Derniers articles https://www.freebelgians.be Derniers articles (C) 2005-2009 PHPBoost fr PHPBoost Gérard PAUQUET, alias Robert HANNE https://www.freebelgians.be/articles/articles-3-228+g-rard-pauquet-alias-robert-hanne.php https://www.freebelgians.be/articles/articles-3-228+g-rard-pauquet-alias-robert-hanne.php <p style="text-align:justify">Souvenirs d'un jeune Résistant, originaire de Baelen-sur-Vesdre et réfractaire à la Wehrmacht.</p><br /> <br /> <p style="text-align:center"><img src="https://www.freebelgians.be/upload/pauqut_hanne_freebelgians_novembre2022.jpg" alt="" class="valign_" /></p><br /> <br /> <p style="text-align:justify">En ce début de juin 1943 débarque à Nivelles en gare de l'Est, d'un convoi venu de Verviers et en partie occupé par des soldats de la Luftwaffe casernés à Nivelles, Robert HANNE, ouvrier soudeur aux Ateliers métallurgiques. Il porte un livre discrètement glissé sous le bras. Il se dirige vers une dame aux cheveux ornés d'un ruban rouge, laquelle lui demande : " C'est le volume I ? <br /> A sa réponse affirmative, elle le prie de la suivre. Sans mot dire, tous deux gagnent la rue Berthels où cette dame a son domicile. Ils y entrent furtivement par une issue arrière.<br /> C'est ainsi que Gérard PAUQUET, alias Robert HANNE, jeune Résistant de Baelen-sur-Vesdre et réfractaire à la Wehrmacht est entré dans la clandestinité à Nivelles. La dame qui l'a accueilli à la gare de l’Est était Mme DUSSART-ANWAY, l'épouse d'un Résistant nivellois, Armand DUSSART, instituteur à l'Ecole d'application de l'Ecole Normale de l'Etat.<br /> Le surlendemain de son arrivée, Gérard est pris en charge par l'abbé GOSSART (Mr l'abbé P. GOSSART était l'aumônier de la 3e Cie Refuge " Panthère " (Villers-la Ville) de l'A.S. En plus de son service de renseignements, il venait en aide aux réfractaires.<br /> <br /> Ce dernier le conduit à la ferme de la Belle-Maison, exploitée par un autre Résistant, Gaston DEHOUX. C'est là, au numéro 3 du chemin de Grambais (Actuellement : Vieux chemin de Braine-le-Comte), à proximité des Ateliers métallurgiques où il est censé " souder ", que Gérard PAUQUET va passer, toujours sur le qui-vive, les dix-huit derniers mois de l'occupation.<br /> Dans cette ferme, Gérard aurait pu se contenter de vaquer à des occupations qui lui étaient familières – il était en effet fils de fermier – si son hôte, Gaston DEHOUX, ardent patriote, n'avait décelé en lui la même volonté, le même courage de résister à l'ennemi. Qu'on en juge plutôt !<br /> Gérard PAUQUET est né en 1924 à Baelen-sur-Vesdre, une commune située en territoire belge, mais toute proche de la frontière qui avant 1919 séparait la Belgique de l'Empire allemand. Dès le 10 mai 1940 Gérard fuit l'invasion et gagne, comme des milliers de compatriotes, les Centres de renfort de l'armée belge, mieux connus sous le nom de CRAB, où sont regroupés entre autres les appelés de la classe 1940. Mais vu son âge – il n'a pas encore 16 ans à l'époque – Gérard attendra l'appel sous les armes dans une exploitation agricole de Châtel-de-Nœuvre, localité située au sud de Moulins, dans l'Allier.<br /> Au lendemain de la capitulation, Gérard s'en retourne, le devoir accompli, au pays. Mais quel pays ? A sa descente du train a Verviers, en juillet 1940, il apprend qu'il ne peut regagner son domicile car depuis le 18 mai le canton d' Eupen a été annexé au IIIème Reich et dix autres communes, dont Baelen où il est domicilié, ont été rattachées administrativement le 29 mai à l'Allemagne.<br /> Gérard n'est donc plus Belge et, comme il est dépourvu de passeport, il ne pourra franchir la frontière militairement surveillée, que clandestinement, la nuit suivante.<br /> Dans sa commune de Baelen où il a retrouvé ses parents, Gérard entre dès 1940 au Corps Franc Mary-Lou, un mouvement de Résistance qui aide les prisonniers de guerre français échappés de leur stalag a regagner la France. En ces circonstances, il héberge dans le fenil de la ferme paternelle des prisonniers évadés et les pilote ensuite jusqu'au passeur qui leur fera franchir la frontière.<br /> Le 6 juin 1943 Gérard devra lui aussi passer cette même frontière comme réfractaire. Comme d'autres jeunes gens de Baelen-sur-Vesdre qui ont atteint l'âge de 18 ans, il a reçu l'ordre de rejoindre la Wehrmacht, un ordre auquel il ne veut pas répondre.<br /> Le passage de la frontière, gardée par des douaniers et des militaires, est particulièrement périlleux. Après un premier essai infructueux, le groupe des réfractaires – ils sont plus de septante – passe un contrat écrit, contresigné par le greffier du tribunal de Dolhain : avec le chef des douaniers, un certain S. (ce dernier qui s'était compromis aux yeux des Belges pour avoir vendu à l'Allemagne les plans du fort de Battice se garantissait de cette façon contre d'éventuelles poursuites après la guerre, en ne s'opposant pas au passage des réfractaires).<br /> Pris en charge par le groupe Mary-Lou, Gérard échappera aux poursuites de la police allemande. On le retrouve tantôt à Liège, à deux pas de la caserne de la Chartreuse (!), à Nessonveaux, à Chaudfontaine (où un ami de la famille, qui l'a reconnu, l'averti du danger qu'il court d'être arrêté), a Verviers enfin. Dans cette dernière ville, il trouve refuge chez Mr RANWAY, le neveu de la dame au ruban rouge, un professeur qui expédie à sa tante de curieux "volumes" et qui fournira également à Gérard les faux documents l'habilitant à rejoindre Nivelles comme ouvrier-soudeur aux Ateliers métallurgiques. Aux Ateliers métallurgiques, Gérard n'y mettra jamais les pieds, encore que depuis les prairies de la Belle- Maison il pût voir ces longs bâtiments industriels qui, en lui servant de point de chute providentiel, lui ont permis d'échapper à la conscription de la Wehrmacht.<br /> Toutefois, la vie à la Belle-Maison n'offrait pas toujours le calme champêtre que l'on pourrait s'imaginer. En effet, en cette fin d'occupation, les Allemands perquisitionnent souvent dans les fermes, toujours de nuit. Aussi ne dort-on que d'un œil ! Gérard occupe la chambre située juste au-dessus de la porte d'entrée : il est ainsi le premier averti. Les Allemands recherchent tantôt des parachutistes dont ils ont décelé les traces, tantôt des aviateurs qu'ils ne retrouvent pas après la chute de leur avion, ou encore des soldats ukrainiens qui, incorporés de gré ou de force dans la Wehrmacht, ont par la suite déserté.<br /> Ces visites impromptues de soldats allemands sont longues, parfois minutieuses car on sonde à la baïonnette le foin, la paille, voire les matelas. Lors de ces perquisitions, Gérard cherche tout d'abord refuge dans un conduit de cheminée dont l'orifice est dissimulé par un meuble habilement glissé par le fils du fermier, lequel prend tout aussi habilement la place de Gérard dans le lit momentanément inoccupé. Dans la suite, notre réfractaire devra prendre d'autres précautions moins rocambolesques : il se rendra chaque soir au faubourg de Soignies pour y passer la nuit chez une dame, sœur d'une voisine de la Belle-Maison.<br /> Certes, la discrétion des voisins est assurée. Jusqu'à la Libération, hormis ceux qui l'hébergent, nul ne sait qui il est. De nature affable, de caractère jovial, Gérard a réussi, sans se trahir, à se faire accueillir par une communauté de voisins dont les liens s'étaient davantage resserrés avec la guerre.<br /> Aussi Gaston DEHOUX, son hôte, lui confie-t-il, et à lui seul, que, en tant que membre de l'Armée Secrète, il dissimule des armes dans une fosse creusée dans la grange et recouverte de traverses de chemin de fer et de gerbes de paille, des armes qui devront être fournies à l'A.S. le jour où celle-ci recevra de Londres l'ordre d'entrer en action. Car la Libération, chacun y songe en ce mois d'août 1944, on la sent proche. Pour Gérard ce sera certes le retour au foyer paternel, ce sera surtout la fin d'un cauchemar, de la hantise quotidienne d'une arrestation, voire d'une exécution.<br /> Cette Libération tant attendue commencera un dimanche du début de septembre, lorsque Gaston DEHOUX percevra depuis sa ferme des tirs qui lui semblent provenir de la ville. L'heure aurait-elle sonné de livrer les armes qu'il dissimule dans sa grange ? Il s'inquiète de ne pas avoir reçu d'ordre précis, d'autant que la rumeur parle d'une colonne blindée de la Wehrmacht en retraite faisant route depuis Mons vers Nivelles et il décide d'envoyer Gérard auprès de l'abbé GOSSART pour en obtenir les informations nécessaires. Parti à vélo, Gérard doit s'abriter place Albert I pour éviter les tirs de L'Armée Blanche qui postée, croit-il, dans une des tours de la collégiale visait des soldats allemands.<br /> Arrivé au couvent des Conceptionnistes où l'abbé GOSSART officiait justement, Gérard, malgré les protestations indignées des religieuses, franchit la clôture et fait part à l'abbé du message que Gaston DEHOUX lui avait confié. Sans tarder, l'abbé GOSSART met fin au service religieux et regagne son domicile boulevard Charles Vanpée ou, dans un cabanon situé au fond d'un jardin voisin, il abritait un poste émetteur. Il prend immédiatement contact par radio avec un correspondant belge réfugié à Londres. Gérard croit comprendre que Londres, répondant à l'appel de l'abbé, enverra des chasseurs-bombardiers intercepter la colonne blindée allemande que l'on disait faire route vers Nivelles. Une attaque aérienne eut lieu une heure plus tard. Des témoins ont pu constater les lourdes pertes subies alors par la Wehrmacht en retraite. Faut-il dès lors en déduire que cette attaque fut menée à la suite des informations fournies par l'abbé GOSSART ? Il serait certes téméraire de l'affirmer. Il reste, néanmoins, que cette intervention alliée évita à la ville, et à ceux qui croyaient pouvoir défier l'ennemi sans trop de risques, les représailles d'une armée, en déroute certes, mais disposant encore d'importants moyens de riposte. Il fallait toujours craindre que la Wehrmacht, tel un fauve blessé, ne se retourne dangereusement contre des francs-tireurs, voire contre des civils<br /> Fin août, début septembre, les Allemands battent en retraite. Des documents d'époque nous les montrent traversant la ville avec un charroi des plus hétéroclites. Certains d'entre eux, toujours armés s'égaillent dans la nature. Qui s'imaginerait en retrouver dans le bois du Sépulcre, là où les Nivellois viennent chaque printemps cueillir des jonquilles ?<br /> Le frère de Gaston DEHOUX, René DEHOUX, qui exploite la ferme de la Rose a Grambais, s'aperçoit que des betteraves ont été enlevées dans l'un de ses champs situé à l'orée du bois du Sépulcre. Inquiet, car le vol n'est pas le fait de quelques lapins, il consulte son frère, lequel envoie son fils Maurice et Gérard pour surveiller les lieux du haut d'un chemin surplombant le champ. Effectivement, le soir venu, des ombres quittent le bois et s'approchent du champ. Nos deux guetteurs en concluent qu'il ne peut s'agir que de soldats allemands qui, ayant perdu le contact avec leurs unités, en sont réduits à trouver leur pitance dans un champ de betteraves.<br /> Sitôt averti, l'abbé GOSSART envoie Gérard auprès de l'Autorité militaire américaine établie à l'Ecole Normale. Le Commandant de gendarmerie BOUDART, chef de l'A.S, et un officier américain parlant le français décident que Gérard accompagnera en jeep des soldats américains jusqu'au bois du Sépulcre.<br /> A leur arrivée sur les lieux, Gérard s'offre à entrer seul dans le bois en brandissant un drapeau blanc. Il interpelle bientôt deux soldats allemands, toujours armés, mais quelque peu étonnés de se voir interrogés dans leur langue. Un dialogue s'engage : "Was machen Sie hier ?" demande Gérard. "Wir wa.roen : unsere Kameraden Soldaten von unserem Regiment" répondent-ils. "Wieviel sind Sie?" interroge Gérard. "Sechs …Sieben …" lancent-ils. "Jetz, wollen Sie Kriegsgefang sein ?" leur propose Gérard. Les Allemands se concertent et acceptent finalement de se rendre Huit soldats allemands seront, ce jour-là, faits prisonniers sans qu’un seul coup de feu n'ait été tiré.<br /> Ce qui a été relaté ci-dessus ne sont pas des faits d'armes mais des gestes courageux empreints d'humanité et qui honorent celui qui les a poses.<br /> Souvenirs et témoignages recueilli par M. Emile WARNY en août 1994<br /> Source : Maison du Souvenir.