalistes’’, la route de Léopoldville doit passer par Lisbonne et les démarches s'éternisent. Pendant ce temps, à Oujda, après le départ de la majorité du cadre, le climat est devenu explosif. À la demande du général Tapproge, commandant de l'École, quelques officiers dont Louis Remy, en attente de départ pour le Congo, acceptent de rentrer momentanément à Oujda pour encadrer la troupe... confiants dans la promesse de F. Burniaux de les prévenir dès lors que leurs papiers seraient en règle. <br /> <br /> <strong>Le vent tourne... </strong><br /> <br /> À peine arrivé à Oujda, Louis Remy est envoyé comme officier de liaison auprès des autorités françaises à Oran. Mais il y contracte la malaria et la jaunisse. Rapidement, son état sanitaire empire et les médecins estiment son évacuation vers le Midi de la France nécessaire. Une fois guéri, il reçoit un congé de convalescence d'un mois qu'il passe à Valence d'Agen, où des éléments de l'EM de l'Aé sont repliés. Fin août, le détachement de l'École de Pilotage en cours de rapatriement vers la Belgique y fait étape. Les perspectives à court terme de rejoindre le Congo ou l'Angleterre s'étant envolées, Louis Remy accepte de reprendre du service actif compte tenu du petit nombre d'officiers présents et de l'état moral dans lequel se trouvait la troupe. « Le personnel de l'École de Pilotage encadré par ses officiers devait être rapatrié en Belgique et y être démobilisé ». Pour les officiers, leur mission terminée, ils pourraient dès lors agir à leur guise. Obéissant aux ordres reçus, Louis Remy se promettait de partir pour l'Angleterre aussitôt arrivé à Bruxelles. Naïveté ! ... Le 17 septembre, les membres de l'École de Pilotage embarquent dans un train qui devrait les conduire à Bruxelles. A Châlons-sur-Saône, au moment de franchir la ligne de démarcation, ils apprennent qu'ils sont désormais prisonniers de guerre. Le train les conduira en droite ligne au Stalag IIB de Hammerstein en Poméranie, avant que les officiers ne soient transférés à l'Offlag IIIC de Juliusburg. Pour Louis Remy, la frustration est totale. Trahi par son loyalisme, son sens du devoir, il n'aura de cesse désormais que de renverser le cours de choses. L'évasion devient son obsession. Après plusieurs tentatives infructueuses, il y parviendra le 24 avril 1942. Rappelons-en la trame<br /> <br /> <strong>L'évasion :</strong><br /> <br /> Au cours de l'année 1941, 4 tentatives se solderont par autant d'échecs : essai à Juliusburg (janvier 1941), essais à Colditz (février, août et décembre 1941), tantôt par les toits, tantôt par des tunnels. Chaque fois le petit groupe dont Louis Remy fait partie est pris sur le fait. Résultat : des séjours plus ou moins longs en quartier disciplinaire. La cinquième tentative, en avril 1942, à partir de l'hôpital de Schnauswitz où il est parvenu à se faire admettre, sera couronnée de succès. À l'aide d'une pince coupante subtilisée dans une salle de soins, il se fraie un passage, de nuit, au travers du réseau de barbelés qui ceinture le site. En compagnie de deux autres officiers, un britannique et un polonais, il prend la clé des champs. Direction Gibraltar à 3.000 km de là. Le comité d'évasion a doté Louis Remy de faux papiers qui font de lui un travailleur belge volontaire employé par la firme Junkers de Leipzig. Il est censé rejoindre une usine à Lammersdorf près de la frontière belge pour y monter des moteurs. La cavale débute mal. Les trois évadés qui ne se sont pas encore séparés sont arrêtés dans le train Dresde-Leipzig qu'ils avaient emprunté. Rien n'y justifie leur présence. Coup d'audace, Louis Remy trompe la vigilance de ses gardiens, ouvre une portière, saute du train en marche, roule sur le ballast. Sans dommage. Ses compagnons retrouveront Colditz. Lui arrivera à Cologne après être monté en fraude dans l'express Leipzig-Cologne. En gare de Cologne, il rencontre un « vrai » travailleur belge déserteur avec qui il poursuit son voyage en train vers la Belgique. Pour plus de sécurité, ils décident de franchir la frontière à pied. Interceptés par des Schupos (Schutzpolizei), ils sont conduits au commissariat où le compagnon de Louis Remy est