Derniers articles https://www.freebelgians.be Derniers articles (C) 2005-2009 PHPBoost fr PHPBoost Arthur Vanerpoorten, Sénateur,Ministre et déporté politique. https://www.freebelgians.be/articles/articles-3-270+arthur-vanerpoorten-s-nateur-ministre-et-d-port-politique.php https://www.freebelgians.be/articles/articles-3-270+arthur-vanerpoorten-s-nateur-ministre-et-d-port-politique.php <p style="text-align:justify">En ouvrant la séance du 29 mai 1945, le président du Sénat, Robert Gillon, sait que l'ordre du jour lui impose un pénible devoir. Il doit prononcer l'éloge funèbre du sénateur et ministre Arthur Vanderpoorten. Ce collègue a perdu la vie dans le camp de Bergen-Belsen.<br /> </p><br /> <br /> <p style="text-align:center"><img src="https://www.freebelgians.be/upload/2_vanderpoorten_freebelgians_fevrier_2026.jpg" alt="" class="valign_" /></p><br /> <br /> <p style="text-align:justify">Il est indéniable que le défunt était apprécié. Comme le dit Gillon dans son éloge funèbre : « Il fut enlevé à notre affection. Ainsi s'évanouit l'espoir de revoir parmi nous ce collègue courtois. Orateur flamand remarquable, sa disparition est pour ceux dont il défendait l'idéal une perte sensible.<br /> Arthur Vanderpoorten a atteint l'âge de 61 ans et a fait ses preuves dans l'industrie textile, dans le mouvement gymnique et en politique. En tant que sénateur et ministre, il prône un libéralisme aux accents sociaux. Et bien que la cause flamande le touche, il ne veut pas renoncer à l'union belge.<br /> Durant la Seconde Guerre mondiale, Vanderpoorten reste fidèle à son idéal humaniste en dépit de circonstances particulièrement éprouvantes qui le conduisent finalement à la mort, fin tragique d'un parcours mouvementé, émaillé de maintes péripéties politiques, et qui l'amène, tout comme d'autres ministres, à la captivité.<br /> Le 10 mai 1940, lorsque l'Allemagne envahit la Belgique, Arthur Vanderpoorten est en convalescence après avoir subi une intervention chirurgicale. Il se rend néanmoins au Sénat. Depuis quelques mois, il est ministre de l'Intérieur au sein d'un gouvernement d'union nationale dirigé par Hubert Pierlot. Le devoir l'appelle, à l'heure où les institutions du pays et le bien-être de ses citoyens sont mis en péril.<br /> Vanderpoorten vit la campagne des dix-huit jours en première ligne. Les ministres ne parviennent pas à s'entendre avec le roi Léopold III à propos du cours de la guerre. Le souverain, qui est le commandant en chef des armées, veut capituler et partager le sort de ses soldats. Les ministres tentent en vain de le convaincre de quitter le pays pour poursuivre la lutte aux côtés des alliés. Avec ses collègues Hubert Pierlot, Paul-Henri Spaak (Affaires étrangères) et le général Henri Denis (Défense), Vanderpoorten s'entretient une dernière fois avec Léopold III au château de Wijnendale. Il attire spécialement l'attention du roi sur les deux millions de Belges qui ont fui le pays vers la France depuis l'invasion allemande. Qu'adviendra-t-il d'eux lorsque sa décision de capituler parviendra jusqu'en France ?<br /> Le 10 mai 1940, lorsque l'Allemagne envahit la Belgique, Arthur Vanderpoorten est en convalescence après avoir subi une intervention chirurgicale. Il se rend néanmoins au Sénat. Depuis quelques mois, il est ministre de l'Intérieur au sein d'un gouvernement d'union nationale dirigé par Hubert Pierlot. Le devoir l'appelle, à l'heure où les institutions du pays et le bien-être de ses citoyens sont mis en péril.<br /> L'armée belge capitule pourtant peu de temps après. Les 'quatre de Wijnendale' ont entre temps déjà rejoint leurs collègues en France. La capitulation belge suscite la colère de la population et du gouvernement français. Pour éviter des représailles contre les Belges réfugiés en France, le premier ministre Pierlot s'empresse de condamner l'attitude de Léopold III et de le déclarer dans l'impossibilité de régner. C'est Arthur Vanderpoorten qui prononce en néerlandais le discours de Pierlot.<br /> Quelques jours plus tard, les parlementaires belges, réunis à Limoges, adoptent une résolution qui va dans le même sens. Ils se disent solidaires du gouvernement et « flétrissent » la capitulation décidée par Léopold III. Au Sénat, Vanderpoorten estime qu'en tant que membre du gouvernement, il doit s'abstenir.<br /> La France capitule elle aussi en juin 1940. Le gouvernement Pierlot estime alors que pour la Belgique aussi, la bataille est terminée. Les ministres ne sont toutefois plus les bienvenus dans leur patrie. Depuis leur rupture avec Léopold III, leur popularité au sein de la population a fondu comme neige au soleil. Les vitres de l'habitation de Vanderpoorten à Lierre sont même fracassées. Quant à l'occupant allemand, il leur interdit de remettre le pied sur le sol belge .<br /> La partie inoccupée de la France, où les ministres ont trouvé asile, est administrée par le régime de Vichy. Mais ce régime collabore avec l'Allemagne et paralyse en fait les activités du gouvernement belge. Afin de pouvoir développer une certaine action gouvernementale, Pierlot et quelques autres membres de son gouvernement partent donc pour Londres. Huit autres collègues démissionnent et demeurent en France. Vanderpoorten fait partie de ceux-ci et s'établit à Pont-de-Claix près de Grenoble.</p><br /> <br /> <p style="text-align:center"><img src="https://www.freebelgians.be/upload/6_vanderpoorten_pont_de_claix_freebelgians_fevrier_2026.jpg" alt="" class="valign_" /><br /> Arthur Vanderpoorten devant sa résidence à Pont-de-Claix, 1941. Le premier à droite est Léon Matagne</p>.<br /> <br /> <p style="text-align:justify">Au départ, la Belgique n'est pas encore un véritable allié de la Grande-Bretagne. Il ne semble pas encore nécessaire de former un gouvernement élargi en exil. Dans ces circonstances, Vanderpoorten juge être plus utile en restant en France.<br /> En tant que ministre de l'Intérieur et – depuis le départ de son collègue Jaspar à Londres – de la Santé publique, Vanderpoorten se préoccupe beaucoup du sort des quelque deux millions de Belges jetés sur les routes de France. Ils représentent quasiment un quart de la population belge de l'époque. Ils sont aussi au centre des discussions qu'il a avec le président du Sénat Gillon lorsque celui-ci lui rend visite à Pont-de-Claix. Il ne veut pas abandonner les réfugiés belges au bon vouloir des autorités de Vichy.<br /> Dans le courant de 1941, Pierlot juge qu'il n'est plus opportun de faire venir les ministres restés en France. Le régime de Vichy lui aussi fait obstacle au départ des ministres belges. Vanderpoorten et les sept autres ministres font l'objet d'une étroite surveillance et ne sont pas autorisés à quitter le canton local.<br /> Vanderpoorten ne perd pas courage pour autant. « Je ne veux pourtant pas me plaindre! », écrit-il à sa femme et ses enfants à la fin du mois d'août 1941, un an après avoir pris congé d'eux. À la demande du gouvernement Pierlot, il commence à organiser des vacances dans les Alpes françaises pour les enfants belges. Fin 1942, les colonies pour enfants débiles sont déjà bien implantées.<br /> Mais la situation dans la France de Vichy est loin d'être rose pour les ministres. Le 4 janvier 1943, en début de soirée, trois agents de la Gestapo se présentent au Grand Gallet, la résidence de Vanderpoorten à Pont-de-Claix. Il est contraint de les accompagner. « Au revoir, vieux frère, et bon courage », dit-il en guise d'adieu à Léon Matagne. Matagne ne le reverra plus, Vanderpoorten a bel et bien été arrêté.<br /> Après dix jours d'incarcération à Lyon, Vanderpoorten est transféré à la prison de Fresnes, près de Paris, destinée aux personnes accusées de 'crimes politiques'. On lui reproche ses contacts avec le gouvernement Pierlot et avec les services de renseignement belges. Selon toute vraisemblance, l'aide qu'il apporte aux réfugiés belges désireux de gagner la Grande-Bretagne en passant par les Pyrénées joue également un rôle.