Derniers articles https://www.freebelgians.be Derniers articles (C) 2005-2009 PHPBoost fr PHPBoost Le lieutenant-colonel Adrien Van den Brandt.- Combattant 14-18 et 40-45 https://www.freebelgians.be/articles/articles-4-188+le-lieutenant-colonel-adrien-van-den-brandt-combattant-14-18-et-40-45.php https://www.freebelgians.be/articles/articles-4-188+le-lieutenant-colonel-adrien-van-den-brandt-combattant-14-18-et-40-45.php <p style="text-align:center"><img src="https://www.freebelgians.be/upload/van_den_brandt_1.jpg" alt="" class="valign_" /></p><br /> <br /> <p style="text-align:justify">Né à Turnhout le 9 mai 1892, Adrien Van den Brandt est décédé à Mons le 24 septembre 1949 et plusieurs anciens du 10 Fus (Bataillon de Fusiliers Belges) assistèrent le 28 septembre aux funérailles de leur prestigieux Chef de corps. Trente ans avant eux, le 21 septembre 1914, il était volontaire !! <br /> La guerre était déclarée et, conscient de ses devoirs, il choisit de rejoindre l'armée belge plutôt que de poursuivre ses études à l'université de Louvain. Incorporé dans l'infanterie, caporal le 24 novembre 1914, sergent le 17 janvier 1915, il est nommé sous-lieutenant auxiliaire le 27 janvier 1918 et, exactement six mois plus tard, sous-lieutenant de réserve. Cet officier, patrouilleur au 2° bataillon du I° Chasseurs à Pied puis au 5° Chasseurs à Pied, a des états de services exemplaires. Il est fait Chevalier de l'Ordre de la Couronne avec attribution de la Croix de Guerre "pour le courage et la bravoure dont il a fait preuve au cours d'une expédition de nuit qui lui a permis d'occuper un poste ennemi". Et la citation dont il est l'objet précise encore : "Excellent officier sous tous les rapports, très brillante attitude au feu, s'est remarquablement comporté lors du raid du 4 juillet 1918. Grâce à l'intelligence des dispositions de détail prises, à l'audace et à l'entrain de l'exécution, termine sa mission sans subir de pertes et en ramenant 13 prisonniers. Officier de toute première valeur, se présentant toujours pour les missions les plus dangereuses, faisant preuve en toutes circonstances d'un dévouement et d'une bravoure remarquables. Vient de se distinguer à nouveau le 30 octobre 1918 à la tête d'une reconnaissance offensive vers le château de Ronsele, progressant sous les feux convergents de mitrailleuses et donnant à ses hommes le plus bel exemple de mépris du danger. Au front depuis 44 mois."<br /> A ce moment, le sous-lieutenant Van den Brandt est chef de peloton à la... 10°Cie du 3°bataillon du 5°régiment de Chasseurs à Pied. Après l'armistice du 11 novembre et l'occupation de la Ruhr, il rejoint la garnison de Mons, y fera d'ailleurs la connaissance de sa compagne qui lui donnera cinq enfants (deux fils et trois filles). Lieutenant de réserve le 21 septembre 1919, il est admis le 13 avril 1920 dans les cadres actifs, est nommé capitaine le 31 décembre 1929, capitaine-commandant le 26 mars 1935, commissionné « pour exercer l'emploi de major », le 26 mars 1940</p>. <br /> <br /> <p style="text-align:center"><img src="https://www.freebelgians.be/upload/van_den_brandt_2.jpg" alt="" class="valign_" /><br /> Prise d’armes sur la Grand’ place de Mons</p><br /> <br /> <p style="text-align:justify">En mai de cette année-là, c'est à nouveau la guerre. Le major Van den Brandt commande le 2°bataillon du 1er Chasseurs à Pied. Sa conduite est à nouveau digne d'éloges et, après le conflit, le général allemand Schaumburg, commandant la 225.I.D. allemande tiendra à souligner l'échec subi par ses troupes devant celles du major Van den Brandt. Ce dernier recevra la Croix de guerre de 1940 pour "a fait preuve de bravoure et d'opiniâtreté dans l'accomplissement des missions prescrites. A été l'âme de la défense du saillant de Nevele attaqué par l'Est et le Sud, a organisé une défense pied à pied par l'occupation successive des éléments de l'agglomération et ne s'est replié que par ordre après un combat de 48 h au cours duquel il fit subir de lourdes pertes à l'ennemi". "Pour sa contre-attaque rapide et décidée, avoir repris et réoccupé la localité de Nevele privée de défenseurs par le repli d'une unité voisine", le 2° bataillon du 1° Chasseurs fut lui-même cité à l'ordre du jour pour "sa résistance opiniâtre et efficace... au cours des 25, 26 et 27 mai 1940... <br /> faisant subir des pertes sévères à l'assaillant et lui interdisant énergiquement l'enveloppement de la position". A la capitulation de l'armée le 28 mai 1940, le major Van den Brandt est fait prisonnier. Une maladie contractée dans les tranchées lors de la première guerre — il en mourra d'ailleurs en 1949 — s'aggrave pendant son internement à l'Oflag IIIB. Il est rapatrié le 18 février 1941. Ses ennuis commencent avec l'occupant qui l'enferme comme otage à la forteresse de Huy. <br /> Il recouvre la liberté, échappe de peu, en se cachant chez un voisin, à une nouvelle arrestation. Car depuis le 1er avril 1941 et bien qu'il reste souffrant le major Van den Brandt est dans la Résistance. Il sera le commandant en chef du secteur A de la Zone I de l'Armée Secrète. Il gagne le maquis dès le 17 mai 1943. Il sera ainsi ouvrier de ferme à Neufvilles (Soignies) et domestique chez les RRPP Rédemptoristes à Sirault, ce « camouflage » n'empêchant évidemment pas l'action, les déplacements, les réunions clandestines, les rapports à transmettre. Les combats de la Libération terminés, le major Van den Brandt se met à nouveau au service de l'armée. Dès le 7 décembre il est désigné comme commandant en second du 10 Fus dont il devient chef de corps effectif à partir du 27 février 1945. La campagne d'Allemagne à laquelle il participe avec son unité lui vaudra d'ajouter une seconde palme à sa croix de guerre de 1940 "pour le courage dont il a fait preuve à la tête du 10° bataillon de fusiliers, lors de la campagne d'Allemagne (Moniteur du 26 au 28 novembre 1947). Il recevra en outre la "Bronze Star Medal" pour sa participation aux opérations militaires, en qualité de commandant du 10° bataillon belge de fusiliers. "Conducteur d'hommes éclairé, dit la citation, le major Van den Brandt mena ses troupes à travers le Luxembourg et l'Allemagne pendant la contre-offensive de printemps de l'armée américaine. Ces troupes s'y distinguèrent, avec la 3° armée américaine par leur bravoure et leur endurance. Le courage du major Van den Brandt, sa compréhension du devoir et son exemple intrépide sont dignes de tous les éloges et rejaillissent à la fois sur lui-même et sur les forces alliées." Après la dissolution du 10 Fus, le major Van den Brandt est affecté, le 1er octobre 1945, à l'État-major de la 3° circonscription militaire à Liège. <br /> Promu lieutenant-colonel en 1946, il prend cette année-là sa retraite. Commandeur de la Couronne, détenteur de sept chevrons de front. Tel était le lieutenant-colonel Van den Brandt, un chef aimé.<br /> <br /> Les bataillons de fusiliers belges 1944-1945<br /> F = Francophone, V= néerlandophone, Bil = bilingue, <br /> Leur affectation est soit le 21st British Army Group = B, soit le 12th U.S. Army group = A avec, dans ce dernier cas, l’indication de l’armée américaine (par exemple A3 = 3rd U.S. Army)<br /> En premier lieu vous trouverez le lieu et la date de constitution, en dernier lieu il s’agit de la date de la dissolution du bataillon<br /> Ces bataillons constitueront la nouvelle armée belge.