rapidement démasqué. Quant à lui, ses papiers semblent en règle, mais le commissaire tient à effectuer une vérification auprès de la firme Junkers. Moment de flottement... et ce sera la fuite éperdue vers la forêt de l'Hertogenwald toute proche, non sans avoir essuyé le tir d'un garde-frontière. Louis Remy connaît bien la région, mais le temps est couvert, il est difficile de s'orienter. Pendant 36 hrs, il marche à l'aveugle dans les Hautes Fagnes avant d'échouer, épuisé, au barrage de la Vesdre alors en construction. La chance est au rendez-vous. Le chantier est dirigé par un capitaine français, ingénieur, prisonnier de guerre qui contrôle aussi une ligne d'évasion. Il lui permettra de rejoindre Bruxelles avec l'aide de cheminots de Welkenraedt. Après 15 jours de repos, caché chez des cousins, c'est le départ pour l'Espagne. Pris en charge par une nouvelle ligne d'évasion, celle-ci se révélera efficace jusqu'au pied des Pyrénées. Ensuite, ce sera le difficile franchissement de la chaîne de montagnes en compagnie d'autres évadés, à la merci de passeurs véreux. Près de Figueras, le petit groupe dont Louis Remy fait partie est arrêté par la Guardia Civil. Nouveau coup d'audace, il parvient à fausser compagnie à ses gardiens, ce qui lui évitera un séjour au camp de Miranda de Ebro. Mais il est désormais seul, sans argent, sans papiers. Éconduit par le consul français de Figueras, il poursuit sa route vers Barcelone, tantôt à pied, tantôt sautant à bord de trains de marchandises. Le consul de Belgique l'accueille fraîchement, ne marque aucun empressement à faciliter son arrivée en territoire britannique et refuse de prendre contact avec l'ambassade de Grande-Bretagne. Près d'un mois d'attente en compagnie d'un autre officier belge évadé d'Allemagne, puis, sans guide ni papiers d'identité, tous deux sont finalement embarqués dans un train qui les mènera à Madrid puis à Algesiras. Trente-deux heures de voyage. Arrivés à La Linea, c'est en vain qu'ils chercheront les passeurs qui, aux dires du consul de Barcelone, auraient dû les emmener de nuit et en barque à Gibraltar. La plage est hérissée de barbelés. Le drapeau de l'Union Jack flotte à quatre kilomètres de là. En désespoir de cause, après avoir trouvé une brèche dans les barbelés, Louis Remy et son compagnon se mettent à l'eau et nagent ! Ils nageront cinq heures. À bout de forces, ils seront recueillis par une vedette anglaise. Nous sommes le 9 juillet 1942. Ils sont libres.<br /> <br /> <strong>Élève-pilote à la RAF : </strong><br /> <br /> Louis Remy est transféré en Angleterre le 30 juillet 1942. Comme tous les réfugiés et évadés, il est soumis à l'interrogatoire des Services du Contre-espionnage. Le récit de son évasion paraît rocambolesque, invraisemblable. De plus, il ne se souvient pas du nom de l'officier anglais avec lequel il prétend s'être évadé de Schnauswitz. Il passe pour un agent double et est mis au secret. Heureusement, il se rappelle du nom d'un autre officier anglais avec lequel il avait tenté une évasion à Colditz : le lieutenant Airey Neave. Celui-ci était parvenu à s'évader de la forteresse quelque temps plus tard. Nommé major, il était devenu le chef de la Section Evasion MI 9 de Londres. Le 3 septembre 1942, Louis Remy est enfin incorporé aux Forces belges de Grande-Bretagne. Le 22 octobre, il passe à la Section belge de la RAF comme aspirant élève-pilote avec le grade de Pilot Officer ‘’on probation’’. <br /> Pour Louis Remy, une idée fixe prévaut désormais : rattraper le temps perdu, prendre part au combat le plus rapidement possible. Mais son enthousiasme va être mis à rude épreuve, de longs mois s'écouleront encore avant que son ambition ne se matérialise. Jugeons-en en parcourant ses affectations successives au sein de la RAF Volunteer Reserve (RAF VR). – du 15 novembre au 31 décembre 1942, il renoue avec la formation de pilote. Il vole sur Tiger-Moth à la 6 EFTS (Elementary Flying Training School), y effectuant 12 hrs 15 de vol (11 hrs 45 dual, 0 hrs 30 solo). Mais il ronge son frein, il s'impatiente, appréhende la durée de la formation et adresse un courrier au Colonel Aviateur Wouters, commandant en titre