<br /> Le roi Léopold III est rapidement informé de l'arrestation de Vanderpoorten. Grâce à une intervention humanitaire, l'épouse de Vanderpoorten est autorisée à le rencontrer une dernière fois. Ils peuvent se voir pendant 25 minutes. Il embrasse son épouse à travers les barreaux, en présence d'un infirmier allemand.<br /> En septembre 1943, Vanderpoorten est intégré dans un convoi après un passage par les cellules de la police de Francfort. Sa destination est Sachsenhausen, un camp de concentration situé au nord de Berlin. Le cabinet du roi Léopold III a vent de la déportation et insiste à nouveau pour que des démarches soient entreprises.<br /> À Sachsenhausen, Vanderpoorten devient le numéro 71.693, un numéro qui est en outre suivi de la funeste abréviation « NN ». Le ministre est considéré comme un prisonnier « Nacht und Nebel ». Il disparaît dans la nuit et le brouillard et sa famille et ses amis ne peuvent plus jamais recevoir de ses nouvelles.<br /> À son arrivée dans le camp, il passe les premières semaines en isolement, privé de tout contact avec les autres détenus. Les nombreuses privations affaiblissent son organisme et lui valent de séjourner plusieurs mois à l'hôpital. Dès qu'il reprend des forces, Vanderpoorten est employé comme Hilfsarbeiter. Spécialiste de la branche textile, il est contraint de couper plusieurs mètres de tissu par jour et d'emballer des tapis. Il effectue en outre des travaux domestiques pour le chef d'équipe qui était un criminel de profession.<br /> La vie au camp est une épreuve autant mentale que physique. Lorsque sa santé fragile l'oblige à garder longtemps le lit, il est humilié par les Blockältesten, les prisonniers chargés par les SS de surveiller l'infirmerie. Ils refusent de lui accorder un lit dans l'encoignure qui l'aurait mis à l'abri des courants d'air et des allées et venues. Il est également témoin d'expérimentations médicales. De jeunes détenus sont choisis comme cobayes et placés dans une pièce séparée où ils sont privés de nourriture et ne reçoivent que des médicaments ou des injections. Leurs cris atroces sont audibles jusque dans l'infirmerie où se trouvent Vanderpoorten et ses compagnons de détention.<br /> Pressée par l'avancée de l'Armée rouge, la SS commence à évacuer les baraques au printemps de 1945. Tout comme des milliers d'autres prisonniers qui n'ont plus la force de travailler, Vanderpoorten est transféré au camp de Bergen-Belsen.<br /> Il y entre en février 1945, le mois où Anne Frank et sa sœur Margot y perdent la vie. Bergen-Belsen est destiné à accueillir les malades et mourants provenant d'autres camps. Les soins médicaux y sont inexistants et les prisonniers sont abandonnés à leur sort. Ils sont généralement privés de nourriture, de couvertures ou de chauffage; une épidémie de typhus y fait des ravages. Jamais autant de prisonniers ne périront de maladie, de faim et d'épuisement qu'en mars 1945 à Bergen-Belsen, sous le regard indifférent des gardiens SS.<br /> Bien qu'extrêmement affaibli, Vanderpoorten veut remonter le moral de ses compagnons de détention en renouant avec un ancien hobby. Il leur fait faire des exercices de gymnastique. Mais le typhus et la dysenterie ont finalement raison de lui. Après quatre jours de fièvre de plus en plus forte, Arthur Vanderpoorten rend son dernier souffle le 3 avril 1945. Ses dernières paroles furent : « Tout ce que j'ai fait, je l'ai fait pour ma patrie. Embrassez ma femme et mes enfants. »<br /> <br /> <strong>Sources bibliographies et iconographiques.: Sénat de Belgique et Cegesoma/archives de l’état</strong></p> Sat, 31 Jan 2026 17:20:56 +0100 Quelques aspects de la Résistance dans l’Ouest du Brabant-Wallon pendant la SGM https://www.freebelgians.be/articles/articles-3-266+quelques-aspects-de-la-r-sistance-dans-l-ouest-du-brabant-wallon-pendant-la-sgm.php https://www.freebelgians.be/articles/articles-3-266+quelques-aspects-de-la-r-sistance-dans-l-ouest-du-brabant-wallon-pendant-la-sgm.php <p style="text-align:justify">Évoquer la résistance reste une tâche extrêmement ardue, de part son caractère secret bien sûr, mais aussi en raison de certains abus qui ont existé et de la difficulté qui en découle de faire aujourd’hui objectivement la part des choses. A cela s’ajoute que les groupes de résistants couvraient un territoire qui dépassait largement le cadre des anciennes communes et que les frontières entre ces différents groupes étaient souvent assez perméables.<br /> Comme ailleurs, la résistance fut fort active à Tubize et dans les environs. Entrer dans la clandestinité était très contraignant. Il fallait trouver des véhicules et des vélos pour les déplacements, constituer des dépôt d’armes, se procurer des faux papiers d’identité ou des faux permis de travail, se procurer des vivres, de l’argent et des logements. La vie dans le maquis était donc particulièrement éprouvante pour les hommes qui s’étaient levés contre l’occupant</p><br /> <br /> <p style="text-align:center"><img src="https://www.freebelgians.be/upload/charles_mahieufreebelgians_octobre_2025.jpg" alt="" class="valign_" /></p><br /> <p style="text-align:center">Charles Mahieu</p><br /> <br /> <p style="text-align:justify">A Tubize, on cite le groupe G, spécialisé dans le sabotage par explosifs. Ses animateurs étaient Charles Mahieu, ancien sous-officier du Génie et <br /> spécialiste des explosifs. Dès 1940, avec Désiré Ferier, il constitua un dépôt d’armes et d’explosifs à la ferme Tramasure, chaussée de Bruxelles. A leur actif on doit notamment une action spectaculaire en 1943 à Clabecq sur le Canal qui mis le bief à sec durant plusieurs jours. Cet exemple fut suivi par d’autres groupes de la résistance dans la région. Le Brabant wallon avait été jumelé avec Braine-le-Comte où le responsable était Adolphe Chaboteau (également P.A.). Il était secondé par René Hanquet, responsable du BW. Le groupe de Braine-le-Comte comptait une soixantaine de personnes et travailla plusieurs fois en liaison avec les P.A. (Partisans Armés) et l’A.S. (Armée Secrète).<br /> L’Armée Secrète, avec les refuges Ours (Halle) et Furet (Virginal), disposait de nombreux éléments à Tubize et dans les villages environnants.<br /> Du côté d’Ittre on avait, outre l’A.S., commandée par Fernand Van Vaerenberg, le groupe NOLA qui était très actif dans la région. Il était commandé par Henri Heffinckx et a à son actif plus de 500 sabotages. C’est en voulant secourir les hommes du groupe NOLA engagés dans une escarmouche avec des Allemands en fuite que trois soldats anglais furent tués à Clabecq.<br /> Les résistants qui firent le plus parler d’eux à Tubize et dans les communes avoisinantes appartenaient à la nébuleuse du F.I. (Front de l’Indépendance) et ses Milices Patriotiques, et des P.A., en particulier du corps 023 secteur de Tubize. En principe le cloisonnement entre les différents groupes était de règle, mais ce ne fut pas vraiment le cas dans la région. Et il n’était pas rare qu’une même personne ait agi pour le compte du F.I. ou des P.A., voire même de l’A.S.<br /> A Tubize, le groupe « L’Espoir » des Milices Patriotiques du F.I., composé d’une bonne soixantaine de personnes, s’illustra par l’impression et la diffusion de journaux clandestins, le dépôt et le transport d’armes et d’explosifs, la collecte de renseignements militaires et sur la production industrielle de la région, le sabotage dans les usines, etc.<br /> Le corps 023 des P.A. était actif dans un secteur qui couvrait une vingtaine de commune depuis Braine-le-Comte jusqu’à Tubize. Son effectif se montait à quelques 125 personnes, dont une vingtaine de « durs » pour les missions spéciales. A sa tête, on trouvait le commandant Claude (Emile Boucher de son vrai nom).