</p><br /> <br /> <p style="text-align:center"><img src="https://www.freebelgians.be/upload/van_den_brandt_3.jpg" alt="" class="valign_" /></p><br /> <br /> <span style="text-decoration: underline;">Sources bibliographique et iconographiques :</span><br /> ‘’Dans la foulée de Patton’’ par Pierre Erculisse et Roger Rosart paru aux Editions André Boland 1985. Sun, 30 Jun 2019 11:06:03 +0200 LE SOLDAT JEAN SARTORI - 18 AVRIL 1945 https://www.freebelgians.be/articles/articles-4-177+le-soldat-jean-sartori-18-avril-1945.php https://www.freebelgians.be/articles/articles-4-177+le-soldat-jean-sartori-18-avril-1945.php <p style="text-align:center">LE SOLDAT JEAN SARTORI LORS DE LA PATROUILLE D’OPHEUSDEN DU 18 AVRIL 1945.<br /> <br /> </p><p style="text-align:center"><img src="https://www.freebelgians.be/upload/sartori_jeanclipimage002.jpg" alt="" class="valign_" /></p><br /> <p style="text-align:center">Jean SARTORI</p><br /> <br /> <p style="text-align:justify">Dans les années 1920, une modeste maison située rue Malgagnée, à quelques mètres de la rue Haute Préalle, abritait la famille Sartori.<br /> Ce ménage sans histoire jouissait de la considération des habitants de l’endroit. Une fille et trois garçons comblaient de joie des parents travailleurs, soucieux de l’avenir de leurs enfants.<br /> Le bonheur ne fut hélas que de courte durée !<br /> Au décès de maman Sartori, la grande sœur, sacrifiant sa jeunesse, remplit auprès de ses frères un rôle trop tôt abandonné par la disparue. L’aînée fera de ses cadets des hommes !...<br /> Des hommes qui, au cours du deuxième conflit mondial, accompliront au sein de divers mouvements de résistance les missions les plus audacieuses. Jean Sartori, le benjamin, a accepté de réveiller pour nous des faits douloureux qu’il voudrait oublier mais qui restent à jamais gravés dans sa chair et dans sa mémoire. Il précise qu’au début des hostilités, ses frères et lui ne ressentaient aucun penchant pour les aventures guerrières, aucun enthousiasme pour la gloire dont rêvait, à l’époque, la jeune génération. Ils étaient tout simplement des patriotes.<br /> Le héros de notre histoire raconte :<br /> « A la déclaration de la guerre, j’ai dix-huit ans. Nicolas et François, mes deux frères, sont mobilisés.<br /> Libéré après la campagne des dix-huit jours, Nicolas milite dans les rangs du Front de l’Indépendance.<br /> François, après la reddition, entre dans la clandestinité avec pour mission spéciale la fourniture d’armes. Trapéziste de grand talent et membre de la société de gymnastique herstalienne « Le Palmier », il était très populaire dans la commune. Arrêté par les Allemands en 1943, au café du Marronnier place Maghin, il ne revint jamais. Depuis, la seule nouvelle reçue le concernant est une présomption de décès à Buchenwald. Ce fait fut confirmé après la guerre par un prisonnier politique de Seraing qui avait partagé sa détention dans le même camp de concentration.<br /> En 1941, je travaille à la fabrique d’armes PIEPER (usine située rue Petite Foxhalle approximativement à l’emplacement de l’actuelle rue des Armuriers), répondant ainsi aux sollicitations de M. Delchef qui, à l’intérieur de cette entreprise, a formé un groupe de résistants spécialisé en matière de sabotage.<br /> Une de nos premières réalisations est la fondation d’un journal clandestin « L’Etincelle » qui paraissait régulièrement et dont la rédaction avait été confiée à des personnes compétentes.<br /> Une boîte aux lettres était établie au domicile d’une institutrice.<br /> Les actions de notre mouvement admirablement structuré et très efficace créent de sérieuses perturbations dans le fonctionnement normal de l’usine et, de ce fait, ralentissent considérablement la production. Mais la Gestapo est sur place et enquête. Un grave accident me sauve probablement la vie. Durant ma longue convalescence, M. Delchef et M. Peterman sont arrêtés lors d’une rafle effectuée à l’intérieur de l’usine. Ils seront fusillés le 5 août 1942.<br /> Le groupe Delchef démantelé, je rejoins jusqu’à la libération celui de M. Namotte.<br /> Quand je reprends le travail, je suis convoqué par le chef de la Gestapo Damave, placé sous le contrôle de la commission militaire et constamment surveillé.<br /> Après le débarquement allié, la police allemande m’enferme au blockhaus Pieper situé dans les caves de l’usine.<br /> Une nuit, vers 23 heures, Damave, ouvrant la porte de ma cellule, me prie de « foutre le camp » et me demande de ne pas oublier que je lui dois ma libération. Lorsqu’il passera devant le Conseil de guerre, Damave, pour sa défense, fera mention de ma mise en liberté, signalant qu’en me tirant des griffes de la Gestapo, il m’a sauvé la vie, ce que je confirmai devant la Cour. A l’arrivée des troupes américaines, je m’engage. Volontaire de guerre, je suis versé à la Brigade Piron.<br /> Après une courte instruction à Tamise, départ pour la Hollande suivi de la montée au front entre Arnhem et Nimègue. Là-bas, les événements qui survinrent me valurent le surnom de « mort-vivant » de la Brigade Piron.<br /> Le 18 avril 1945, j’étais soldat, volontaire de guerre, fusilier au 1er peloton de la compagnie C du III° bataillon de la Brigade Piron.<br /> Ce jour-là, tôt matin, ce bataillon, commandé par le major Maurice PONCELET, attaqua avec l’appui de chars canadiens Sherman les troupes allemandes et SS hollandais) qui occupaient les localités hollandaises. HEUSDEN et OPHEUSDEN, à une vingtaine de kilomètres à l’ouest de ARNHEM et de NIMEGUE ! Au début de l’après-midi, nous occupions ces localités d’où l’ennemi s’enfuit. La poursuite fut entamée jusqu’à ce qu’un champ de mines l’arrête.<br /> A 18 heures, mon commandant de compagnie, le capitaine André GOORMANDS communiqua à mon peloton l’ordre de partir en patrouille. Cette patrouille était commandée par le lieutenant Albert DEWAELE. La mission était de reconnaître le terrain et d’assurer la sécurité d’une reconnaissance d’officiers de chars.<br /> Le point de départ était un passage à niveau à la périphérie de la localité. L’itinéraire était une route droite, sans arbres, longeant une voie de chemin de fer, et aboutissant après deux kilomètres à une digue, point extrême à atteindre.<br /> Le dispositif était :<br /> - 2 éclaireurs (le soldat Jean ORBAN et moi)<br /> - 1 section (sergent Robert STAS) du 1er peloton<br /> - 1 major canadien<br /> - 1 équipe de déminage dirigée par le lieutenant Georges DARIMONT<br /> - 1 char Sherman avec le lieutenant James MUNDAY<br /> - HQ du 1er peloton<br /> - 2 sections du 1er peloton.<br /> Etant le premier éclaireur, je me trouvais en tête attendant l’ordre de départ. Je regardais la colonne se former. Les officiers donnaient leurs dernières instructions. Mais je me rendis compte que c’était sérieux quand je vis le 1er sergent Georges VERBRUGGE bourrer les poches des fusiliers de toutes les grenades fumigènes qu’il était possible d’emporter. Il répétait : « Vous n’en aurez jamais de trop. » Il avait l’expérience de l’ancien légionnaire. Nous sentions qu’il nous aimait. Il contribuait au formidable esprit d’équipe que nous avions. Emporter un maximum de fumigènes était indispensable. En effet, progresser sur une route droite, complètement dégagée et minée, aboutissant à une ligne de fortins (la « Grebbelinie »), peut-être occupés, était extrêmement dangereux. Vers 18 h 30, avant <br /> de donner le signal de départ, le lieutenant DEWAELE me fit ses dernières recommandations.