<br /> <a href="https://www.maisondusouvenir.be/articles.php">https://www.maisondusouvenir.be/articles.php</a><br /> </p> Mon, 31 Oct 2022 09:59:12 +0000 Dieudonné Drisse, cheminot patriote et courageux https://www.freebelgians.be/articles/articles-3-225+dieudonn-drisse-cheminot-patriote-et-courageux.php https://www.freebelgians.be/articles/articles-3-225+dieudonn-drisse-cheminot-patriote-et-courageux.php <p style="text-align:center"><img src="https://www.freebelgians.be/upload/dieudonne_drisse_1.jpg" alt="" class="valign_" /></p><br /> <br /> <p style="text-align:justify">Voici l’histoire d’un machiniste visétois qui s’est distingué pendant les deux premières années de la guerre par sa bravoure et son patriotisme.<br /> Dieudonné était né en Tunisie aux environs des années 1900. Il se rendit d’abord en France avec son père puis vint en Belgique et travailla comme chauffeur de locomotive sur la ligne de chemin de fer Montzen – Visé. Bien qu’originaire d’un pays musulman, il était catholique et devint visétois par son mariage avec Hermine Michiels, la fille de Victor Michiels, assassiné sauvagement par les Allemands le 14 août 1914 lors de la destruction de Visé. De ce mariage naquit un fils Victor et une fille Flore.<br /> Dès le début de la guerre, il permit à plusieurs dizaines de prisonniers de s’évader des camps allemands en cachant ceux-ci dans le tender à charbon ou encore sous le plancher du wagon des contrôleurs. C’est ainsi qu’au cours d’un de ses voyages, un des prisonniers évadés, avant de le quitter lui demanda son nom et son adresse pour, lui dit-il, ‘’le remercier après la guerre’’. Il s’agissait du général Giraud qui, de juin à novembre 1943 a été, avec le général de Gaulle, co-président du Comité français de la Libération nationale (CFLN).<br /> Au cours du deuxième trimestre 1942, de nombreuses arrestations de résistants eurent lieu. Se sachant recherché, Dieudonné se cacha un certain temps puis, le 12 décembre 1942, il rentra chez lui pour y mourir d’un infarctus. Il fut enterré le 17 décembre, jour des vingt ans de son fils Victor<br /> De nouvelles arrestations eurent lieu en mars 1943. Parmi les résistants arrêtés, il y avait Henri Syben emmené notamment avec deux pères de l’Abbaye de Val-Dieu. Quelques jours plus tard, sa femme vint le voir à la prison st Léonard où il était enfermé. Elle lui annonça que Dieudonné Drisse était décédé trois mois plus tôt.<br /> Henri Syben n’hésita pas une seconde et pour que cessent les recherches de la gestapo en vue d’arrêter le chef de son groupe, il dénonça Dieudonné Drisse aux Allemands comme étant celui qu’ils pourchassaient.<br /> Aussitôt, les Allemands se rendirent chez Dieudonné pour l’arrêter car ils n’étaient pas au courant de son décès. Son épouse, Hermine Michiels eut bien du mal à prouver qu’il n’était plus en vie et ce n’est qu’après avoir montré aux soldats une copie de l’acte de décès de son mari qu’ils comprirent qu’ils arrivaient trop tard.<br /> Malheureusement, à ce moment, Victor arriva chez sa mère et fut aussitôt arrêté et envoyé en Allemagne comme travailleur obligatoire jusqu’en mai 1945.<br /> <strong>Sources bibliographiques et iconographiques :</strong><br /> <a href="https://www.maisondusouvenir.be/cheminot_dieudonne_drisse.php">https://www.maisondusouvenir.be/cheminot_dieudonne_drisse.php</a><br /> ‘’Le Papegaie’’ le journal des Anciens Arquebusiers de Visé.<br /> </p> Sun, 31 Jul 2022 09:16:47 +0000 André Wendelen, Résistant belge https://www.freebelgians.be/articles/articles-3-222+andr-wendelen-r-sistant-belge.php https://www.freebelgians.be/articles/articles-3-222+andr-wendelen-r-sistant-belge.php <p style="text-align:center"><img src="https://www.freebelgians.be/upload/wendelen_andre_freebelgians_mai_2022.jpg" alt="" class="valign_" /></p><br /> <br /> <p style="text-align:justify">André Jacques Auguste Wendelen, également appelé selon ses noms de guerre, Tybalt, Hector, Limbosch ou l'Archange, né le 16 février 1915, décédé le 23 février 1976, était un agent du service anglais de sabotage: le Special Operations Executive, attaché au service de la Sûreté de l'État, il fut parachuté à trois reprises en Belgique dans le cadre des missions Mandamus, Tybalt et Brabantio-CNC. Après la guerre, André Wendelen entamera une carrière diplomatique. André Wendelen nait à Saint-Josse-ten-Noode, le 16 février 1915. Inscrit à l'Université libre de Bruxelles, il y décroche une licence en droit.<br /> <br /> Le 9 septembre 1935, il fait son service militaire chez les carabiniers du Prince Baudouin. À l'issue de celui-ci, il a le grade d'adjudant CSLR (candidat sous-lieutenant de réserve). Le 26 août 1939, il est mobilisé mais sera déclaré inapte et sera définitivement réformé en janvier 1940. Il s'exile à Londres où il se présente à l'attaché militaire en tant que civil. Il est envoyé à Tenby puis à Poitiers. À Moux ( ??) , on le relève de ses fonctions en raison du fait qu'il n'a aucune obligation militaire. Le 23 août 1940, il s'enrôle dans les Forces belges en Grande-Bretagne. Il sera lieutenant auxiliaire au 1er bataillon fusiliers à Tenby. Le 14 juillet 1941, il entre au service de la sûreté de l'État tandis que le Gouvernement belge est en exil à Londres. En 1941, André Wendelen prononce un discours à la BBC. Blessé lors d'un entrainement, il est hospitalisé et perd un rein. Agent ARA (Renseignements et actions), il accomplira trois missions après trois parachutages sur le territoire belge occupé.</p><br /> <br /> <strong>Missions et action dans la résistance</strong><br /> <br /> <strong>Mandamus</strong><br /> <br /> <p style="text-align:justify">La mission s'est déroulée du 27 janvier 1942 au 31 juillet 1943. André Wendelen est alors capitaine ARA. André Wendelen et son radio, Jean Brion, sont parachutés dans la nuit du 27 au 28 janvier. L'objectif principal de la mission était d'aider à la constitution du Groupe G qui se structurait dans la mouvance de l'Université libre de Bruxelles et de coordonner ses actions de sabotage. Parachuté sur le sol belge, André Wendelen se met rapidement en contact avec ses anciens camarades de l'université et du Cercle du libre examen (Librex) où il rencontre Jean Burgers (Gaby). À partir de ce moment, le Groupe G sera en contact avec Londres et recevra directement ses directives du SOE. Jean Brion sera arrêté en juin, après un périple en Suisse, en France et en Espagne, plusieurs arrestations, il parviendra néanmoins à regagner Londres le 31 juillet 1943.</p><br /> <br /> <strong>Tybalt</strong><br /> <br /> <p style="text-align:justify">La mission s'est déroulée du 10 août 1943 au 29 février 1944. André Wendelen est alors major ARA. André Wendelen est parachuté avec le radio Jacques Doneux (Hillcat). Ils sont parachutés la nuit du 10 au 11 août 1944 au sud de Dinant. La mission a pour but de coordonner les efforts de la résistance et notamment de renforcer l'action du Mouvement National Belge. La mission comportait également un volet "sabotage" pour tenter d'enrayer les déportations de main d'œuvre vers l'Allemagne. André Wendelen portait sur lui, un million et demi de francs belges, des diamants et des S-Phones pour permettre aux résistants d'entrer en contact avec les pilotes britanniques lors des parachutages. Le 9 novembre 1943, André Wendelen, pris en charge par le Réseau Comète, traverse les Pyrénées aux côtés de William Todd, Jarvis Allen et Thomas Shaver. Un malencontreux coup de fil au consulat britannique de San Sebastian conduira à son arrestation ainsi qu'à celle de Thomas Shaver. Ils sont incarcérés à la prison de Pampelune. André Wendelen se fait passer pour un pilote canadien. Libéré, il parviendra finalement à rallier </p>Londres via Gibraltar.<br /> <br /> <strong>Brabantio-CNC</strong><br /> <br /> <p style="text-align:justify">La mission s'est déroulée du 5 août 1944 au 30 novembre 1944. André Wendelen est parachuté avec le radio Jacques van den Spiegle (Van de Sande) et Elaine Madden. Ils sont parachutés dans la nuit du 3 au 4 août 1944. Outre des missions de coordination, l'objectif est de mettre la main sur le Prince Charles, le frère de Léopold III, qui vit dans la clandestinité à Sart-lez-Spa (mission Patron-Lysander). L'objectif étant de le ramener à Londres. La mission sera finalement abandonnée et permit alors à cinq membres du Groupe G de rentrer à Londres. Après la guerre, André Wendelen entamera une carrière diplomatique et sera ambassadeur de Belgique</p>.<br /> <br /> <strong>Source :</strong><br /> <a href="https://www.memoiresdeguerre.com/article-wendelen-andre-118981843.html">https://www.memoiresdeguerre.com/article-wendelen-andre-118981843.html</a> Sun, 01 May 2022 17:03:42 +0000 Evasion de Belgique occupée pour rejoindre la Force Belge en Grande-Bretagne. https://www.freebelgians.be/articles/articles-3-220+evasion-de-belgique-occup-e-pour-rejoindre-la-force-belge-en-grande-bretagne.php https://www.freebelgians.be/articles/articles-3-220+evasion-de-belgique-occup-e-pour-rejoindre-la-force-belge-en-grande-bretagne.php <p style="text-align:center"><img src="https://www.freebelgians.be/upload/freebelgians_pour_mars_2022.jpg" alt="" class="valign_" /><br /> Henri Ledent et Hubert Leroy</p><br /> Voici le récit de cette évasion, raconté par Hubert Leroy :<br /> <br /> <strong>Du 19 avril au 22 juin 1942, d’ATH à LONDRES</strong>.<br /> <br /> <p style="text-align:justify">Suite à des arrestations massives effectuées à Liège et environs, LEDENT Henri étant repéré, décide, sur les conseils de ses relations, de se soustraire au sort qui, fatalement, aurait été le sien s’il était resté.<br /> Nanti de quelque argent et comme tout renseignement de ligne, le Mont Kemmel (avion), ainsi qu’une adresse en France fournie par Melle VAN-ROY (Vivegnis), le dimanche 12 avril, Henri prit la route ou plutôt le train, direction Bruxelles.<br /> Repéré à la gare du Nord (Bruxelles) par un gestapiste de Liège, il parvient à le semer et trouve refuge pour la nuit chez Joseph CLOCKERS (originaire de Vivegnis) rue Sans Souci à Ixelles-Bruxelles.<br /> <br /> Le lendemain, il prend le train à la gare du Midi pour Charleroi en compagnie d’un autre repéré ; arrivés à destination, chacun descend du train par une porte différente et le malheureux compagnon de voyage d’Henri se fait arrêter sur le quai.<br /> <br /> Un train démarre sur une autre voie. Henri n’hésite pas, saute dedans, se renseigne sur la destination et roule en direction de Haine-St-Paul, passant par Mons et arrive à Chièvres vers 13 h, où je suis en service.<br /> <br /> Je le présente comme gendarme venant de Charleroi en quête de ravitaillement, toutefois, le commandant de brigade est mis dans la confidence. Le lendemain, Henri part pour le Mont Kemmel. Il me revient deux jours plus tard, le renseignement s’est révélé faux.<br /> Nous cherchons une ferme où il aurait pu se cacher, mais aux premiers mots de notre demande et les motifs, tous les fermiers hésitent. Nous comprenons qu’il est inutile d’insister.<br /> Henri décide de tenter la grande aventure, ceci se situe le samedi 18 avril.<br /> <br /> Pour ma part, commençant à en avoir assez du service aux contrôleurs et autres services, je décide d’accompagner Henri. Nous arrêtons la date du lendemain, le 19 avril. Je dois me faire remplacer dans mon service de planton à la brigade. Je donne comme prétexte que mon collègue (Henri) retourne à Charleroi et que je voudrais le conduire à Ath. Un marié consent à me remplacer pendant 8 heures. Le pauvre, il me reverra deux ans et demi après.<br /> <br /> Dimanche 19 avril : Départ 9 h d’Ath. Lettres postées. Train Tournai-Lille.<br /> 18 h départ de Lille pour Paris, métro.<br /> 18 h gare Montparnasse, salle d’attente.<br /> Lundi 20 avril : 9 h train pour Angers, couvent, dîner, religieuse, enfants, prières, chants.<br /> 19 h départ pour Saumur. Arrivée 21 h 30, à pied direction Neuilly. Halte au lieu-dit La Ronde, auberge Madame Petit. Logement.<br /> Mardi 21 avril : Adresse Melle Van Roy – Neuilly – château de la baronne de Pelletier de Glatigny – arrivée au château vers 10 h – accueil très affable, cachés lingerie, ensuite chambre à coucher. Baronne, sa fille, femme de chambre, confidence, promenade clair de lune (radio Londres)<br /> Mercredi 22 avril : Même situation, promenade soir, déterré 2 pistolets.<br /> Jeudi 23 avril : Même situation, exercice de tir par la baronne dans la réserve à vin (dessous du parc).<br /> Vendredi 24 avril : Toujours enfermés, promenade parc.<br /> Samedi 25 avril : Courant après-midi, retour baronne, visite effectuée à Saumur, papiers d’identités françaises. Sortis du château par une porte de service et rentrés par la grande allée, comme ouvriers soi-disant envoyés de la Bourse du travail de Paris, embauchés sur le champ. Souper, installations, annexes.<br /> Dimanche 26 avril : Sortie au village, messe, promenade.<br /> Lundi 27 avril : Commençons service. Henri sommelier et jardin. Hubert scier bois … Arrivée de la sœur de la baronne, une comtesse + 6 enfants + nurse anglaise.