Derniers articles https://www.freebelgians.be Derniers articles (C) 2005-2009 PHPBoost fr PHPBoost Sur les traces de la Brigade Piron en Normandie https://www.freebelgians.be/articles/articles-6-184+sur-les-traces-de-la-brigade-piron-en-normandie.php https://www.freebelgians.be/articles/articles-6-184+sur-les-traces-de-la-brigade-piron-en-normandie.php <p style="text-align:center"><img src="https://www.freebelgians.be/upload/9344_sur_les_traces_piron.jpg" alt="" class="valign_" /></p><br /> <br /> <p style="text-align:justify">Dans la lignée des "Témoins d'acier" ou du "Sur les traces de la Easy Company", il s'agit d'un opuscule d'une centaine de pages qui invite le lecteur à retourner sur le terrain (l'une des clés de voûte de la méthode WENKIN avec les sources primaires inédites).<br /> Pour ceux qui auront lu "Les moutons noirs de Piron" en 2017, il s'agit d'une suite logique qui laisse la part belle à l'épopée normande du ‘’First Belgian Group’’.<br /> L'ouvrage est d'une belle facture (classique chez Weyrich), richement illustré et cartographié comme il faut.<br /> <a href="https://www.weyrich-edition.be/sur-les-traces-de-la-brigade-piron-en-normandie-wenkin#.XHkc-_ZFyUk">https://www.weyrich-edition.be/sur-les-traces-de-la-brigade-piron-en-normandie-wenkin#.XHkc-_ZFyUk</a><br /> <a href="https://www.39-45.org/viewtopic.php?f=21&amp;t=50024">https://www.39-45.org/viewtopic.php?f=21&amp;t=50024</a></p> Sun, 10 Mar 2019 12:19:29 +0100 Squadron Leader Léon PREVOT https://www.freebelgians.be/articles/articles-2-183+squadron-leader-l-on-prevot.php https://www.freebelgians.be/articles/articles-2-183+squadron-leader-l-on-prevot.php <p style="text-align:center"><img src="https://www.freebelgians.be/upload/prevot_pour_freebelgians_mars_2019.jpg" alt="" class="valign_" /></p><br /> <br /> <p style="text-align:justify">Léon Prévot est né à Tours (Indre et Loire) le 6 janvier 1916. Ayant terminé ses humanités scientifiques, il s’engage comme élève-pilote le 7 mai 1934 et rejoint l’Ecole de pilotage à Wevelgem<br /> Breveté le 31 août 1935, le sergent-pilote Léon Prévot est affecté initialement au 1er Régiment d’Aéronautique sur Fairey-Fox avant de passer, le 18 août 1936 au 3ème Régiment d’ Aéronautique, toujours sur Fairey-Fox.<br /> <br /> Le 30 octobre 1937, il réussit les épreuves de sous-lieutenant de réserve et dans le cadre de sa formation d’officier, il suit les cours de l’Ecole d’observation. <br /> <br /> Le 6 mars 1939 il rejoint à nouveau l’Ecole de pilotage, cette fois comme élève-moniteur. Il obtiendra la qualification le 1er février 1940. Le 10 mai 1940, au moment de l’agression nazie, Léon Prévot est moniteur à la 3ème Escadrille de pilotage de Deurne (Anvers).<br /> <br /> Le 12 mai toutes les escadrilles de l’école de pilotage reçoivent l’ordre de se replier sur la France. La destination finale sera la base de Caen-Carpiquet où toute l’école se trouve réunie le 20 mai 1940, date à laquelle elle reçoit l’ordre de faire mouvement vers le Maroc. C’est à bord du "David Livingstone" qu’il rejoindra l’Angleterre où il débarque à Cardiff le 5 août 1940.<br /> <br /> Le 14 août il est incorporé dans la Section belge de la RAF au dépôt de St Athan au moment où la Bataille d’Angleterre entre dans sa phase décisive. Léon Prévot rejoint l’OTU Blenheiin N°1 à Silbath (Prestwick) où il découvre les subtilités du vol sur bimoteur et les exigences du vol en équipage !<br /> Le Pilot Officier Léon Prévot rejoint le 21 septembre 1940 le 235 Squadron du Coastal Command à Bircham Newton. Le squadron est engagé dans des missions de protection de convois et de reconnaissance au-dessus de la Mer du Nord. Le séjour de Léon Prévot au sein du Coastal Command sera cependant de courte durée. En effet, une école de pilotage franco-belge a été mise sur pied à Odiham. <br /> <br /> Le 21 octobre 1940, Léon Prévot s’y retrouve comme moniteur. Le 1er décembre Léon Prévot est nommé Flïght Commander. Mais l’école de Odiham aura une existence éphémère, et le 23 juin 1941, il rejoint un OTU Spitfire à Grangemouth<br /> <br /> Après un passage par le 123 Squadron (post OTU Sqn) où il peaufine la formation reçue, Léon Prévot est affecté le 10 août 1941 comme pilote de chasse au 64 Squadron.. Rapidement Léon Prévot a su se faire apprécier, son expérience a été reconnue et dès septembre 1941 il est nommé Flight Commander. Le 4 mai 1942, il est nommé Squadron Leader et passe au 122 Squadron dont il prend le commandement.<br /> <br /> Le 30 juin 1942, il est porté disparu. Blessé, il rejoint Bruxelles où des amis le cachent et le soignent pendant une vingtaine de jours. Après quoi il parvient en passant par Charleroi, Namur et de nouveau Bruxelles à trouver un organisme qui l’aide à rentrer en Angleterre. <br /> C’est grâce au réseau d’évasion «Comète» que Léon Prévot parviendra en compagnie de quatre autres aviateurs alliés à traverser la France, les Pyrénées et à prendre contact avec le Consulat britannique à Bilbao qui assurera son rapatriement vers l’Angleterre.<br /> <br /> Le 15 octobre 1942 il est repris en force au dépôt RAF N°1 de Uxbridge. <br /> <br /> Le 30 octobre 1942 il est honoré de la Distinguished FIying Cross avec la citation suivante:<br /> <em>Has completed a large number of operational sorties as a flight and squadron commander, and his skillful leadership has been a source of inspiration to his pilots. He has destroyed at least 3 and probably destroyed a further 2 enemy aircraft</em><br /> <br /> Dès le 5 novembre 1942, Léon Prévot reprend contact avec la vie opérationnelle en étant affecté au 65 Squadron de Drem et le 21 novembre il est désigné comme CO du 197 Squadron. <br /> <br /> Le 14 juin 1943 il passe à l’OTU comme moniteur sur Typhoon I. Le 28 décembre il succède au Squadron Leader Albert Houssa à la tête de la 350 dotée du Spiffire IX, elle opère à partir de Hornchurch<br /> <br /> Le 24 mars 1944, il passe à l’Etat-Major de l’Air Defence of Great Britain, ensuite à l’Inspectorat de la RAF — Section du training Command. Il y restera en fonction jusqù’au 24 février 1945, date à laquelle son passé de moniteur le rattrape une nouvelle fois: il est désigné pour la RAF/Belgian Training School de Snailweil en fonction de commandant du Flying Wing.<br /> <br /> En octobre 1945 il passe à l’Inspectorat de la section belge de la RAF, puis en janvier 1946 il est désigné comme officier de liaison auprès de l’Air Ministry et à ce titre y prépare la constitution du wing belge qui doit réunir les 349 et 350 Squadrons.<br /> <br /> Le 10 juin 1946 il rejoint le 160 (Belgian) Wing en cours de formation au sein du 135 Wing à Fassberg, comme adjoint du Wing Commander Daniel Le Roy du Vivier. <br /> Il lui succédera comme commandant du wing en juillet 1946 et aura ainsi l’honneur de ramener les deux escadrilles belges à Beauvechain le 24 octobre 1946. <br /> Le Wing Commander Prévot assumera le commandement du "A" Wing de Beauvechain jusqu’en mars 1947.<br /> Le major Prévot occupera différentes fonctions tant au sein des unités d’entraînement que des unités opérationnelles ainsi qu’en Etat-Major. <br /> <br /> Du 1er février 1955 au 31 décembre 1957 il sera détaché en Grande-Bretagne auprès de l’Air Ministry comme directeur-adjoint de la prévention des accidents. <br /> Léon Prévot terminera sa carrière comme officier d’opérations auprès de l’Air Ops Division du QG Air Cent.<br /> Il sera admis à la retraite le 1er janvier 1964. Léon Prévot est décédé le 28 avril 1994<br /> <br /> <strong>Source : article publié sur le site ‘’Les vielles tiges’’ de l’aviation belge</strong><br /> <a href="http://www.vieillestiges.be/fr/bio/20">http://www.vieillestiges.be/fr/bio/20</a></p> Fri, 01 Mar 2019 17:03:05 +0100 Le Journal d'Alfred LEFRANC https://www.freebelgians.be/articles/articles-1-182+le-journal-d-alfred-lefranc.php https://www.freebelgians.be/articles/articles-1-182+le-journal-d-alfred-lefranc.php <p style="text-align:justify"><strong>Le Journal d'Alfred LEFRANC, milicien de la classe 1934 affecté au Régiment de Troupes de Transmission, et mobilisé en 1939 au IV° Bataillon</strong></p><br /> <br /> <p style="text-align:justify">Vous pouvez lire ci-dessous la retranscription, <span style="text-decoration: underline;">sans aucune correction de son périple</span> </p> <br /> <br /> <p style="text-align:center"><img src="https://www.freebelgians.be/upload/lefranc_photo005mod_pour_article_de_fevrier.jpg" alt="" class="valign_" /></p><br /> <br /> <p style="text-align:justify">Exactement trois ou quatre semaine avant l'envahissement de notre pays, je suis muté, pour remplir les fonctions de sergent, au IV groupement d'appui du 11è de ligne, c-a-d, au 8ème d'artillerie à Beverst.<br /> A la fin du mois d'avril, une première agression aérienne provoquée par les Allemands avait quelque peu excité les hommes. Un tir nourri de la D.T.C.A (défense terrestre contre avions) touche un appareil ennemi qui clopin-clopant va échouer à Mechelen-sur-Meuse. Les Belges y trouveront des plans relatifs à une attaque imminente par les Allemands.<br /> Quelques jours s'étaient écoulés depuis, et les permissions suspendues furent rétablies. Un printemps précoce à fait oublier les raisons réelles de notre présence, si ce n'est l'uniforme.<br /> Ainsi, le 9 mai au soir, après une compétition sportive que nous avions gagnée, nous étions tous joyeux. Le soir, ce plaisir avait fait place à un cafard dont nous étions si souvent victimes. Afin de ne pas paraître démonté, l'idée me vint de préparer mon équipement pour l'éventuelle alerte de nuit, toujours possible, car le vendredi était devenu régulièrement le jour de ce grand exercice. Peut-être suis-je devenu morose à cause des permissions rétablies aujourd'hui, et que je ne me trouvais pas parmi les chanceux.