</p><br /> <br /> <p style="text-align:center"><img src="https://www.freebelgians.be/upload/sartori_jeanclipimage004_plan.jpg" alt="" class="valign_" /></p><br /> <br /> <p style="text-align:justify">Nous avons progressé sur environ deux kilomètres. Il y avait à gauche de la route quelques maisons isolées, en retrait, vides. Je levais le bras et tous s’arrêtaient. Je visitais. Pas de danger. Un signal et on repartait. Le lieutenant DEWAELE avait ordonné le départ aux deux éclaireurs de tête, Jean ORBAN et moi, et de progresser alternativement, l’un observant et redoublant d’attention pendant que l’autre se déplaçait.<br /> Nous n’avons pas pu agir ainsi parce qu’un major canadien du Canadian Armoured Regiment qui accompagnait la patrouille me fit signe d’accélérer. C’est ainsi que je fus en tête jusqu’au point extrême à atteindre. La distance de sécurité entre les deux éclaireurs et le gros de la patrouille au départ diminua progressivement.<br /> On arriva à hauteur de la dernière maison à notre gauche. Elle était en ruine : quelques pans de mur et un tas de briques. Encore 200 mètres et la route nous conduisit à une digue d’environ 3 mètres de hauteur. Au pied de la digue, un fortin se dresse, menaçant. Nous étions devant un des éléments de la GREBBELINIE, ancienne ligne de fortification hollandaise. Plus tard, j’ai su qu’il y avait eu une communication radio entre le capitaine GOORMANS et le major PONCELET. Celui-ci a été d’accord pour que la patrouille continue, mais de n’engager que les éclaireurs. Un regard en arrière, un signe en avant et on continue.<br /> Arrivé à hauteur du fortin, la porte ouverte montrait qu’il était inoccupé. J’ai alors escaladé la digue et traversé un passage à niveau. Devant moi se dresse la <br /> gare de KESTEREN.</p> <br /> <br /> <p style="text-align:center"><img src="https://www.freebelgians.be/upload/sartori_jeanclipimage010_gare_de_kesteren.jpg" alt="" class="valign_" /></p><br /> <p style="text-align:center">La gare de Kesteren en 1945</p><br /> <br /> <p style="text-align:justify">Un peu en avant de la gare, plusieurs wagons. Au moment où je me dirigeais vers le premier de ces wagons, situé à une vingtaine de mètres, j’ai entendu des voix s’exprimant en allemand. Je me suis arrêté sur le bord de la route, mis un genou à terre et entrai en communication avec le deuxième éclaireur Jean ORBAN qui était a pied de la digue. Le sergent STAS ayant rejoint ORBAN sommait l’ennemi de se rendre. Pendant ce temps, le lieutenant DEWAELE dispersait ses fusiliers et installait ses Brens et son mortier en position de tir.<br /> Brusquement, du wagon le plus proche, qui était en réalité un poste de tir camouflé, une mitrailleuse a ouvert le feu dans ma direction. Dans le même temps, je plongeais dans le fossé et roulais sur le dos. De là, je pouvais voir mes camarades manœuvrer sous un feu d’enfer car la digue qui semblait inoccupée s’enflammait. Elle était en réalité truffée de casemates et de fortins. Les wagons et les bâtiments à moitié détruits étaient autant de créneaux de tir.<br /> Le Sherman du lieutenant MUNDAY sera touché de plusieurs coups directs sans subir de dégâts importants, protégé par l’épaisseur supplémentaire de chenilles soudées à des endroits choisis de la carcasse.<br /> Le lieutenant DEWAELE fait tirer son mortier de 2 pouces, ses 3 Brens et les fusiliers sur les objectifs qui apparaissent et sur les embrasures des fortins. <br /> Le char tire au canon et avec toutes ses armes automatiques. Cette puissance de feu de la patrouille et le courage de ses hommes éviteront l’encerclement et l’anéantissement. Les Allemands font donner leur artillerie, surtout leurs 88.<br /> Pour ma part, la dernière chose dont je me souviens, c’est le caporal Adolphe BROEKART (devenu sergent ensuite) qui courait à découvert pour alimenter les Brens en chargeurs. On a aussi crié que le soldat Albert LORY, tireur du Bren le plus avancé était touché. Il y eut une explosion près de moi. Je perdis connaissance.<br /> Quand je revins à moi, j’étais couche dans le fossé que je partageais avec le cadavre d’un veau. C’était la nuit et tout était calme. Puis j’entendis des bruits de pas résonner sur une passerelle, des voix et deux Allemands se diriger vers moi. Incapable de bouger, je fis le mort. L’un d’eux est descendu dans le fossé, a parlé à son compagnon, m’a enjambé, et les deux hommes ont repris leur ronde.<br /> Ensuite, il y eut un terrible bombardement qui dura une partie de la nuit.<br /> Les obus explosaient tout autour de moi. Quand le calme fut revenu, j’entendis à nouveau les bruits de pas et de voix. C’était une patrouille d’une trentaine d’hommes chargés de matériel. Elle passa à un mètre de moi. La nuit était très claire. Les Allemands pouvaient voir mon corps couché au fond du fossé bordant la route. Ils allaient miner la route. Puis le groupe est rentré vers la fin de la nuit.<br /> Il y eut un brouillard flottant au ras du sol. Je décidai de risquer ma chance. Je me suis débarrassé des tout ce qui pouvait me gêner ou me trahir dans ma progression, et, en rampant, j’ai quitté mon fond de fossé. Je me rappelle avoir progressé de quelques mètres puis m’être arrêté pour mettre les mains sur ma bouche pour étouffer le bruit de ma respiration. Je croyais qu’elle pouvait me trahir.<br /> Toujours en rampant, je traversai la digue en obliquant sur ma droite afin de m’écarter de la route et de son fossé protecteur. Je ne pouvais faire autrement ; j’étais persuadé que les Allemands avaient certainement au moins deux guetteurs en position avancée pour surveiller la route. Je me suis glissé dans la prairie qui se trouve au pied de la digue. Toute cette partie avait jadis été inondée, et ce fut ma chance, le terrain avait aussi été miné et l’eau en se retirant avait tassé la terre. Je repère les bouchons de mines avec les mains, et peux ainsi les éviter.<br /> La traversée de la prairie jusqu’à un canal d’irrigation me prendra une bonne heure. Silencieusement, je me laissai glisser dans l’eau du canal que je traversai en deux brasses.<br /> Sortant de l’eau, j’aperçus un homme couché derrière une arme que je reconnus être un Bren. C’était un des nôtres. Je rampai jusqu’à lui et lui pris le bras. Il était malheureusement mort. C’était Louis GOORMANS, un volontaire de guerre de 18 ans, propre neveu de notre commandant de compagnie André GOORMANS. Louis avait été tué d’une balle en plein front. Je me suis placé derrière lui et j’ai alors eu une nouvelle syncope.<br /> Quand je revins à moi, le soleil s’était levé. J’ai rampé les derniers mètres pour me glisser à l’abri derrière des ruines. Plusieurs coups de feu furent tirés dans ma direction, mais après ce que je venais de passer, je n’y fis même pas attention. Pour moi, le plus dur était fait.<br /> Couché derrière mon tas de briques à cent mètres des Allemands, je m’endormis. Dans un demi-sommeil, je crus entendre des voix s’exprimant en allemand. J’ai ouvert les yeux. J’étais seul. Mon battle-dress séchait. Je me suis lavé la figure dans un peu d’eau. Je n’avais aucune blessure apparente et je me sentis mieux. Des voix que j’avais entendues dans mon sommeil me travaillaient. Au pire, ce pouvait être les deux Allemands déjà entendus, installés en guetteurs surveillant la route. Pour les éviter, je me suis alors glissé derrière les maisons, j’ai alors vu un autre camarade, le soldat V.G. (volontaire de guerre) Jacques BERGHMANS, un Liégeois lui aussi. Il faisait partie de notre patrouille. Il était mort, éventré par un obus.<br /> J’ai alors repris la route me disant que les guetteurs allemands ne se découvriraient pas pour un seul homme. J’ai marché jusqu’à ce qu’une voix m’interpelle par mon nom. J’avais réussi à regagner nos lignes où mes camarades étaient stupéfaits de me revoir vivant.