<br /> Mardi à vendredi 1er mai : Même situation.<br /> Samedi 2 mai : Arrivée de scouts dans la propriété, abbé, confession sous bois.<br /> Dimanche 3 mai : Assisté messe, chapelle, communion, départ fixé lendemain, apprêts.<br /> Lundi 4 mai : Départ en carriole pour Saumur (train pour Tours, Bourges, nuit dans train).<br /> Mardi 5 mai : Nevers, arrivée à 6 h. Visite beau-frère baronne, déception, presque pris, fuite, reprenons le train, arrêt à Monceau-les-Mines, visite Henri au curé, réussite, café, hôtel, prisonniers français (Allemagne) logement hôtel.<br /> Mercredi 6 mai : Départ à 3 h 30 pour ligne de démarcation – 2 guides – 6 prisonniers en tout – corps de garde allemand – chiens – lumières – prairies – haies – champs.<br /> 7 h 30 France libre, déjeuner sur le pouce – corps de garde français – identification – autobus (dispute femmes) – arrivée Mâcon – couvent – coiffeur – hospice vieillards – dîner berges de la Saône – départ après-midi pour Lyon – contrôlés près de Mâcon et dans le train par sûreté nationale, traversé Lyon – changement de train à Tarascon – voyageons toute la nuit, arrivée à Toulouse très tôt.<br /> Jeudi 7 mai : Arrivés à Toulouse vers 4 h 30. Tasse café, petit hôtel, nous rendons couvent des Pères ? adresse de la baronne, impossible ligne de passage et nous gardés ; repos quelques heures, visite dépôt d’essence, revenir plus tard traîner en ville, décidons prendre une chambre, argent post très vite, boulangerie fermée, tickets mais pas de pain, faim, cigarettes, nuit hôtel. Patronne hôtel fils en Allemagne, heureuse nous faire plaisir.<br /> Vendredi 8 mai : Quitté hôtel (contrôle). Reste en poche pour nous deux environ 500 F, nous rendons à la gare pour passer le temps. Henri examine tableau voyages et tarifs, désire se rendre à Lourdes, autant fauchés à Lourdes qu’à Toulouse. Billets coûtent 150 F ; donc restent à peu près 200 F.<br /> Partis pour Lourdes, matinée, train légionnaires Afrique, vin, tabac, tickets. Arrivée avant midi, visite grotte, piscine, basilique : messe, demandons adresse du père Draime, nous rendons chez lui. Connais rien, dit-il, pour nous aider, nous envoie chez Belge pour du travail villa « Ensoleillée » chez M. Lambert qui lui aussi est Liégeois, installé là depuis 40 ans avec famille. Explications situation, voulons aller en Angleterre, mais plus d’argent et ne connaissons rien des lignes. Promet de nous aider, dit pas quoi. Après dîner, part pour Toulouse, le soir téléphone à sa femme « Envoyer les deux sacs le lendemain matin ». Sacs = nous. Souper avec Mme Lambert et enfant. Promenade, hôtel, fauchés.<br /> Samedi 9 mai : Retour à Toulouse. Argent Lambert. Il nous attend à la gare, nous conduit à l’Office belge. M. Cartigny (Verviétois), interrogatoires, formulaires, maison communale, argent, tickets, tabac, formalités séjour, conduits hôtel de Paris. Nombreux Belges, devons attendre 2 ou 3 semaines.<br /> Dimanche 10 mai : Fête de Ste Jeanne d’Arc, promenade, cinéma.<br /> Lundi 11 mai : Même situation, renvoi sac à la baronne.<br /> Mardi 12 mai : Même situation, prévenus départ lendemain, serons à 4.<br /> Mercredi 13 mai : Départ pour la frontière espagnole. 6 h 00 Vermeire Jean. 7 h 30 Poulain (Ans) et Hubert. 8 h 00 Henri avec un Espagnol responsable filière : rendez-vous OSSEGA hôtel ? Souper, chambre pour discuter, arrivées de 2 guides pour la montagne remettre faux papiers français et argent.<br /> 12 h 30 départ à pied monter, monter, monter (Poulain, pain précipice) pets (air en montagne) marcher, toujours marcher. Hubert souliers foutus (rechange Henri), glaciers, crevasses, neige, avancer, reculer, passer frontière 2 h du matin.<br /> Jeudi 14 mai : Continuons marcher, 7 h 30 halte au-dessus montagne, village vallée, impossible descendre village, fête Ascension, restons cachés (buissons) toute la journée, faim, surtout soif : guide descendre, reviens avec vin dans peau de bouc.<br /> 21 h 00 petit vieux vient nous chercher, guides frontière, donné 12 pesetas à chacun puis partir. Nouveau guide nous conduit vers village, cascade, eau fraîche, sanatorium, souper concierge, douche, dormir, dormir.<br /> Vendredi 15 mai : Départ 6 h en autobus, guide près conducteur (nous 4 fond du bus). En cours de route, montent carabiniers avec prisonniers, nous sommes cachés par marchande de fruits.<br /> Arrivés à Rippol, parc, guide prend tickets, entrons dans la gare, train pour Barcelone. A quai, prenons place, guide resté sur le quai, discute avec ouvrier (nouveau guide). Train parti, belles campagnes, beaux paysages ; après une heure de voyage, changement de décor, approchons de la ville, destructions, ruines guerre civile.<br /> Arrivés à Barcelone, gare souterraine, escalier, mendiant (change de guide). Marcher derrière mendiant de 20 à 20 mètres. Grand boulevard. Tout à coup, drapeau anglais, bâtiment consulat, nous rentrés, pas contents, nous pas Polonais, discussion, verre d’eau, attendre délégué belge, conduits bus « américain » salon particulier, dîner et quel dîner ! Queue pour petit endroit. Interrogatoire par lieutenant de marine belge « Antonio ». Sortis promenade cinéma 2 séances, rendez-vous dans parc 20 h 00. Conduits chez M. Denrie – mari belge malade en Belgique. Connaissance Benita et Muchachos, appartement situé au 4e étage, souper au lit, un pour Henri, Hubert et Poulain. Les autres Belges sans gîte.<br /> Samedi 16 mai : Gîte Denrie : cuisine à l’huile (va-vite), olives, oignons, riz, salade tourson ( ?), cigarettes Herba.<br /> Arrivée gîte Gigot, Lombart samedi ou dimanche.<br /> Du dimanche 17 mai au samedi 30 mai : Gîte Denrie. Toujours enfermés appartement, prend air frais la nuit sur le toit (plate-forme), visite Antonio apporte cigarettes, illustrés.<br /> Dimanche 31 mai : Prévenus pour départ lendemain 20 h : Ledent, Leroy, Vermeire, Cole.<br /> Lundi 1er juin : Quitté gîte après-midi, convoyeur consulat : affiche mariage du ? reçu par don Pedro, cadeau 1 cigarette anglaise et 500 pesetas. Mot de passe pour Orense, hôtel Lion d’Or ; U.L.B.<br /> Présentés au guide qui reste avec nous jusqu’à la frontière portugaise. Partis pour la gare, places réservées dans train, deux groupes avec Hubert même compartiment Cole – Vermeire dans un autre.<br /> 20 h 00 départ, chaleur, tunnel interminable, ….. (illisible)<br /> Mardi 2 juin : Changé de train à Soria, direction Valladolid très tôt le matin. Arrivés à destination après-midi. Guide parti pour restaurant marché noir, nous attendre dans parc. Retour guide souper fin et fin souper. Resté trop longtemps, train raté 22 h 30.<br /> Dans ce train, brigade « Azur » ? Retour front russe : attendre train de 1 h 30, de nouveau dans parc, cachés buissons.<br /> Mercredi 3 juin : Train direction frontière portugaise ; départ 1 h 30 (restant brigade « Azur ». Voyagé restant de la nuit, toute la matinée, après-midi de nouveau montagne, pont saboté, train 22 h 30 de la veille fond du ravin ; pont de fortune ; de nouveau changé de train.<br /> Arrivés à Orense début soirée.<br /> Hôtel Lion d’Or, mot de passe, mauvaises nouvelles, ligne brûlée, faut attendre. Passé nuit hôtel, 1 lit pour nous 4, 2 sur matelas à terre, Henri et Hubert sur grille du lit. Pendant la nuit, Vermeire drap de lit et tout le paquet.<br /> Jeudi 4 juin : Restons à l’hôtel, en ville fête de Franco, journal, 4 Belges arrivés la veille.<br /> Vendredi 5 juin : Quittons hôtel après-midi en taxi, 40 km, stop milieu montagne, cachés sous la route tuyau égout, taxi parti, paysans et passants sur la route. Ici, dans tuyau, le « PET », rire malade.<br /> Arrivée guide, costume velours, ombrelle, de nouveau commencé montagne, plus dur que Pyrénées. Henri indigestion, très malade, veut être abandonné, enfin dégagé, repartis. Monter, descendre, monter, descendre. Guide pas très sûr, souvent se trompe ; torrents, chiens, jardins, cavaliers, murs sans mortier, toujours marcher.<br /> Samedi 6 juin : Marché toute la nuit, levé du jour, soleil très fort. Enfin fond vallée, moulin en pierre, renfermés, guide parti, plus mangé depuis la veille. Dans courant après-midi, femme apporté pain, sardines, bouteille de vin, toujours attendre.<br /> A la tombée de la nuit, retour guide, partis moulin, remise en mains douaniers portugais, guide parti mais toujours en Espagne. Grand route, pont gardé par carabiniers, descendre dans la rivière, passages très difficiles. Enfin passé en dessous du poste de garde, repris la route un peu après. A minuit, arrivés au poste de douane et territoire portugais.<br /> Dimanche 7 juin : Continuons la route avec 1 douanier (sergent) nous conduit au village chez lui à 1 h du matin. Souper, 5 autour de la table, grand plat (lapins, salades, oignons, olives, riz, huile). Départ avec douanier + couple Belges vers 2 h 30. Marcher jusque 6 h. Voiture venue de Braga pour nous prendre. Montons à 6 + chauffeur dans voiture pour 4. Arrivés à Braga vers 9 h. Grande propriété, patron originaire de Verviers. Lavés, déjeuner. Après-midi, direction pour continuer sans guide, partis de Braga à 19 h. Changé train à Porto à 23 h. Continuer voyage à 4.<br /> Lundi 8 juin : Arrivés à Lisbonne à 9 h café de la gare. Dégusté café crème. Taxi pour consulat Belgique, interrogatoire, argent, conduit ? Anglais, nouvel interrogatoire, apéro, midi conduits au gîte, retrouvé Gigot, soir promenade, cireurs, mendiants, nuit au gîte.<br /> Mardi 9 juin : De nouveau ? Anglais. Embarquons le jour même à 14 h 30. Midi dîner pension anglaise. 14 h port, vedettes, embarqués sur « CONRAD » 19 Belges, 9 Polonais, 2 Tchécoslovaques, ainsi que des civils anglais avec famille. Formalités (Juifs).<br /> Mercredi 10 juin : A bord « CONRAD » restés en rade de Lisbonne.<br /> Jeudi 11 juin : Très tôt, à l’aube, levé l’ancre, 5 cargos anglais, mal de mer.<br /> Vendredi 12 juin : Continuons à 3, direction plein Atlantique ; alertes avions.<br /> Samedi 13 juin : Pendant la nuit, rencontré convoi (24 navires) faisant route vers l’Angleterre, venant d’Amérique du Sud. Alertes avions.<br /> Dimanche 14 juin : Belle journée, mer très calme. Alertes avions.<br /> Lundi 15 juin : 1 h du matin, forte détonation, tout le monde sur le pont, pétrolier à notre gauche (en avant) atteint d’une torpille, coule en 4 à 5 minutes. Convoi prend de la vitesse, 2e torpille navire à notre gauche (en arrière) atteint, coule aussi vite.<br /> Par suite vitesse, convoi disloqué ?<br /> <br /> Au lever du jour, rassemblement convoi, manquent 6 unités, continuons voyage.<br /> Mardi 16 juin : Continuons à 21, calme revenu. Major Demeyer, frousse, cordes, bouée, radeau, valises, documents, nourriture.<br /> Mercredi 17 juin : Calme, même situation, change direction, canal St Georges impraticable (sous-marin), contourner Irlande.<br /> Jeudi 18 juin : Toujours de même – contre-torpilleur ramené naufragés, convoi scindé.<br /> Vendredi 19 juin : Côtoyé l’Ecosse, serons bientôt au but.<br /> Samedi 20 juin : Tard dans l’après-midi, arrivons dans un port de guerre du nom de ??? Débarquement remis au lendemain, nouvelles formalités avec douane et administrations.<br /> Dimanche 21 juin : Débarqués de bonne heure sur petit bateau de plaisance. Restés plus ou moins 1 h à bord, ensuite accosté. Attendus au débarquement par officier écossais + 2 soldats (2 autobus) jusque Perc ?. Conduits dans un hôtel, gardés militairement, dîner, passés à la gare, train pour Londres environ 13 h. Cinq évadés par compartiment + 1 soldat anglais. Paniers repas, cigarettes, thé. Passés par le port de Glasgow. Roulé toute la nuit.<br /> Lundi 22 juin : Arrivés à Londres vers 8 h. Gare de Paddingron. De nouveau autobus avec escorte. Conduits à Patrioc-School, pour être tamisé.<br /> Du mardi 23 au dimanche 28 juin : interrogatoires. (26 juin : sortie Henri)<br /> Mercredi 29 juin : Sortie Hubert.<br /> <br /> Et ainsi se termine la relation de l’évasion de Henri et de Hubert jusqu’à l’arrivée en Angleterre. En ce qui concerne les interrogatoires, on sait que les Anglais avaient peur d’avoir laissé pénétrer des espions sur leur sol. Aussi, ces interrogatoires étaient poussés afin de prendre en défaut ceux qu’ils questionnaient.