de l'Aéronautique belge en Grande-Bretagne. Arguant de son expérience antérieure de 50 hrs sur Avro 504 et 30 hrs sur Fairey-Fox, il demande à être envoyé directement en AFU (Advanced Flying Unit). À défaut, il sollicite son passage dans un autre service où il pourrait avoir l'espoir de servir activement au cours de la guerre . La réponse sera négative. Il poursuivra sa formation au Canada dans la perspective d'un passage sur bimoteur. Successivement, – du 26 février au 18 avril 1943, à la 31 EFTS sur la base de De Winton (Alberta). Elève du cours no 74, il y effectue 75 hrs de vol sur Tiger-Moth. Il y sera nommé Flying Officer le 22 avril 1943. – du 19 avril au 5 août 1943, à la 32 SFTS (Service Flying Training School) sur la base de Moose Jaw (Saskatchewan). Elève du cours no 79, il effectue 173 hrs 40 sur Oxford, à l'issue desquelles il obtient son brevet de pilote avec la mention : ‘’Keen-above average’’.<br /> Il est de retour en Angleterre début septembre. À l'instigation de son camarade de promotion à l'ERM Ivan Du Monceau de Bergendael qui vient à ce moment de prendre le commandement de la toute nouvelle ‘’349’’, il sollicite un changement d'orientation et son passage dans un ‘’single engine’’ AFU, dans l'espoir d'être affecté dans notre escadrille nationale. Le Colonel Wouters appuie cette fois sa demande, mais les places disponibles en AFU sont limitées, la liste d'attente est longue. La décision tombe le 6 décembre 1943 : il doit poursuivre sa formation opérationnelle sur Oxford. Louis Remy réagit aussitôt. Se désespérant de pouvoir passer un jour en opérations, il demande une mutation pour les Indes. La réponse sera négative.<br /> – du 21 décembre 1943 au 19 février 1944, il poursuit sa formation sur Oxford à South Cerney. Stagiaire du cours n°44, il effectue 54 hrs 10 de vol, axées principalement sur le pilotage aux instruments en préparation à son passage au Bomber Command. – du 20 février au 3 juin 1944, il entre en OTU du Bomber Command à Snitterfield comme stagiaire du cours no 36. Il y vole sur bimoteur Wellington Mk.III et Mk.X. La formation prend une autre dimension car il s'agit non seulement de prendre en main un nouvel avion, mais également d'assurer la gestion d'un équipage. Il s'y signale par son sang-froid quand, après une panne de moteur, il pose son avion sur le ventre sans dommage. Après 75 hrs 15 de vol, il termine avec la mention : « Above average as a pilot and a captain ». – du 4 juin au 17 août 1944, il effectue une conversion quadrimoteur à RAF Boston Jack. Stagiaire du cours no 94, il effectue 63 hrs 10 de vol sur Halifax. Il termine avec la mention: <br /> ‘’Above average leader - Careful - Has initiative - Skillful pilot – Knowledgeable’’ <br /> Dans la foulée, il effectue une conversion Lancaster : 36 hrs 10 de vol.<br /> <br /> <p style="text-align:center"><img src="https://www.freebelgians.be/upload/freebelgians0223_bombardier.jpg" alt="" class="valign_" /><br /> Louis Remy affecté à la HCU 1656 (Heavy Conversion Unit) pose avec son équipage devant un Handley-Page Halifax Mk.II à l’issue d’une mission. Il est le quatrième à partir de la gauche. (Archives JP. Decock)</p><br /> <br /> <strong>Enfin opérationnel au Bomber Command :</strong><br /> <br /> Le 18 août 1944, Louis Remy est muté au 103 Sqn. Il entre finalement en escadrille opérationnelle. Vingt-deux mois se sont écoulés depuis son évasion de Schnauswitz. Avec le débarquement du 6 juin 1944, le rideau s'est levé sur l'acte décisif de la guerre en Europe. Il pourra en être un des acteurs. Louis Remy est accueilli par le Squadron Leader Florent Van Rolleghem, son flight commander. Celui-ci, décoré de la DFC à l'issue d'un premier tour d'opérations, est en passe de terminer le second. Déployée sur la base de Elsham Wolds dans le Lincolnshire, l'escadrille est affectée au 1er Groupe du Bomber Command. Ce Commandement totalise une centaine d'escadrilles réparties en six Groupes. Elles sont équipées principalement de bombardiers lourds Halifax et Lancaster, quelques escadrilles de Mosquito complétant le dispositif. Doté de Lancaster en octobre 1942, le 103 Sqn est sur la brèche depuis le début des hostilités. Avec l'ouverture du deuxième front, le Bomber Command est plus que jamais l'instrument qui, aux yeux du Grand Commandement, doit préparer et rendre possible la victoire alliée, même si d'aucuns mettront en question les stratégies adoptées et, à posteriori, son influence réelle sur le cours de la guerre. La controverse paraît suffisamment intéressante pour tenter de faire le point.