<br /> Le sergent permissionnaire me laissa la responsabilité et les plis confidentiels relatifs aux indicatifs d'exercice d'alerte et ceux indispensables en cas d'alerte réelle ou la guerre. Toujours d'humeur maussade, je décide de m'étendre pour la nuit. Dans notre logement se trouvait installée une centrale téléphonique. Au milieu de la nuit, elle a fonctionné. Je me suis réveillé. J'ai prêté l'oreille. Je fus surpris d'entendre donner un accusé de réception par le militaire de garde: "je répète, alerte réelle". Il était 3 heures.<br /> J'ai bondi, réveillé les hommes rouspéteurs. Quelques minutes plus tard, une estafette venait confirmer le message, et de nous lancer bruyamment: "debout la-dedans, cette fois ce n'est pas pour rigoler ". Habitués aux plaisanteries de toutes les sortes, il y avait chez les hommes une certaine nonchalance. Je répéterai plusieurs fois: "c'est la guerre". Enfin, l'ordre est entendu, compris et accepté par tous. Le matériel, les armes, les munitions sont chargés très vite et nous filons à toute allure vers notre emplacement tactique sur le canal Albert.<br /> Ainsi, à l'aube du 10 mai 1940, tandis que la terre est encore dans l'obscurité, très haut dans le ciel,brillants des premiers rayons du soleil, arrivent les avions allemands comme un raz de marée, donnant l'impression d'une formidable attaque. Il est 3h3O, puis presque en même temps, , tous les avions plongent dans différentes directions. Un bombardement infernal et des attaques en piqué par les "STUKAS", suivis d'un effrayant sifflement d'épouvante, ont un effet moral considérable. Il est d'une extrême violence et très meurtrier. Notre "D.T.C.A" fut tout de suite en action. Un bombardement en piqué vise un homme ou un groupe d'hommes. Le soldat servant de cible voit plonger sur lui l'avion avec un vrombissement comparable à un international traversant une gare. Au dernier moment, il peut apercevoir un instant les lunettes de l'aviateur qui le vise, puis l'appareil se redresse brusquement tandis qu'une bombe descend sur lui en oscillant; même si elle tombe à 100 m, elle lui donne l'impression d'arriver en plein sur lui jusqu'à la dernière seconde. Les "stukas" se succèdent rapidement comme dans un carrousel jusqu'à la destruction de l'objectif. Attaqué de cette façon sans répit, le système nerveux de certains hommes finissait par se détraquer complètement....<br /> En plus, l'ennemi recourait à des procédés nouveaux, c-à-d à des parachutistes et des mannequins pouvant leur assurer des avantages immédiats par l'effet de surprise. En dépit de ces circonstances difficiles, l'armée belge soutint vaillamment le choc.<br /> Les règles de service ne furent pas toujours respectées. On entendait de temps à autre des choses comme celles-ci: "envoyez-nous d'urgence ambulance pour blessés graves, etc ..."<br /> A la fin du premier jour, notre moral fut rehaussé par l'arrivée de quelques tanks français, mais ce sera de courte durée, ils ne pourront nous aider à retarder l'avance de l'ennemi. Enfin, avec le coucher du soleil, l'aviation allemande cessa de nous pilonner. <br /> Heureux d'avoir échappé en cette première journée aux engins semant la mort, nous espérions prendre quelque répit. A cette fin, les hommes avaient été chic pour moi, ils me préparaient une couchette près du poste, le casque sur la tête, mais hélas, le bruit de l'aviation en moins, le calme de la nuit n'était que relatif. Il se caractérisait par un duel d'artillerie de plus en plus actif et de nombreux échanges de messages.<br /> Les vrombissements d'avions en nappes successives annoncèrent une terrible deuxième journée (11 mai). Vers midi, le major du 8ème d'artillerie donna ordre aux TTR de plier bagages à l'exception d'un seul poste, le mien. A ce moment-là, notre réseau, qui se composait de 15 postes au départ, fut réduit à moins de la moitié, et le major (ancien de 14/18) furibond n'obtenait pas de réponse à son message urgent. Tout à coup, un événement s'empara des hommes, les canons se turent, la retraite était décidée et chacun de nous recevait 45 cartouches en plus. Les canonniers, les hommes du génie, tous réduits à faire le fantassin, furent couchés dans le fossé qui longe la route, les mitrailleuses posées de chaque côté et tenues par des officiers, le major guettant l'arrivée des allemands, revolver au poing. Il a envoyé 2 estafettes, nous attendons le contact. Il règne un silence de mort. Chacun a cherché la meilleure place. Le temps semble long, très long, l'oeil hagard scrutant l'horizon et l'ennemi. Le cerveau déambule dans le passé, fiancée, épouse, parents apparaissent !<br /> Où restent-ils donc ces boches ...qu'on en finisse tout de suite avec eux. Enfin, au retour d'une estafette, un contre-ordre est donné à la manoeuvre prévue, le retrait doit être exécuté à tout prix avec prudence et n'engager le combat qu'en cas de force majeure.<br /> En effet, passant par les ponts de 16 tonnes construits à Maastricht, par ses pionniers, un panzerkorps allemand traverse le 11 mai au matin le canal Albert et atteint Tongres vers midi.<br /> Pour encager cette percée, le Ier Corps veut tirer la bretelle Bilzen-Tongres sur laquelle les troupes de la 4DI sont refoulées en arrivant. Conséquence, le major du 8è d'artillerie reçoit l'ordre de battre en retraite et refuser le combat, car le renfort qui nous est destiné est stoppé net par les "stukas" et c'est la débâcle de la première armée. Poursuivant ainsi le retraite, nous passons par Diepenbeek, Landen, Hannut, Jodoigne, Melin. Tout au long de ce parcours, nous sommes attaqué par l'aviation ennemie. Ce repli s'effectue dans des conditions très défavorables, les routes étant encombrées de réfugiés et de charroi civil et militaire de toute espèce. De plus, l'aviation ennemie s'en donne à coeur joie, elle est maîtresse absolue de l'air, qu'aucun avion ami ne lui dispute. Chemin faisant, nous étions tombés dans un guet-apens à Hannut où les tanks français nous dégagèrent de ce mauvais pas en combattant le panzerkorps.<br /> Le 12 mai, nous arrivons à Veltem près de Louvain.<br /> Le 13 mai, nous nous alignons avec les soldats anglais. Les combats se livraient sur un front entre l'Escaut et Louvain, soit sur 50 Km. A nouveau des ordres nous parviennent: poursuivre la retraite. Les Anglais nous couvrant, nous nous dirigeons sur Kortenberg, laissant nos alliés seuls face à l'ennemi.. Nous traversons Vilvorde pour atteindre Grimbergen. Là, nous sommes attaqués par deux avions allemands qui mitraillèrent le patelin bourré de civils et de militaires. Heureusement, nous échappons à la mort. <br /> La méthode allemande nous est maintenant connue; Pendant nos marches nocturnes, leur infanterie dort paisiblement et à l'aube, leurs éléments motorisés foncent en avant pour surprendre nos troupes pendant leur prise de position. En conséquence, il faut marcher, souvent combattre sans un moment de répit. A ce régime, la fatigue s'accumule vu l'impossibilité pour les hommes de récupérer, et plus la bataille s'engage, plus le repos deviendra rare pour certaines unités. Le moral devient mauvais dans beaucoup d'unités, surtout à l'infanterie, exténuée par les étapes.<br /> L'enthousiasme provoqué par l'arrivée des alliés est remplacé par une profonde désillusion due aux retraites successives, au départ des troupes françaises et surtout l'absence de l'aviation britannique.<br /> Le 16 mai, à l'aube le bataillon reprend sa marche vers Gand. Nous nous arrêtons à Gontrode et Merelbeke pour prendre position sur la tête de pont de Gand.<br /> Le 18 mai au soir, soit à 23h30, nous nous installons à Merelbeke avec le 2ème groupe du 8è d'artillerie. Là, nous faisons du bon travail, les attaques allemandes sont repoussées, les canons tirent à zéro degré, c-à-d à vue directe et ce, jusqu'au 22 mai au soir. <br /> Ensuite, nous reculerons jusqu'à Deinze et nous prendrons position derrière la Lys à Zeeveren, avec le PC du 11è de ligne. Nous subissons un bombardement aérien qui fera beaucoup de victimes. Juste entre Zeeveren et Vinkt, la bataille fait rage. L'ennemi est très près, si près même que nous sommes averti de l'encerclement. A mon poste, les télégrammes se succèdent. Au verso de l'un d'eux, je suis atterré de lire en clair: attaques allemandes réussies, bataillon du 15è de ligne s'est rendu, le 11 L et le 7 L sont pris de flanc. Encerclés, nous demandons remède à la situation. Un accusé de réception nous parvient du Quartier-Général, il est impossible de le remettre au PC (poste de commandement) car celui-ci a disparu.<br /> L'ennemi très proche de nous, je lance un dernier message SOS-LZ8, ensuite je rends le poste de radio inutilisable et je brûle les papiers compromettants.<br /> Un sergent TTR, dévoué et courageux nous signale avoir retrouvé une partie du PC à quelque distance derrière nous, près du clocher de Vinkt. Sous le feu de l'ennemi, je traverse la zone dangereuse avec armes et bagages et ce en deux fois, mais en prenant quatre fois le risque d'être abattu. Une dernière résistance semble organisée avec chenillettes, canons anti-charsH/7, fusils grenades. L'ordre est donné de ne conserver que le strict nécessaire. Tout à coup, débouchant devant nous d'un champ de blé, des Allemands ayant devant eux des soldats belges prisonniers, servant de bouclier. Une débandade hors ligne éclate et je me faufile avec l'équipe entre les chenillettes pour nous protéger et essayer d'atteindre l'église de Vinkt, seule issue ouverte d'après un officier présent. En effet, à peine avions nous atteint cet objectif que la contre-attaque des Chasseurs Ardennais nous épargna d'un massacre certain., car la 4DI était quasiment détruite. <br /> Je me présente à un officier du régiment des Chasseurs Ardennais, lui offrant mes services. Il me remercia et me conseilla de rejoindre le Quartier Général à Kaeneghem. En passant par Ruyslede, nous croisons un LATIL (tracteur) TTR qui nous conduira à notre Commandant.