<br /> <br /> Sources :<br /> Maison du Souvenir<br /> <a href="https://www.maisondusouvenir.be/ledent_et_leroy.php">https://www.maisondusouvenir.be/ledent_et_leroy.php</a></p> Mon, 28 Feb 2022 17:01:11 +0000 La résistance durant la guerre 1940-1945 du côté de Visé https://www.freebelgians.be/articles/articles-3-218+la-r-sistance-durant-la-guerre-1940-1945-du-c-t-de-vis.php https://www.freebelgians.be/articles/articles-3-218+la-r-sistance-durant-la-guerre-1940-1945-du-c-t-de-vis.php <p style="text-align:justify">Le 10 mai 1940, pour la deuxième fois en quelques décennies, les Allemands envahissaient notre pays. Mais, dès octobre-novembre de la même année, les premiers signes de résistance à l’occupant se manifestaient. L’opinion sortait de sa torpeur; les Allemands, malgré leur puissante aviation, avaient échoué en Angleterre et chacun sentait, que cette guerre risquait de durer longtemps mais… qu’elle n’était pas perdue d’avance !<br /> C’est ainsi que d’anciens journalistes clandestins de 1914-18 reprirent le collier aidés par de nombreux autres plus jeunes et, à côté de ces résistants du papier et du micro, voici que très vite apparurent les résistants de terrain.<br /> Ceux-ci vont se répartir selon deux types: les "mouvements" et les "réseaux de renseignements et d’évasions". On les trouvera un peu partout sur notre territoire, aussi bien dans les villes que dans les campagnes.<br /> Comme "Mouvements" qui s’étaient formés, il y avait, entre autres: l’Armée Secrète (A.S) – le "Front de l’Indépendance" (F.I) – le "Mouvement National Belge" (M.N.B.), et bien d’autres.<br /> Quant aux "Réseaux", citons notamment le réseau "Clarence" et le réseau "Comète"…<br /> Dans les lignes qui vont suivre, nous parlerons principalement du réseau "Clarence" dont le fondateur était Walther Dewé; nous évoquerons également le nom de différents agents de Visé et des Fourons qui faisaient partie de ce mouvement.<br /> <br /> Walthère Dewé est certainement un des plus grands résistants belges, on pourrait même ajouter l’un des plus grands de toute la résistance européenne, car il fut, à ma connaissance, le seul homme qui fondit un réseau de renseignements clandestin au cours des deux guerres mondiales.<br /> Dès septembre 1939, il constitue "le Corps d’observation belge". Ce Corps va notamment recueillir en Allemagne des informations sur l’industrie, les armements, les forces militaires du Reich. Il prévient Belges, Britanniques et Français qu’une invasion est imminente et demande que l’on renforce immédiatement les mesures de défense… Mais c’est déjà trop tard!<br /> Dès le mois de juin 40, il fonde un nouveau réseau de renseignements appelé "Clarence". Il est aidé en cela par l’ingénieur Hector Demarque. Dewé recommence alors sa vie de proscrit et parcourt le pays pour recruter des agents, nouer des contacts, développer son organisation de renseignements. Son réseau comptera jusqu’à 1547 personnes.<br /> Le 14 janvier 1944 il est arrêté par la police allemande mais il parvient à s’échapper et se sauve vers la rue de la Brasserie à Ixelles. Hélas pour lui, un officier de la Luftwaffe, montant cette rue lui barre le passage et, avec son revolver, tire sur lui et le tue. La Résistance perdait le plus grand de ses chefs.<br /> <br /> Faisons un retour en arrière et revenons au début de la guerre. A Fouron-le-Comte, le docteur Jules Goffin, qui avait déjà travaillé avec Walthère Dewé dans le réseau "La Dame Blanche" (en 14-18), reprend ses activités d’espionnage et se charge de l’organisation du groupe dans sa région.</p><br /> <br /> <p style="text-align:center"><img src="https://www.freebelgians.be/upload/goffinjules_freebelgians.jpg" alt="" class="valign_" /></p><br /> <p style="text-align:center">Le Docteur Jules Goffin</p><br /> <br /> <p style="text-align:justify">Il va pouvoir compter sur l’aide de nombreuses personnes qui, comme lui, voulaient lutter pour la liberté et l’indépendance de notre pays.<br /> Après la première guerre mondiale, en 1920, Jules Goffin étudie la médecine à Louvain. Cinq ans plus tard, son diplôme en main, il commence à exercer comme médecin à Fouron-le-Comte. Il pratique dans la région et dans plusieurs villages hollandais situés le long de la frontière. <br /> Le 10 mai 1940, il évacue en France avec ses quatre enfants car, ayant déjà fait de la résistance au cours de la première guerre, il est recherché par les Allemands. Après un mois passé dans les villages de Salvat-sur-Agout et Clermont-l’Hérault il rentre avec sa famille à Fourons et exerce à nouveau sa profession de médecin et de pharmacien. Il reprend également contact avec Walter Dewé. Ils mettent sur pied un groupe de résistance appelé "Service Clarence". Ce service consiste essentiellement à récolter le plus grand nombre d’informations sur les transports allemands par voie ferrée telles que le nombre de véhicules transportés: chars , camions, pièces d’artillerie, troupes transportées ainsi que le repérage des insignes caractérisant les divisions qui allaient vers le front.<br /> Il faut dire que Visé était très bien situé. Elle était le centre de deux importants réseaux ferroviaires: les trains venant de la Ruhr via Venlo passaient par Visé ainsi que ceux qui allaient d’Aix-la-Chapelle à Tongres.<br /> Dewé et Goffin recrutèrent des cheminots tels que Jean Vanwissen, sous-chef de gare à Visé; Henri Syben, garde aiguilleur à Visé-Haut, Henri Straet, garde-aiguilleur à Fouron-Saint-Martin. Tous n’étaient pas cheminots ! Il y avait notamment Théo Brentjens, commandant de gendarmerie à Fouron-Saint-Martin, l’abbé Van den Dungen et Alphonse Smeets d’Eijsden, de Mme Mariette, commerçante rue du Pont à Visé, M.M. Demain père et fils, quai du Halage à Visé…<br /> Les renseignements récoltés étaient acheminés chez Mademoiselle Jeanne Claessens, directrice de l’école des garçons à Fouron-Le-Comte. Elle aussi fait partie du groupe d’espionnage "Clarence". Elle transmettait les informations à l’abbaye de Val-Dieu. Là, deux pères de l’abbaye travaillaient également pour le groupe Clarence. Le père Etienne était aussi ce qu’on appelait alors "un agent promeneur", tandis que le père Hugues transmettait à Londres les informations recueillies. Entre Visé et Val-Dieu, c’est le coureur cycliste amateur, Guillaume Flechet de Warsage qui communiquait les renseignements récoltés.<br /> Un deuxième poste émetteur fonctionnait également au château d’Eijsden. L’opérateur était Jef Smeets. Il transmettait les renseignements récoltés par différents agents, dont notamment le chef de gare de Maastricht Alphonse Dresen. Ceux-ci travaillaient en parfaite collaboration avec les agents de Visé et Fourons.<br /> Très souvent, le docteur Goffin incitait ses agents à ne s’occuper que du renseignement mais quelques-uns, voulaient aussi aider des prisonniers évadés, des juifs ou des aviateurs. A force d’insister, au cours de l’hiver 1941-1942, le docteur, via le comte Raphaël de Liedekerke d’Eijsden, prit contact avec le groupe "Luc-Marc" du capitaine Arthur Renkin. Celui-ci, liégeois d’origine, était chef de l’harmonie Sainte-Cécile d’Eijsden et, avec le lieutenant Nicolas Erkens, ils dirigeaient la résistance dans le Limbourg hollandais.</p><br /> <br /> <p style="text-align:center"><img src="https://www.freebelgians.be/upload/vanwissen_012022.jpg" alt="" class="valign_" /></p><br /> <p style="text-align:center">Jean Vanwissen, sous-chef de gare à Visé.</p><br /> <br /> <p style="text-align:justify">Ainsi donc et comme vous avez pu le lire, au cours de l’hiver 1941-1942, le groupe d’espionnage "Clarence", dont le responsable pour la région était le docteur Goffin, s’était associé, un peu contre son gré, au groupe "Luc-Marc" dirigé à Liège par le capitaine Renkin ainsi qu’avec le lieutenant Nicolas Erkens dirigeant la résistance dans le Limbourg hollandais.<br /> Je dis "contre son gré" parce que le docteur Goffin aurait préféré s’occuper uniquement du renseignement car, pensait-il, le danger de prendre également en charge des prisonniers évadés, des aviateurs tombés sur notre sol ou en Hollande pouvait devenir trop grand.<br /> Le docteur avait malheureusement vu juste. Peu de temps après cette coopération triangulaire, de graves problèmes commencèrent à s’accumuler sur le groupe des résistants.</p><br /> <br /> <strong>Que s’est-il passé?</strong><br /> <br /> <p style="text-align:justify">Durant le deuxième trimestre de l’année 1942, les services de contre-espionnage allemand parvinrent à s’infiltrer dans le groupe grâce à deux Hollandais, Jos Hoosemans et Gé Stellbring. Ce dernier, suite à l’imprudence d’un jeune pilote, parvint à obtenir le mot de passe utilisé par les résistants et à se faire adopter comme courrier du groupe "Luc-Marc". Quatre mois plus tard, les Allemands étaient au courant du fonctionnement de la résistance ainsi que les noms de ceux qui en faisaient partie et les arrestations débutèrent très tôt le matin du 15 octobre 1942. A Liège, les Allemands capturèrent plusieurs membres de "Luc-Marc" tels que Raoul et Juliette Demoulin, Aloïs Keeren de Rémersdael, Joseph Meertens, Berthe et Jeanine Renkin Yvonne Tonka ainsi que quelques autres. Le même jour, la même scène se produisit à Fouron.<br /> Peu après, à Eijsden, le Comte Raphaël de Liedekerke, Alphonse Smeets et son épouse Leida, son frère Hubert, ses fils Jan, Alphonse Jr et Dirk Sleeuwenhoek subirent le même sort. Seul, Jef Smeets, l’opérateur, parvint à s’échapper. Quelques jours plus tard, le 5 novembre 1942, étaient également arrêtés à Eijsden, la Comtesse Elisabeth de Liedekerke, les espions Arpots, Jef Partouns, Jef Reintjens ainsi que six pères capucins et le 11 novembre ce fut le tour du vicaire Louis Van Den Dungen d’Eijsden, à Maastricht du chef de gare Alphonse Dresen et à Sittard de Nicolas Erkens.<br /> Après six semaines d’emprisonnement et d’interrogations musclées à la prison Saint-Léonard de Liège, Jules Goffin et les autres résistants belges arrêtés le même jour, rejoignirent les résistants hollandais au couvent des Franciscains de Maastricht, siège de la gestapo. De là, les Allemands emmenèrent tous les prisonniers au camp de Vught situé près de 's Hertogenbosch.<br /> Cependant, les compagnons du docteur Goffin qui n’avaient pas été arrêtés cessèrent pendant quelque temps leurs activités puis, le calme revenu, ils reprirent leur service sous la conduite du père Etienne de Val-Dieu. De nouveaux résistants vinrent combler les vides laissés par les arrestations tels que Léon Claessens, Albert Conraads de Berneau, Léon Ghysen de Bombay ainsi que Yvon Syben de Mouland, fils d’Henri Syben. Yvon était facteur des postes entre Visé et Lanaye et pouvait, sous le couvert de son travail, observer sur le canal Albert, le transport du ciment qui allait servir à l’édification du mur de l’Atlantique.<br /> Aux environs du mois de mars 1943, les Allemands détectèrent l’activité du poste émetteur de Val Dieu et le 18 mars de nouvelles arrestations eurent lieu. C’est ainsi que furent arrêtés Jeanne Claessens, Henri Syben et les deux pères Hugues et Etienne de Val Dieu. Par contre, Jean Vanwissen, par miracle, parvint à s’échapper.</p><br /> <br /> <p style="text-align:center"><img src="https://www.freebelgians.be/upload/peres_huues_et_etienne_freebelgians.jpg" alt="" class="valign_" /></p><br /> <p style="text-align:center">Les pères Etienne et Hugues de Val-Dieu</p><br /> <br /> <p style="text-align:justify">Ces nouveaux prisonniers furent confrontés au docteur Goffin puis ils furent tous transférés à Utrecht en juin 1943.<br /> Le samedi 9 octobre de la même année, on fusilla Jules Goffin ainsi que les deux pères de Val Dieu, le comte Raphaël de Liedekerke, Alphonse et Hubert Smeets, Nicolas Erkens et Alphonse Dresen. Après l’exécution, les victimes furent incinérées. Par contre, la comtesse Elisabeth de Liedekerke, Jeanne Claessens, Léonie Husson, Aloïs Keeren, Raoul et Juliette Demoulin, Jeanine Renkin et Alphonse Smeets Jr furent acquittés.<br /> Le samedi 26 juin 1948, grâce aux autorités néerlandaises, les urnes contenant les cendres des héroïques résistants parvinrent à Eijsden et une manifestation patriotique de circonstance eut lieu à la « Maison Blanche » à la frontière.<br /> Comment se passaient les évasions ?<br /> Il faut savoir que dès la fin de 1940, plusieurs lignes d’évasion vers l’Angleterre via l’Espagne se mirent en place et fonctionnèrent jusqu’en 1944 malgré les coupes sombres de la Gestapo.