<br /> Le 3 septembre 1944, il effectue sa première mission opérationnelle en participant à un raid sur Eindhoven. En moins de quatre mois, il bouclera son premier tour d'opérations et gagnera la DFC. Nommé Flight Lieutenant le 12 octobre 1944, il fera fonction de Flight Commander au sein de son escadrille. Trente-et-une missions s'inscriront dans son log book : 26 raids de bombardement de jour et de nuit sur la France, la Hollande et l'Allemagne. S'y ajouteront 5 missions spéciales de largage de mines, missions effectuées de nuit, en solo, dans les eaux du Skagerrak, du Kattegat et de la Baltique. À chaque fois, le ‘’skipper’’ ramènera l'équipage du « K » King à bon port.<br /> Dernière mission de guerre sur Gelsenkirchen dans la nuit du 29 au 30 décembre 1944. <br /> ‘’A sound heavy bomber captain and a satisfactory officer. Good heavy bomber pilot who has just completed a very successful operational tour’’. Appréciation toute laconique de son commandant d'escadrille à l'issue de son tour d'opérations, mais qui s'accompagne d'une proposition d'octroi de la DFC. Le brevet lui sera accordé le 24 juillet 1945 avec la citation suivante : ‘’As a captain of a Lancaster aircraft, Flight Lieutenant Remy has participated in many sorties against a wide variety of targets. These missions have included attacks against some of the enemy's most heavily defended targets, but despite the intense opposition which he has encountered, Flight Lieutenant Remy has at all times set an excellent example and greatly inspired his crowd’’. Son deuxième tour d'opérations ne doit pas débuter avant juin 1945. Il devrait s'effectuer sur Mosquito. Dans l'intervalle, Louis Remy passe à l'Inspectorat belge placé sous la direction de l'Air Commodore Wouters qui le détache auprès de la ‘’Belgian Recruiting Mission’’ établie à Bruxelles. Cet organisme recrute, sélectionne et incorpore les Belges qui désirent rejoindre les rangs de la Section belge de la RAF. Louis Remy y travaille sous les ordres du Wing Commander F. Van Rolleghem, son ancien Flight Commander du 103 Sqn. Notons que ce dernier s'est vu décerner la DSO à l'issue de son deuxième tour d'opérations.<br /> Source : ‘’Les Vieilles Tiges de Belgique’’<br /> <a href="https://www.vieillestiges.be/fr/bio/41">https://www.vieillestiges.be/fr/bio/41</a> Wed, 31 May 2023 10:55:25 +0200 Le Commandant aviateur Victor André Houart https://www.freebelgians.be/articles/articles-2-233+le-commandant-aviateur-victor-andr-houart.php https://www.freebelgians.be/articles/articles-2-233+le-commandant-aviateur-victor-andr-houart.php <strong>L’élève pilote est évacué au Maroc</strong> <br /> <br /> <p style="text-align:justify">Victor Houart termine ses humanités en 1938. Depuis son plus jeune âge, il rêve de devenir pilote. Au cours de l’année 1939, il réussit les épreuves de sélection à l’Aéronautique Militaire et le 1 mars 1940, il entre à l’École de pilotage à l’aérodrome de Gosselies (Charleroi). Le 13 mai 1940, son unité quitte précipitamment Charleroi pour se rendre à Zwevezele en Flandre. Ils y reçoivent l’ordre de se rendre dans le sud de la France. Les écoles, dépôts, services auxiliaires et escadrilles (soit une petite centaine d’avions) sont systématiquement évacués en France. Le Général Legros, commandant en second de l'Aéronautique Militaire, en assure le commandement. À Marseille, le 2 juin, l'École de Pilotage (ses officiers, moniteurs et élèves ainsi que son matériel) embarque à bord de l'Algérie, un cargo qui les mène à Oujda au Maroc. Suivant les consignes données par le Gouvernement belge, la plus grosse partie du détachement belge reviendra au pays. Certains membres du cadre refuseront toutefois les ordres donnés et choisiront de se rendre en Angleterre ou rejoindront la