<br /> Parmi les faits d’armes habituels de la résistance, il faut bien sûr citer les sabotages ; mais aussi la diffusion de la presse clandestine ; le vol (simulé) des Registres d’État Civil dans les différentes administrations communales ; les réquisitions d’armes auprès des gardes champêtres et des gendarmes ; les réquisitions d’argent dans les grosses entreprises de la région (Carrières de Quenast, Forges de Clabecq, Fabelta) et les bureaux de poste pour financer la résistance et aider les réfractaires ; le vol (simulé) de timbres de ravitaillement, de cartes d’identité, de permis de travail ; la dissimulation de réfractaires ; le sauvetages d’aviateurs abattus au-dessus de la région, …<br /> De nombreuses femmes, généralement fort jeunes, participèrent à cet effort de guerre, souvent comme estafettes. Elles passaient les courriers entre les groupes de résistants et les ordres de missions aux hommes qui avaient pris le maquis.<br /> Des explosifs étaient discrètement subtilisés aux Carrières de Quenast et servirent aux nombreux sabotages.<br /> Les résistants eurent aussi à payer un lourd tribut. Les actions qu’ils menèrent n’étaient pas sans danger et plusieurs d’entre eux en firent les frais. Certains furent dénoncés, arrêtés par les Allemands, déportés ou exécutés ; d’autres sont tombés au cours de leurs missions. Le début du mois de septembre 1944 fut particulièrement meurtrier. Des accrochages entre résistants et les troupes allemandes en déroute eurent lieu à Ittre, à Rebecq, à Saintes. A chaque fois, il y eut des victimes à déplorer.<br /> <br /> Source : Musée de la Porte. (Tubize)</p> Tue, 30 Sep 2025 09:46:01 +0200 la Résistance payait un lourd tribut à la libération de la Belgique https://www.freebelgians.be/articles/articles-3-264+la-r-sistance-payait-un-lourd-tribut-la-lib-ration-de-la-belgique.php https://www.freebelgians.be/articles/articles-3-264+la-r-sistance-payait-un-lourd-tribut-la-lib-ration-de-la-belgique.php <p style="text-align:justify">La Résistance a joué un rôle important dans la libération de la Belgique, soutenant de diverses manières l'avancée des Alliés. Mais le prix à payer fut élevé.<br /> Ceci est une contribution de Fabrice Maerten , chercheur associé au CEGESOMA et spécialiste de l'histoire de la Résistance en Belgique pendant la Seconde Guerre mondiale. Traduction et édition par Jan Ouvry.<br /> Le 5 septembre 1944, à Wodecq, un village près de Renaix, juste de l'autre côté de la frontière linguistique, cinq jeunes résistants gisent morts, exécutés par les troupes allemandes, après une bataille au cours de laquelle seize résistants avaient déjà été tués. L'un des exécutés échappe à la mort ; outre les vingt résistants, deux civils sont également tués. Les Allemands ne subissent que peu de pertes et se rendent aux Britanniques l'après-midi même. Wodecq est l'un des nombreux drames de résistance, plus ou moins importants, qui se déroulent lors de la libération de la Belgique.<br /> Les Alliés conquirent la majeure partie de la Belgique entre le 2 et le 14 septembre 1944. Leur avancée rapide fut en grande partie due au retrait volontaire de l'armée allemande désemparée derrière la ligne Siegfried, juste de l'autre côté de la frontière allemande, et, à la frontière néerlandaise, derrière le canal Albert et le long de l'estuaire de l'Escaut. La résistance contribua également à la libération de tout le pays, souvent au prix de lourdes pertes, avant, pendant et après la percée alliée.<br /> À partir du 29 août, de petites unités de l'Armée secrète, appuyées par des parachutistes de la compagnie belge du Special Air Service britannique, entrèrent en action. Dans les Ardennes, elles attaquèrent des éléments isolés de l'armée allemande. À partir du 2 septembre, cette guérilla s'intensifia dans les régions boisées du sud de la Belgique et s'étendit au reste du pays.<br /> Au nord de la Sambre-et-Meuse, en revanche, la tâche est beaucoup plus difficile, car les troupes allemandes sont plus nombreuses et la résistance moins armée. L'Armée secrète, formée dans les milieux militaires à l'automne 1940, est la principale force menant cette guérilla. Ce groupe dispose du plus grand nombre d'hommes, est le plus largement réparti sur tout le territoire et possède plus d'armes que la douzaine d'autres mouvements de résistance actifs en septembre 1944.<br /> Le coût de la libération dépend du terrain et de la durée de la libération. Près de la frontière française, entre Tournai et Chimay, et vers Bruxelles et Anvers, la progression est très rapide, tandis que dans les Ardennes, le Pays de Waes, la Campine et le Limbourg, elle est beaucoup plus longue. Les pertes sont donc particulièrement élevées dans l'est et le nord du pays.<br /> En général, les résistants sont prudents, conscients que l'ennemi est mieux armé et que des représailles contre les civils pourraient s'ensuivre. Mais il arrive que les choses tournent mal, notamment lorsque l'Armée secrète rassemble des groupes plus importants de combattants dans ses repaires ruraux.<br /> Le massacre de Forêt-Trooz, près de Liège, illustre tragiquement les risques. Le 5 septembre, quelque 500 résistants, dont beaucoup étaient très jeunes et sans expérience militaire, se sont rassemblés dans le village. Certains ont attaqué sans ménagement des unités allemandes isolées, cherchant à s'emparer de leurs véhicules ou de leurs armes. L'ennemi a riposté et a pris d'assaut une ferme où une centaine d'hommes étaient rassemblés, mais manquaient d'armes. L'affrontement a coûté la vie à cinq résistants et à plusieurs Allemands. Au lieu de partir comme ordonné, une centaine d'hommes désarmés retournèrent à la ferme, où restaient quelques hommes armés. Au lever du jour, le 6 septembre, ils furent surpris par une unité allemande de 300 hommes. Après un combat inégal, les Allemands incendièrent la ferme, laissant derrière eux 36 corps de résistants, tués au combat ou fusillés par la suite. D'autres résistants furent emmenés à la citadelle de Liège : 22 ou 23 d'entre eux furent exécutés ce soir-là. Au total, la tragédie coûta la vie à 63 ou 64 patriotes.</p><br /> <br /> <p style="text-align:center"><img src="https://www.freebelgians.be/upload/resitantfreebelians_sept_2025.jpg" alt="" class="valign_" /><br /> Plusieurs résistants escortent un groupe de prisonniers de guerre allemands à Chapelle-à-Wattines, près de Leuze, le 3 septembre 1944. Cinq résistants avaient été fusillés par les Allemands peu de temps auparavant, sans jugement, et trois autres furent tués lors des combats qui précédèrent leur reddition. Leurs camarades cherchèrent à se venger, mais les Britanniques intervinrent et déportèrent les prisonniers de guerre (collection IWM).</p><br /> <br /> <p style="text-align:justify">La résistance et les civils subirent de lourdes pertes juste avant ou dès l'arrivée des Alliés, mais l'armée allemande en retraite en subit également. Les résistants neutralisèrent des centaines, voire des milliers, de soldats allemands et détruisirent un matériel considérable. Ils empêchèrent la destruction d'une vingtaine de ponts stratégiques, dont ceux d'Alost, de Charleroi, de Huy, de Kampenhout, de Namur, de Nieuport et de Termonde. La résistance contribua à ce que les ports d'Anvers, de Zeebruges, de Gand et de Nieuport tombent presque intacts aux mains des Alliés. Enfin, elle libéra de nombreux villages et villes, déjà presque entièrement abandonnés par les forces d'occupation. Les actions de la résistance incitèrent certainement les troupes du Reich à ne pas rester plus longtemps que nécessaire dans un environnement aussi manifestement hostile.<br /> Les résistants sont également extrêmement précieux lors de la percée alliée. Ils informent et guident les troupes blindées, leur faisant gagner du temps en leur faisant passer des ponts intacts et en les guidant autour des positions allemandes. Cela est généralement de courte durée, car les Alliés progressent généralement rapidement.