</p><br /> <br /> <p style="text-align:center"><img src="https://www.freebelgians.be/upload/otten_freebelgians.jpg" alt="" class="valign_" /></p><br /> <p style="text-align:center">La ferme Otten de Navagne</p><br /> <br /> <p style="text-align:justify">Concernant le groupe Clarence du docteur Goffin, aux environs de la moitié de l’année 1942, en plus des prisonniers français évadés et des juifs en fuite, vinrent s’ajouter des aviateurs alliés abattus en Hollande et dans notre région. Il fallait regrouper tout ce monde, souvent les habiller en civil afin de les acheminer vers la liberté. Dans notre région, deux des points dangereux étaient le passage sous le « pont des Allemands et la gare de Visé » gardés nuit et jour. Tout d’abord, les évadés étaient regroupés dans le couvent des Capucins à Breust-Eijsden, puis de là, ils étaient conduits à la ferme du château du comte Raphaël de Liedekerke à Eijsden exploitée par Alphonse Smeets. Son fils Jan Smeets, aidé par son frère Alphonse Smeets et par le douanier Dirk Sleeuwenhoek les prenaient alors en charge et les accompagnaient jusqu’à la ferme de Guillaume Otten. Les évadés se cachaient dans une étable servant de refuge au bétail jusqu’à ce qu’un moment propice pour l’évasion se produise. Lorsque le moment était arrivé, ils étaient conduits vers un buttoir d’une voie de garage de la SNCB qui passait sous l’arche du grand viaduc. Sur cette voie, stationnaient en permanence des wagons qui servaient de « tunnel » aux évadés. Ils la franchissaient à quatre pattes la nuit. Le jour, la tactique était différente car ils simulaient des cheminots au travail ou longeaient le convoi sous la conduite de Jean Vanwissen qui les faisait grimper dans les trains. Ceux-ci prenaient la direction de Liège. Les évadés, qui étaient cachés sous un faux plancher dans le wagon du chef-train étaient débarqués à Amercoeur car à cet endroit, les trains ralentissaient assez fort et ils pouvaient sauter sans trop de danger sur le sol longeant la voie. <br /> Si la voie d’évasion de Navagne s’avérait trop dangereuse, les résistants utilisaient le passage par la ferme d’Alphonse Smeets « La Moinerie » à Warsage puis prenaient le tram Warsage-Dalhem-Liège. Au débarquement de ces deux modes de transport, Freddie Zommers et Yvonne Tonka les prenaient en charge et les conduisaient à la torréfaction de café de Joseph Meertens, rue Dumont et de là, par Méry, Heer–Agimont, non loin de Givet où ils étaient pris en charge par d’autres résistants, pour traverser la France et l’Espagne avant de gagner l’Angleterre.</p><br /> <br /> <strong>Anecdotes historiques.</strong><br /> <br /> <span style="text-decoration: underline;">Le train d’Hitler.</span><br /> <br /> <p style="text-align:justify">Un jour de février 1943, Jean Vanwissen et le chef de gare allemand sortent de leur bureau et se dirigent vers le quai. Là, un train vient d’arriver. Il s’agit du train d’Hitler. Tout le long du quai ainsi que le long de l’avenue de Navagne, de très nombreuses sentinelles lourdement armées veillent à la sécurité du Führer ! Innocemment, Jean Vanwissen demande au chef dans quel wagon Hitler se trouve et où il se rend ? C’est dans le deuxième wagon qu’il se trouve, répond-il, et il lui communique également la destination de ce train. Quelques heures plus tard ces renseignements furent envoyés en Angleterre. Malheureusement, sans résulta !</p><br /> <br /> <span style="text-decoration: underline;">Le carnet de notes du chef de gare allemand</span>.<br /> <br /> Une nuit de janvier 1943 un train entrait en gare de Visé. Le chef de gare allemand quittait son bureau et allait comme d’habitude sur le quai afin de voir si tout était normal. Il attendait que le train soit parti pour rentrer dans le bureau qu’il avait en commun avec Jean Vanwissen et noter différentes coordonnées de celui-ci dans un carnet "top" secret. Or, il y avait eu un consensus au sein du Service Clarence pour que ce document soit subtilisé car il contenait des données qui intéressaient les services d’espionnages anglais. Profitant de l’absence momentanée de l’Allemand, Jean Vanwissen s’empara du carnet, le mis dans une petite mallette, sortit de la gare et courut jusqu’à son domicile situé au bas de la rue de Sluse et déposa celle-ci dans le corridor de sa maison pour revenir ensuite à la gare. Le chef était toujours sur le quai ! Quelques instants plus tard, ce dernier rentrait, ouvrait le tiroir de son bureau pour prendre son carnet mais ne le trouva plus malgré ses recherches de plus en plus fébriles ! Il demanda même à Jean Vanwissen s’il n’avait pas vu celui-ci. Entretemps, le coursier travaillant pour les résistants avait été prévenu. Il vint chercher la mallette et la transporta à vélo chez les pères de Val-Dieu et de là, par la filière habituelle, acheminée vers l’Angleterre par un lysander. C’est par la BBC que les résistants furent avertis que le précieux colis était bien arrivé. Les deux jours suivants, l’officier allemand ne vint pas prendre son service à la gare et le troisième jour il vint reprendre ses objets personnels. Il dit à Jean Vanwissen qu’il était envoyé sur le front russe pour avoir égaré son fameux carnet.<br /> <br /> <span style="text-decoration: underline;">Le bombardement de la gare de Visé.<br /> </span><br /> <br /> <p style="text-align:justify">Lors des dernières arrestations des résistants au mois de mars 1943, Jean Vanwissen était parvenu à se sauver et s’était réfugié à Rethel, petite ville au Nord de la France. Il y resta jusqu’à la fin du mois de juin. Il revint en Belgique mais continua à se cacher jusqu’au début octobre pour reprendre son service à la gare après avoir été soi-disant malade pendant tout ce temps !<br /> A partir de janvier 1944, il recommença ses activités d’espionnage avec Lucien Remacle, sous-chef de gare également à Visé. Les deux amis travaillaient avec le groupe de résistants "TEGAL" qui était très actif dans la province de Liège. Ils renseignèrent les Alliés de la position exacte des batteries anti-aériennes installées au nord de la gare. A partir de ce jour, Jean Vanwissen écoutait à la radio les « messages personnels » envoyés par la BBC. Lorsqu’il entendit un jour le message suivant « Nous remercions nos amis d’Eupen et Malmedy » il sut qu’un bombardement allait avoir lieu dans les trois jours au coucher du soleil. Le lendemain, Jean et son fils Guy se trouvaient sur l’île Robinson occupés à pêcher lorsque soudain ils entendirent et virent des avions américains lâcher des bombes sur la gare et le grand viaduc. De très nombreux soldats allemands furent tués. On était le 17 août 1944.<br /> <br /> Remerciements à Monsieur Guy Vanwissen pour les informations et les photos<br /> <br /> Sources internet :<br /> <a href="https://www.maisondusouvenir.be/resistance_40_45_leonard.php">https://www.maisondusouvenir.be/resistance_40_45_leonard.php</a><br /> <a href="https://www.maisondusouvenir.be/jules_goffin.php">https://www.maisondusouvenir.be/jules_goffin.php</a></p> Fri, 31 Dec 2021 15:22:21 +0000 Des fillettes juives sauvées dans un couvent à l’avenue Clemenceau (Anderlecht-Bruxelles.) https://www.freebelgians.be/articles/articles-3-215+des-fillettes-juives-sauv-es-dans-un-couvent-l-avenue-clemenceau-anderlecht-bruxelles.php https://www.freebelgians.be/articles/articles-3-215+des-fillettes-juives-sauv-es-dans-un-couvent-l-avenue-clemenceau-anderlecht-bruxelles.php <p style="text-align:justify">A la façade de l’immeuble situé 70 avenue Clemenceau, on a, à l’initiative du Service social juif et de l’Association de l’Enfant Caché, apposé une plaque commémorative en hommage à six combattants de la Résistance : Floris Desmedt, Andrée Ermel, Jankiel Parancevitch, Tobie Cymberknopf, Bernard Fenerberg et Paul Halter. Les résistants honorés avaient réussi à soustraire à l’occupant allemand et à la déportation 14 jeunes filles juives et leur accompagnatrice. Le bâtiment abritait précédemment le couvent des Sœurs du Très Saint Sauveur où l’on soignait les malades. En 1937, les sœurs y accueillirent déjà des enfants de réfugiés basques suite à la guerre civile en Espagne. Durant la Deuxième Guerre mondiale, 14 fillettes juives et leur accompagnatrice Gutki y séjournèrent. Les fillettes étaient âgées de 20 mois à 12 ans et leur accompagnatrice avait 24 ans. Un jeune homme juif, Bernard Fenerberg, qui avait 17 ans à l’époque, logeait dans une chambre chaussée de Mons. Il prenait ses repas rue de la Clinique chez Marieke qui s’occupait de petits garçons juifs cachés par l’abbé Bruylandts. Pour faire le moins possible de déplacements, car Bernard n’avait pas encore de faux papiers, il n’y mangeait que le soir et y préparait ses repas de midi pour les emporter et les réchauffer le lendemain à l’atelier de fourrure où il travaillait. Mais le mois de mai 1943 fut exceptionnellement torride et la nourriture qu’il emportait aurait pu se gâter. Alors, malgré le risque, Bernard décida de venir manger également le midi chez Marieke et la prévint le soir du 19 mai. Le 20 mai, il se rendit à midi à la rue de la Clinique et y trouva Marieke en pleurs. Elle expliqua à Bernard que la Sipo-SD, accompagnée du fameux dénonciateur «le gros Jacques», lui-même Juif, avait découvert les 15 fillettes dans le couvent et avait voulu les arrêter. Sur l’insistance des sœurs, les soldats allemands leur avaient accordé un délai d’une nuit pour qu’elles puissent préparer les fillettes à leur départ. Mais cet ordre était assorti de la menace d’emmener les sœurs elles-mêmes si le lendemain, les enfants n’étaient pas au complet. La rage au cœur, Bernard retourna à l’atelier de fourrure rapporter les faits à Tobie Cymberknopf et lui proposa d’aller chercher son ami Paul Halter qui était commandant de l’Armée belge des Partisans. Après plusieurs heures de recherche, ils trouvèrent heureusement Paul et c’est lui qui allait diriger l’opération de sauvetage des enfants. Ils se donnèrent rendezvous le soir même au couvent. Paul était accompagné de trois autres résistants. Bernard n’était pas tranquille. Des hommes de la Sipo-SD pouvaient être à l’intérieur. Paul Halter sonna. Une sœur entrebâilla la porte. Paul la bloqua du pied, sortit son révolver et ordonna à la sœur de les laisser entrer. Les sœurs avaient peur et les fillettes qui étaient déjà couchées, pleuraient. Les résistants rassurèrent les sœurs et l’accompagnatrice des enfants en leur précisant qu’ils n’étaient pas allemands et qu’ils venaient pour sauver les enfants. Les fillettes sortirent de leurs lits et, une fois calmées et habillées, elles furent emmenées. Pour éviter que les sœurs soient arrêtées par la Sipo-SD, on mit en scène un kidnapping. Les sœurs furent ligotées avec un câble de téléphone. Deux mamans sont venues chercher leurs enfants. Paul Halter et Andrée Ermel mirent les deux plus jeunes enfants en lieu sûr. Malgré le danger, pour les 10 autres et leur accompagnatrice Gutki, il n’y avait pas d’autre solution que de les emmener dans l’appartement vide des parents de Bernard, rue Terre-Neuve, en plein quartier juif. Dans la rue, les gens se dépêchaient de rentrer chez eux car le couvre-feu était proche. Ils formèrent des groupes de trois pour ne pas se faire repérer et, la peur au ventre, parvinrent sans ennuis à l’appartement. Ils mirent les enfants au lit et Gutki resta près d’eux pendant que Bernard et Tobie montèrent la garde toute la nuit. Le lendemain matin, ils n’en crurent pas leurs yeux : la voisine, madame Delobel, avait généreusement apporté un grand plateau de déjeuner pour les enfants. Ensuite, très rapidement, des résistantes du CDJ vinrent chercher les enfants pour les emmener dans un endroit plus sûr. Lorsque les Allemands revinrent le lendemain au couvent, ils furent furieux de constater ce qui s’était passé : les enfants juives avaient disparu. Les sœurs furent interrogées mais pas inquiétées. <br /> Bernard Fenerberg est né à Paris le 14 avril 1926, Bernard Fenerberg avait un an quand, avec ses parents, il a émigré en Belgique.