<br /> Nous recevons les félicitations du Grand-Quartier-Général.<br /> Ainsi se terminait pour nous la journée du 26 mai 1940 (ce qui me vaudra la Croix de guerre)<br /> " sont cités à l'ordre du jour du Bataillon pour leur bravoure:<br /> Sergents : Depauw et Couture. Caporaux: Lefranc, Thomas. Soldats: Chêne, Verbist, Struelens, Van Hoof, Petit, Coubeau.<br /> A remarquer le moral extraordinaire des deux sergents, du caporal Lefranc et des soldats Chêne et Verbist."<br /> Le 27 mai au petit jour, le bataillon se dirigera vers Bruges et s'arrêtera à Oostkamp. Poursuivant sa retraite, le bataillon atteindra Steene dans la nuit du 28 mai. Au passage, nous apercevons Ostende en feu. Au lever du jour, nous découvrons des milliers de réfugiés, sans nourriture, sans eau potable, errant dans toutes les directions et à la merci d'une flottille d'avions ronronnant au-dessus de cette poche grouillante et désemparée. Au bout de quelques minutes circulait le bruit de la capitulation. Les armes voltigeaient en tout sens. Il était 8 heures. Vers midi, la nouvelle se répandit parmi les hommes qu'ils pourraient rentrer dans leurs foyers, sans crainte d'être fait prisonniers. Certains crurent même qu'ils avaient plus de chances d'échapper à la captivité qu'en restant groupés.<br /> Le Commandant nous conseilla de rester avec lui, qu'il irait aux ordres et nous communiquerait sa décision. <br /> Libérés par la capitulation de la Belgique, bon nombre de militaires, bon gré mal prennent la décision de rentrer chez eux sans attendre les instructions de notre Commandant. Ceux-là iront se balader quelque part en Allemagne, tandis que les autres, confiant dans leur chef le suivront, en vrais soldats battus mais pas vaincus. Par conséquent, prisonniers en colonne par quatre, escortés par des sentinelles allemandes, nous arriverons à Kalchen, près de Gand, après une marche de 63 Km, en passant par Waardamme, Lovendegem, Lochristi.<br /> A Waardamme, nous rendons armes et matériel aux boches, et la colonne, après s'être ravitaillée une dernière fois, reprend le chemin prévu. <br /> A Lochristi, Le Général Van Trooyen, Commandant de la 4DI, est venu remercier le bataillon pour les services rendus pendant les opérations et le féliciter pour sa conduite en tous points exemplaire.<br /> La Capitaine-Commandant B.E.M Degreef et le Capitaine Aubertin prendront le chemin de la captivité après avoir assuré, tant aux Flamands qu'aux Wallons un titre d'exemption de captivité pour fonctions indispensables à la vie du Pays.<br /> Un moment intense d'émotion fut créé lorsque le Bataillon défila une dernière fois devant son Commandant.<br /> <br /> Sources Internet et iconographiques :<br /> <a href="http://amicale-4ttr.be/historique.html">http://amicale-4ttr.be/historique.html</a></p> Fri, 01 Feb 2019 12:36:27 +0100 William UGEUX https://www.freebelgians.be/articles/articles-3-181+william-ugeux.php https://www.freebelgians.be/articles/articles-3-181+william-ugeux.php <p style="text-align:center"><img src="https://www.freebelgians.be/upload/ugeux_coupurespresse_pour_article_de_janvier.jpg" alt="" class="valign_" /></p><br /> <br /> <p style="text-align:justify">Issu d’une famille catholique de sept enfants, William Ugeux est né le 22 février 1909 à Bruxelles. Après avoir terminé ses études secondaires au collège Saint Martin, il a entamé en 1929 des études à l'Université de Saint-Louis à Bruxelles. Ses idées pacifistes qu’il n’hésite pas à exprimer lui valent d’être écarté temporairement de l’université. Il a obtenu son doctorat de droit en 1934, mais il n’exerce la profession d’avocat que très brièvement et s’oriente vers le journalisme. Suite à cette reconversion, le cardinal Van Roey le place à la tête du journal Le XX° Siècle . William est resté rédacteur en chef de ce journal jusqu’en 1940, lorsque la guerre éclate en Belgique. En 1941, il a pris la direction du service de renseignement Zéro, groupe de résistance belge comportant une branche française et en contact avec les services de renseignement britanniques et le gouvernement belge exilé à Londres. Ce groupe participait à des actions de sabotage, d'évasion vers le Royaume-Uni, de transfert de renseignements, de création de faux papiers, et surtout à la diffusion de la presse clandestine : La Libre Belgique, journal interdit par les autorités occupantes à l’époque, dont William prend la tête en 1942. Figure importante du groupe Zéro, William a participé à de nombreuses actions de résistance. Ainsi, en juillet 1942, deux mois après l’arrestation de Louise de Landsheere, il s’est rendu à Londres pour conclure des arrangements secrets avec le gouvernement belge. Puis, en 1943, il a pris part à la mise en place d’un plan d’évasion vers l’Espagne : la traversée des Pyrénées grâce au téléphérique de la scierie de Mendive (passage de l’Iraty), dont seuls les proches collaborateurs de William et les ingénieurs de la scierie connaissent l’existence. Le groupe est ensuite menacé par la traque de la Gestapo. Par conséquent, William a décidé de se réfugier à Grenoble, puis en Espagne. Durant cette période, grâce à sa bonne connaissance du terrain, il est devenu directeur général du Service de Renseignements et d'Actions (SRA) pour les territoires occupés. Jamais arrêté durant sa carrière de résistant, contrairement à Louise, il est devenu secrétaire général du Ministère de l'information à la fin de guerre jusqu'en 1947. Il a également collaboré à de nombreux journaux tels que: la Cité, la Relève, la Revue Nouvelle. Il a écrit de nombreux ouvrages afin de ne pas oublier la guerre mais aussi pour rendre hommage à de nombreux résistants morts en voulant défendre leur pays. Ainsi, ‘’Histoires de Résistants’’ reprend des anecdotes sur des héros de la guerre. En 1989, le roi Baudouin lui décerne le titre de Comte suite à ses diverses actions de résistance. Il décède le 13 octobre 1997, à l'âge de 88 ans.</p><br /> <br /> <p style="text-align:justify"><strong>William Ugeux et le "Service Zéro" </strong></p><br /> Après le début de la Deuxième Guerre Mondiale, le gouvernement belge s’exile à Londres afin d’échapper à l’occupant allemand. En parallèle, de multiples réseaux de résistance voient le jour, comme le "Service Zéro" dont William Ugeux prendra la tête. <br /> <br /> <p style="text-align:justify"><strong>Comment a-t-il pris la tête de ce réseau ?</strong></p> <br /> <p style="text-align:justify">À vrai dire, William Ugeux n’était pas au courant de l’existence de ce groupe. Fernand Kerkhofs était chef de ce réseau. Alors que des menaces pèsent sur celui-ci, Fernand fit des confidences sur le groupe à William pour ensuite partir pour Londres afin d’être en sécurité. Les autorités belges ont trouvé en Ugeux le remplaçant de Fernand. Une fois à la tête de ce groupe, comment William Ugeux va-t-il réagir ? Il vivait énormément dans la peur et prenait beaucoup de précautions. Ainsi à chaque réunion, il ne se présentait pas en tant que chef mais en tant qu’envoyé du chef. De plus, le groupe était secret et les membres ne se connaissaient pas entre eux, si bien que William Ugeux lui-même ignorait le nombre de membres. <br /> Le "Service Zéro" était un service de renseignements qui recevait des instructions de la part de Londres et du gouvernement belge. C’est pour cette raison, qu’en 1942, William Ugeux décide de se rendre à Londres.<br /> Comment s’est-il exilé ? Pour cela, il a dû passer par le sud de la France : la France libre de Pétain. Sa première étape est Lyon où il a rencontré sa femme qu’il n’avait plus vue depuis des semaines. Il est ensuite passé par Barcelone pour enfin rejoindre Lisbonne. De là, il prend le bateau jusqu’à Bristol. Il voit les autorités et on le largue en avion en France avec une valise contenant de l’argent pour les différents groupes de résistance. Rôle du Service Zéro : Le « Service Zéro » a joué un rôle important dans l’élaboration de La Libre Belgique clandestine. Le groupe donnait des informations au journal et il distribuait la Libre. Après l’arrestation des créateurs de ce journal, les responsables ont demandé à William Ugeux d’en prendre la tête puisque celui-ci avait déjà travaillé pour le journal Le Vingtième Siècle avant la guerre. Énormément de personnes travaillaient sur ce journal malgré les nombreux risques. À la fin de la guerre, le journal était tiré à plus de 40 000 exemplaires. Ce quotidien a donc connu un grand succès malgré le grand coût en vies humaines. En 1943, William est reparti à Londres et y est resté jusqu’à la fin de la guerre. À la libération de Bruxelles en 1944, il est rentré en Belgique où il a reçu une mission du gouvernement : relancer la presse belge.