<br /> Hormis la libération d'Anvers, de l'estuaire de l'Escaut et de la Campine, il n'existe que deux régions du pays où les combats entre Alliés et Allemands durent plusieurs jours et où la résistance peut apporter une plus grande contribution. <br /> À la mi-septembre, dans la plupart des régions, la résistance n'assurait plus de tâches strictement militaires, si ce n'est la surveillance des prisonniers de guerre et des ponts. Depuis fin août, elle avait capturé quelque 20 000 soldats allemands et tué ou blessé plusieurs milliers d'autres. Non sans difficultés, un millier de résistants avaient péri. Moins, mais pas beaucoup moins, que les 2 000 à 3 000 morts des troupes alliées. Ces dernières ont joué un rôle essentiel dans la libération de la Belgique, mais le rôle et, surtout, les sacrifices des résistants ne doivent pas être sous-estimés.<br /> Source :<br /> <a href="https://www.vrt.be/vrtnws/nl/drafts/jan-ouvry/75-jaar-geleden-het-verzet-bevrijdt-belgie-aan-de-zijde-van-de/">https://www.vrt.be/vrtnws/nl/drafts/jan-ouvry/75-jaar-geleden-het-verzet-bevrijdt-belgie-aan-de-zijde-van-de/</a><br /> </p> Sat, 30 Aug 2025 11:02:01 +0200 Marcel Levaux, résistant et déporté https://www.freebelgians.be/articles/articles-3-257+marcel-levaux-r-sistant-et-d-port.php https://www.freebelgians.be/articles/articles-3-257+marcel-levaux-r-sistant-et-d-port.php Marcel Levaux, est né à Fouron-le-Comte le 29 juin 1926 <br /> <br /> <p style="text-align:center"><img src="https://www.freebelgians.be/upload/marcel_levaux_freebelians_02_2025.jpg" alt="" class="valign_" /><br /> Marcel avant son arrestation.</p><br /> <br /> <p style="text-align:justify">Vers la fin de l'année 1941, âgé de 15 ans à peine, Marcel s'engage dans la résistance. Il est commandé par Léon Douin, cafetier à Visé, Mr Comblain, cantonnier et Joseph Debor, commerçant ; tous deux de Haccourt.<br /> Ce groupe s'occupe spécialement du rapatriement des prisonniers de guerre français évadés d'Allemagne.<br /> Suspecté par les allemands, Marcel Levaux décide de quitter la Belgique pour rejoindre les forces belges en Grande-Bretagne. Avec l'autorisation de ses chefs, il emprunte la filière des prisonniers français évadés, et se rend dans un commissariat de police à Paris qui a été prévenu de son arrivée.<br /> Pris en charge par la résistance française, dissimulé avec d'autres compagnons dans un wagon de chemin de fer, chargé de bottes de paille, il est transféré jusque Lyon. Après la traversée de la ligne de démarcation, il est hébergé dans un camp de réfugiés.<br /> Après un mois d'attente, impatient d'arriver à destination, il reprend la route, traverse le midi pour arriver quelques jours après à la frontière espagnole qu'il tente de traverser, mais il est refoulé en France.<br /> Pour survivre, il travaille dans les fermes de la région de Saint-Nectaire.<br /> Vers le mois de juillet 1942, quand la police du gouvernement de Vichy s'intéressa aux étrangers, Marcel entre dans la résistance à Bandordange, le groupe du maquis du Vivanson, jusqu'au mois d'octobre 1943.<br /> Suite à la dissolution de ce groupe, il passe sous les ordres du capitaine Duranton, de son vrai nom Marius Piregne, commandant du groupe ‘’les maquis d'Auvergne des forces françaises de l'intérieur’’ situé au Puy de Dôme.<br /> Son travail consiste, malgré son jeune âge, à ravitailler le groupe. Il est constamment en rapport avec Monsieur le Maire Pradel qui lui fournit les cartes d'identité et timbres de ravitaillement destinés aux maquisards.<br /> Pendant la nuit du 22 février 1944, alors qu'il logeait chez Monsieur Coulongon, un résistant agent de renseignements, la police fait irruption et après une perquisition minutieuse (prise d'armes), ils sont arrêtés et internés à la prison de Guéret. (Coulongon est décédé au camp de Mauthausen).<br /> Transférés à la prison de Limoge pour passer en jugement, ils sont condamnés par le gouvernement de Vichy à 15 ans de travaux forcés et à l'internement politique après la peine.<br /> Marcel est incarcéré à la prison d'Eysses près de Villeneuve dans le Lot et Garonne, une centrale réservée aux détenus politiques et sous contrôle du gouvernement de Vichy.<br /> C'est alors que les détenus ont tenté vainement une évasion en masse et les instigateurs de cette révolte ont été condamnés à mort et fusillés. Après cette tentative ratée, tous les détenus politiques sont livrés aux SS pour être dirigés sur le camp de Compiègne où Marcel est resté jusque fin 1944.<br /> La déportation à Dachau est terrible. Le convoi, dans lequel se trouve Marcel Levaux et qu'on peut appeler « Convoi de la mort » s'effectue dans des wagons à bestiaux prévus pour 40 hommes. Ils sont entassés à plus de 110 dans un wagon. Le voyage durera plusieurs jours et beaucoup ne résisteront pas à la soif et à l'asphyxie.<br /> C'est le 29 juin 1944, qu'il passe ses dix-huit ans à Dachau (son matricule à Dachau est 73673) et cette journée a été affreusement triste, loin de sa famille et de ses amis.<br /> Après environ 40 jours de privations, souffrances et maladies, un nouveau départ est prévu pour Mauthausen en Autriche, un camp réputé redoutable. (son matricule à Mauthausen est 86831)<br /> Dans ce camp, un travail de forçat est imposé aux détenus et les conditions de travail sont telles que ceux qui y entrent n'ont pour ainsi dire aucune chance d'en sortir.<br /> Marcel a travaillé plusieurs jours dans des conditions épouvantables à la construction du grand escalier (186 marches) de la carrière de Mauthausen. Les détenus recevaient des coups de crosses à tout moment de la part des gardes SS. C'est là qu'il a été assommé d'un coup de crosse sur la tête et ramené au camp par des camarades français. Il est ensuite transféré dans un commando extérieur « Linz III » où il travaille dans une usine d'armement Herman Goering où l'on construit des panzers.<br /> A la suite d'un bombardement aérien par les alliés, il est grièvement blessé à la tête par une traverse du toit qui l'abritait. Son ami français Christian Lepenant est également blessé. Charles Bon, un troisième compagnon parvient à le dégager et à le sortir de cette fâcheuse situation. C'est ce qui le sauva. Il y eut de nombreux morts ce jour-là.<br /> Quelques jours après, le 5 mai 1945, Marcel est libéré avec ses compagnons par les russes et les américains car c'est près de Mauthausen que la jonction a eu lieu. Quand il rentre au pays pour retrouver sa famille, il pèse encore 39 kilos.<br /> Source : Extrait de l’article de M. G. Van Bilzen sur le site:<br /> <a href="https://www.maisondusouvenir.be/marcel_levaux.php">https://www.maisondusouvenir.be/marcel_levaux.php</a><br /> </p> Fri, 31 Jan 2025 18:54:59 +0100 Alphonse Bougard, un abbé dans la Résisntance belge https://www.freebelgians.be/articles/articles-3-256+alphonse-bougard-un-abb-dans-la-r-sisntance-belge.php https://www.freebelgians.be/articles/articles-3-256+alphonse-bougard-un-abb-dans-la-r-sisntance-belge.php <p style="text-align:center"><img src="https://www.freebelgians.be/upload/bougard_freebelgians_janvier_2025.jpg" alt="" class="valign_" /><br /> Alphonse Bougard en uniforme d’aumonier de l’Armée Belge.</p><br /> <br /> Alphonse Ferdinand Bougard naît le 15 juillet 1900, à Carnières, dans une famille ouvrière. Après ses études à Morlanwelz, La Louvière et Rèves, il part à l’étranger, terminant ses humanités à Fribourg, puis à La Rochelle, chez les marianistes. Il entre ensuite au Petit séminaire de Bonne-Espérance puis au Grand séminaire de Tournai, accédant ainsi à la prêtrise en 1927. Cinq ans plus tard, il devient vicaire à Pâturages, au sud-ouest de Mons. Proche des fidèles, il s’efforce d’aider tous ceux qui sont dans le besoin. À titre d’exemple, en mai 1934, il est parmi les premiers à porter secours aux victimes de deux coups de grisou successifs au charbonnage du Fief de Lambrechies.