Force Publique dans la Colonie congolaise. Ils seront considérés comme déserteurs. Ainsi, le 3 juillet 1940, la promotion élèves-pilotes dont le Capitaine Cajot a la responsabilité, embarque sur <br /> le David Livingstone à destination de la Grande-Bretagne. Victor Houart n’aura pas cette chance. <br /> </p><br /> <strong>Les camps de Prenzlau (Allemagne) et Miranda (Espagne)</strong><br /> <br /> Vers la mi-août, le Gouvernement belge décide de démobiliser tous les militaires belges. Le voyage de retour en Belgique débute le 25 août via Marseille et se termine après quelques jours… en Poméranie ! Tout le détachement sera interné dans un camp à Prenzlau (Oflag II A ) près de la frontière polonaise, le 17 septembre 1940. Après cinq mois d’internement, Victor Houart est libéré le 13 février 1941. Il décide toutefois de poursuivre la lutte contre l’envahisseur. Le 5 mai 1942, il quitte la Belgique. Il traverse la France sans encombre, mais dès le passage des Pyrénées, il se fait arrêter le 1 juin 1942 par la police espagnole. Il est interné dans différentes prisons : Barcelone, Irun (Pays basque) et finalement, le 19 avril 1943, au fameux camp de Miranda. Il y séjournera trois mois… Lors de son départ, il se voit remettre le prix du « meilleur athlète du camp de Miranda » ! Son excellente condition physique n’est pas passée inaperçue…<br /> La Grande-Bretagne via Gibraltar et le début de la formation pilote. <br /> Libéré, il trouve le moyen de rejoindre la Grande-Bretagne via Gibraltar, le 8 juillet 1943. Intégré aux Forces belges en Grande-Bretagne le 25 juillet 1943, il passe au Dépôt de l’Aéronautique militaire le 3 août et à la Section belge de la Royal Air Force le 20 septembre. Le 9 octobre 1943, il débute sa formation militaire de base à l’Initial Training Wing (17 ITW Scarborough) au nord de Hull. Il fait partie de la 99e promotion avec d’autres Belges…, notamment François Willems, Eddie Laden, Léon Rubin et Fernand Piquin. Il passe le 7 janvier 1944 à l’Elementary Flying Training School (6 EFTS) de Sywell près de Northampton. Les vols débutent sur DH82 Tiger Moth. La météo n’est pas vraiment bonne et les jeunes stagiaires ne pourront effectuer qu’une dizaine d’heures, exactement 7 h 20 pour Houart, toutefois <br /> suffisant pour faire une première sélection entre candidat pilote et la spécialité de Navigator bomber. Houart peut poursuivre comme pilote.<br /> <br /> <strong>Le Canada </strong><br /> <br /> <p style="text-align:justify">Après avoir passé six semaines au camp de Heaton Park dans les faubourgs de Manchester, les rescapés de la promotion embarquent le 21 avril 1944 à bord du Queen Mary à destination du Canada. Après avoir transité par New York, c’est en train qu’ils rejoindront Toronto, puis l’Ouest grâce au Canadian Pacific Railway.</p><br /> <br /> <p style="text-align:center"><img src="https://www.freebelgians.be/upload/victor_houart_freebelgians.jpg" alt="" class="valign_" /><br /> Au Canada comme élève.</p><br /> <br /> <p style="text-align:justify">Houart réussit toutes les phases de sa formation : acrobatie, navigation, vols aux instruments… Ce ne sera malheureusement pas le cas de tous les Belges. Charly Dewever se tue en vol de nuit avec son moniteur, lors d’un vol de contrôle (air test) de l’appareil. La cause exacte de l’accident n’a pas pu être déterminée. Victor Houart aurait apparemment pu poursuivre sa formation de pilote au Canada comme d’autres compagnons belges de la promotion (notamment Rubin, Taymans et Willocq), mais les places sont chères et le 6 octobre, il reprend le bateau à destination de la Grande-Bretagne pour y poursuivre une formation de Navigator Bomber. Luc Dumoulin, Jean Guillaume, Eddie Jene, Eddie Laden et Bob Preutens resteront au Canada pour cette même formation. <br /> Le Mitrailleur de bord ou Air Gunner <br /> Le 13 janvier 1945, on retrouve donc Victor Houart à la No 2 Air Gunnery School (AGS) à Dalcross, près d’Inverness en Écosse, afin d’y suivre cette formation d’Air Gunner. Le 23 mars 1945, il est nommé sergent Mitrailleur de bord/Air Gunner. Le 23 mai 1945, Victor Houart épouse Margaret Kennear. Ils auront trois enfants : Douglas (1946), Patricia Christine (1948) et Francis (1954). Le 31 mai 1945, il est versé au 2nd Group Support Unit. Au cours de cette période, il volera sur Oxford, Avro Anson et effectuera une vingtaine d’heures sur Wellington et 76 heures sur Mitchell.