<br /> <strong>Source Internet :</strong><br /> <a href="https://www.auschwitz.be/images/train_1000/expo_valises-miroirs/William%20Ugeux%20Livret.pdf">https://www.auschwitz.be/images/train_1000/expo_valises-miroirs/William%20Ugeux%20Livret.pdf</a><br /> <strong>Source iconographique :</strong><br /> <a href="http://www.cegesoma.be/cms/index_fr.php?article=1820">http://www.cegesoma.be/cms/index_fr.php?article=1820</a><br /> </p> Mon, 31 Dec 2018 17:43:48 +0100 La Postion Fortifiée de Namur (PFN) en mai 1940 (Tome 1) https://www.freebelgians.be/articles/articles-6-180+la-postion-fortifi-e-de-namur-pfn-en-mai-1940-tome-1.php https://www.freebelgians.be/articles/articles-6-180+la-postion-fortifi-e-de-namur-pfn-en-mai-1940-tome-1.php <p style="text-align:center"><img src="https://www.freebelgians.be/upload/la_pfn_en_1940_815ea.jpg" alt="" class="valign_" /></p><br /> <br /> <p style="text-align:center">La première étude scientifique d’ensemble sur Namur en mai 1940 !</p><br /> <br /> <p style="text-align:justify">La Position fortifiée de Namur (P.F.N.) en mai 1940 (tome 1). De 1918 au 10 mai 1940.<br /> Préface de Francis BALACE, professeur émérite de l’université de Liège<br /> <br /> L’auteur : Docteur en histoire, ancien conservateur du Domaine Solvay-Château de La Hulpe, Jacques Vandenbroucke est historien-archiviste au Service des Archives régionales de Wallonie. Il est l’auteur d’ouvrages d’histoire locale et régionale et collabore à de nombreuses revues scientifiques. <br /> <br /> L’ouvrage : En 1990, le professeur namurois Jean Baudhuin constatait : « En 1930, la Défense nationale faisait paraître un volumineux ouvrage relatant de quelle manière s’était effectuée la Défense de la Position fortifiée de Namur en août 1914. Par contre, cinquante ans après les événements de mai 1940, rien de semblable n’a encore été réalisé. » <br /> <br /> Seuls avaient été utilement publiés des témoignages de combattants dans des revues d’histoire locale et quelques monographies relatives à un ouvrage fortifié en particulier. Une étude historique d’ensemble, non pas uniquement consacrée aux forts, faisait toujours défaut. La Position fortifiée de Namur apparaissait comme le parent pauvre de l’historiographie de 1940. Officiellement, il ne s’était pas passé grand-chose à Namur… <br /> <br /> Entamée en 1996 et présentée à l’U.C.L. en 2012, la présente recherche doctorale La Position fortifiée de Namur (P.F.N.) en mai 1940, basée sur l’analyse des archives publiques belges, françaises et allemandes, sur des sources privées et plus de 300 témoignages oraux, prouve au contraire que Namur fut le théâtre de très nombreux événements associant l’armée belge, l’autorité civile et la population.<br /> <br /> Ce premier tome décrit le sort de la Position fortifiée de Namur depuis 1918 jusqu’au 10 mai 1940 inclus. Illustrées par plus de 470 documents iconographiques, souvent inédits, ces pages plongeront le lecteur au cœur de la Position fortifiée de Namur réarmée dans les années 1930 et défendue par le VIIe corps d’armée du lieutenant-général Deffontaine, destinée à briser toute offensive ennemie au centre de la Belgique. Organisation défensive, instruction des cadres et de la troupe, manœuvres de 1937 en présence de Léopold III, vie quotidienne sur le terrain durant la mobilisation, mise sur pied de guerre progressive en avril-mai 1940, alerte générale du 10 mai 1940, relations avec les Français…, autant de sujets abordés dans cet ouvrage qui dépeint également la situation générale à Namur et dans les communes limitrophes. <br /> <br /> Sans la collaboration des témoins de cette période troublée, cette synthèse n’aurait pas la même densité historique, la même empreinte humaine. Les acteurs de 1940, « ceux qui veillèrent », vous emmènent à leurs côtés pour revivre l’histoire à laquelle ils prirent part ! <br /> <br /> La Position fortifiée de Namur (P.F.N.) en mai 1940 (tome 2). Du 10 au 24 mai 1940 et l’après-guerre sera publié en 2019.<br /> <br /> Spécificités techniques : format A4, full quadrichromie, 424 pages, plus de 470 illustrations, prix 49 €. Contact : james.vandenbrouckeATgmail.com <br /> L'adresse e-mail a été rendu illisible pour les robots, les internautes savent bien qu'il faut changer les lettres AT par le signe conventionnel</p> Thu, 27 Dec 2018 10:37:01 +0100 Justicier de Paul COLLIN. Arnaud FRAITEUR https://www.freebelgians.be/articles/articles-3-179+justicier-de-paul-collin-arnaud-fraiteur.php https://www.freebelgians.be/articles/articles-3-179+justicier-de-paul-collin-arnaud-fraiteur.php <p style="text-align:center"><img src="https://www.freebelgians.be/upload/fraiteur_arnaud.jpg" alt="" class="valign_" /></p><br /> <br /> <p style="text-align:justify">Justicier de Paul COLLIN. Arnaud FRAITEUR est un résistant belge, né à Ixelles le 23 mai 1924 et mort au Fort de Breendonk le 10 mai 1943. <br /> Arnaud Fraiteur effectue ses études secondaires à l’Athénée Royal d'Ixelles.<br /> Il s’inscrit ensuite comme étudiant à l’Université de Liège où il réussit avec succès l'examen d'entrée aux études d'ingénieur civil. En mai 1940, l'invasion de la Belgique par l'Allemagne nationale-socialiste met fin à son cursus universitaire. L’Université de Liège suspend les cours, tout comme l’Université libre de Bruxelles le 24 novembre 1941 <br /> Il adhère en 1941 à l'Armée belge des Partisans (Partisans armés). Il rejoint une unité bruxelloise spécialisée dans la lutte contre la collaboration intellectuelle. Cette unité comprend un grand nombre de jeunes proches de l'Université libre de Bruxelles. Il participe à plusieurs actions, dont l'assassinat du journaliste et critique d'art Paul Colin, directeur et rédacteur en chef du quotidien Le Nouveau Journal, qu'il avait créé en 1940 pour diffuser ses idées de collaboration avec l'occupant allemand. Le 13 avril 1943, en compagnie d'André BERTULOT et de Maurice RASKIN, il abat Paul Colin et son garde du corps Gaston Bekeman dans la librairie située 87 rue de la Montagne à Bruxelles, au-dessus de laquelle se trouvent les bureaux du "Nouveau Journal". RASKIN et BERTULOT, qui ont couvert la fuite de FRAITEUR, sont rapidement arrêtés, mais Arnaud FRAITEUR parvient à s'enfuir.</p> <br /> <br /> <p style="text-align:center"><img src="https://www.freebelgians.be/upload/fraiteur_arnaud3.jpg" alt="" class="valign_" /></p><br /> <p style="text-align:center">Paul Colin, journaliste-directeur du Nouveau Journal et de Cassandre, figure clé de la presse collaboratrice</p><br /> <br /> <p style="text-align:center"><img src="https://www.freebelgians.be/upload/fraiteur_arnaud2.jpg" alt="" class="valign_" /></p><br /> <p style="text-align:center">Funérailles de Paul Colin et de Gaston Bekeman, organisées en grande pompe par l’occupant.</p><br /> <br /> <p style="text-align:justify">L’affaire à l’époque fit grand bruit, à la fois dans la population, qui vit dans l’exécution de Paul Colin le juste châtiment d’un criminel, et dans les milieux de la collaboration qui perdait un chef de file<br /> Quoique l'attentat ne concerne que des ressortissants belges, les autorités allemandes s'emparent immédiatement du dossier, montrant par là l'importance qu'elles accordent à la personne de Paul Colin. La Feldgendarmerie, la Geheime Feldpolizei et la Gestapo descendent sur les lieux de l'attentat. L'occupant garde à sa disposition André BERTULOT (arrêté le jour même) et Maurice RASKIN (arrêté le lendemain). La police et la justice belges sont ainsi dessaisies du dossier. Arnaud Fraiteur est rapidement identifié grâce à la plaque d'immatriculation du vélo qu'il a abandonné sur place. La maison familiale est mise sous surveillance le soir même. Arnaud FRAITEUR, en fuite, ne rentre pas chez lui et se cache à Uccle chez des amis de ses parents tandis que le réseau Zéro, avec l'aide du réseau belge de France ALI, dirigé par Joseph DUBAR, organise son évacuation vers l'Angleterre. Le réseau Zéro fait appel à un chauffeur du ministère des Colonies pour conduire Arnaud FRAITEUR vers la France. Mais le chauffeur, aidé du directeur qui remplace Paul Colin à la tête du "Nouveau Journal", le dénonce aux autorités allemandes, ce qui permet à la Gestapo de l'arrêter le 19 avril à quelques kilomètres de Halle, sur la route qui le conduit vers la frontière française. FRAITEUR, RASKIN et BERTULOT sont condamnés à mort après un simulacre de procès devant le Conseil de Guerre de l'Oberfeldkommandantur à Bruxelles.</p> <br /> <br /> <p style="text-align:center"><img src="https://www.freebelgians.be/upload/fraiteur_arnaud1.jpg" alt="" class="valign_" /></p><br /> <p style="text-align:center">Trois membres de la résistance, les partisans Fraiteur, Raskin et Bertulot, durant leur procès par la justice allemande.</p> <br /> <p style="text-align:center">(Photo CegeSoma, collection Arnaud Fraiteur, n° 31482)</p><br /> <br /> <p style="text-align:justify">Ils sont exécutés par pendaison au Fort de Breendonk le 10 mai 1943<br /> Enterré dans un premier temps au Tir national à Bruxelles, le corps d'Arnaud Fraiteur est exhumé le 7 juin 1945 pour être inhumé dans le caveau familial du cimetière de Saint-Gilles.</p><br /> <br /> <strong>Sources bibliographiques:</strong><br /> <a href="http://bel-memorial.org/tribute/tribute_1.php?INDIVIDUALS_ID=10707&amp;RECOUP=10707">http://bel-memorial.org/tribute/tribute_1.php?INDIVIDUALS_ID=10707&amp;RECOUP=10707</a><br /> <strong>Sources Iconographiques:</strong><br /> <a href="https://histoires-ixelles.blog/2017/09/19/1943-arnaud-fraiteur-resistant/">https://histoires-ixelles.blog/2017/09/19/1943-arnaud-fraiteur-resistant/</a><br /> <a href="http://www.cegesoma.be/cms/index_fr.php?article=3047">http://www.cegesoma.be/cms/index_fr.php?article=3047</a><br /> <a href="https://www.belgiumwwii.be/belgique-en-guerre/personnalites/paul-colin.html">https://www.belgiumwwii.be/belgique-en-guerre/personnalites/paul-colin.html</a> Sat, 01 Dec 2018 11:43:02 +0100 SOUVENIR DE LA LIBÉRATION DE NAMUR. https://www.freebelgians.be/articles/articles-3-178+souvenir-de-la-lib-ration-de-namur.php https://www.freebelgians.be/articles/articles-3-178+souvenir-de-la-lib-ration-de-namur.php <p style="text-align:justify">Les hasards de la guerre ont conduit un jeune Bruxellois, Maurice J. HINSENKAMP, à participer aux combats pour la libération de Namur, en 1944. Recherché par la Gestapo, tandis que ses parents étaient envoyé dans les camps de concentration, il échappa plusieurs fois à la capture et connut divers refuges avant d'aboutir à Namur où Raymond PRAILE l'enrôle dans l'Armée blanche. C'est ainsi que l'on nomme alors, la Résistance sans faire de détail dans ses différentes composantes.