<br /> À l’âge de 35 ans, il est ordonné vicaire de l’église Saint-Lambert de Courcelles. Outre ses activités sacerdotales, il enseigne la religion à l’École moyenne des filles de Trazegnies, à l’ouest de Courcelles. Fidèle à son tempérament, on le dit proche de tous, notamment des plus âgés.<br /> Lors de la campagne des 18 jours, il est mobilisé en tant qu’aumônier militaire au sein du 5e Régiment de chasseurs à pied. Touché aux reins par un projectile allemand, il est contraint de revenir dans sa paroisse à Courcelles. Son église sera le point de départ de son activité dans la résistance.<br /> Opposé à l’occupant, l’abbé Bougard entre dans la résistance dès le lendemain de la capitulation belge. Il est ainsi à l’initiative de la distribution de la première équipe courcelloise de La Libre Belgique (Peter Pan), tout en participant à la diffusion du Patriote et de L’Union belge. Témoignage de son investissement, il s’engage dans plusieurs organisations. En 1941, il rejoint la section Main blanche de la Légion belge et, plus tard, il intègre le Front de l’Indépendance (FI). Il est principalement connu pour avoir contribué à la création de la composante locale du Mouvement national belge (MNB), dont il est désigné chef de brigade en octobre 1942.<br /> Alphonse Bougard n’est pas seulement actif dans la presse clandestine. Il recrute aussi des membres pour les organisations de lutte face à l’occupant, tout en apportant son aide aux résistants. C’est ainsi qu’avec le concours de l’administration communale, il fabrique de faux documents, tels que des cartes d’identité et de ravitaillement, et fournit de fausses domiciliations. Il participe également au détournement de timbres de ravitaillement. Ce matériel est ensuite transmis aux personnes vivant dans l’illégalité : des résistants mais aussi des Juifs et des réfractaires au travail obligatoire.<br /> Le lieu même de son activité culturelle profite à la résistance, puisqu’il met son église à la disposition des Partisans armés et des membres du MNB qui y entreposent des armes et de la dynamite, récupérée dans les charbonnages des alentours. Ce matériel permettra aux résistants d’effectuer divers sabotages dans et en dehors de Courcelles. Une telle collaboration entre les Partisans armés, par essence communistes, et un catholique est particulièrement rare. En fait, les activités de Bougard se démarquent clairement des profils généralement rencontrés parmi les clercs résistants belges durant la Seconde Guerre mondiale.<br /> Les actions des Partisans armés à l’encontre des collaborateurs à partir de mars 1942 provoquent un durcissement de la répression, davantage encore après l’assassinat du bourgmestre rexiste du Grand Charleroi, Prosper Teughels, par le groupe de Victor Thonet, le 19 novembre 1942. Dans la foulée, Désiré Paquet est arrêté le 21 décembre 1942. Interrogé, il livre des renseignements qui conduisent à l’arrestation de dizaines de résistants de la région de Charleroi, dont treize Courcellois, entre décembre 1942 et avril 1943. En fait, l’homme qui travaillait avant-guerre pour la gendarmerie comme informateur des milieux communistes de Charleroi et de la Basse-Sambre, se met au service des Allemands. Il est responsable de très nombreuses arrestations. Dans ce cadre, l’agent de police de Courcelles François Druine, affilié au FI et au MNB, est appréhendé le 30 décembre à Tamines. Dans les jours qui suivent, plusieurs résistants courcellois issus de ces groupements et en relation avec les résistants arrêtés sont appréhendés par les autorités allemandes. Ainsi, le 11 février 1943, du fait de ses affiliations et contacts, l’abbé Alphonse Bougard est privé de liberté. Il est incarcéré à Breendonk avant d’être, à l’instar de la moitié des résistants courcellois arrêtés, déporté en Allemagne. Il transite ainsi par le camp d’Esterwegen puis intègre celui de Gross-Rosen. En 1944, l’abbé contracte un phlegmon au doigt. L’infection bactérienne, non traitée, finit par l’emporter le 20 novembre 1944.<br /> Source : Extrait de l’article de M. Romain Vermeersch<br /> <a href="https://www.belgiumwwii.be/belgique-en-guerre/personnalites/bougard-alphonse.html">https://www.belgiumwwii.be/belgique-en-guerre/personnalites/bougard-alphonse.html</a> Mon, 30 Dec 2024 13:51:01 +0100 Fernand Francou, Industriel et Résistant https://www.freebelgians.be/articles/articles-3-255+fernand-francou-industriel-et-r-sistant.php https://www.freebelgians.be/articles/articles-3-255+fernand-francou-industriel-et-r-sistant.php <p style="text-align:center"><img src="https://www.freebelgians.be/upload/freebelgians_fernand_francou_decembre_2024.jpg" alt="" class="valign_" /><br /> Fernand Francou avant guerre.<br /> Né à Marcinelle le 26 février 1883.<br /> Décapité à Wolfenbüttel le 29 novembre 1943.</p><br /> <br /> <br /> <p style="text-align:justify">Fernand FRANCOU, un stoïque qui ne recherchait pas les honneurs, bien loin de là, mais qui accomplissait simplement son devoir. Rien, pourtant, ne l'y obligeait, hormis les élans de sa grande âme, brûlant de patriotisme. Il n'était plus, en effet, à l'âge où le péril offre quelque attrait. Le danger est exaltant pour la jeunesse aventureuse. Pour lui, réfléchi, posé, pondéré, il pouvait s'abstenir. Il pouvait, comme d'autres, tant d'autres, attendre que finissent les années de misère. D'autres ont attendu, serrant douloureusement les poings,, mais vaincus.<br /> Fernand FRANCOU était d'une autre trempe. A cet homme, cet homme de petite taille, mais au grand cœur, il fallait de l'action. Et quelle action !<br /> L'autre guerre l'avait vu sur la brèche. Agent de l' ‘’Intelligence Service’’ et près d'avoir à payer de sa vie un patriotisme efficient, il n'avait dû son salut qu'à l'armistice de 1918.<br /> Sans une hésitation, en 1940, il se remet à l'œuvre, un tumulte dans le cœur, dans ce cœur noble que le désastre n’a, pas abattu mais qui s'est cabré, farouche. Ne recommande-t-il pas à son épouse de n'entreprendre aucune démarche s'il était un jour arrêté, ne voulant rien devoir à ces gens-là !<br /> Il recommence donc. Oh ! rien de bien sensationnel au début : de la résistance personnelle. En octobre 40, il est agent de renseignements et d'action, puis membre du Service Zéro ; la presse clandestine a ses faveurs.<br /> Mais que ce soit dans l'une ou l'autre de ses périlleuses missions, Fernand FRANCOU, homme d'affaires à l'aspect bourgeois et paisible, travaille avec le même cœur. Pas d'esbroufe chez lui. Pas d'éclat. Rien de spectaculaire. Mais le modeste accomplissement d'un labeur acharné pour la bonne cause en laquelle il a placé ses espoirs.<br /> Jusqu'au jour où la Gestapo vint mettre un terme à sa vaillante activité. C'est le 9 juillet 1942 qu'il fut arrêté à son domicile au cours d'une de ces classiques descentes de la soldatesque hargneuse.<br /> Emprisonné à Charleroi et Saint-Gilles, il est transféré en décembre 42 en Allemagne pour y être jugé sous l'inculpation d'espionnage et de distribution de tracts antiallemands.<br /> Il a connu les camps, les prisons de Bochum, Wüppertal, Esterwegen et Wolfenbüttel ; condamné à mort le 15 octobre 1943, il fut décapité le 29 novembre 1943.<br /> On sait quelle force de caractère il fallait pour supporter les mauvais traitements infligés avec leur raffinement de cruauté. Fernand FRANCOU n'eut point de défaillance. Au contraire, plusieurs témoins ont rapporté, qu'en toute occasion, il soutenait ses compagnons d'infortune momentanément découragés, les réconfortant d'un mot bienveillant, d'un sourire, dune parole d'espoir, d'un geste viril, relevant, lui, sexagénaire, le moral de jeunes codétenus qui, à certaines heures, éprouvaient quelque compréhensible lassitude.