</p><br /> <br /> <p style="text-align:center"><img src="https://www.freebelgians.be/upload/victor_houart_en_civil_freebelgians.jpg" alt="" class="valign_" /><br /> Victor Houart en civil après la guerre</p><br /> <br /> <strong>Sources </strong>:<br /> <a href="https://www.vieillestiges.be/fr/bio/34">https://www.vieillestiges.be/fr/bio/34</a><br /> <a href="https://aviation.brussels/products/les-carnets-doffenberg">https://aviation.brussels/products/les-carnets-doffenberg</a> Tue, 28 Feb 2023 09:49:54 +0100 Andr? Dulait et Georges Hanchar : des quadrag?naires mitrailleurs de la R. A. F. https://www.freebelgians.be/articles/articles-2-231+andr-dulait-et-georges-hanchar-des-quadrag-naires-mitrailleurs-de-la-r-a-f.php https://www.freebelgians.be/articles/articles-2-231+andr-dulait-et-georges-hanchar-des-quadrag-naires-mitrailleurs-de-la-r-a-f.php <p style="text-align:center"><img src="https://www.freebelgians.be/upload/pilote_raf_015afreebelgians_01_2023.jpg" alt="" class="valign_" /><br /> Andr? Dulait en uniforme de la R. A. F.</p><br /> <br /> Andr? Dulait ?tait avocat. Son p?re aussi qui, en ao?t 1914, en sa qualit? d??chevin, accompagna le bourgmestre de Charleroi pour rencontrer le chef de la 19?me division allemande de r?serve qui leur imposa des conditions drastiques pour ne pas voir d?truire leur ville.<br /> Andr? fit son service militaire ? la base de Bierset comme candidat-officier de r?serve. Il se marie ensuite et devient le papa d?une fille. Rappel? sous les armes en 1939, il exerce la fonction d?officier observateur ? la 7?me escadrille d?Evere, unit? de reconnaissance ?quip?e de 9 Fairey. Le 9 mai, sept Fairey Fox-Hispano d?collent d?Evere pour gagner Schaffen mais le lendemain, la Luftwaffe les surprend et les d?truit. Quelques heures apr?s, en deux groupes, la 7?me escadrille gagne le terrain de Lonz?e. Les officiers logent alors ? Beuzet au ch?teau de Ferroz. Le 12 mai, une mission de reconnaissance est effectu?e. Le Fox de Dulait doit survoler le secteur des Ardennes. Volant ? la cime des arbres, la mission r?ussit mais Dulait doit lancer, sur le th??tre de verdure de la citadelle de Namur, le cylindre m?tallique contenant ses observations ?crites. Dulait, malheureusement, l?che mal celui-ci qui va s?encastrer dans les tendeurs de l?appareil. Il doit recommencer la r?daction de son observation. Cette fois le deuxi?me largage r?ussit. L?avion peut retourner ? Lonz?e. Mais quand il approche celui-ci, des militaires Fran?ais au sol le confondent avec un avion allemand. L?avion de Dulait, moteur en feu, atterrit en catastrophe et termine sa course dans un foss?. Les deux occupants parviennent heureusement ? fuir indemnes de l?habitacle.<br /> Le 13 mai, Dulait repart sur un nouvel appareil, d?abord ? Fosses, puis ? Pi?ton o?, ? nouveau, des tirs de la DCA fran?aise le menacent. La 7?me escadrille ne survivra pas ? cette lutte in?gale. Le 28 mai, Dulait est d?mobilis? et parvient ? ?viter la captivit?. Il reprend place dans son cabinet d?avocat ? Charleroi. En mars 1942, Andr? Dulait d?cide de reprendre le combat. Pour tromper l?ennemi sur ses intentions, il brigue le poste de pr?sident du Jeune barreau de Charleroi. Qui pourrait en effet penser que cet homme de 42 ans va bient?t tout abandonner ? Aid? par le r?seau d??vasion de son confr?re bruxellois Heilporn, il quitte son pays le 02 juin 42, parcourt toute la France et traverse les Pyr?n?es. Il se fait arr?ter le 22 juin ? Figueras. Selon son fr?re, il aurait alors ?t? muni d?un carcan et hu? par la population lors de la travers?e des villages pour parvenir ? la prison de Barcelone. Peu apr?s, il est enferm? au camp de Miranda avec, en prime, un bras cass? par un gardien espagnol pour ne pas avoir lev? le bras lors d?un salut franquiste. Se faisant passer pour un Canadien, Andr? est autoris? de loger dans une r?sidence surveill?e de Saint-S?bastien, le temps d?obtenir un passeport pour Lisbonne. Apr?s cinq semaines ? Lisbonne, il r?ussit ? s?embarquer le 12 d?cembre sur un hydravion et, vraisemblablement apr?s une escale ? Gibraltar, atteindra enfin l?Angleterre le 23 d?cembre. Andr? est alors oblig? de passer par la ? Patrioticschool ?, sorte de centre d?accueil obligatoire pour les ?vad?s du continent, le temps de v?rifier qu?ils n?appartiennent pas ? l?espionnage allemand. Il est ensuite envoy? ? l?h?pital pour soigner son bras puis, ? force de d?marches et aussi gr?ce ? ses relations, parvient ? rentrer ? la R.A.F., le 2 juin 43. Fameux parcours !