</p><br /> <br /> <p style="text-align:center"><img src="https://www.freebelgians.be/upload/fenerbergb.jpg" alt="" class="valign_" /></p><br /> <p style="text-align:center">Bernard Fenerberg en 1943</p><br /> <br /> <p style="text-align:justify">Son vrai nom est en fait Feuerberg mais ce nom a été fautivement inscrit dans les registres lors de l’inscription de son père en Belgique. Au début de la guerre, Bernard Fenerberg habitait avec son père, sa mère et sa sœur Clara Fanny dans un appartement à la rue de Terre-Neuve. (Bruxelles). En mai 1942, son père à été condamné par les Allemands aux travaux forcés en France. Il dut participer à la construction du Mur de l’Atlantique (Pas-de-Calais) que les Allemands ont érigé pour résister aux Alliés et fut ensuite déporté. Lors de la rafle qui eut lieu dans la nuit du 3 au 4 septembre 1942, Bernard, sa mère et sa sœur ont pu s’échapper et passer dans la clandestinité. La Sipo-SD n’avait pas sonné chez eux mais bien à la maison voisine. Sa mère et Clara Fanny ont d’abord trouvé refuge quelque temps chez un oncle. Sa mère a ensuite été cuisinière au domicile de la comtesse et du comte d’Aspremont Lynden, chef de cabinet du roi Léopold III. Sa sœur a été transférée par le CDJ dans un couvent à Heverlee. Bernard, qui avait à l’époque 16 ans, a pu se cacher dans une maison de la rue de la Clinique dans le quartier de Cureghem. Dans cette maison proche de l’église, louée par le vicaire Jan Bruylandts, Marieke s’occupait d’une douzaine de jeunes garçons juifs que le religieux cachait. Au rez-de-chaussée, on trouvait le local de la JOC (Jeunesse Ouvrière Chrétienne) où, durant la guerre, de jeunes Juifs se rendaient aussi, car toutes les associations juives étaient interdites par l’occupant allemand. Ensuite, Bernard a déménagé pour loger dans une mansarde à la chaussée de Mons. Son grand-père habitait également chaussée de Mons, entre l’avenue Clemenceau et la rue Sergent de Bruyne et d’autres membres de sa famille rue du Compas. Dès ses 14 ans, Bernard travailla comme apprenti fourreur. Ensuite à partir de 1942, grâce à la complicité de son patron, il put continuer à travailler clandestinement dans un atelier de la rue de l’Infirmerie, près de l’église du Béguinage. Il échappa plusieurs fois de peu à la déportation. Un jour, dans les Marolles, il s’engouffra in extremis dans une épicerie où, grâce à l’aide de la commerçante, il put atteindre une maison vide voisine et s’y cacher pendant deux heures dans les broussailles du jardin. Un autre jour, chaussée de Mons, alors qu’avec un ami de la JOC il comptait les avions alliés qui passaient dans le ciel, il fut surpris et contrôlé par un SS belge qui n’appréciait pas cette audace. Heureusement, Bernard possédait à l’époque une fausse carte d’identité. Il expliqua que sa mère serait inquiète s’il ne rentrait pas et il ne fut pas arrêté. Pour avoir pris l’initiative de l’opération réussie du sauvetage des enfants juives, Bernard, recommandé par Paul Halter, fut engagé à 17 ans dans l’Armée belge des Partisans, en dissimulant qu’il n’avait pas l’âge requis de 18 ans pour y être accepté. Il reçut notamment la mission d’incendier un champ de colza à Ruisbroeck, de voler à des officiers allemands des armes dont la Résistance avait besoin, ou d’abattre des dénonciateurs. Après la guerre, il retrouva sa mère et sa sœur. Le père de Bernard mourut à Auschwitz-Birkenau ainsi que de nombreux membres de sa famille.<br /> Source :<br /> <a href="https://maksvzw.org/v2/wp-content/uploads/2018/01/145_16052014_layout-brochure_fr_14_S_img_couleur-14.pdf">https://maksvzw.org/v2/wp-content/uploads/2018/01/145_16052014_layout-brochure_fr_14_S_img_couleur-14.pdf</a><br /> <a href="https://docplayer.fr/80225011-Cureghem-partie-3-resistance-et-deportation.html">https://docplayer.fr/80225011-Cureghem-partie-3-resistance-et-deportation.html</a><br /> </p> Thu, 30 Sep 2021 08:39:01 +0000 Courcelles 18 août 1944. L’Horreur https://www.freebelgians.be/articles/articles-3-211+courcelles-18-ao-t-1944-l-horreur.php https://www.freebelgians.be/articles/articles-3-211+courcelles-18-ao-t-1944-l-horreur.php <p style="text-align:justify">Le nom de Courcelles est depuis la fin de la Seconde Guerre associé à des faits dramatiques, retenus par l'histoire parmi les plus sanglants des collaborateurs rexistes sous l'Occupation. <br /> Le matin du 18 août 1944, vingt otages étaient exécutés sans pitié, après avoir passé une inimaginable nuit d'angoisse, maintenus prisonniers dans une minuscule cave du lieu dit le ‘’Rognac’’. Leurs assassins n'étaient pas des soldats allemands, mais des sympathisants de Rex; leur sauvagerie criminelle avait été provoquée, la veille, par un attentat de <strong>la Résistance</strong>: la mise à mort du bourgmestre de Charleroi, Oswald Englebin...<br /> Ce rexiste, pourtant jugé trop modéré par une frange de ses coreligionnaires de la collaboration, habite alors Trazegnies, commune aujourd'hui intégrée à l'entité courcelloise. Le 17 août, un peu après midi, il rentre chez lui, en voiture, en compagnie de sa femme et de son fils, ainsi que d'un garde du corps, le gendarme Marcel Duquesnes. Dans la côte du Rognac, entre Monceau-sur-Sambre et Courcelles, <strong>cinq jeunes gens de la Résistance</strong>, en embuscade, ont simulé une panne de voiture. Le véhicule du mayeur, obligé de ralentir, est mitraillé; les membres de la famille Englebin sont mortellement touchés.<br /> Quelques minutes plus tard, trois rexistes passent par là, et comprennent tout de suite que le bourgmestre de Charleroi vient d'être victime d'un coup des résistants. Ils poursuivent même la voiture des auteurs, en direction de Chapelle-lez-Herlaimont, mais sont semés.<br /> Le trio fait partie de la «Formation B», une milice dévouée à l'échevin Pévenasse, un rexiste pur et dur, de sinistre mémoire. De retour sur les lieux, les trois hommes menacent le gendarme, interpellent deux notables qui passaient par là, M. Van den Berghe, directeur commercial des charbonnages de Monceau-Fontaine et Jean Ligny, directeur des travaux, lesquels essaient de s'enfuir. M. Van den Berghe est abattu d'une rafale; il est la première victime des «tueries de Courcelles».<br /> La rage assassine s'en prend alors aux gens de loi. Le feu est bouté à la maison d'un procureur, et aux bâtiments de la PJ, où un malheureux est passé par les armes. À Nalinnes, un château est brûlé, et puis l'on exécute le nommé Bousman, sa mère et son épouse, avant d'incendier sa villa.</p> <br /> <br /> <p style="text-align:center"><img src="https://www.freebelgians.be/upload/villa_bousman_freebelgians_juin_2021.jpg" alt="" class="valign_" /></p><br /> <p style="text-align:center">ruines de la villa Bousman</p><br /> <br /> <p style="text-align:justify">Deux cent cinquante rexistes sont venus de Bruxelles, en renfort. D'odieuses représailles sont encore en préparation. Une liste d'otages a été dressée, les arrestations ont commencé, et trois autres personnes sont tuées sauvagement, tandis que les incendies se multiplient.<br /> Une vingtaine de notables, la plupart portant des noms bien ancrés dans la région, sont capturés. Dans la petite cave devenue tristement célèbre, ils passent leur dernière nuit, hantés par la certitude d'une mort violente et injuste. Promis au même supplice, le doyen Harmignies s'applique à consoler ses compagnons </p>d'infortune.<br /> <br /> <p style="text-align:center"> <img src="https://www.freebelgians.be/upload/pierre_harmignie_freebelgians_juin_2021.jpg" alt="" class="valign_" /></p><br /> <p style="text-align:center">le Chanoine Pierre Harmignies</p><br /> <br /> <p style="text-align:justify">Au petit matin, les malheureux sont abattus les uns après les autres. Une femme, seulement, est épargnée. Les dépouilles sont jetées les unes sur les autres, entassées sous les fenêtres d'une maison voisine, et restent là un jour et une nuit, avant d'être emmenées à la morgue. Dans le pays de Charleroi, encore meurtri par cette abjection, la tuerie du Rognac reste et restera le symbole de l'horreur du rexisme, exécutant zélé du nazisme<br /> <br /> Sources :<br /> <a href="https://www.lesoir.be/art/a-courcelles-il-y-a-50ans-le-matin-de-l-horreur-rexiste_t-19940818-Z08EPN.html">https://www.lesoir.be/art/a-courcelles-il-y-a-50ans-le-matin-de-l-horreur-rexiste_t-19940818-Z08EPN.html</a><br /> <a href="https://www.charleroi-decouverte.be/pages/index.php?id=619">https://www.charleroi-decouverte.be/pages/index.php?id=619</a><br /> <a href="https://paroissesaintemariemadeleine.be/2020/07/18-aout-1944-18-aout-2020-commemoration-de-la-tuerie-de-courcelles/">https://paroissesaintemariemadeleine.be/2020/07/18-aout-1944-18-aout-2020-commemoration-de-la-tuerie-de-courcelles/</a></p> Mon, 31 May 2021 22:04:57 +0000 Cela aussi c'était résister https://www.freebelgians.be/articles/articles-3-210+cela-aussi-c-tait-r-sister.php https://www.freebelgians.be/articles/articles-3-210+cela-aussi-c-tait-r-sister.php <p style="text-align:justify">Le 10 mai 1941, un an après l’invasion allemande, des mineurs se mettent en grève à Seraing. En quelques jours, la grève contre l’occupant allemand s’étend.</p><br /> <br /> <p style="text-align:center"><img src="https://www.freebelgians.be/upload/mineurs_greve_freebelgians_mai_2021_photo_1.jpg" alt="" class="valign_" /></p><br /> <br /> <p style="text-align:justify">En pleine occupation, près de 200 000 ouvriers et mineurs (de Belgique et du Nord de la France), poussés à bout par des conditions de vie et de travail insoutenables, ont osé défier l’occupant.<br /> La Belgique et le Nord de la France constituent une région stratégique importante pour l’occupant. Le charbon y est la première industrie. Et de charbon, les nazis en ont besoin. Alors qu’ils préparent l’invasion du géant soviétique, ils rencontrent une résistance inattendue en Yougoslavie… Ils doivent alors accélérer leur production d’armes. <br /> L’hiver 1940-1941 est rude. Pas tant pour sa météo que pour la misère que subit la majorité de la population. Les salaires sont bloqués, mais les prix s’envolent.<br /> Les rations diminuent. Les pommes de terre manquent. En avril 1941, un ingénieur d’un charbonnage du bassin de Seraing interroge les 55 ouvriers qui descendent dans la mine. Deux d’entre eux n’avaient rien du tout à manger, un autre seulement deux ou trois carottes, les autres un peu de pain avec parfois quelque chose pour l’accompagner. Un seul avait de la viande.</p><br /> <br /> <p style="text-align:center"><img src="https://www.freebelgians.be/upload/mineurs_greve_mai_2021.jpg" alt="" class="valign_" /></p><br /> <br /> <p style="text-align:justify">Alors que le pays est sous occupation militaire et que les grévistes sont passibles du Tribunal de guerre, qu’est-ce qui peut bien pousser métallos et mineurs à prendre de tels risques ? La faim, qui ravage le pays depuis le premier hiver de la guerre. Depuis la fin 1940, les denrées alimentaires se font rares et leur coût augmente de jour en jour. Les ouvriers sont les premiers touchés car le marché noir, hors de prix, leur est inaccessible. Leur salaire est en décalage complet avec le coût de la vie. Le 7 mai 1941, leur patience atteint ses limites. Plus une seule pomme de terre n’est disponible alors que les travailleurs y ont normalement droit, et ce à raison de 15 kg par mois ! La grève apparaît alors comme la seule issue.<br /> Le 9 mai, les travailleurs du site de la Boverie (Seraing) refusent de descendre dans la mine. Le lendemain, 10 mai 1941, pour le premier anniversaire de l’invasion allemande, des femmes de la fonderie de Cockerill, plus grosse entreprise métallurgique de Liège, parcourent le site pour convaincre les travailleurs d’arrêter le travail. 8 000 ouvriers se mettent en grève. Très vite, l’information se répand. La grève dépasse les frontières. Elle va même toucher le nord de la France.<br /> En une dizaine de jours de grève, les travailleurs obtiennent des résultats : « Les revendications portaient sur le renforcement substantiel des rations, mais aussi sur une augmentation de 25 % des salaires, bloqués depuis le 10 mai. Dans le contexte de guerre, les résultats sont étonnants : hausse des salaires de 8 %, allocations de vacances, rations supplémentaires… Le mouvement, qui entre dans la geste de l’occupation sous l’appellation de “Grève des 100 000”, est un incontestable succès, acquis de surcroît sans faire de victimes.»<br /> Ce que les travailleurs ignorent alors, c’est que l’ordre de donner des rations supplémentaires vient du chef suprême de l’armée allemande, Adolf Hitler lui-même, selon José Gotovitch. « Halder (chef d’état-major adjoint de l’OKH, Oberkommando des Heeres, NdlR) suit le mouvement au jour le jour et Hitler ordonne en personne une distribution immédiate de ravitaillement pour faire cesser un mouvement qui coûte 2 000 tonnes d’acier quotidiennes. » Quand on se prépare à envahir l’URSS, une telle perte de matériau est catastrophique. <br /> <br /> Source bibliographiques et iconographiques :<br /> <a href="https://www.solidaire.org/articles/mai-1941-la-greve-des-100-000-gagner-une-greve-en-temps-de-guerre">https://www.solidaire.org/articles/mai-1941-la-greve-des-100-000-gagner-une-greve-en-temps-de-guerre</a></p> Fri, 30 Apr 2021 17:24:01 +0000 Un récit de guerre Albert Pauly. https://www.freebelgians.be/articles/articles-3-208+un-r-cit-de-guerre-albert-pauly.php https://www.freebelgians.be/articles/articles-3-208+un-r-cit-de-guerre-albert-pauly.php <p style="text-align:center"><img src="https://www.freebelgians.be/upload/freebelgians_mars_pauly_albert_001.jpg" alt="" class="valign_" /></p><br /> <br /> <p style="text-align:justify">Le 10 mai 1940, par une superbe journée de printemps, les Belges comprennent que la neutralité de leur pays ne l'empêchera pas de basculer dans un nouveau conflit. Depuis plusieurs mois déjà, Albert PAULY, liégeois originaire de la Hesbaye limbourgeoise, a été rappelé sous les drapeaux dans le 3e régiment d'infanterie, à la suite de ce que l'on appelait "la drôle de guerre".