<br /> Après un rapide rapport au capitaine GOORMANS, celui-ci me conduisit au P.C. du III° Bataillon où des officiers belges et canadiens ainsi que le médecin GOLDBLAT m’attendaient. J’appris que pour trois armées, j’étais mort : les Belges, les Canadiens et les Allemands, ces derniers m’ayant « visité » pendant la nuit.<br /> Je fus reçu par le colonel PIRON qui me félicita, puis me dit : »Je suis bien obligé de changer ta citation. Dans la première, je te proposais pour la croix de guerre à titre posthume ». J’y ai gagné un surnom : « le mort-vivant de la Brigade ». Ce surnom fut déjà imprimé sous ma photo dans le SOIR ILLUSTRE du 10 mai 1945 avec un reportage du correspondant de guerre Roger CROUQUET.<br /> Cette patrouille fut aussi relatée, entre autres publications, dans le livre « L’HISTOIRE DE LA BRIGADE PIRON » de Monsieur René DIDISHEIM, qui lors des faits était commandant adjoint du major Maurice PONCELET, commandant le III° Bataillon. <br /> La patrouille du lieutenant DEWAELE deviendra la ‘’ patrouille d’OPHEUSDEN’’ et sera classée dans les archives de l’armée comme une des rares patrouilles de combat de l’armée belge pendant la guerre 1940-1945.</p><br /> <br /> <br /> <strong>Sources internet, bibliographique et iconographiques</strong><br /> <a href="http://www.maisondusouvenir.be/jean_sartori.php">http://www.maisondusouvenir.be/jean_sartori.php</a><br /> <a href="http://www.brigade-piron.be/temoignages_fichiers/tem_Sartori.Jean.html">http://www.brigade-piron.be/temoignages_fichiers/tem_Sartori.Jean.html</a><br /> « Extrait du périodique mensuel des Amis du Musée Herstallien, sous la plume de Raymond Smeers, historien ».<br /> Paru dans le bulletin d’information de la Fraternelle Brabant-Hainaut Mon, 01 Oct 2018 12:37:48 +0200 Charles Lemaire 5th S.A.S. https://www.freebelgians.be/articles/articles-4-164+charles-lemaire-5th-s-a-s.php https://www.freebelgians.be/articles/articles-4-164+charles-lemaire-5th-s-a-s.php <p style="text-align:center"><img src="https://www.freebelgians.be/upload/charles_lemaire_membre_du_5th_sas_1.jpg" alt="" class="valign_" /></p><br /> <br /> <p style="text-align:justify">Charles Lemaire habitait Ovifat dans les Hautes Fagnes, région belge mais annexée par l'Allemagne durant les deux guerres(la frontière belge se trouvait entre Malmedy et Stavelot).Comme tous les jeunes de la région, Charles Lemaire (né en 1922) a donc reçu son avis d'enrôlement dans l'armée allemande. <br /> Ce qui signifiait être envoyé directement sur le front de l'est et....la mort assurée (ou presque). Il a donc décidé de ne pas se présenter au recrutement et de filer pendant la nuit pour rejoindre l'Angleterre car il avait appris la création des SAS belges.<br /> <br /> Quittant son village le 8 octobre 1941 vers la ‘’Barque Michel’’ et Verviers où il est resté caché 10 jours, il est passé par Liége, Namur, Dinant, Gedinne, Nancy, Besançon, Arbois, Lons-Le-Saunier, Lyon. Il a pris le train vers Narbonne puis a rejoint Toulouse. Il a été arrêté et emprisonné dans un camp de travail à Caujac où il est resté 2 mois. Il s'en est évadé en tuant deux gardiens. Il est passé par Camparnaud où il est resté 3 mois puis Montauban où il est resté 1 mois. Puis il est passé par Carcassonne,Perpignan.<br /> <br /> Il passa les Pyrénées le 15 avril 1942 dans les environs de Figueras et Argelès, il eut cependant beaucoup de chance car lui et les autres clandestins (qui ont été arrêtés) avaient été abandonnés dans la montagne par leur passeur. Il est ensuite allé à Barcelone puis Saragosse, Valadolid, Orense, Braga, Porto. Il arrive à Lisbonne le 21 mai 1942 puis part vers Gibraltar où il arrive le 28 mai 1942.<br /> Il est ensuite transféré vers l'Angleterre après interrogatoire. Une boîte de sardines portugaises, envoyée à la famille ainsi qu'un message sur radio Londres a averti sa mère qu'il était bien arrivé. Après son entraînement (où il perd un œil), il commencera ses opérations spéciales.<br /> <br /> Lors de l’opération NOAH, il a pour mission d’installer, dans un premier temps, une base forte en territoire français avec interdiction de pénétrer en Belgique et d’attendre les renforts et, dans un second temps, d’attendre l’ordre de Londres pour passer en force dans les Ardennes belges et travailler avec la Résistance. Le Captitaine BLONDEEL, craignant que cet ordre n’arrive trop tard, donne des instructions au chef du premier Groupe, le Lieutenant P. RENKIN : ‘’sauter en France, mais passer en Belgique et préparer l’arrivée des renforts en évitant tout contact avec l’ennemi’’<br /> <br /> Dans la nuit du 15 au 16 août 44, le Lt P. RENKIN et 8 SAS atterrissent à 4 km à l’ouest de LA CROIX SCAILLE. Détail amusant, des 9 parachutistes largués, P. RENQUIN et C. DE VILLERMONT sont déportés par le vent et dérivent vers les couverts de FRANC-BOIS. Ils sont donc, involontairement, les premiers alliés à pénétrer en uniforme sur le territoire belge. Les premiers contacts avec le Groupe D du Secteur 5 de la Résistance sont pris. Deux jours plus tard, les SAS rejoignent la <br /> « Barrière de Mointerne » (Belgique). Mais la zone est peu sûre pour y parachuter les renforts. Le Lt RENQUIN décide d’aller vers le nord, dans la région de GEDINNE (Groupe C de la Résistance). Le 29 août, le Captaine BLONDEEL et 6 SAS sautent à l’est de la route RIENNE-VENCIMONT et rejoignent le premier Groupe. Les SAS recherchent les meilleurs emplacements d’embuscades. Le 1er septembre, ils sont rejoints par un troisième Groupe de 16 SAS dirigé par le Lt DEBEFVE. Commence alors une multitude d’opérations de harcèlement et d’embuscades. Le 5 septembre, deux jeeps avec leur équipage sont parachutées, ainsi que l’aumônier SAS JOURDAIN, le Médecin J. LIMBOSCH, D. FRISON, M. ONGENA et 25 containers. Le lendemain, la jonction avec l’armée américaine a lieu. Mais les SAS ont déjà la mission de participer à l’opération ‘’ BRUTUS’’<br /> Tout d’abord parachuté près du Mans, Charles Lemaire est parachuté ensuite près de Gedinne (en Belgique), Il s'y illustrera de manière particulièrement héroïque lors du harcèlement des troupes allemandes au lieu-dit "Pelée Virée". Il y gagnera la Croix de Guerre. Il faisait partie depuis le 24/07/1944 du 5th SAS-troupe A. Il avait le grade de 1ier Soldat. Du 20/12/1944 au 16/01/1945 il participe à l'offensive Von Rundstedt en temps que membre de la 1ière troupe de reconnaissance. <br /> Du 05/04/1945 au 08/05/1945, il fait partie du 1ier Escadron(A).il est sergent comme membre des troupes en jeep. Il participe à la campagne de Hollande et d'Allemagne. Du 09/05/1945 au 03/07/1945 il participe à la recherche des criminels de guerre(Contre-Intelligence).Après sa démobilisation, il restera encore quelques années en Belgique puis partira pour le Québec où il travaillera entre autre comme cuisinier sur les immenses travaux de construction de barrages du Manitoba. <br /> Charles Lemaire est décédé le 30/11/2000 et est enterré à Montréal. <br /> Source bibliograhique :<br /> <a href="http://paratroopbelgiumcongo.e-monsite.com/pages/mon-oncle-charles-lemaire-membre-du-5th-sas.html">http://paratroopbelgiumcongo.e-monsite.com/pages/mon-oncle-charles-lemaire-membre-du-5th-sas.html</a><br /> <br /> Source iconographique :<br /> <a href="http://paratroopbelgiumcongo.e-monsite.com/pages/mon-oncle-charles-lemaire-membre-du-5th-sas.html">http://paratroopbelgiumcongo.e-monsite.com/pages/mon-oncle-charles-lemaire-membre-du-5th-sas.html</a><br /> </p><br /> <br /> <p style="text-align:center"><img src="https://www.freebelgians.be/upload/charles_lemaire_membre_du_5th_sas_3.jpg" alt="" class="valign_" /></p><br /> <p style="text-align:center"><img src="https://www.freebelgians.be/upload/charles_lemaire_membre_du_5th_sas_4.jpg" alt="" class="valign_" /></p><br /> <p style="text-align:center"><strong> Son carnet militaire</strong></p><br /> <br /> <p style="text-align:center"><img src="https://www.freebelgians.be/upload/charles_lemaire_membre_du_5th_sas_7.jpg" alt="" class="valign_" /></p><br /> <p style="text-align:center"><img src="https://www.freebelgians.be/upload/charles_lemaire_membre_du_5th_sas_15_bis.jpg" alt="" class="valign_" /></p><br /> <p style="text-align:center">Son livret matricule</p> Fri, 01 Sep 2017 13:51:36 +0200 LE SCOUTISME BELGE, PENDANT LA SECONDE GUERRE MONDIALE https://www.freebelgians.be/articles/articles-4-160+le-scoutisme-belge-pendant-la-seconde-guerre-mondiale.php https://www.freebelgians.be/articles/articles-4-160+le-scoutisme-belge-pendant-la-seconde-guerre-mondiale.php <strong>LE DÉBUT DE LA GUERRE</strong><br /> <p style="text-align:justify">Lorsque le gouvernement belge décrète la mobilisation générale en 1939, des scouts se trouvent disponibles pour de multiples services qui s’improvisent: on en voit à servir dans des cantines dans les gares, creuser des tranchées censées servir d’abri pour la population, etc. <br /> Cela se présente bien, ce sont les grandes vacances. Mais quand les classes reprennent, en septembre, les garçons rejoignent leurs écoles. La vie des unités scoutes continue malgré le vide laissé par les animateurs mobilisés.<br /> Le 10 mai 1940: invasion de notre territoire, les choses ont brutalement changé. Les activités de week-end projetées pour la Pentecôte se transforment en un tragique exode, celui des familles fuyant l’invasion et celui provoqué par le gouvernement belge qui dirige vers le midi de la France tous les hommes de 16 à 35 ans Durant cet exode, les chefs scouts repliés dans le sud de la France, procédèrent à Toulouse à l’encadrement de 25 000 belges de 16 à 19 ans, éparpillés et désœuvrés dans les compagnies de jeunesse des C.R.A.B. (Centre de Recrutement de l’Armée Belge).</p> <br /> <br /> <p style="text-align:center"><img src="https://www.freebelgians.be/upload/scoutfreebelgians_1.jpg" alt="" class="valign_" /></p><br /> <p style="text-align:center">Les quinze victimes du mitraillage d’Escaudœuvres (Cambrai) reposent depuis mai 1940 dans le cimetière local.</p><br /> <br /> <p style="text-align:justify">Mission salvatrice qui détourna les jeunes de l’oisiveté, de l’indiscipline et de l’ennui. Mais les moyens de transport font défaut. Le scoutisme prend les devants et organise pour tous les membres concernés un convoi qui aboutit dans les environs de Montpellier, où des sortes de camps routiers s’établissent et vont durer trois mois. Tous les membres du scoutisme ne rejoignent pas l’organisation fédérale, beaucoup sont dispersés dans d’autres camps, organisés par les pouvoirs publics.<br /> Un grave manque de cadres sévit; leur expérience d’actions en groupes organisés permet aux scouts présents d’aider à répondre à ce besoin. L’esprit scout se perpétue et nombre de chefs et routiers tombent au champ d’honneur pendant cette "Campagne des 18 jours" (du 10 au 28 mai 1940).<br /> En Belgique, durant l’été 1940, la situation est pour le moins confuse car on ne voit pas ce qui est permis ou défendu.<br /> De retour au pays, les scouts vont intégrer les organismes de résistance, encadrent de nombreux camps d’enfants retardés mentalement et d’enfants de prisonniers (Camps A.E.P.: (Aide aux Enfants de Prisonniers). Ils rendent aussi de multiples services: aide aux sinistrés, déblaiement, sauvetage des blessés lors des attaques aériennes etc. Mais l’ennemi guettait ces représentants d’un idéal opposé à leurs vues, les exhortant d’abord à collaborer, puis devant leur refus, ce furent les nombreuses brimades, les arrestations et les condamnations. De nombreux chefs routiers s’évadent et rejoignent l’Angleterre pour combattre avec les armées alliées.<br /> Durant l’occupation, les dirigeants scouts se refusent donc à aligner leur mouvement sur les Jeunesses Hitlériennes. Malgré les tracasseries, les interdictions, le scoutisme parvient à se maintenir, en veilleuse, mais en totale autonomie.</p><br /> <br /> <strong>UNE RÉORGANISATION NÉCESSAIRE</strong><br /> <p style="text-align:justify">Dans les pires conditions, le mouvement scout démontre sa très grande capacité d’organisation, son utilité sociale et son ambition civique. À cette époque troublée, aux distractions rares, de nombreux jeunes cherchent dans le scoutisme un dérivatif à la grisaille ambiante.<br /> Une des caractéristiques du mouvement scout au cours de la Seconde Guerre mondiale est de voir ses effectifs croître de manière exponentielle durant toute la durée des hostilités, grâce à une politique de recrutement menée notamment pour contrer l’émergence des mouvements de jeunesse d’ordre nouveau inspirés du scoutisme. Durant la guerre, ses effectifs gonflent de 9.239 en 1939 à près de 20.000 en 1945. 120 unités scoutes sont créées en 1943.<br /> Cette croissance induit cependant la nécessité de trouver des chefs en nombre suffisant pour assurer l’encadrement des nouveaux groupes.</p><br /> <br /> <strong>LES DIFFICULTÉS DE L’OCCUPATION</strong><br /> <p style="text-align:justify">Le programme des activités doit être aussi soumis à l’approbation de la Kommandantur. Depuis juin 1940, l’occupant interdit, en effet, toute publication non soumise à la censure.<br /> Entre les mois de mai 1940 et mars 1941, la Fédération des Scouts Catholiques (FSC), à Bruxelles, connaît une période difficile, qui voit, entre autres, ses locaux de la rue de Dublin mis sous scellés par la Gestapo. Il n’y a pas qu’à la rue de Dublin que des difficultés surgissent. Dans les districts ou des unités, des membres se font arrêter, à cause de leur activité dans la résistance, ou même pour des motifs beaucoup moins graves. Cela déclenche des perquisitions dans les locaux. Ailleurs, des mesures générales sont prises. À Liège, le scoutisme est tout simplement interdit et il doit se camoufler sous la forme d’œuvres paroissiales et envoyer à l’assureur des listes ne mentionnant rien qui fasse penser au scoutisme. Les conditions difficiles que vit le pays sont un stimulant pour l’esprit de dévouement à la communauté. Le scoutisme peut répondre là à un besoin d’encadrement des jeunes: colonies de vacances, camps d’enfants de prisonniers, etc. <br /> Dans ces organismes, dont les fondateurs proviennent des cadres de la FSC, l’utilisation des méthodes scoutes est une réussite dans les collèges et internats où des enfants de prisonniers sont accueillis.</p><br /> <br /> <strong>LA RÉSISTANCE</strong><br /> <p style="text-align:justify">À épingler, cet épisode des 80 enfants juifs arrivés clandestinement au Château du Faing, de Jamoigne (Florenville) en 1943 et qui ont été intégrés à des activités scoutes et scolaires. Dès 1942, le C.D.J.(Comité Des Juifs) avait déjà érigé une véritable administration clandestine, protégeant le mieux qu’elle pouvait une population juive équivalente à celle d’une petite ville, population dispersée aux quatre coins de la Belgique et pourchassée sans relâche par les limiers SS. <br /> Mais une de ses principales missions était d’assurer le sauvetage des enfants juifs de Belgique. C’est alors qu’une section "Enfance" fut mise sur pieds et l’on peut dire, d’après les statistiques publiées après la guerre, que près de 60 % de ces enfants ont échappé à la "Solution finale" et ceux de Jamoigne sont de ceux-là.