<br /> Le 3 septembre 1944, lors du regroupement de la "Zone I de l'Armée secrète, il est intégré au "Groupe Marchal" que commande le futur général LEGRAIN. Ce groupe portait le nom d'un de ses membres, le sergent du Génie Albert MARCHAL, fusillé par l'ennemi en 1943.</p><br /> <br /> <br /> <p style="text-align:center"><img src="https://www.freebelgians.be/upload/groupemarchal1.jpg" alt="" class="valign_" /></p><br /> <p style="text-align:center">Albert Marchal né le 7 octobre 1916 et fusillé le 20 octobre 1943</p><br /> <br /> <p style="text-align:justify">Il accomplit de nombreuses actions de sabotage et de guérilla avant d'entrer à Namur et est cité à l'ordre du jour de l'A.S. par le colonel VANDEZANDE.<br /> De ses pérégrinations de clandestin, M. HINSENKAMP a tiré un récit qui fut d'abord publié dans "Pygmalion", la revue des fraternelles de l'A.S.</p><br /> <br /> <p style="text-align:center"><img src="https://www.freebelgians.be/upload/groupemarchal2.jpg" alt="" class="valign_" /></p><br /> <br /> <p style="text-align:justify">Voici le chapitre consacré à la libération de Namur.<br /> M. HINSENKAMP et ses compagnons ont rencontré, à Fosses, les premiers chars américains. Quittant la ferme de Taravisée, ils sont arrivés sur les hauteurs dominant la ville, qui est encore tenue par les Allemands. A l'aube, l'ordre de départ est donné. L'ancien résistant raconte :<br /> "Sur deux rangs, nous avons pris la route de Namur. Pour ma part, toujours avec mon vélo dont le porte-bagages était chargé de victuailles du groupe, consistant en un magnifique jambon, un pain et une motte de beurre.<br /> De part et d'autre de la route, des véhicules américains de tous types étaient garés et les G.I's qui bivouaquaient, formaient la haie. Depuis la veille, ils attendaient leur ravitaillement qui n'avait pas su suivre la rapidité de leur avance. Voyant que seulement la moitié d'entre nous était armée pour attaquer Namur, certains distribuèrent aux démunis des fusils et des grenades allemandes en dépit du prix qu'ils y attachaient.<br /> A la place Wiertz, nous avons fait halte et après avoir déposé, le superflu, dont mon cher vélo, dans l'une des maisons d'angle, nous avons attendu l'ordre d'attaque en fumant ce qui pouvait être notre dernière cigarette qui, pour ma part, a été effectivement l'une de mes premières et de mes dernières.<br /> Lorsque le lieutenant LEGRAIN commanda d'avancer en tirailleurs de chaque côté de la rue qui descendait vers les Bas-Prés et prit la tête de la colonne de droite, la contrainte enfin libérée me projeta à sa hauteur le long des façades de gauche. Au bas de la rue, une péniche placée en travers de la Sambre à la demande de Léon Wilmet, nous permit de franchir la Sambre au moyen de ce pont improvisé qui remplaçait celui d'Omalius, dynamité.<br /> Nous savions les Allemands dans le parc Louise-Marie et à l'emplacement du pont d'Omalius, soit à portée de fusil, mais n'avons essuyé aucun feu, réservé au groupe suivant, commandé par le lieutenant De VILLE.<br /> Réunis au couvent des Ursulines, nous sommes absous et bénis par l'archiprêtre Remy et entendons siffler les obus d'un canon anti-aérien qui tirait à l'horizontale. Egalement, les balles d'un d'entre nous dont la trop grande confiance dons le cran de sécurité de sa mitraillette faillit nous perdre.<br /> Ensuite, par la rue Lelièvre, nous avons gagné la sacristie de la cathédrale Saint-Aubain et, guidé par le vicaire MATHEN, grimpé dans le clocher pour repérer les Allemands, retranchés dans l'Arsenal, le parc Louise-Marie et les rues avoisinantes. En particulier, à l'angle de la rue du Séminaire et de la rue de l'Evêché. Ce courageux vicaire qui nous guida et soigna les blessés était originaire d'Aubange où ses parents abritaient réfractaires et résistants. Il est devenu Monseigneur MATHEN, évêque de Namur et aumônier du groupe. En novembre 1979, la médaille de reconnaissance de l'U.F.A.S. lui fut remise par le général LEGRAIN en présence d'une vingtaine de survivants. A l'époque, nous n'avons pas voulu mitrailler les Allemands de la position exceptionnelle que constituait le clocher et sommes descendus les attaquer par le Fonds Saint-Aubain.<br /> De cet endroit, je crus pouvoir les faire tous capituler par la seule force de ma voix en dépit de leur supériorité en nombre et en armement et l'ordre reçu de tenir jusqu'au bout. En allemand, je leur crie qu'ils sont encerclés et qu'ils n'ont rien à craindre de nous s'ils se rendent. En réponse, une porte s'ouvre sur notre droite et un drapeau blanc apparaît. De cette position, une rafale de mitraillette aurait pu tous nous faucher, 35 ans plus tard, Monseigneur MATHEN devait déclarer que sans mon exorde, il n'aurait pu être nommé évêque de Namur. Le doigt sur la gâchette de nos armes, nous n'avons jamais opéré une volte-face aussi rapide. Je crie d'avancer les mains en l'air, un soldat apparaît, puis un second. A cet instant, une fusillade part de la rue du Séminaire. Terrifiés, sept Allemands s'avancent vers nous pour se faire fouiller. Deux d'entre nous les emmènent, tandis que sous les rafales d'un fusil-mitrailleur qui ricochent sur les pierres de la cathédrale, nous nous abritons derrière le coin coupé opposé.</p><br /> <br /> <p style="text-align:center"><img src="https://www.freebelgians.be/upload/groupemarchal3.jpg" alt="" class="valign_" /></p><br /> <br /> <p style="text-align:justify">L'éclusier de Mornimont, Camille MALHERBES s'engagea trop. Soudain, une fontaine de sang gicle dans son dos. Le poumon gauche perforé. Nous le ramenons dans une cour intérieure, où le lieutenant LEGRAIN, commotionné, s'est également écroulé et est emmené. Une civière est cherchée pour Camille qui me chuchota ce qu'il croyait être ses dernières recommandations à sa femme et à ses enfants. Il devait heureusement en réchapper.<br /> Pendant ce temps, sous le couvert d'un drapeau blanc, Emile KIRSCH s'était engagé dans la rue du Séminaire. Accueilli par un feu nourri, il en réchappa miraculeusement avec seulement deux balles dans l'avant-bras droit. Pour le venger je gagnai à nouveau le fond Saint-Aubain où un résistant du groupe De VILLE me fit signe. Il m'expliqua qu'en traversant les maisons, il y avait possibilité d'approcher de l'endroit où s'étaient retranché les Allemands. Escaladant le mur de séparation arrière, nous pénétrons dans la première maison de la rue de l’Évêché. A la fenêtre du premier étage est posté un autre résistant qui me montre la rue de l'Arsenal d'où arrivaient les Allemands et la maison d'en face qui faisait l'angle entre notre rue et celle du Séminaire. La façade se présentait de profil et d'une fenêtre du premier étage sortait un fusil-mitrailleur qui nous avait arrosés. Le servant ne pouvait être atteint de nos fenêtres, pas même de la tabatière. Sous les combles, apercevant un trou dans une tuile, je me penche pour regarder au travers, lorsque je le vis soudain se multiplier et réalisai qu'il s'agissait de balles traversant la toiture.<br /> Je redescends au premier tour pour voir une section de soldats allemands s'abriter derrière le coin de la rue de l'Arsenal. Nous les mitraillons et un de nous va chercher du renfort. J'entends des ordres criés au mitrailleur de nous prendre sous son feu. Heureusement, il ne pouvait pas plus nous atteindre que nous ne le pouvions. De sorte que nous tenons tête au tir des autres armes qui se concentrent sur nous, faisant sauter plâtras, carrelages et chauffe-eau de la salle de bain dans laquelle nous nous trouvions, jusqu'à ce que les assaillants parviennent à traverser notre barrage et commencent à enfoncer la porte d'entrée. L'ordre est donné de lancer des grenades dans nos fenêtres et nous n'avons que le temps de débouler dans l'escalier avant les premiers éclatements.<br /> Fond Saint-Aubain, j'exhortai une dernière fois les Allemands à la reddition, mais ne reçus qu'une invitation ironique de venir le leur demander plus près.<br /> J'attendis vainement des renforts et lorsque, sous le couvert de la nuit, je constatai que les vélos allemands, déposés à l'angle de la rue du Séminaire, avaient disparu et la rue abandonnée, je sonnai à la porte de M. DEMUTH, à deux cents mètres de là, pour pouvoir m'endormir pour la première fois depuis deux jours.<br /> Le lendemain, je rejoignis le P.C. du groupe qui avait pris ses quartiers chaussée de Bruxelles, aux Ets WILMET. J'y appris les détails de la veille. Vers deux heures, le sous-lieutenant "Mioche" DENBLIJDEN avait amené quatre tanks américains qui en remontant l'avenue Stassart avaient cerné le parc, nettoyé le groupe De VILLE. Si les pertes que nous avons infligées à l'ennemi l'ont fait se retirer, nous déplorons dans nos rangs des blessés et la mort de l'adjudant DEJET.<br /> A la place Wiertz, je constate la disparition de mon vélo et de son chargement de victuailles.