<br /> A l'aube, il assiste au bombardement des forts de Liège. Dès le premier soir débute un repli qui durera plusieurs jours. Le véritable baptême du feu a lieu lorsque le train dans lequel se trouve le régiment est bombardé après avoir quitté la gare de Châtelineau. C'est la première rencontre avec la mort. Le contact direct avec les Allemands a lieu en Flandre : le canon de 75 dont Albert PAULY est servant tire mais le feu ennemi oblige les Belges à l'abandonner. Puis c'est l'encerclement, la pression allemande qui s'intensifie et finalement la capture suivie de près par la capitulation du pays. La campagne des 18 jours d'Albert PAULY ressemble à celle de nombreux soldats belges.<br /> Alors que la colonne est conduite vers la captivité, les Allemands déclarent subtilement que les prisonniers vont être démobilisés et libérés. Effectivement à Diest, Albert PAULY est libéré avec cinq camarades. Il rentre vers Liège par la route de Hasselt. D'autres, partis par la route de Saint-Trond, seront repris par l'ennemi et envoyés en captivité.<br /> <br /> Le fameux appel du 18 juin lancé depuis Londres par le général de Gaulle convainc Albert PAULY et un ami liégeois, Raymond Thonon, de rejoindre l'Angleterre dès que l'occasion s'en présentera. Après onze mois, aucune filière d'évasion n'a cependant encore été trouvée. Aussi les deux jeunes gens décident-ils de tenter l'aventure sans aucune aide. Ayant pris le train en direction de la France, ils ont soin de descendre avant la frontière et de continuer leur chemin à pied à travers bois.<br /> La frontière passée, ils empruntent à nouveau le train jusqu'à la limite de la « zone rouge », division intérieure de la France occupée; mais, voyant la file qui se forme à un contrôle, ils comprennent qu'ils sont descendus à la dernière et non à l'avant-dernière station. Ne pouvant présenter de laissez-passer au soldat allemand, ils décident de foncer en supposant que l'homme ne les suivra pas et les faits leur donnent raison.<br /> Renseignés par le vicaire, ils changent leur argent en monnaie française et se présentent chez le garde-champêtre de Saint-Cyr qui organise leur évasion vers la « France libre ». Par chance, le passage a lieu sans réel problème. Lorsqu'ils arrivent au bureau militaire de l'armée belge à Montpellier, ils sont accueillis par un adjudant qui leur conseille de se rendre à la police. Le pays a capitulé !<br /> Déçus par cette attitude, ils se rendent à Palavas-les-Flots, dans une maison occupée par de jeunes officiers, puis à Saint-Girons, près de la frontière espagnole. Dans une auberge où ils doivent établir un contact pour le passage au pays de Franco, deux policiers en civil les arrêtent. En prison, ils font connaissance avec la vermine : poux, puces et punaises. C'est ensuite le transfert à la prison de Foix où les deux Belges découvrent une nouvelle calamité : la faim. Après cinquante jours de captivité, ils sont enfin jugés et libérés de prison pour être envoyés dans un camp de travail ; ils ne s'y présenteront toutefois pas.<br /> Un commissaire belge décidé à les aider leur communique l'adresse d'un hôtel à Toulouse, dont le patron est gaulliste convaincu. Là enfin, ils peuvent se reposer et apprécier un lit propre. Nos deux hommes sont trop faibles pour franchir les Pyrénées. Aussi se résignent-ils à rester quelques temps sur place. Leur hôte leur procure un travail en usine mais pour ne pas éveiller les soupçons de la police, Albert PAULY quitte Toulouse pour Tarbes et se fait embaucher aux usines Hispano-Suiza.<br /> Les semaines passent puis, enfin, son ami resté à Toulouse l'informe qu'il a trouvé le moyen de passer en Espagne. Avant de quitter l'usine, Albert PAULY sabote les engrenages destinés aux moteurs d'avions. Les deux Belges se rendent à Montauban pour rejoindre un groupe de candidats à l'évasion puis arrive le départ avec nouveau passage à Toulouse où deux guides catalans prennent le groupe en main. Après Béziers et Port-Bou, il faut attaquer les Pyrénées en empruntant pistes, champs, prairies, torrents ...<br /> Arrivés à Gérone, ils se font arrêter par les gardes civils espagnols. Conduits en prison, ils prennent soin de déclarer qu'ils sont de nationalité canadienne. Ils sont ensuite menés à Figueras où, ne recevant pas de nourriture, ils doivent vendre montre, porte-plume, etc ... Dépouillés de tout, ils sont alors envoyés à Barcelone puis au sinistre camp de Miranda. Les conditions de captivité y sont dures mais, comme d'autres, Albert PAULY trouve le moyen d'améliorer son ordinaire. Le 5 janvier 1943 éclate une grève de la faim provoquée par la durée excessive des internements. Elle aboutit à la décision de libérer les moins de 18 ans et les plus de 40 ans. Finalement, au mois de juin, après 14 mois de captivité, Albert PAULY est libéré en se faisant passer pour un autre. Il a notamment rencontré durant ce séjour forcé l'aviateur Joseph KINET.<br /> A Gibraltar, Albert PAULY reçoit un uniforme britannique sur lequel est cousu un badge « BELGIUM ». Ensuite, le voyage se poursuit à bord d'un cargo aménagé pour le transport de troupes. Le convoi est attaqué par des bombardiers italiens mais, heureusement, les bombes manquent leur objectif. Arrivés en Grande-Bretagne, les deux jeunes gens sont amenés à Londres où ils subissent une semaine d'interrogatoire avant de pouvoir jouir enfin d'une réelle liberté. Ils décident alors de s'engager dans la R.A.F. Une déficience de vue interdisant à Albert PAULY d'être aviateur, il demande à devenir agent de renseignement et d'action et est autorisé à passer les tests.<br /> Une des premières formalités consiste à donner un pseudonyme à chaque candidat, en l'occurrence Albert Pell. Grâce à cette précaution, un agent capturé au cours d'une mission ne peut révéler l'identité réelle de ses collègues, ce qui évite notamment les représailles envers les familles. Albert PAULY subit des épreuves d'observation et d'endurance. Puis débute sa formation d'agent ‘’marconiste’’ (dit également ‘’pianiste’’)<br /> Il apprend également à manipuler des explosifs, faire sauter des voies ferrées et encore attaquer des sentinelles au couteau. Il reçoit à Ringway une formation de parachutiste. Aux exercices au sol succèdent les sauts depuis une tour à laquelle les hommes sont reliés par un câble de freinage.<br /> Après l'enseignement préliminaire a lieu le premier largage depuis un avion, en l'occurrence un Whitley, ancien bombardier affecté à de nouvelles tâches. Dès le traditionnel ‘’Go !’’, Albert PAULY se jette par la trappe et descend suspendu à son parachute. Le contact avec le sol est brutal ; cependant notre homme en sort indemne, ravi mais bien raide.<br /> Ce stage terminé, il faut se familiariser avec le morse et pour cela, le jeune comme est envoyé dans une famille près de Glasgow où il passe une véritable semaine de détente tout en appliquant les connaissances nouvellement apprises. Enfin, l'instruction se clôture par des notions utiles telles que se familiariser avec les dangers potentiels, vivre dans la nature, se protéger des chiens, reconnaître les insignes et uniformes ennemis... Le jour du départ en mission, Albert PAULY épouse Patricia Hurlay, une charmante « Land Girl », c'est-à-dire jeune fille suppléant, au travail des champs, les hommes mobilisés.<br /> La première mission baptisée ‘’Silius’’ débute par un parachutage de nuit en Belgique, à partir d'un Liberator américain. L'atterrissage se fait sans casse pour Albert PAULY et son compagnon ‘’Petit Henri’’, mais les conteneurs enfermant le matériel n'ont pas été aperçus.<br /> Lorsque l'aube approche, les deux hommes les découvrent enfin et constatent que les parachutes ne se sont pas ouverts. Le matériel doit être dans un triste état mais, pour l'instant, l'urgent est de dissimuler ces colis encombrants et se réfugier dans une maison amie. Ils seront récupérés la nuit suivante. La cause du malheur est également découverte : le « dispatcher » a oublié d'accrocher les static lines (système d'ouverture des parachutes). Les deux hommes décident qu'Albert PAULY aidera ‘’Petit Henri’’ dans sa mission de sabotage s'il ne parvient pas à se procurer un poste émetteur.<br /> Albert PAULY possède des documents établis au nom d'Albert Paquet, établissant qu'il est domicilié à Grivegnée et qu'il travaille au Moniteur à Bruxelles, ville dans laquelle il se rend en tram. Il possède de l'argent belge et français, des pastilles pour purifier l'eau, des vitamines, une « pilule-suicide » des cristaux pour émettre et les codes imprimés sur une pochette de soie. Dans la capitale, il se rend à l'adresse qui lui a été renseignée par Londres.<br /> Pour prouver qu'il est bien celui qu'on attend, il présente un billet de banque dont le numéro avait été communiqué préalablement à la Résistance et récite une phrase qui sera prononcée par la B.B.C. le soir même. Après une semaine, il est conduit à son logement définitif, rue du Broeck à Anderlecht, dans une maison habitée par un couple de patriotes dont le monsieur, occupé par un quotidien connu avant la guerre, a quitté son emploi lorsque le journal est passé sous le contrôle des Allemands.<br /> Alors que notre agent de renseignement se trouve avec son logeur dans un café de Bruxelles, la Gestapo effectue un contrôle d'identité. L'homme qui examine les papiers d'Albert Paquet s'étonne de sa présence à Bruxelles alors qu'il est domicilié à Grivegnée. L'attestation du Moniteur endort ses soupçons. Les faux documents « made in England » sont de parfaite qualité ! Après une quinzaine de jours, notre ‘’marconiste’’ peut enfin se procurer un émetteur près de Vilvorde.<br /> Le poste est amené dans un local d'une petite fabrique de produits chimiques. Lors du premier contact avec Londres, Albert PAULY s'aperçoit que l'appareil est en état d'émettre mais ne peut recevoir. Il décide d'envoyer ses messages en ‘’blind’’, c'est-à-dire sans savoir si la station réceptrice l'entend. Après avoir émis durant une vingtaine de minutes, l'opérateur et les résistants qui l'accompagnent s'en vont en emportant le poste qui est pris en charge par un gendarme en uniforme : il est le moins exposé aux risques d'une fouille. Après quelques jours, un poste en parfait état de marche est enfin trouvé par un réseau de Résistance.<br /> Le lieu d'émission suivant est la maison d'un coiffeur du quartier où réside Albert PAULY. Une équipe d'observateurs épie tout mouvement anormal dans le voisinage car les Allemands recherchent activement les émetteurs clandestins au moyen d'appareils de radiogoniométrie.</p><br /> <br /> <p style="text-align:center"><img src="https://www.freebelgians.be/upload/freebelgians_mars_2021_radio3084087331_1_3_tusauvq6.jpg" alt="" class="valign_" /></p><br /> <br /> <p style="text-align:justify">La mission d'un ‘’marconiste’’ est particulièrement périlleuse pour lui-même, qui risque la mort en cas de capture, mais également pour les résistants qui le secondent. La nuit, il reçoit les messages de Londres ce qui ne représente, par contre, aucun danger particulier. Il apprend notamment que les messages envoyés en ‘’blind’’ ont été reçus.<br /> Albert PAULY émet tous les jours mais durant une vingtaine de minutes seulement de manière à ne pas donner assez de temps aux Allemands pour repérer le lieu de l'émission. Il est contraint de déménager régulièrement. Il se familiarise cependant avec le risque et parfois, lorsqu'il est loin de la ville, l'émission peut durer une heure.<br /> A plusieurs reprises, des contrôles procurent de fortes émotions au ‘’marconiste’’ mais un jour, alors qu'il travaille au deuxième étage d'une maison d'Anderlecht, le gendarme lui crie d'arrêter. La Gestapo fouille le quartier. Après plusieurs heures, alors que les environs restent sous surveillance, le gendarme propose de partir avec le poste. Il arrive à bon port et cette nouvelle soulage les occupants de l'immeuble autant que l'opérateur.<br /> Une nuit, Albert PAULY reçoit le message ‘’Conseillons à Menuet de prendre l'argent et d'aller se reposer à la campagne’’. Durant une nuit entière, il s'interroge sur la signification exacte du message : va-t-il être remplacé ? Court-il des risques ? Estime-t-on que ses nerfs ont besoin de repos ? Ne sachant apporter de réponse satisfaisante, il décide d'ignorer simplement l'avertissement.