<br /> C’est ainsi que va se mettre en place toute une filière qui parviendra à placer dans des institutions diverses (couvents, pensionnats, cliniques, homes, orphelinats, sans compter quelque 700 logeurs) plus de 2.500 enfants et adolescents, Dans ce service clandestin, quelques personnes sont à l’œuvre et travaillent au moyen de fichiers codés. Dés la fin 1942, 425 enfants sont déjà placés mais la police SS est vite au courant de cette filière et les premiers enfants juifs sont arrêtés au couvent Saint-Sauveur d’Anderlecht.<br /> C’est sans doute alors que l’Œuvre Nationale de l’Enfance (ONE) sous le patronage de la Reine Élisabeth, songe au home du Faing à Jamoigne. C’est alors qu’au début 1943 que le service social de l’ONE fait amener par train les enfants juifs à Jamoigne. Quelques enfants, dont 3 frères, en partance pour les sinistres camps allemands, sont arrachés la nuit précédant leur départ à la caserne Dossin de Malines et via le home de Wezembeek-Oppem, seront acheminés vers Jamoigne.<br /> Tous ces enfants sont confiés au home Reine Élisabeth de Jamoigne à un personnel (moniteurs et monitrices) et à des enseignants parfaitement au courant de la situation qui intégreront tous ces nouveaux arrivants scolaires, sous des noms d’emprunt, avec la complicité de l’inspection cantonale, du bourgmestre et des deux médecins locaux. Jamoigne, sera visité par les allemands, un matin de juillet 1943. Les nombreux enfants échappèrent, miraculeusement, probablement au fait qu’un des moniteurs, perdant son sang-froid, se réfugia sous les combles où il fut découvert après une chasse à l’homme qui distraya certainement les allemands de leur première intention. Les murs du château du Faing furent un havre de paix durant ces nombreux mois d’une clandestinité parfaite grâce au mutisme du personnel.<br /> Au camp fédéral de formation de La Fresnaye (Dworp), des sessions de formation vont toutefois pouvoir reprendre. Elles se poursuivent durant toute l’occupation, sous les tentes ou dans les divers cantonnements suivant les mesures prises par l’occupant.<br /> En avril 1942, les autorités allemandes décréteront l’interdiction de camper sous tente, si bien que les responsables du camp-école de La Fresnaye, au mois de septembre 1942, inviteront tous les participants à construire leur hutte à l’aide de branchages.</p><br /> <br /> <strong>LE SCOUTISME BELGE EST OBLIGÉ DE SE CACHER</strong><br /> <p style="text-align:justify">L'interdiction du port de l’uniforme par les allemands date de mars 1943. Les scouts se contenteront surtout de délaisser le chapeau traditionnel, les badges et les insignes mais ils poursuivront leurs activités. Cela n’empêche pas des scouts de se rendre, munis d’un paquet approprié, à leur local en ce jour particulier, par exemple, où doivent se faire les promesses. Qu’à cela ne tienne, la troupe royale (créée tout spécialement pour le jeune Prince Baudouin, selon le souhait express de son père le Roi Léopold III, cette troupe passa aussi outre de l’interdiction et continua ses activités à l’abri des regards indiscrets, dans les domaines royaux. Chacun venait avec son uniforme sous le bras et une fois pénétré dans l’enceinte, chacun revêtait ses habits scouts. Malgré tous ces subterfuges, la troupe royale (3e Laeken) devra cesser ses activités en 1944. Le Prince Baudouin (Élan Loyal) fera sa promesse scoute le 5 avril 1942. Le même jour, il reçoit le sacrement de confirmation du Cardinal Van Roey, Primat de Belgique.<br /> À partir de mars 1943, il y a des activités en plein air qui sont cependant très peu indiquées, comme le morse à la lumière ou un hike dans les régions où des maquis sont particulièrement nombreux et actifs. Pour les clans routiers, les choses sont moins simples; des gars ont l’âge requis pour le travail obligatoire en Allemagne et se trouvent dans la nécessité de se camoufler.<br /> Des animateurs, des routiers, tout un groupe venant d’un clan parfois ou d’une unité, engagés dans la résistance sont pris, emprisonnés, déportés. Des centaines de scouts, à titre individuel ou en groupe, entrent dans la résistance pour prendre part activement à ses activités, notamment aux actes de sabotage et aux liaisons. Certains paient de leur vie leur activité patriotique</p>.<br /> <br /> <strong>LE CAMP DE FORMATION DE LA FRESNAYE</strong> situé à Tourneppe (Dworp) en Brabant Flamand.<br /> <p style="text-align:justify">En 1943, la fréquentation sera tellement importante au camp de formation de La Fresnaye, qu’il faudra prévenir à l’avance pour être sûr de trouver de la place. Au cours de l’année 1943, 89 messes sont célébrées au camp, une preuve du succès rencontré par le site. Au cours de cette même année 1942, Jacques Brel, dit Phoque hilarant est ainsi de passage à ce camp de La Fresnaye avec sa patrouille pour poursuivre les travaux d’aménagement de la cabane que son unité (la 41e Albert 1er à Schaerbeek) a construit sur place. Autre figure bien connue ayant participé à un camp-école louveteau du 7 au 13 septembre 1942 : le Père Pire, futur Prix Nobel de la Paix en 1958. Au cours du conflit, il est simultanément aumônier dans l’Armée Secrète et agent des services de renseignements et d’action. (S.R.A.)</p><br /> <br /> <p style="text-align:center"><img src="https://www.freebelgians.be/upload/scoutfreebelgians.jpg" alt="" class="valign_" /></p><br /> <br /> <p style="text-align:justify">Durant l‘occupation, le camp de La Fresnaye accueille plusieurs scouts ou des routiers en difficulté par rapport à l’occupant ou réfractaires au STO (Service du Travail Obligatoire) en Allemagne. Le Front de l’Indépendance, un mouvement de résistance fondé en mars 1941, aurait également utilisé les deux camps scouts BSB (Boy Scouts de Belgique) et FSC comme zone d’entraînement pour ses milices patriotiques, à la fin de la guerre. Le camp de La Fresnaye ne connaîtra que deux descentes accidentelles de la Gestapo, la première à l’occasion d’un réfractaire caché dans les environs du camp, la seconde à la suite d’une perquisition au camp voisin des scouts pluralistes, où les Allemands auront vent de l’existence d’un dépôt d’armes. Cette dernière conduira à l’arrestation de quelques routiers présents au camp, le 12 août 1944.<br /> Durant l’Offensive Von Rundstedt, (Bataille des Ardennes) les scouts et les cheftaines ont assuré, en accord avec les autorités américaines, un service d’aide matérielle aux réfugiés et à la population.</p><br /> <br /> <strong>LA FIN DE LA GUERRE</strong><br /> <p style="text-align:justify">À la libération, en septembre 1944, le pays est libéré. Mais c’est la pluie des "Robots" sur Anvers et Liège. Sous l’amoncellement des ruines, les scouts recherchent les blessés et les morts. On a vu, le 3 septembre 1944, des scouts en uniforme réglant la circulation au carrefour Montgomery, à Bruxelles. Des clans, contactés d’avance, ont monté la garde dans des dépôts militaires abandonnés pour y empêcher le pillage.<br /> Peu à peu, le scoutisme retrouve fièrement ses uniformes et se met au service de la nation libérée. Il n’a jamais sans doute été aussi visible et admiré au sein de la société belge.<br /> Outre quelques services extraordinaires, tels que l’accueil des déportés et des prisonniers de guerre revenus d’Allemagne, l’encadrement de 20 000 réfugiés hollandais évacués en Belgique en 1945, la vie allait reprendre normale et régulière.