<br /> Quelques opérations de nettoyage sont encore entreprises contre des tireurs cachés dans les toits et des îlots de résistance à l'école des cadets. Escortant des prisonniers, nous croisons des FFIs qui ont suivi en voiture l'avance des troupes américaines. Froidement, ils nous déclarent qu'eux ne faisaient pas de prisonniers.<br /> Namur est libérée. Les Américains y entrent de toutes parts et nous organisons notre armement et notre charroi dans l'espoir de pouvoir les suivre dans leur avance. A l'Arsenal, transformé en camp de prisonniers de guerre, certains essayent de troquer des accessoires de leur uniforme, tandis que d'autres se glissent plusieurs fois dans la file des rations. Les collaborateurs, dont la chasse est organisée, s'y trouvent également rassemblés".<br /> Démobilisé à la fin de septembre, M. HINSENKAMP a eu le bonheur de voir rentrer ses parents, quelques mois plus tard, cruellement éprouvés par leur captivité. Et il conclut :<br /> "Nous avons réappris à vivre et essayé d'oublier. Mais peut-on laisser oublier une époque où un même idéal patriotique unissait la majorité des Belges, quelles qu'aient été leur appartenance linguistiques ou autres. Celui pour lequel des milliers d'autres sont morts, fusillés, décapités, perdus ou torturés. Pouvons-nous laisser ignorer cette force aux jeunes qui questionnent et s'interrogent ?".</p><br /> <br /> <strong>Sources :</strong><br /> <a href="https://sites.google.com/site/resistancecouvin/groupe-marchal">https://sites.google.com/site/resistancecouvin/groupe-marchal</a><br /> Journal "Vers l'Avenir" du samedi 3 et dimanche 4 septembre 1983.<br /> Livre de M. Hinsenkamp ‘’Un Allemand dans la Résistance’’ Thu, 01 Nov 2018 11:17:33 +0100 LE SOLDAT JEAN SARTORI - 18 AVRIL 1945 https://www.freebelgians.be/articles/articles-4-177+le-soldat-jean-sartori-18-avril-1945.php https://www.freebelgians.be/articles/articles-4-177+le-soldat-jean-sartori-18-avril-1945.php <p style="text-align:center">LE SOLDAT JEAN SARTORI LORS DE LA PATROUILLE D’OPHEUSDEN DU 18 AVRIL 1945.<br /> <br /> </p><p style="text-align:center"><img src="https://www.freebelgians.be/upload/sartori_jeanclipimage002.jpg" alt="" class="valign_" /></p><br /> <p style="text-align:center">Jean SARTORI</p><br /> <br /> <p style="text-align:justify">Dans les années 1920, une modeste maison située rue Malgagnée, à quelques mètres de la rue Haute Préalle, abritait la famille Sartori.<br /> Ce ménage sans histoire jouissait de la considération des habitants de l’endroit. Une fille et trois garçons comblaient de joie des parents travailleurs, soucieux de l’avenir de leurs enfants.<br /> Le bonheur ne fut hélas que de courte durée !<br /> Au décès de maman Sartori, la grande sœur, sacrifiant sa jeunesse, remplit auprès de ses frères un rôle trop tôt abandonné par la disparue. L’aînée fera de ses cadets des hommes !...<br /> Des hommes qui, au cours du deuxième conflit mondial, accompliront au sein de divers mouvements de résistance les missions les plus audacieuses. Jean Sartori, le benjamin, a accepté de réveiller pour nous des faits douloureux qu’il voudrait oublier mais qui restent à jamais gravés dans sa chair et dans sa mémoire. Il précise qu’au début des hostilités, ses frères et lui ne ressentaient aucun penchant pour les aventures guerrières, aucun enthousiasme pour la gloire dont rêvait, à l’époque, la jeune génération. Ils étaient tout simplement des patriotes.<br /> Le héros de notre histoire raconte :<br /> « A la déclaration de la guerre, j’ai dix-huit ans. Nicolas et François, mes deux frères, sont mobilisés.<br /> Libéré après la campagne des dix-huit jours, Nicolas milite dans les rangs du Front de l’Indépendance.<br /> François, après la reddition, entre dans la clandestinité avec pour mission spéciale la fourniture d’armes. Trapéziste de grand talent et membre de la société de gymnastique herstalienne « Le Palmier », il était très populaire dans la commune. Arrêté par les Allemands en 1943, au café du Marronnier place Maghin, il ne revint jamais. Depuis, la seule nouvelle reçue le concernant est une présomption de décès à Buchenwald. Ce fait fut confirmé après la guerre par un prisonnier politique de Seraing qui avait partagé sa détention dans le même camp de concentration.<br /> En 1941, je travaille à la fabrique d’armes PIEPER (usine située rue Petite Foxhalle approximativement à l’emplacement de l’actuelle rue des Armuriers), répondant ainsi aux sollicitations de M. Delchef qui, à l’intérieur de cette entreprise, a formé un groupe de résistants spécialisé en matière de sabotage.<br /> Une de nos premières réalisations est la fondation d’un journal clandestin « L’Etincelle » qui paraissait régulièrement et dont la rédaction avait été confiée à des personnes compétentes.<br /> Une boîte aux lettres était établie au domicile d’une institutrice.<br /> Les actions de notre mouvement admirablement structuré et très efficace créent de sérieuses perturbations dans le fonctionnement normal de l’usine et, de ce fait, ralentissent considérablement la production. Mais la Gestapo est sur place et enquête. Un grave accident me sauve probablement la vie. Durant ma longue convalescence, M. Delchef et M. Peterman sont arrêtés lors d’une rafle effectuée à l’intérieur de l’usine. Ils seront fusillés le 5 août 1942.<br /> Le groupe Delchef démantelé, je rejoins jusqu’à la libération celui de M. Namotte.<br /> Quand je reprends le travail, je suis convoqué par le chef de la Gestapo Damave, placé sous le contrôle de la commission militaire et constamment surveillé.<br /> Après le débarquement allié, la police allemande m’enferme au blockhaus Pieper situé dans les caves de l’usine.<br /> Une nuit, vers 23 heures, Damave, ouvrant la porte de ma cellule, me prie de « foutre le camp » et me demande de ne pas oublier que je lui dois ma libération. Lorsqu’il passera devant le Conseil de guerre, Damave, pour sa défense, fera mention de ma mise en liberté, signalant qu’en me tirant des griffes de la Gestapo, il m’a sauvé la vie, ce que je confirmai devant la Cour. A l’arrivée des troupes américaines, je m’engage. Volontaire de guerre, je suis versé à la Brigade Piron.<br /> Après une courte instruction à Tamise, départ pour la Hollande suivi de la montée au front entre Arnhem et Nimègue. Là-bas, les événements qui survinrent me valurent le surnom de « mort-vivant » de la Brigade Piron.<br /> Le 18 avril 1945, j’étais soldat, volontaire de guerre, fusilier au 1er peloton de la compagnie C du III° bataillon de la Brigade Piron.<br /> Ce jour-là, tôt matin, ce bataillon, commandé par le major Maurice PONCELET, attaqua avec l’appui de chars canadiens Sherman les troupes allemandes et SS hollandais) qui occupaient les localités hollandaises. HEUSDEN et OPHEUSDEN, à une vingtaine de kilomètres à l’ouest de ARNHEM et de NIMEGUE ! Au début de l’après-midi, nous occupions ces localités d’où l’ennemi s’enfuit. La poursuite fut entamée jusqu’à ce qu’un champ de mines l’arrête.<br /> A 18 heures, mon commandant de compagnie, le capitaine André GOORMANDS communiqua à mon peloton l’ordre de partir en patrouille. Cette patrouille était commandée par le lieutenant Albert DEWAELE. La mission était de reconnaître le terrain et d’assurer la sécurité d’une reconnaissance d’officiers de chars.<br /> Le point de départ était un passage à niveau à la périphérie de la localité. L’itinéraire était une route droite, sans arbres, longeant une voie de chemin de fer, et aboutissant après deux kilomètres à une digue, point extrême à atteindre.<br /> Le dispositif était :<br /> - 2 éclaireurs (le soldat Jean ORBAN et moi)<br /> - 1 section (sergent Robert STAS) du 1er peloton<br /> - 1 major canadien<br /> - 1 équipe de déminage dirigée par le lieutenant Georges DARIMONT<br /> - 1 char Sherman avec le lieutenant James MUNDAY<br /> - HQ du 1er peloton<br /> - 2 sections du 1er peloton.<br /> Etant le premier éclaireur, je me trouvais en tête attendant l’ordre de départ. Je regardais la colonne se former. Les officiers donnaient leurs dernières instructions. Mais je me rendis compte que c’était sérieux quand je vis le 1er sergent Georges VERBRUGGE bourrer les poches des fusiliers de toutes les grenades fumigènes qu’il était possible d’emporter. Il répétait : « Vous n’en aurez jamais de trop. » Il avait l’expérience de l’ancien légionnaire. Nous sentions qu’il nous aimait. Il contribuait au formidable esprit d’équipe que nous avions. Emporter un maximum de fumigènes était indispensable. En effet, progresser sur une route droite, complètement dégagée et minée, aboutissant à une ligne de fortins (la « Grebbelinie »), peut-être occupés, était extrêmement dangereux. Vers 18 h 30, avant <br /> de donner le signal de départ, le lieutenant DEWAELE me fit ses dernières recommandations.</p><br /> <br /> <p style="text-align:center"><img src="https://www.freebelgians.be/upload/sartori_jeanclipimage004_plan.jpg" alt="" class="valign_" /></p><br /> <br /> <p style="text-align:justify">Nous avons progressé sur environ deux kilomètres. Il y avait à gauche de la route quelques maisons isolées, en retrait, vides. Je levais le bras et tous s’arrêtaient. Je visitais. Pas de danger. Un signal et on repartait. Le lieutenant DEWAELE avait ordonné le départ aux deux éclaireurs de tête, Jean ORBAN et moi, et de progresser alternativement, l’un observant et redoublant d’attention pendant que l’autre se déplaçait.<br /> Nous n’avons pas pu agir ainsi parce qu’un major canadien du Canadian Armoured Regiment qui accompagnait la patrouille me fit signe d’accélérer. C’est ainsi que je fus en tête jusqu’au point extrême à atteindre. La distance de sécurité entre les deux éclaireurs et le gros de la patrouille au départ diminua progressivement.