<br /> Son ?colage de mitrailleur est tr?s rapide et le 23 juillet, il rencontre le futur ?quipage de son Lancaster compos? en majorit? de Canadiens. Le second mitrailleur est cependant un compatriote ! C?est le F/O Charles A.-G Hanchar, quadrag?naire lui-aussi, n? ? Li?ge le 15 d?cembre 1903 et qui a comme Andr? effectu? son service dans l?a?ronautique belge. Directeur commercial d?une teinturerie ? Waterloo, il est mari? et p?re de trois enfants. Il est rappel? en 1939 et, ? la d?claration de la guerre en mai 40, avec son unit?, il rejoint la France puis Oudja au Maroc o? il restera suffisamment de temps pour monter une affaire commerciale de jute ! Par un Fran?ais rencontr? au hasard des routes, il fait savoir ? sa femme qu?il ne rentrera au Pays que lorsque plus un Allemand n?en foulera le sol. Finalement en d?cembre 42, il parvient ? atteindre l?Angleterre<br /> Le pilote est Mc Iver et est ?g? de 31 ans, le radio est le F/Lt Thomas Pleger, l?officier bombardier est le P/O Goodwin. Tous les trois sont Canadiens. Outre nos deux mitrailleurs belges, il y a encore le navigateur, le F/O Wyatt de Bristol et le sergent Russel de Radford. McIver, le pilote commande un Lancaster BMK 11 faisant partie du Squadron 408. L?avion comporte une tourelle ventrale et peut transporter plus de 10.400 kg de bombes et vole ? 430 km/heure ? 5.300 m?tres d?altitude.<br /> Andr? Dulait embarqua pour sa premi?re mission dans la nuit du 30 au 31 mars 44. L?objectif ?tait Nuremberg et ce fut, de toute la guerre, la mission la plus co?teuse pour la R.A.F. Sur 795 avions, 95 ne reviendront pas !<br /> Quelques jours plus tard, dans la nuit du 9/10 avril, notre Lancaster est en mission au-dessus de la gare de triage de Paris. Le 10/11, l?avion est exp?di? au-dessus de Laon mais un moteur droit est d?fectueux. On largue les bombes en mer avant le retour pr?matur? ? la base. Dans la nuit du 22, l?avion est l?un des 596 envoy?s sur D?sseldorf. 29 avions sont perdus ! Dans la nuit du 24 au 25, bombardement sur Karlsruhe, puis deux nuits plus tard, c?est le tour de la Ruhr d??tre bombard?e. Le 8/9 mai, notre Lancaster participe ? un raid, sur la Belgique, avec comme objectif, la gare de Haine-Saint-Pierre. Celle-ci est d?truite mais, malheureusement, une cinquantaine de civils perdent la vie !<br /> Le 10/11 mai, cinq gares sont attaqu?es par 506 avions. Autour de l?une d?entre elle, ? Gand, 43 civils p?rissent dans le bombardement. Le 19/20 mai, c?est le tour des batteries c?ti?res de Merville et Franceville de recevoir la visite de notre Lancaster. Le 24/25, ce sera le tour d?Aix-La-Chapelle puis le 27/28 mai, Bourg-L?opold est attaqu? par331 avions. Suit une longue p?riode de repos pour l??quipage de McIver jusqu?au 12/13 juin 1944, date ? laquelle, les installations ennemies du nord de la France sont attaqu?es par 671 avions. McIver est charg? du bombardement du n?ud ferroviaire de Cambra-Est qui, h?las, ne se trouve?qu?? deux pas de l?a?rodrome allemand abritant le JG-26, l?une des meilleures unit?s de chasse de la Luftwaffe ! Notre Lancaster ??McIver?? va malheureusement ?tre touch? par un chasseur ennemi et va devoir atterrir en catastrophe sur les hauteurs du bourg de Saint-Aubert. Malheureusement, le contact brutal avec le sol va briser le fuselage en deux et ne laisser aucune chance ? l??quipage. Andr? occupant la tourelle arri?re est ?ject?. On ne retrouvera son corps, qu?un mois plus tard, lors de la moisson. Le reste de l??quipage, dont <br /> <br /> <p style="text-align:center"><img src="https://www.freebelgians.be/upload/pilote_raf_015b_freebelgians2_01_2023.jpg" alt="" class="valign_" /><br /> Georges Hanchar, en uniforme de parade pour l?enterrement de la Reine Astrid</p><br /> <br /> Georges Hanchar, a p?ri ? l?avant de l?appareil. Apr?s la guerre, Georges Hanchar fut inhum? dans la pelouse d?honneur d?Evere tandis qu?Andr? Dulait le fut dans le caveau familial au cimeti?re de Mont-sur-Marchiennes. Sur ce dernier, nous disent en 1989, R. Anthoine et J.