<br /> Un religieux, qui a vécu la vie horrible du bagne nazi, déclare : « Les contacts trop rares que j'ai eus avec M. FRANCOU m'ont fourni la conviction qu'il était un homme foncièrement croyant, ayant une conception très haute de la vie chrétienne, et qu'il puisait dans cette même foi le courage et l'énergie nécessaires pour supporter généreusement la vie d'épreuves que nous menions au camp. »<br /> Tenace au milieu des souffrances, Fernand FRANCOU, exécuté, n'a pas été vaincu. Comme ils n'ont pas été vaincus ses frères martyrs, frères d'espoir et de douleur, frappés comme lui en terre hostile.<br /> Source : Article provenant du journal ‘’Cœurs Belges’’ du 1er Mars 1948 et mis en ligne par la ‘’Maison du Souvenir’’<br /> <a href="https://www.maisondusouvenir.be/fernand_francou.php">https://www.maisondusouvenir.be/fernand_francou.php</a></p> Fri, 29 Nov 2024 17:13:45 +0100 Passeurs héroïques de Gemmenich et Moresnet https://www.freebelgians.be/articles/articles-3-252+passeurs-h-roiques-de-gemmenich-et-moresnet.php https://www.freebelgians.be/articles/articles-3-252+passeurs-h-roiques-de-gemmenich-et-moresnet.php <p style="text-align:center"><img src="https://www.freebelgians.be/upload/freebelgiansmoresnet1.jpg" alt="" class="valign_" /><br /> Vue des domiciles des passeurs du village de plombières (Gemmenich et Moresnet)</p><br /> <br /> <strong>Völkerich </strong><br /> <br /> La 1ère communauté d’une dizaine de frères franciscains fut installée au couvent de Völkerich en 1900. Avant ce déménagement, ceux-ci avaient résidé au monastère de Bleyerheide à Kerkrade aux Pays-Bas. L’âge de ces frères variait de 22 à 53 ans et leurs nationalités étaient diverses. Etant prévu pour y enseigner, le couvent hébergea d’abord un internat de 33 élèves, puis une école secondaire de 85 pensionnaires, ce nombre s’élevant à 120 avant la 1ère guerre mondiale. Après celle-ci, les frères s’occupèrent d’orphelins. 30 à 70 enfants y trouvèrent un toit et une atmosphère familiale. Suite à une convention avec la J.O.C. (Jeunesse Ouvrière Chrétienne), les frères hébergèrent des jeunes ouvriers malades qui étaient en convalescence. Au début de la Seconde Guerre mondiale, des civils s’installèrent au monastère. Suite au bombardement du monastère des frères franciscains d’Aix-la-Chapelle en 1942, tous les pensionnaires du couvent bombardé, c’étaient des orphelins, furent transférés à Völkerich. Völkerich était aussi un lieu d’échange avec la ‘’ Heinrichskapelle ‘’, il y eut donc un déménagement vers Henri-Chapelle, au Château de Ruyff. Le couvent de Völkerich était indépendant car les moines possédaient toutes sortes d’animaux (vaches, lapins, porcs, veaux, poules et un cheval pour le travail des champs). S’ils devaient acheter quelque chose, ils le finançaient grâce à la vente de produits agricoles. Les enfants hébergés au couvent étaient des enfants dont les parents avaient été emmenés dans des camps de concentration pour des raisons raciales, politiques, ou encore pour cause de malformations physiques donc des personnes dont les vies étaient sans valeur pour les nazis. Les juifs obligés d’aller à l’école, allaient à Gemmenich, école dirigée par un professeur nazi<br /> <br /> <strong>Famille Aldenhoff </strong><br /> <br /> M.Aldenhoff et son épouse Mme Anna Löhrer cachaient généralement des enfants, en provenance d’Allemagne, souvent des juifs. Ceux-ci étaient envoyés par des couvents d’Allemagne en difficulté, ou encore quand il y avait un problème entre les passeurs. Alors, M. Aldenhoff, boulanger, cachait les enfants au-dessus du four, derrière les sacs de farine stockés à cet endroit. Et cette fois-ci encore, il n’y avait pas de noms cités, afin de garantir la sécurité des enfants. Ensuite, ces enfants allaient souvent à Völkerich<br /> Netty Dütz <br /> Elle naquit le 28 août 1919 dans une famille pauvre de Gemmenich. Elle grandit avec des récits de la première guerre mondiale. Depuis toujours, elle voulait ressembler à la Bruxelloise « Gabrielle Petit », héroïne nationale de la première guerre mondiale. Lors de l’invasion en 1940, elle travaillait comme domestique à Verviers. Elle regarda par la fenêtre et ne vit qu’une foule en agitation, les Verviétois fuyaient devant les Allemands. Pour fuir de même, Netty et sa sœur, qui travaillait également au même endroit, allèrent de Verviers jusqu’à Dunkerque, en France, à pied. Décidées d’aller en Angleterre, elles montèrent sur un bateau, mais dès qu’elles y furent installées, toutes les personnes civiles durent en redescendre. A peine sur la terre ferme, elles entendirent des sirènes. Les bombardiers allemands trouvaient là des proies en suffisance. Netty et sa sœur survivaient à l’attaque en se cachant. Il n’y eut plus d’autre choix que de retourner chez elles. En Belgique désormais allemande, il y avait interdiction de travailler en dehors de l’Allemagne. Netty ne put donc plus travailler à Verviers. Elle dut aller à Aix-la-Chapelle. Pour rejoindre son nouvel endroit de travail, elle enfourchait son vélo et elle passait par « Les Trois Bornes ». De là, elle devait suivre une route qui descendait vers l’Allemagne. 200-300m plus loin, se trouvait une ferme allemande, aujourd’hui disparue, où travaillaient des prisonniers français. Heureux que Netty parlait le français, ceux-ci commencèrent à bavarder. Bientôt ils lui demandèrent de leur procurer des habits civils, ce qu’elle fit. Elle amena ces prisonniers au-delà de la frontière en les mettant sur les trains à la gare de Montzen. Ceci marqua le début d’une activité de passeuse active et régulière, en tant que patriote belge. Ces passages de prisonniers se faisaient aussi avec l’aide d’autres patriotes belges. En juin 1942, elle voulut aider des prisonniers français qui rénovaient le toit de l’usine où elle travaillait. Ses actes furent observés par un Calaminois, qui la dénonça. Elle fut arrêtée sur son lieu de travail le 24 juin 1942. La Gestapo lui fit subir des tortures durant ses interrogatoires. Fin août, début septembre 1942, elle fut alors envoyée au camp de concentration pour femmes de Ravensbrück. Au camp, elle dut travailler dans un atelier de couture. L’homme qui avait dénoncé Netty, se suicida lorsqu’il apprit par la radio à Hamburg que la jeune femme avait survécu à son séjour au camp.<br /> <br /> <strong>Père Bentivolius Marxen</strong> <br /> <br /> Elève d’une école de frères franciscains, il reçut une éducation orientée contre les nazis. Les Frères franciscains s’inquiétaient devant le national-socialisme bien avant qu’Hitler ne prenne le pouvoir. Dès lors, il eut toujours cette motivation pour se battre contre Hitler. Etant au couvent à Aix-la-Chapelle, et ne voulant pas aller dans l’armée, il s’installa au couvent de Moresnet. Pendant la guerre, il encouragea beaucoup de citoyens. Il cacha des prisonniers dans le couvent attenant* à la chapelle de Moresnet, ou il essayait de les amener sous le toit de fermiers ou de connaissances sûres. Cependant, on ne sait pas par où il passait les fugitifs. Le 8 septembre 1944, quand les Allemands quittèrent nos terres, les Allemands d’origine, durent les suivre. La SS voulut l’obliger à retourner en Allemagne, il s’opposa à cette décision. Les soldats allemands de la SS le placèrent contre un mur du couvent afin de l’exécuter. Il réussit pourtant à s’enfuir grâce à l’aide d’une foule importante. Le jour suivant, l’armée blanche (Armée Secrète) vint, fouilla le couvent et trouva dans la chambre du Père Bentivolius, un casque avec une croix gammée qu’il avait récupéré d’un aviateur. Supposant donc que c’était un nazi, ils le placèrent devant le même mur que le jour précédent. Mais heureusement que Remi Hardy, âgé de 12 ans, passait en vélo et qu’il s’interposa entre les armes et la cible. Il affirma que ce père avait sauvé la vie de nombreuses de personnes, et c’est ainsi qu’il sauva la vie du Père Bentivolius. Après la guerre, en 1946, le Père Bentivolius dut quitter la Belgique car il était allemand. Avant de mourir, il écrivit une chronique de sa vie. En 1985, il mourut à Mönchen-Gladbach, mais fut enterré au cimetière du calvaire de Moresnet selon ses vœux.