<br /> On arriva à hauteur de la dernière maison à notre gauche. Elle était en ruine : quelques pans de mur et un tas de briques. Encore 200 mètres et la route nous conduisit à une digue d’environ 3 mètres de hauteur. Au pied de la digue, un fortin se dresse, menaçant. Nous étions devant un des éléments de la GREBBELINIE, ancienne ligne de fortification hollandaise. Plus tard, j’ai su qu’il y avait eu une communication radio entre le capitaine GOORMANS et le major PONCELET. Celui-ci a été d’accord pour que la patrouille continue, mais de n’engager que les éclaireurs. Un regard en arrière, un signe en avant et on continue.<br /> Arrivé à hauteur du fortin, la porte ouverte montrait qu’il était inoccupé. J’ai alors escaladé la digue et traversé un passage à niveau. Devant moi se dresse la <br /> gare de KESTEREN.</p> <br /> <br /> <p style="text-align:center"><img src="https://www.freebelgians.be/upload/sartori_jeanclipimage010_gare_de_kesteren.jpg" alt="" class="valign_" /></p><br /> <p style="text-align:center">La gare de Kesteren en 1945</p><br /> <br /> <p style="text-align:justify">Un peu en avant de la gare, plusieurs wagons. Au moment où je me dirigeais vers le premier de ces wagons, situé à une vingtaine de mètres, j’ai entendu des voix s’exprimant en allemand. Je me suis arrêté sur le bord de la route, mis un genou à terre et entrai en communication avec le deuxième éclaireur Jean ORBAN qui était a pied de la digue. Le sergent STAS ayant rejoint ORBAN sommait l’ennemi de se rendre. Pendant ce temps, le lieutenant DEWAELE dispersait ses fusiliers et installait ses Brens et son mortier en position de tir.<br /> Brusquement, du wagon le plus proche, qui était en réalité un poste de tir camouflé, une mitrailleuse a ouvert le feu dans ma direction. Dans le même temps, je plongeais dans le fossé et roulais sur le dos. De là, je pouvais voir mes camarades manœuvrer sous un feu d’enfer car la digue qui semblait inoccupée s’enflammait. Elle était en réalité truffée de casemates et de fortins. Les wagons et les bâtiments à moitié détruits étaient autant de créneaux de tir.<br /> Le Sherman du lieutenant MUNDAY sera touché de plusieurs coups directs sans subir de dégâts importants, protégé par l’épaisseur supplémentaire de chenilles soudées à des endroits choisis de la carcasse.<br /> Le lieutenant DEWAELE fait tirer son mortier de 2 pouces, ses 3 Brens et les fusiliers sur les objectifs qui apparaissent et sur les embrasures des fortins. <br /> Le char tire au canon et avec toutes ses armes automatiques. Cette puissance de feu de la patrouille et le courage de ses hommes éviteront l’encerclement et l’anéantissement. Les Allemands font donner leur artillerie, surtout leurs 88.<br /> Pour ma part, la dernière chose dont je me souviens, c’est le caporal Adolphe BROEKART (devenu sergent ensuite) qui courait à découvert pour alimenter les Brens en chargeurs. On a aussi crié que le soldat Albert LORY, tireur du Bren le plus avancé était touché. Il y eut une explosion près de moi. Je perdis connaissance.<br /> Quand je revins à moi, j’étais couche dans le fossé que je partageais avec le cadavre d’un veau. C’était la nuit et tout était calme. Puis j’entendis des bruits de pas résonner sur une passerelle, des voix et deux Allemands se diriger vers moi. Incapable de bouger, je fis le mort. L’un d’eux est descendu dans le fossé, a parlé à son compagnon, m’a enjambé, et les deux hommes ont repris leur ronde.<br /> Ensuite, il y eut un terrible bombardement qui dura une partie de la nuit.<br /> Les obus explosaient tout autour de moi. Quand le calme fut revenu, j’entendis à nouveau les bruits de pas et de voix. C’était une patrouille d’une trentaine d’hommes chargés de matériel. Elle passa à un mètre de moi. La nuit était très claire. Les Allemands pouvaient voir mon corps couché au fond du fossé bordant la route. Ils allaient miner la route. Puis le groupe est rentré vers la fin de la nuit.<br /> Il y eut un brouillard flottant au ras du sol. Je décidai de risquer ma chance. Je me suis débarrassé des tout ce qui pouvait me gêner ou me trahir dans ma progression, et, en rampant, j’ai quitté mon fond de fossé. Je me rappelle avoir progressé de quelques mètres puis m’être arrêté pour mettre les mains sur ma bouche pour étouffer le bruit de ma respiration. Je croyais qu’elle pouvait me trahir.<br /> Toujours en rampant, je traversai la digue en obliquant sur ma droite afin de m’écarter de la route et de son fossé protecteur. Je ne pouvais faire autrement ; j’étais persuadé que les Allemands avaient certainement au moins deux guetteurs en position avancée pour surveiller la route. Je me suis glissé dans la prairie qui se trouve au pied de la digue. Toute cette partie avait jadis été inondée, et ce fut ma chance, le terrain avait aussi été miné et l’eau en se retirant avait tassé la terre. Je repère les bouchons de mines avec les mains, et peux ainsi les éviter.<br /> La traversée de la prairie jusqu’à un canal d’irrigation me prendra une bonne heure. Silencieusement, je me laissai glisser dans l’eau du canal que je traversai en deux brasses.<br /> Sortant de l’eau, j’aperçus un homme couché derrière une arme que je reconnus être un Bren. C’était un des nôtres. Je rampai jusqu’à lui et lui pris le bras. Il était malheureusement mort. C’était Louis GOORMANS, un volontaire de guerre de 18 ans, propre neveu de notre commandant de compagnie André GOORMANS. Louis avait été tué d’une balle en plein front. Je me suis placé derrière lui et j’ai alors eu une nouvelle syncope.<br /> Quand je revins à moi, le soleil s’était levé. J’ai rampé les derniers mètres pour me glisser à l’abri derrière des ruines. Plusieurs coups de feu furent tirés dans ma direction, mais après ce que je venais de passer, je n’y fis même pas attention. Pour moi, le plus dur était fait.<br /> Couché derrière mon tas de briques à cent mètres des Allemands, je m’endormis. Dans un demi-sommeil, je crus entendre des voix s’exprimant en allemand. J’ai ouvert les yeux. J’étais seul. Mon battle-dress séchait. Je me suis lavé la figure dans un peu d’eau. Je n’avais aucune blessure apparente et je me sentis mieux. Des voix que j’avais entendues dans mon sommeil me travaillaient. Au pire, ce pouvait être les deux Allemands déjà entendus, installés en guetteurs surveillant la route. Pour les éviter, je me suis alors glissé derrière les maisons, j’ai alors vu un autre camarade, le soldat V.G. (volontaire de guerre) Jacques BERGHMANS, un Liégeois lui aussi. Il faisait partie de notre patrouille. Il était mort, éventré par un obus.<br /> J’ai alors repris la route me disant que les guetteurs allemands ne se découvriraient pas pour un seul homme. J’ai marché jusqu’à ce qu’une voix m’interpelle par mon nom. J’avais réussi à regagner nos lignes où mes camarades étaient stupéfaits de me revoir vivant.<br /> Après un rapide rapport au capitaine GOORMANS, celui-ci me conduisit au P.C. du III° Bataillon où des officiers belges et canadiens ainsi que le médecin GOLDBLAT m’attendaient. J’appris que pour trois armées, j’étais mort : les Belges, les Canadiens et les Allemands, ces derniers m’ayant « visité » pendant la nuit.<br /> Je fus reçu par le colonel PIRON qui me félicita, puis me dit : »Je suis bien obligé de changer ta citation. Dans la première, je te proposais pour la croix de guerre à titre posthume ». J’y ai gagné un surnom : « le mort-vivant de la Brigade ». Ce surnom fut déjà imprimé sous ma photo dans le SOIR ILLUSTRE du 10 mai 1945 avec un reportage du correspondant de guerre Roger CROUQUET.<br /> Cette patrouille fut aussi relatée, entre autres publications, dans le livre « L’HISTOIRE DE LA BRIGADE PIRON » de Monsieur René DIDISHEIM, qui lors des faits était commandant adjoint du major Maurice PONCELET, commandant le III° Bataillon. <br /> La patrouille du lieutenant DEWAELE deviendra la ‘’ patrouille d’OPHEUSDEN’’ et sera classée dans les archives de l’armée comme une des rares patrouilles de combat de l’armée belge pendant la guerre 1940-1945.</p><br /> <br /> <br /> <strong>Sources internet, bibliographique et iconographiques</strong><br /> <a href="http://www.maisondusouvenir.be/jean_sartori.php">http://www.maisondusouvenir.be/jean_sartori.php</a><br /> <a href="http://www.brigade-piron.be/temoignages_fichiers/tem_Sartori.Jean.html">http://www.brigade-piron.be/temoignages_fichiers/tem_Sartori.Jean.html</a><br /> « Extrait du périodique mensuel des Amis du Musée Herstallien, sous la plume de Raymond Smeers, historien ».<br /> Paru dans le bulletin d’information de la Fraternelle Brabant-Hainaut Mon, 01 Oct 2018 12:37:48 +0200 LE FAUX SOIR https://www.freebelgians.be/articles/articles-3-176+le-faux-soir.php https://www.freebelgians.be/articles/articles-3-176+le-faux-soir.php <p style="text-align:center"><img src="https://www.freebelgians.be/upload/faux_soir.jpg" alt="" class="valign_" /></p><br /> <br /> <p style="text-align:justify">Cette histoire commence le 20 octobre 1943 et se termine, par un énorme éclat de rire, le 9 novembre de cette même année.<br /> A cette date, des résistants du Front de l’Indépendance vendent, en quelques minutes, cinq mille exemplaires d’un faux numéro du SOIR.<br /> Auparavant, il a fallu, dans le secret et en vingt jours, trouver un imprimeur, assurer la rédaction des articles et organiser la distribution du quotidien.<br /> Tout réussit grâce au courage et à l’audace d’un groupe d’hommes.<br /> La Belgique rit aux éclats, et on l’entend de loin. La parution du ‘’faux’’ SOIR , au seuil d’un nouvel et dur hiver d’occupation, est une victoire de la résistance, un espoir pour la population et une belle revanche sur la presse pro-allemande.