</p><br /> <br /> <strong>Sources bibliographiques et internet:</strong><br /> L’Avenir du Luxembourg du jeudi 28 mars 2002 et du 14 mai 1988<br /> Le Soir du 2 mai 1986<br /> Le camp scout de La Fresnaye, 50 ans d’histoire, Thierry Scaillet<br /> 100 ans de scoutisme mondial, Philippe Maldague<br /> Notre histoire ou 75 ans de scoutisme, Abbé Georges Morel<br /> Allons, enfants de la Patrie, Jean-Pierre du Ry<br /> <a href="https://www.latoilescoute.net/Le-scoutisme-belge-pendant-la">https://www.latoilescoute.net/Le-scoutisme-belge-pendant-la</a><br /> <br /> <strong>Sources iconographiques:</strong><br /> <a href="http://www.lafresnaye.be/article_claporte.htm">http://www.lafresnaye.be/article_claporte.htm</a><br /> <a href="http://www.maisondusouvenir.be/scouts_verviers.php">http://www.maisondusouvenir.be/scouts_verviers.php</a> Mon, 01 May 2017 20:01:20 +0200 Les Belges dans la S.A.A.F. (South African Air Force) https://www.freebelgians.be/articles/articles-4-147+les-belges-dans-la-s-a-a-f-south-african-air-force.php https://www.freebelgians.be/articles/articles-4-147+les-belges-dans-la-s-a-a-f-south-african-air-force.php <p style="text-align:center"><img src="https://www.freebelgians.be/upload/saafhatbadgefrtsm.jpg" alt="" class="valign_" /></p><br /> <br /> <p style="text-align:justify">En 1939, durant la “Drôle de guerre”, le Congo belge était encore relié à la mère patrie par son cordon ombilical. Observant une stricte neutralité, les "Ville-boats” continuaient à assurer la liaison entre le port d’Anvers et ceux de Matadi et Lobito en Angola. La ligne aérienne entre Bruxelles, Léopoldville et Elisabethville restait assurée avec une surprenante régularité.<br /> L’invasion de la Belgique et la capitulation qui suivit dix-huit jours plus tard, troubla les esprits et plongea le Congo belge dans la stupéfaction et la consternation. Ce n’est que fin 1940 début 1941 que le pays se réveilla de la léthargie et de la paralysie où il s’était égaré. Il est vrai que des rumeurs alarmantes se répandaient. Des personnalités de plusieurs industries importantes qui avaient trouvé refuge à Bordeaux comme le gouvernement belge, prônaient un retour à la neutralité ou à tout le moins, à une politique “wait and see »<br /> De plus, après la capitulation de la France, le gouvernement belge fût interdit de séjour en Belgique et les ministres se dispersèrent car il y avait un manque évident de prise de décisions. La situation était considérée par certains comme un semblant de neutralité puisqu’il n’y avait plus de territoire national à défendre, sauf bien sûr, celui du Congo. C’est pourquoi le ministre des Colonies, Mr De Vleeschouwer se rendit à Londres dans le but principal d’affirmer son autorité sur la colonie et et pour éviter qu’elle ne tombe sous contrôle britannique. Il avait déjà une autre vision que ses confrères sur l’évolution des événements. <br /> Sa visite à Londres eut un très grand retentissement car il réalisa que la guerre n’était pas finie suite à la détermination inébranlable de Winston Churchill de continuer la lutte ce qui le convainquit de la poursuivre à ses côtés pour partager plus tard la victoire.<br /> De Vleeschouwer rallia les ministres Pierlot et Spaak à ses vues et les invita à gagner Londres pour former un gouvernement qui fut mis en place le 30 octobre 1940. C’est alors que par décret, M. De Vleeschouwer, ministre des Colonies, fut nommé administrateur-général du Congo belge et du Ruanda-Burundi avec pouvoirs législatif et exécutif comme ceux alloués au roi par la Charte coloniale du 18 octobre 1908. Par délégation, ces pouvoirs firent transférés au Gouverneur général du Congo belge. L’administrateur général assurant la liaison entre le Congo et la Grande-Bretagne. Il avait blanc-seing pour négocier et signer toute convention liant le Congo, qu’elle fut militaire, économique ou financière dont le but était la poursuite de la lutte commune.<br /> Le Gouverneur général, Pierre Ryckmans, investi de ces nouveaux pouvoirs, définit sans tarder les parts principales que le Congo devait prendre dans la lutte commune contre les Forces de l’Axe. Il appela à la mobilisation pour éveiller et rassembler toutes les énergies. Dans cette guerre, le Congo belge sera l’atout le plus précieux de la Belgique déclara-t-il. La colonie doit être au service de l’Alliance et ainsi, servir la mère patrie. Si du travail est nécessaire, j’en donnerai les moyens ... Nous sommes tous unis par le cœur, par la détermination.<br /> Le Gouverneur général, Pierre Ryckmans, investi de ces nouveaux pouvoirs, définit sans tarder les parts principales que le Congo devait prendre dans la lutte commune contre les Forces de l’Axe. Il appela à la mobilisation pour éveiller et rassembler toutes les énergies. Dans cette guerre, le Congo belge sera l’atout le plus précieux de la Belgique déclara-t-il. La colonie doit être au service de l’Alliance et ainsi, servir la mère patrie. Si du travail est nécessaire, j’en donnerai les moyens ... Nous sommes tous unis par le cœur, par la détermination<br /> A ce moment-lâ, le Congo belge, les pays faisant partie du Commonwealth britannique et en particulier, l’Union Sud Africaine, n’étaient pas préparés pour la guerre. C’est également durant cette période d’hésitation, d’indécision, que des jeunes coloniaux harcelèrent les bureaux du Gouverneur général au Congo pour obtenir l’autorisation de rallier les armées des pays alliés voisins.<br /> Pour calmer peut-être les esprits échauffés, le Gouverneur général accorda les autorisations et beaucoup de jeunes s’embrigadèrent dans le King’s African Rifles de l’Afrique de l’Est ou l’Armoured Car Regiment du Kenya avec lesquels ils entrèrent très vite en action dans la Campagne d’Abyssinie.<br /> Entre-temps, la Force publique réorganisait ses forces et des plans furent dressés pour porter les effectifs à trois brigades. Des avions privés furent réquisitionnés, quelquefois avec leurs propriétaires comme pilote. Ils étaient le plus souvent utilisés comme avion de liaison.<br /> Des études furent entreprises pour créer une aviation militaire et en février 1941 le ministre des Colonies qui effectuait une courte visite au Congo, admis le principe d’appuyer les Forces belges au Congo avec 30 bombardiers légers bimoteurs. Il faut aussi savoir qu’immédiatement après la capitulation belge, le gouvernement britannique dépêcha une mission militaire à Léopoldville<br /> Cette mission était conduite par le lieutenant-colonel Mackenzie, connue pendant la durée de la guerre sous le nom de “Mackenzie Mission’. Son but principal était évidemment de s’assurer que le Congo belge joindrait ses forces avec celles de Grande-Bretagne. Étrangement, la mission Mackenzie ne fut jamais favorable à la création d’une aviation militaire au Congo. <br /> Ceci se vérifia lorsque le Quartier général de la Force publique à Léopoldville souhaita envoyer en Rhodésie du Sud pour entraînement, deux pilotes belges qui venaient d’arriver d’Europe et qui reçut un accueil très mitigé de la mission.<br /> Ces deux pilotes étaient Georges Reuter et Désiré Verbraeck. Ils s’étaient rencontrés dans le sud de la France quand le premier y fut transféré avec son unité, le 3ème Régiment d’Aéronautique le 15 mai 1940. Désiré Verbraeck quant à lui, avait été forcé de faire un atterrissage en campagne le 11 mai 1940, en mission de bombardement du pont de Veldwezelt sur le canal Albert, après un engagement avec un Messerschmitt Me110. Sérieusement blessé, il fut évacué vers une clinique de Termonde puis rapidement évacué en France vers l’hôpital de Montpellier. Quoique ayant conservé une balle dans l’épine dorsale, il se rétablit rapidement pour, avec Georges Reuter, prendre la route de l’évasion. Après avoir ” emprunté” un petit avion, ils réussirent à atteindre la frontière portugaise où ils se posèrent, les réservoirs vides.