<br /> Source :<br /> Thèse de : Franssen Mariska Collège Notre-Dame de et à B 4851 Gemmenich Fri, 30 Aug 2024 12:18:16 +0200 Lily van Oost https://www.freebelgians.be/articles/articles-3-243+lily-van-oost.php https://www.freebelgians.be/articles/articles-3-243+lily-van-oost.php <p style="text-align:center"><img src="https://www.freebelgians.be/upload/van_oost_freebelgians_7290c.jpg" alt="" class="valign_" /></p><br /> <br /> <p style="text-align:justify">Anne-Marie (Lily) van Oost est née le 20 octobre 1923. Elle vivait alternativement à Gand et au Château den Ast à Huise près d'Audenarde<br /> Après la fermeture du camp HKK (camp scouts pour les enfants de prisonniers de guerre) à Huise, Lily van Oost est entrée en contact avec avec la Résistance par un détour. Ses déplacements à vélo entre Huise et Gand lui ont facilité la tâche.</p><br /> <br /> <strong>Lily dans la Résistance</strong><br /> <br /> <p style="text-align:center"><img src="https://www.freebelgians.be/upload/lily_et_henri_van_oost.jpg" alt="" class="valign_" /><br /> Lily et son frère Henri</p><br /> <br /> <p style="text-align:justify">Le 1er octobre 1943, elle reçut une mission de liaison entre l'état-major de la Zone III et le commandant du secteur de Flandre orientale. Elle devait également transmettre des messages concernant les opérations militaires d'Aalter à Wingene et de Huise aux zones de largage. Dans son historique, cette phase est qualifiée de « pré-alerte ». Cela dura jusqu'au printemps 1944.<br /> Commence alors un deuxième apprentissage, la période « d'alerte » où Lily doit délivrer des ordres secrets. Par mesure de précaution, elle décide de s'installer à Ter Vaart, à Mariakerke-près de Gand, en mars 1944. La maison avait deux entrées : Ter Vaart du côté du canal, et de l'autre côté Bruggesteenweg 554. Elle pouvait accueillir des réfractaires au travail obligatoire, des agents anglais et des résistants si bien qu'elle commençait en quelque sorte à remplacer son frère Henri qui se cachait dans le Refuge Huise.<br /> La période de Résistance "active" de Lily van Oost débute le 1er juin 1944. Les ordres deviennent plus nombreuses et importantes : missions de liaison pour l'organisation des sites de largage et des abris, liaison avec les chefs des groupes de sabotage, coopération dans les transports d'armes et les transferts d'argent. Elle continue de recevoir des conseils en ce sens du major A. Haus et de son frère Henri, qui sera bientôt obligé de rejoindre le maquis. Avec la tête de son frère mise à prix, ses parents arrêtés et elle-même recherchée, Lily a continué à travailler "avec un courage incroyable".<br /> Elle était sans vergogne, confiante et avait le sens de l'humour pour pouvoir facilement jouer son nouveau rôle. Elle cachait des messages dans ses boucles. Elle a appris à toujours être sur ses gardes et à ne faire confiance à rien ni à personne. N'était-elle pas toujours sur la route comme coursière et relais ?<br /> Dans ses témoignages d'après-guerre, Lily décrit son frère comme un héros sans évoquer ses missions. Elle minimise son propre travail : « Mon travail, c'était plus d'aider les résistants que d'être résistance moi-même ». Mais son engagement était extraordinaire : une vraie femme de résistance et de vrais défis. « Nous étions engagés, il n'était pas question qu'on s'arrête. Cependant, si vous souhaitiez en savoir plus, il fallait tenir compte de toutes les mesures de sécurité ; c'était difficile de rester constamment dans le secret ». Elle n'en dirait pas plus.<br /> <br /> Le 27 juillet 1944, Lily van Oost reçut le message que ses parents avaient été libérés et renvoyés à Huise. Par prudence, on lui a ordonné de quitter la zone ; elle s'apprêtait à partir pour les Ardennes. Elle a cependant dû faire un détour par la rue Belliard à Bruxelles pour récupérer sa fausse carte d'identité. Mais le GFP rôdait et fit d'une pierre deux coups : Pauline de Selys qui habitait la maison voisine et Lily van Oost dont la carte d'identité a été retrouvée dans la boîte aux lettres. Toutes deux ont été arrêtés.</p><br /> <br /> <strong>Déportée à Ravensbrück</strong><br /> <br /> Lily était ravie de voir quelque chose de différent et a quitté la prison de Gand avec joie. Le train s'est arrêté à Anvers, Hambourg et Neuengamme et est arrivé à la petite gare de Furstenberg le 3 septembre à minuit. Après une marche de plusieurs kilomètres, les prisonniers atteignirent Ravensbrück, un lieu inconnu dans l'obscurité totale. Les gardes rugissaient, les fouets claquaient, les chiens aboyaient, bref l'agressivité de toutes parts. Un autre monde mais elle eut la chance d’en revenir, mais Henri, son frère, le héros, un ami, est resté absent pour toujours.<br /> <br /> <p style="text-align:center"><img src="https://www.freebelgians.be/upload/lily_a_son_retour_de_deportation.jpg" alt="" class="valign_" /><br /> Lily à son retour de déportation.</p><br /> <br /> <p style="text-align:justify">Le 27 août 1946, Lily van Oost épouse le baron Gaston de Gerlache de Gomery (1919-2006), un des premiers résistants du service de renseignement Luc-Marc et plus tard pilote de la RAF. Comme son père Adrien de Gerlache, il devient explorateur polaire après 1954. Ce mariage et les cinq enfants que Lily lui avait apportés lui avaient apporté une véritable paix.<br /> <br /> <strong>Source:</strong><br /> <a href="https://www.belgiumwwii.be/nl/oorlogsportretten/van-oost-echtg-de-gerlache-de-gomery-lily.html">https://www.belgiumwwii.be/nl/oorlogsportretten/van-oost-echtg-de-gerlache-de-gomery-lily.html</a><br /> et article de Claire Pahaut</p>. Thu, 30 Nov 2023 11:55:26 +0100 Jeanne Defroidmont, une grande Résistante liégeoise. https://www.freebelgians.be/articles/articles-3-239+jeanne-defroidmont-une-grande-r-sistante-li-geoise.php https://www.freebelgians.be/articles/articles-3-239+jeanne-defroidmont-une-grande-r-sistante-li-geoise.php <p style="text-align:justify">Jeanne Defroidmont est née le 26 novembre 1922, elle est décédée le 11 janvier 2010 à l’âge de 87 ans. Elle était une des filles d’une famille nombreuse de 9 enfants.</p><br /> <br /> <p style="text-align:center"><img src="https://www.freebelgians.be/upload/jeanne_defroidmont_freebelgians.jpg" alt="" class="valign_" /></p><br /> <br /> <p style="text-align:justify">Pourtant, curieusement, bien qu'elle ait été très connue et très reconnaissable, peu, hors de son village et de ses connaissances, connaissaient son nom de famille. La vie Jeanne DEFROIDMONT se confond avec le récit d'un parcours exceptionnel. Elle consacra à la Résistance presque 4 années qui auraient dû être les plus belles de sa vie.<br /> Pour tous, elle était connue sous le nom de « Blanche Neige ».<br /> Dès le mois de janvier 1941, Jeanne Defroidmont s'engage dans un groupe de résistance dirigé par Joseph Witrouw, chef de peloton, et commandé par le Lieutenant-Colonel de réserve P.J. Dardenne et le Lieutenant Justin Bloom du refuge « Vive » zone IV section Liège de l'Armée Secrète.<br /> Malgré son jeune âge, 18 ans à peine, elle accomplit toutes les missions dangereuses qui lui étaient confiées sous le nom de guerre « Blanche-Neige ». Elle s'occupe du ravitaillement des réfractaires et des maquisards ainsi qu'aux familles de déportés et prisonniers de guerre. Elle effectue des transports d'armes et de postes émetteurs récepteurs et confectionne de fausses cartes d'identités. Elle transmet de très nombreux messages.