-Roba dans leur livre, aucune inscription ne mentionnait le sacrifice de l?avocat.<br /> Ainsi se termina l?aventure h?ro?que et tragique de deux officiers de r?serve belges, qui, r?p?tons-le, p?res de famille et ?g?s de plus de plus de quarante ans, ne voulurent point croire ? la d?faite.<br /> Source Article du Dr. Loodts <br /> <a href="https://www.maisondusouvenir.be/pilote_raf.php">https://www.maisondusouvenir.be/pilote_raf.php</a> Sat, 31 Dec 2022 11:13:01 +0100 Roger Malengrau https://www.freebelgians.be/articles/articles-2-227+roger-malengrau.php https://www.freebelgians.be/articles/articles-2-227+roger-malengrau.php <p style="text-align:center"><img src="https://www.freebelgians.be/upload/malengraufreebelgians.jpg" alt="" class="valign_" /></p><br /> <br /> <p style="text-align:justify">Roger Malengrau est né le 1er août 1914. à Bruxelles(Saint-Gilles). <br /> Après ses humanités au collège St Michel, il entre à l’Ecole militaire comme élève de la 80ème promotion Infanterie et Cavalerie.<br /> Le 25 novembre 1936 il est admis élève-pilote de la 77e promotion. Le 26 décembre de la même année, il est nommé sous-lieutenant et rejoint le 11 ème Régiment de Ligne. Le sous-lieutenant Malengrau rejoint en juin 1937 l’Ecole de pilotage et obtient son brevet d’observateur. Ensuite, il commence sa formation de pilote. Le 14 mars 1939 ce jeune et talentueux pilote obtient son brevet militaire et est désigné pour le 2ème Régiment d’Aéronautique.<br /> <br /> Le 1er décembre 1939 il passe à sa demande, en conservant son grade et son ancienneté, à l’Aéronautique militaire.<br /> Le 15 mai 1940 le lieutenant Malengrau passe en France avec son unité. En juin 1940, il quitte la France via Port-Vendres et rejoint l’Angleterre à bord du S.S. Apata. Il rejoint les Forces belges on Grande Bretagne à Tenby. Lorsque Goering déclenche la première phase de la Bataille d’Angleterre, il fait partie des 29 Belges intégrés dans les unités combattantes de la RAF et plus précisément au 87 Squadron du Fighter Command. Le 11 février 1941, un flight belge est créé au sein du Squadron 609. Le lieutenant Malengrau rejoint cette escadrille basée à Biggin Hill au sud de Londres. Le 6 juillet 1941, il est touché et doit se poser en planant dans un champ anglais. Au cours de cette année, il accède au grade de Flying Officer et l’année suivante, il est nommé Flight Lieutenant.<br /> <br /> En novembre 1942, il prend le commandement de la 349 escadrille basée à Ikeja au Nigeria. Sous ses ordres, cette escadrille effectue ses premières missions de surveillance des côtes occidentales africaines.<br /> Le 7 juin 1943, le Flight Lieutenant Malengrau rejoint le 272 Squadron, ensuite le N° 1 RAF Depot.<br /> <br /> De mai 1944 à janvier 1946, il occupe différentes fonctions à l’Inspectorat général de la RAF, à l’Inspectorat de la section belge de la RAF et au Ministère des Affaires étrangères (Belgian Liaison Mission à Berlin). Le 31 janvier 1946 il est détaché au Ministère de l’Air à Londres.<br /> En août 1946, en congé sans solde pour un an, il est mis à la disposition du Ministère des Affaires étrangères. Ensuite, il est admis comme major aviateur dans le cadre de réserve. Le 1er octobre 1966 ayant atteint la limite d’âge, il quitte le cadre de réserve et conserve son grade à titre honorifique.<br /> Le major aviateur Roger Malengrau fera carrière au Ministère des Affaires étrangères, Service diplomatique comme ambassadeur notamment en Chine, en Malaisie, au Chili, au Portugal, au Nigeria, en France ainsi qu’au Congo.<br /> Il décède le 24 mai 1996.<br /> <br /> Sources bibliographiques et iconographiques :<br /> ‘’Vielles tiges de l’aviation belge :<br /> </p> Fri, 30 Sep 2022 13:53:46 +0200