<br /> Tout avait été minutieusement organisé. Des cyclistes allaient, dans toutes les directions, porter les faux ‘’Soir’’ dans les kiosques. Il aurait fallu, pour que le succès fût complet, que le vrai ‘’Soir’’ parût avec retard. Il suffisait, pour arriver à ce résultat, d'obtenir de la R. A. F. qu'elle envoyât quelques chasseurs survoler la ville à l'heure de la sortie de l'édition. Il y aurait eu alerte et les rotatives du ‘’Soir’’ se seraient arrêtées. On fit demander à Londres de nous rendre ce service. Mais sans doute le haut commandement allié considéra-t-il notre proposition comme trop fantaisiste. Il n'y eut pas d'alerte. Nos hommes de main se contentèrent, pour remédier à cette déception, de mettre le feu, place de Louvain, à une des camionnettes du ‘’Soir-ersatz’’. Et à cinq heures, le vrai-faux ‘’Soir’’, comme nous devions l'appeler plus tard, était distribué dans toutes les ‘’aubettes’’(Kiosques) aux marchands qui n'y virent que du feu. Comme le tirage du ‘’Soir’’ était réduit, en raison des économies de papier, la foule se pressait devant les kiosques au moment où nos partisans vinrent apporter les paquets. Ceux-ci furent répartis en un clin d'œil. D'ailleurs, la ressemblance entre le vrai et le faux ‘’Soir’’ était frappante. Même discrétion dans les titres. Même aspect massif du texte très serré. Il fallut à chaque lecteur quelques minutes pour comprendre qu'une énorme mystification venait de se jouer, dont étaient victimes les Boches d'abord, les collaborateurs de la presse vendue ensuite. Bientôt, toute la capitale éclata de rire. En quelques heures, les villes de province reçurent, à leur tour, des paquets de faux ‘’Soir’’. On se les disputa à coup de gros billets. Le marché noir s'en mêla, car l'affreux mercantilisme des Belges n'abdique en aucune circonstance. Certains faux ‘’Soir’’ atteignirent la somme record de 1.200 voire de 1.500 francs le numéro. Pendant quinze jours, on ne parla que de cela dans le pays entier. Des gens connaissaient par cœur le texte du faux communiqué, relataient avec force détails certains faits-divers particulièrement drôles. Toutes les radios du monde parlèrent de l'exploit du Front de l'Indépendance. Le faux ‘’Soi’’ constituait une démonstration malicieuse de l'énorme et criminelle incohérence de la presse nazifiée. Il soulignait, très opportunément, les mensonges pyramidaux qui constituaient le principal aliment que les journalistes vendus étaient obligés de servir chaque jour en pâture à leurs lecteurs. Le faux ‘’Soir’’ rappelait aux Belges écrasés par des années de servitude que le Petit Bonhomme vivait toujours, et que notre pays n'avait renoncé ni à sa foi, ni à sa malice, ni à son goût traditionnel de la liberté. Quelle différence entre nos phrases guillerettes et rosses, et la lourde prose des forçats de la plume qui avaient envahi les rédactions embochées! Le ‘’faux Soir’’, parodie inoubliable de la «presse embochée.<br /> </p><br /> <p style="text-align:center"><img src="https://www.freebelgians.be/upload/faux_soir1.jpg" alt="" class="valign_" /></p><br /> <br /> <p style="text-align:justify"><strong>Mais que contenait en réalité ce ‘’faux’’ Soir ?</strong><br /> <br /> Outre le fait de ridiculiser la défense (dite élastique) allemande, on y trouvait également le programme de différents cinémas bruxellois :<br /> A.B.C: «Octobre rouge» et l'usine aux cadavres ». Documentaire culturel avec le général Paulus et ses soldats (le peu qui reste) <br /> AMBASSADOR: Olympiades, 1ère partie: le Marathon d'El Alamein à Sidi Barani, avec Rommel dans son plus grand rôle. <br /> ARENBERG: Un splendide numéro de dressage: Elias (succèsseur de S. De Clercq à la tête du V.N.V). et la Zwarte Brigade. <br /> CAPITOLE: «L'Insubmersible», avec toute la flotte britannique. <br /> CINE MIDI: «L'éclair figé », film comique avec Hitler et une pléiade de Germains <br /> FLORA : «Je fais dans mes hottes». Comique désopilant avec la légion Wallonie. <br /> GALERIES: Olympiades, 2ème partie; de Sidi Barani à la Côte, avec Rommel dans un rôle fait pour lui. <br /> MOLIERE:«L’Allemagne règne sur les mers ». Prestigieuse réalisation sur les grands abîmes sous-marins.<br /> Un article sur Léon Degrelle :<br /> Degrelle : IL SERA JUGE POUR MEURTRE PAR LE TRIBUNAL SS<br /> La Feldgendarmerie allemande vient d'infliger à l'Untersturmführer Léon Degrelle une peine privative de liberté. Comme de nombreux héros du Front de l'Est, M. Léon Degrelle était cocu. Et qui plus est, il le savait, ayant surpris, il y a quelques mois, sa vaillante épouse dans les bras d'un officier allemand, le commandant Ottokar van Schweinhund de la division Herman Goering. L’Untersturmführer avait constaté que son épouse n'opposait, aux assauts d'Ottokar von Schweinhund, qu'une molle tactique de hérisson suivie d'une défense déplorablement élastique. Résultat: l'ex-Mme Degrelie était, dit-on, un tout petit peu enceinte. Depuis ce Jour, le Untersturmführer Léon Degrelle remâchait son amertume. Il ne jouissait plus que de la considération concertée et fielleuse des chefs de gare. Mais Degrelle s'était juré de se venger. L'occasion se présenta dimanche passé en première ligne du Front de l'Est, à hauteur d'Aix-la-Chapelle. Brusquement Degrelle rencontra Ottokar von Schweinhund qui eut le culot de lui adresser son plus charmant sourire. N'écoutant que son courage, l'Untersturmführer sortit son revolver qui n'avait, jusqu'alors, jamais servi, et abattit son cynique rival. La Feldgendarmerie allemande s'est aussitôt mise sur la piste de Léon Degrelle qui avait pris la fuite et que l'on retrouva bientôt dans un abri bétonné. Léon Degrelle a été écroué et mis à la disposition du Tribunal des SS qui statuera bientôt sur son sort. Les funérailles d'Ottokar von Schweinhund auront lieu en grande solennité à Berlin. Son éloge funèbre sera prononcé par le Dr Goebbels. Retenu sur le front de l'Est, le Führer ne pourra assister à la cérémonie. Il s'y fera représenter par son ordonnance, un nommé Mussolini. A titre posthume, Ottokar von Schweinhund a été décoré de la croix de fer avec gueule de bois, surchargée de trois élastiques dorés.<br /> Et diverses petites annonces dont notamment :<br /> EX-COLLABOR., nazi 200 p. c... cherche pl. dans Journal clandestin, patriote et anglophile. <br /> CORBILLARDS à vendre. Conditions spéciales pour familles traîtres et collabor.<br /> PEAU DE L'URSS, vendue trop tôt, toujours disponible, chez A. Hitler, Blitzkriegallee, Berchtesgaden. <br /> L’Hiver approche et les événements marchent. <br /> Collaborateurs, FAITES RETOURNER VOS VESTES CHEZ LE TAILLEUR OPPORTUN 5 bis, rue de l'Heureuse Transition, Bruxelles. 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Il fera partie de la 81ème promotion.<br /> Comme sergent aviateur, il rejoindra le 29 avril 1940 le 3° Régiment d’Aéronautique. <br /> Le 15 mai 1940, il passe en France avec son unité et arrive en Grande-Bretagne venant de St Jean de Luz le 23 juin 1940. Il est repris dans les Forces belges en Grande-Bretagne et passe le 12 juillet 1940 comme sergent pilote au 5 OTU (Operational Training Unit) à Down Bircham.<br /> Le 4 août 1940, il sera affecté au 235 Squadron et en novembre au 272 Squadron bientôt équipé de Beaufighter I et transféré sur le théâtre du Moyen-Orient. <br /> Dès le début, il fera partie du détachement belge à Malte avec Charles <strong>ROMAN</strong> et Olivier <strong>LEJEUNE</strong>. Tous trois vétérans de la Bataille d’Angleterre, ils accompagneront d’abord les avances et les reculs de la VIII°Armée avant de participer effectivement à la défense de Malte et de la Crête<br /> Le 7 août 1941 il devient Pilot Officer et le 7 août 1942, Flying Officer. Le 15 juillet 1942 il est affecté au 2 OTU (Operational Training Unit) à Montrose et le 29 juillet au 3 Delivery Flight à High Ercall. <br /> Le 14 novembre de la même année, il rejoint le 171 Squadron et en janvier 1943 il est muté au 349 (Belgian) Squadron à lkeja au Nigéria. Blessé en février 1943, il séjournera à l’hôpital de Freetown jusqu’en juin 1943.<br /> Le 6 juin 43, il rejoint le 272 Squadron du RAF Middle East. Cette unité aérienne autonome, puissante force aérienne interalliée, travaillant avec une entente parfaite sous le contrôle de la RAF, avait pour objectif de conserver ouverte la route maritime qui, par Gibraltar et Suez, mène à l’Océan indien. La guerre au Moyen-Orient sera ainsi une lutte dont l’enjeu fut essentiellement des champs d’aviation. Le 7 août 1943, il est nommé Flight Lieutenant et le 14 février 1944. Acting Squadron Leader.<br /> Le 6 avril 1944 ayant décollé de Alghero en Sardaigne à bord d’un Bristol Beaufighter X, son avion en flammes s’écrasera en mer au large de Port-Vendres.<br /> <strong>Les distinctions honorifiques de René Demoulin:</strong><br /> Croix de Guerre 1940 avec Palme<br /> 1 Palme supplémentaire<br /> Lion de Bronze sur Croix de Guerre avec citation à l'Ordre du Jour de l'Aéronautique Militaire "Officier aviateur faisant partie du Coastal Command au Moyen Orient a en collaboration avec deux compagnons abattu en combat aérien un Ju 52 et détruit plusieurs autres au sol"<br /> Chevalier de l'Ordre de Léopold<br /> L'Insigne métallique des Forces Belges en Grande Bretagne<br /> Médaille commémorative de 1940-45 avec deux Sabres croisés<br /> 1939-45 Star<br /> Atlantic Star<br /> Italy Star<br /> Africa Star<br /> War Medal 1939-45</p><br /> <br /> <strong>Source Internet:</strong><br /> <a href="http://www.vieillestiges.be/fr/bio/4">http://www.vieillestiges.be/fr/bio/4</a> Wed, 01 Aug 2018 12:19:00 +0200