<br /> Toujours prête à toutes les actions, aussi dangereuses qu'elles soient, Blanche-Neige est arrêtée par les allemands au cours d'une mission mais elle parvient à s'échapper par ses propres moyens et à prendre le maquis.<br /> Afin de se soustraire aux recherches de la Gestapo, elle réapparait sous différents aspects : déguisement en bonne sœur ou en paysanne ; avec ou sans port de lunettes, changement de coiffures, teinte des cheveux, etc...<br /> </p><br /> <p style="text-align:center"><img src="https://www.freebelgians.be/upload/jeanne_defroidmont_freebelgians_1.jpg" alt="" class="valign_" /><br /> Jeanne en religieuse<br /> </p><br /> <br /> <p style="text-align:justify">C'est ainsi qu'elle parvient à éviter toutes les filatures. Agent de liaison entre le secteur Liège/N.W. et les refuges, elle continue la lutte et brave tous les dangers, en participant à de nombreux sabotages.<br /> Elle travaille d'un commun accord avec Jean Leclercq de Pepinster, Sous-Lieutenant des P.I. (Partisans Insoumis) et le Lieutenant Joseph Davister de Visé, agent de liaison dès la première heure. Jean Leclercq transmettait de la documentation et des renseignements à son chef Justin Bloom, Lieutenant de l'A.S., qui les communiquait à Radio Londres. Quant au Lieutenant Davister, il commandait tout un groupe pour les transports d'armes. Il s'occupait d'une filière de renseignements, aidait et ravitaillait les réfractaires.<br /> Début septembre 1944, à l'arrivée de l'armée américaine sur le canal Albert, en face de Visé, on demande des volontaires pour passer et repasser les lignes ennemies afin de fournir certains renseignements aux alliés. De tout le secteur, seuls Jeanne Defroidmont et le Lieutenant se présentèrent. Au péril de leurs vies, ils parviennent à communiquer aux alliés des renseignements de toute première importance.<br /> Dans le courant du même mois, une autre mission aussi périlleuse leur est demandée et c'est encore Blanche-Neige qui se portera volontaire en compagnie de J. Leclercq. Téméraires jusqu'au bout, ils traversèrent les lignes allemandes dans la région de Fouron et rapportèrent avec succès les précieux renseignements qui furent aussitôt transmis à la 30e division américaine.<br /> Blanche-Neige a également travaillé sous les ordres de J. Davister au profit du 2ème bureau de l'AS. du commandant Callens, qui lui avait donné comme mission de repasser les lignes allemandes à Gemmenich pour obtenir des précisions sur l'emplacement des canons AT. Encore une fois « Mission Accomplie ».<br /> En guise de reconnaissance, elle reçoit en date du 2 octobre 1944, une citation à l'ordre du jour transmis par le général Eisenhower, commandant en chef de l'Etat-Major Supérieur des forces expéditionnaires alliées, en témoignage d'admiration pour la résistance belge.<br /> Madame Jeanne Defroidmont, alias Blanche-Neige, fut citée à l'ordre du jour par le commandant de l'A.S., le lieutenant général Pire pour le motif suivant : « Membre de l'Armée Secrète dès janvier 1941. Procura des faux documents d'identité et de travail. Assura de dangereuse mission de liaison et de courrier. Fournit des renseignements d'ordre militaire. Transporta des armes, des munitions et des postes-émetteurs. Prit part aux opérations libératrices du territoire ».<br /> Plusieurs médailles honorifiques lui ont été décernées et notamment la Croix de Chevalier de l'Ordre de Léopold II avec palmes, la Croix de Guerre 1940 avec palmes et la médaille de la résistance.<br /> <br /> Source :<br /> Article de M. Van Bilzen<br /> <a href="https://www.maisondusouvenir.be/jeanne_defroidmont.php">https://www.maisondusouvenir.be/jeanne_defroidmont.php</a><br /> <a href="http://awans-memoire-et-vigilance.over-blog.com/2021/03/une-grande-resistante-liegeoise-membre-de-la-fnc-jeanne-defroidmont.html">http://awans-memoire-et-vigilance.over-blog.com/2021/03/une-grande-resistante-liegeoise-membre-de-la-fnc-jeanne-defroidmont.html</a></p> Thu, 31 Aug 2023 12:11:37 +0200 Richard Altenhoff, un grand Résistant, tranquille et déterminé. https://www.freebelgians.be/articles/articles-3-237+richard-altenhoff-un-grand-r-sistant-tranquille-et-d-termin.php https://www.freebelgians.be/articles/articles-3-237+richard-altenhoff-un-grand-r-sistant-tranquille-et-d-termin.php <p style="text-align:center"><img src="https://www.freebelgians.be/upload/altenhoff_freebelgians.jpg" alt="" class="valign_" /></p><br /> Richard Altenhoff est né le 20 juin 1913 d’un père d’origine allemande et d’une mère d’origine française; il a également un frère, Charles, né en 1915 et une sœur, Annie, née en 1920. <br /> <br /> <p style="text-align:center"><img src="https://www.freebelgians.be/upload/altenhoff_freebelgians_2.jpg" alt="" class="valign_" /><br /> Richard avec son frère et sa sœur en 1924</p><br /> <br /> <p style="text-align:justify">En 1933, Richard intègre la faculté des sciences appliquées (École polytechnique) de l’Université libre de Bruxelles. Pendant ses études, il s’investit très activement dans le cercle du Libre examen. Décrit comme un jeune homme mesuré, réfléchi et tolérant mais déterminé, il sait défendre ses convictions avec force et exprimer fermement ses opinions. Au lendemain de l’obtention de son diplôme d’ingénieur civil électricien-mécanicien en 1938, il entame son service militaire. C’est là que l’Armée est mobilisée, suite à l’invasion de la Pologne par l’Allemagne. Richard participe à la Campagne des 18 Jours au sein de la 15e Compagnie de Troupes de transmission. Une fois rentré, il entame une carrière professionnelle prometteuse au sein d’une entreprise de travaux publics. Dès son retour à la vie civile, il est contacté par un ancien camarade de l’ULB qui lui permet de participer à un réseau de communication. De fil en aiguille, avec plusieurs autres anciens étudiants de l’ULB, ils fondent une cellule spécialisée dans le sabotage : c’est le futur Groupe G. Les débuts du groupe consistent en des réunions où l’on planifie et on imagine un réseau actif dans tout le pays. Les qualités de stratège de Richard Altenhoff et ses compétences techniques le désignent comme responsable logistique du groupe. <br /> Sa mission est de trouver, recevoir, acheminer, répartir du matériel répondant aux besoins vitaux des agents déjà actifs. Il participe aussi à certaines missions. En ces modestes débuts de l’organisation, il est l’un des principaux agents du G et travaille d’égal à égal avec Jean Burgers. Richard Altenhoff devient ainsi l’un des meneurs du G, « l’intellectuel de grande classe, le “penseur” du G, auquel il imposa sa marque» Richard Altenhoff est arrêté au domicile familial par la Gestapo, rue de la Cambre, 138, le matin du 3 juillet 1943. Il est emprisonné au fort de Breendonk où il est torturé. Il est jugé et condamné à mort à Bruxelles le matin du 15 mars 1944. Un cocondamné à témoigné par la suite : « L’attitude de Monsieur Altenhoff devant le conseil de guerre fut toute de fierté et de patriotisme. Il a écrasé le conseil par un discours antinazi et par un courage que j’étais seul à admirer. » À la question : « Est-ce que tu regrettes ? », il répond alors : « Oui… Je regrette de n’avoir pas fait assez ! ». Richard Altenhoff à été fusillé le 30 mars 1944 au Tir National à Schaerbeek. Il avait 30 ans. Il a reçu, à titre posthume,<br /> le grade de Lieutenant-colonel de la Résistance, le statut de prisonnier politique ainsi que la Croix d’Officier de l’Ordre de Léopold avec palme, la Croix de Guerre 1940-1945 avec palme, la Médaille de la Résistance et la Croix de Prisonnier politique 1940-1945</p>.<br /> <br /> <br /> <strong>Sources :</strong><br /> <a href="https://fr.woluwe1200.be/wp-content/uploads/2021/10/panneau_WSL-Richard-Altenhoff.pdf">https://fr.woluwe1200.be/wp-content/uploads/2021/10/panneau_WSL-Richard-Altenhoff.pdf</a> Fri, 30 Jun 2023 16:31:01 +0200