<br /> A la suite de l'arrestation de résistants, Albert PAULY recherche un lieu d'émission et décide de retourner dans une petite ferme isolée à Elingen, bien qu'il soit dangereux d'émettre plusieurs fois du même endroit. Cette fois, la ‘’gonio’’ l'a repéré et les Allemands, au nombre d'une soixantaine, investissent les lieux. Il faut faire un choix rapide : se suicider ? Quelle dérision alors que les alliés vont bientôt libérer le pays ! Mourir l'arme à la main ? Les gens de la ferme risquent des représailles ! Il lui semble préférable de se rendre.<br /> Un premier interrogatoire débute sur place, régulièrement ponctué de coups violents. Parmi les nazis, il y a au moins un traître belge. Une véritable séance de torture se déroule. Pour faire parler l'agent de renseignement, les tortionnaires lui plongent longuement la tête dans une bassine d'eau, jusqu'à la limite de l'asphyxie. Ils recommencent l'opération plusieurs fois. Pour échapper à la souffrance et à la mort, Albert PAULY communique des renseignements fantaisistes ainsi que l'adresse de son logement en raison du faible risque que les Allemands puissent en tirer profit ou procéder à des représailles.<br /> Il est alors conduit au siège de la Gestapo, avenue Louise à Bruxelles où il subit un nouvel interrogatoire « plus civilisé ». Il apprend avec stupéfaction qu'il était surveillé et que de nombreux lieux d'émission étaient connus. Il est ensuite conduit en cellule et gratifié d'une nouveau passage à tabac. Enfin, il est emmené à la prison de Saint-Gilles. Mais les alliés approchent ; les prisonniers sont conduits à la gare du Midi et enfermés dans des wagons à bestiaux. Le train démarre pour l'Allemagne mais la Résistance a saboté les voies ce qui contraint le convoi à revenir à Bruxelles. Après plusieurs heures, les portes sont ouvertes : les Allemands fuient !<br /> <br /> <br /> La guerre n'est cependant pas finie et, en décembre, le major responsable d'Albert PAULY lui propose une nouvelle mission de renseignement (au nom de code «Painters ») dans les environs de Stuttgart. Le but est de vérifier des informations, rechercher des adresses sûres, établir une ligne d'échappée vers la Suisse, d'étudier des possibilités d'organiser avec des travailleurs étrangers déportés, une sorte de maquis et de créer des groupes de résistance, d'envisager un soulèvement. Après une formation complémentaire, Albert PAULY alias « Rembrandt » et un autre agent d'origine bruxelloise, André Bayet, sont largués au-dessus d'une clairière. La mission débute mal : d'une part il y a une neige inattendue et très gênante mais, plus grave, les colis contenant les appareils radio sont perdus. Des recherches dans la forêt restent vaines. Nos deux hommes entreprennent néanmoins une marche difficile vers Stuttgart, traversant même un camp de la Wehrmacht.<br /> L'essentiel de la mission est réussi. Certains contacts s'avèrent être des personnes douteuses, d'autres sont décédés. Les renseignements recueillis doivent être transmis aux alliés. Les deux hommes décident de se séparer ; l'un attendra que les armées franchissent le Rhin tandis que l'autre tentera de gagner la Suisse.<br /> Le Bruxellois choisit de rester et parvient à se faire embaucher au bureau de Poste, ce qui constitue un excellent moyen de contrôle sur les communications et télécommunications. Albert PAULY décide de tenter le voyage et de gagner Schaffhousen, à l'Ouest du lac de Constance, un endroit où les deux rives du Rhin appartiennent à la Confédération Helvétique. Après bien des péripéties et des frayeurs, il parvient en territoire neutre où ses faux papiers de sympathisant nazi lui jouent des tours. Relativement peu gardé, il s'évade et gagne la France quelques jours seulement avant la fin de la guerre.<br /> Source : Maison du Souvenir :<br /> <a href="https://www.maisondusouvenir.be/albert_pauly_recit.php">https://www.maisondusouvenir.be/albert_pauly_recit.php</a><br /> <a href="https://14ww210.skyrock.com/3084087331-Les-operateurs-radios-de-la-resistance.html">https://14ww210.skyrock.com/3084087331-Les-operateurs-radios-de-la-resistance.html</a></p> Sun, 28 Feb 2021 10:58:57 +0000 Le Front de l’Indépendance et les Partisans Armés (Parmi tant d’autres mouvements) https://www.freebelgians.be/articles/articles-3-206+le-front-de-l-ind-pendance-et-les-partisans-arm-s-parmi-tant-d-autres-mouvements.php https://www.freebelgians.be/articles/articles-3-206+le-front-de-l-ind-pendance-et-les-partisans-arm-s-parmi-tant-d-autres-mouvements.php <p style="text-align:justify">Le 28 mai, 18 jours après l'entrée des troupes allemandes sur le territoire, la Belgique se rend au rouleau nazi. La résistance s'organise très vite. Une collaboration de différentes tendances politiques en Belgique, avec un rôle important pour les communistes. En juillet 1940, les ouvriers communistes lancent l'initiative de créer des comités de combat syndicaux (CCS) dans le secteur métallurgique liégeois, comme à Ougrée-Marihaye. Leur objectif: réorganiser clandestinement la défense des travailleurs et distribuer de petits journaux résilients. Le communiste Louis Neuray va encore plus loin: en tant que chef délégué de l'usine ACEC (Ateliers de Constructions Électriques de Charleroi) à Herstal, il organise une grève pour une augmentation de salaire en décembre 1940, peu avant son arrestation. La militante communiste Suzanne Grégoire mène une manifestation contre la pénurie à Liège le 18 avril 1941. Partout dans le pays, des textiles de Gand aux mines du Borinage, le nombre de grèves augmente. <br /> L'une des plus grandes actions de résistance de masse en Europe occidentale a lieu en Belgique en mai 1941. Plus précisément le 10 mai, pour commémorer l'invasion allemande de l'année précédente: Julien Lahaut, plus tard président du Parti communiste de Belgique ( PCB), parvient à fermer Cockerill, la grande aciérie de Seraing. L'appel s'est rapidement propagé et 100 000 travailleurs de la Sambre et de la Meuse, jusqu'au nord de la France, se sont mis en grève pendant la semaine. Une foule nombreuse se retrouve face à face à Seraing avec la police militaire allemande, prête à tirer. La ‘’grève des 100 000’’ se termine avec succès le 21 mai: une importante cargaison de pommes de terre pour la population ouvrière arrive.<br /> En mars 1941, le Front d'Indépendance (FI) et ses partisans armés sont formés à l'initiative du PCB. C'est le premier mouvement de résistance belge, à côté de l'Armée secrète, qui se compose principalement d'officiers fidèles au gouvernement belge en exil à Londres. L'Armée secrète est mieux armée, financée, informée et appréciée tout au long de l'occupation que le Front d'indépendance. <br /> <br /> <strong>1941: La bataille clandestine s'intensifie</strong><br /> <br /> Le 22 juin 1941, les nazis envahissent l'Union soviétique: opération Barbarossa. <br /> 1 800 militants de gauche belges sont arrêtés peu après et, comme Lahaut, envoyés dans des camps de concentration. La bataille clandestine devient de plus en plus difficile. Des centaines de résistants et de communistes se cachent pour échapper à la police nazie et organisent des réseaux de cachettes, des médecins, des gens qui fabriquent des papiers d'identité et des timbres alimentaires. Des groupes de résistance sont implantés dans le sud du Luxembourg, à Ourthe-Amblève et au Limbourg. Les collaborateurs sont handicapés, leurs bâtiments détruits, leurs réunions sabotées. <br /> Une histoire bien connue est celle du faux ‘’Soir’’ Après l'invasion allemande de 1940, le journal Le Soir est dirigé par des journalistes collaborationnistes (ils appellent ce journal Le Soir volé ). D'anciens journalistes (comme le futur député du PCB Fernand Demany) et des membres du F.I. lancent l'idée de diffuser un faux ‘’Soir’’ , pour commémorer la fin de la Première Guerre mondiale 25 ans plus tôt, le 11 novembre 1943. Ce faux journal est publié distribué à 50 000 exemplaires et a acquis une réputation internationale pour l'humour avec lequel la propagande nazie est retournée contre l'ennemi. <br /> En plus de cette action fantastique, des milliers de journaux clandestins sont secrètement distribués quotidiennement, notamment dans les usines. Les collectes de fonds aident les familles des prisonniers politiques. Les réfugiés se cachent, y compris les personnes qui s'opposent à l'emploi obligatoire en Allemagne et les réfugiés soviétiques. Ivan Mokan, un prisonnier de guerre qui a été déporté dans la mine de Limbourg à Zwartberg, peut s'échapper. Il rejoint plus tard la résistance au Pays Noir, tandis qu'Evgueni Dotsenko dirige un groupe de résistance de leurs compatriotes réfugiés dans l'arrière-pays liégeois. <br /> En raison de ces combats quotidiens, exemplaires et féroces, la popularité des communistes belges augmente dans tout le pays. Mais aussi grâce aux victoires soviétiques sur le front de l'Est, qui donnent confiance aux peuples de tous les pays occupés, notamment lors des trois grands tournants de la guerre: la bataille de Moscou (1941), la défaite des forces allemandes devant Stalingrad (1942) et Koursk (1943).</p><br /> <br /> <p style="text-align:center"><img src="https://www.freebelgians.be/upload/camille_hans_freebelgian_1_2021.jpg" alt="" class="valign_" /></p><br /> <p style="text-align:center">Camille Hans (F.I.)</p><br /> <br /> <strong>Un large front antifasciste</strong><br /> <br /> <p style="text-align:justify">Parmi les résistants, de nombreuses femmes assument des tâches de leadership, comme Lucienne Bouffioux, Yvonne Ledoux, Yvonne Paradis ou Marcelle Leroy. D'autres, comme Fanny Beznos-Jacquemotte et Buntea Crupnic-Smesman, ont déjà dû faire face à l'exil avant la guerre. C'est également le cas pour Ignace Lapiower et Andor Béreï. Ce sont des Juifs, des Hongrois, des Roumains ou des Polonais, mais ils n'hésitent pas à œuvrer pour l'indépendance de la Belgique et la victoire sur le fascisme. <br /> La résistance a eu beaucoup de succès dans toute la Belgique. Louis van Brussel et son corps de Louvain sont sans aucun doute l'un des groupes de résistance les plus efficaces, en raison de leurs actions de sabotage sur les chemins de fer. Le 30 juillet 1943, ils éliminent toute une entreprise allemande en déraillant un train sur la ligne Louvain-Ottignies à Oud-Heverlee. Un général, deux colonels, 20 officiers et 285 soldats allemands sont tués</p>. <br /> <br /> <p style="text-align:center"><img src="https://www.freebelgians.be/upload/louis_van_brussel_freebelgian_1_2021.jpg" alt="" class="valign_" /></p><br /> <p style="text-align:center">Louis Van Brussel</p><br /> <br /> <p style="text-align:justify">Entre 1942 et 1944, la résistance communiste flamande a également tué une cinquantaine de fascistes du VNV, le mouvement de collaboration flamand de Staf De Clerq, qui sème la terreur dans le Brabant. Il y a aussi beaucoup à dire sur le militantisme des dockers anversois, qui accueillent des exilés politiques italiens et allemands depuis les années 1930. René Dillen, président du PCB à Anvers, est l'un des premiers prisonniers du terrible Fort de Breendonk. Il est ensuite rejoint par Jef Van Extergem, chef de l'aile flamande du PCB. Aucun d'entre eux ne reviendra des camps. <br /> Lorsque les Britanniques ont repris le port en octobre 1944, les Britanniques feront appel aux partisans armés et les dockers n'épargneront aucune dépense ni aucun effort pour assurer l'approvisionnement du port: ‘’Nous avons déchargé les munitions pendant que les bombes tombaient sur Anvers’’, dit le docker communiste Frans Van den Branden. C'est grâce à l'action préventive de la résistance que les nazis n'ont pas saboté le port d’Anvers lors de leur retraite. Dans la résistance limbourgeoise, les cheminots et les mineurs locaux passent pour les forces les mieux entraînées du Front de l'indépendance. Dans tout le pays, les actions courageuses de milliers de travailleurs préparent la défaite de l'occupant nazi. C'est très différent de l'image que certains aiment propager d'une Flandre collaborationniste et d'une Wallonie résistante, même s'il est vrai que la résistance était plus forte du côté francophone du pays. <br /> Source internet :<br /> <a href="https://www.solidair.org/artikels/75-jaar-overwinning-op-het-fascisme-de-cruciale-rol-van-het-verzet">https://www.solidair.org/artikels/75-jaar-overwinning-op-het-fascisme-de-cruciale-rol-van-het-verzet</a><br /> Sources bibliographiques :<br /> <a href="https://www.levif.be/actualite/belgique/25-visages-pour-rendre-justice-a-la-resistance-belge-en-images/diaporama-normal-829567.html?cookie_check=1606817305">https://www.levif.be/actualite/belgique/25-visages-pour-rendre-justice-a-la-resistance-belge-en-images/diaporama-normal-829567.html?cookie_check=1606817305</a></p> Thu, 31 Dec 2020 11:27:15 +0000