<br /> Leur arrivée au Congo belge fit sensation; la presse et la radio relata leur exploit. Ils furent envoyés en Rhodésie en octobre 1940 mais là-bas, la Royal Air Force alertée par la mission Mackenzie refusa de leur donner un entraînement dans le cadre d’une aviation militaire au Congo à créer. Cependant, la demande de pilotes était tellement grande que la Royal Air Force leur offrit un engagement. Après quelques hésitations ils signèrent, furent enrôlés sous un nom d’emprunt et furent nommés officier. Georges Reuter devint le Pilot Officer David Carter et Désiré Verbraeck devint le Pilot Officer John Patrick Jack Robinson. C’est sous ces noms d’emprunt qu’ils se soustrairont aux autorités belges du Congo. Après un court entraînement au N° 21 Flying School en Rhodésie du Sud et au N°10 Operational Training Unit. ils furent dirigés vers le nord vers le N°45 RAF Squadron équipé de Bristol Blenheim.<br /> Pendant ce temps à Léopoldville, d’autres pilotes se présentaient et parmi eux, le capitaine Frans Burniaux. Il fut immédiatement pris en charge et chargé de créer l’embryon d’une aviation militaire. Après avoir contacté les Rhodésiens et les autorités sud-africaines, il lança un appel pour recruter des jeunes gens désireux d’être formés dans toutes les disciplines pour créer une unité. Cet appel fut lancé sur les ondes de Radio Congo belge le 13 mars 1941 qui permit la réception de plus de cinq cents candidatures adressées au Quartier général à Léopoldville.<br /> <br /> Après une brève et infructueuse entrevue avec le lieutenant-colonel Mackenzie de la mission militaire à Léopoldville, le capitaine Frans Burniaux décida néanmoins de se rendre à Salisbury pour rencontrer les autorités rhodésiennes. Il y fut précédé par le lieutenant-colonel Mackenzie. Le capitaine Burniaux était évidemment muni de tous les documents nécessaires fournis par le gouvernement général à Léopoldville, qui lui donnait tout pouvoir pour rencontrer et discuter avec les autorités de Salisbury. Il rencontra le Wing Commander Meredith, celui qui créa les bases et les écoles de la "Royal Rhodesian Air Force" de l’"Empire Air Training Scheme" et qui devint plus tard l’Air Vice Marshall Sir Charles Meredith.<br /> Hélas, la rencontre fut sans lendemain. Mais le capitaine Burniaux avait plus d’un tour dans sa manche. A l’insu de la mission Mackenzie, il se rendit à Pretoria. Il eut plusieurs entrevues avec différents membres de l’état-major général mais, comme à Salisbury avec le lieutenant-colonel Meredith, ils ne lui prêtèrent aucune attention. En dernier recours, il plaça tous ses espoirs chez M. Albert Moulaert.</p><br /> <br /> <p style="text-align:center"><img src="https://www.freebelgians.be/upload/saaf2.jpg" alt="" class="valign_" /></p><br /> <p style="text-align:center">M. Albert Moulaert à la gauche du Général Smuts</p><br /> <br /> <p style="text-align:justify">M. Albert Moulaert était le ministre plénipotentiaire de Belgique à Prétoria. Il advint qu’il était un ami intime du général Smuts avec qui il jouait au bridge chaque semaine. C’est au cours d’une partie de cartes que le sujet qui intéressait Frans Burniaux vint à être évoqué et le général Smuts donna immédiatement son accord et convoqua le commodore Frew de la Royal Air Force et Chef du “Joint Air Training Scheme” pour l’union de l’Afrique du sud.<br /> Il faut rappeler ici que durant la Première Guerre mondiale, le général Smuts était à Londres, membre du Cabinet impérial de Guerre et qu’il fut nommé directeur d’un comité sélectionné par le gouvernement britannique, chargé de réorganiser l’aviation militaire du pays. Dès février 1916, il apparut à ce comité qu’il était essentiel pour la défense du pays que le Royal Flying Service devienne une force qui ne dépendrait plus de l’armée de terre. Cette résolution fut présentée dans un rapport officiel préparé par le général Smuts en août 1917 et qui eut comme résultat la création de la Royal Air Force le 1er avril 1918 comme force indépendante. Par leur fusion le Royal Flying Corps et le Royal Navy Air Service unissaient leur vaste et inestimable expérience et leurs glorieuses traditions.<br /> En décembre 1919, Winston Churcbill (alors Secrétaire d’Etat pour la Guerre et l’Air) soumit au parlement des propositions pour l’organisation définitive de la RAF. La Royal Air Force fut très reconnaissante envers le général Smuts et c’est pourquoi ses ordres à l’Air Commodore Frew ne furent jamais discutés.<br /> Les choses prirent forme, quoiqu’un officier tatillon des services financiers de la RAF exigea le paiement comptant de sommes pour couvrir les frais d’assurance et d’entraînement des Belges. Mais l’intervention du Chef d’Etat-major des Forces sud-africaines, le lieutenant-général Sir Pierre Van Ryneveld qui proposa de remettre à plus tard les problèmes financiers, accéléra l’enrôlement des Belges en Afrique du Sud.<br /> Un premier groupe de jeunes quitta Elisabethville pour l’Union le 28 juillet 1941; la cadence d’un départ par mois continua jusqu’en mars 1943. Parmi ces Belges, plusieurs venaient de toutes les régions du monde mais le contingent le plus important était composé de jeunes résidant au Congo belge.<br /> Il est intéressant de rappeler aujourd’hui que les 47 premiers Belges brevetés combattirent au sein de la South African Air Force sur le théâtre des opérations du Moyen-Orient. Les autres, soit plus de 80, brevetés pilotes, navigateurs, mitrailleurs et météorologistes rejoignirent la Royal Air Force à la demande du gouvernement belge de Londres.<br /> Après un court séjour en Afrique du Sud, le capitaine Frans Bumiaux et le lieutenant Gérard Greindl furent les premiers Belges d’Afrique du Sud à rejoindre le front du Moyen-Orient. Ils furent immédiatement détachés au No 12 SAAF Squadron équipé du bombardier léger le Boston III. Leur arrivée coïncida avec la dernière phase critique des combats qui se déroulaient sur le sol de l’Afrique du Nord.<br /> A ce moment, les années alliées étaient en complète retraite et consolidaient leurs positions derrière El Alamein, à peine à 100 km d’Alexandrie en Egypte. Les deux pilotes, basés à Bir-el-Beheira, furent engagés en mai 1942 bombardant et harcelant les forces ennemies. L’escadrille tout entière dut faire retraite pour ne pas être capturée. En premier lieu à Marsa-Matruh, ensuite à El Daba (L.G. 21) et enfin à la L.G. 99, sur la route Le Caire-Alexandrie où ils trouvèrent la sécurité derrière le front d’E! Alamein. Leurs principales missions étaient maintenant l’appui direct à la 8ème Armée<br /> <br /> Pendant la préparation de l’offensive d’ El Alamein par le général Montgomery, l’ordre de bataille du Moyen-Orient connut une nouvelle organisation. Le commandement aérien méditerranéen fut confié à l’Air Chief Marshall Tedder. Cette réorganisation avait pour but de diviser la région méditerranéenne en deux secteurs.<br /> Le premier, appelé le “Middle East Air Command” fut placé sous les ordres de l’Air Chief Marshall Sholto Douglas. L’objectif de ce commandement était d’interdire et de neutraliser, au départ des bases cn Cyrénaïque, Egypte et Palestine, tous les mouvements ennemis autour des îles du Dodécanèse et d’apporter une couverture aérienne aux convois maritimes alliés qui quittaient les ports d’Alexandrie et de Port-Saïd. Plusieurs Belges furent engagés plus tard dans cette région.<br /> Le second secteur comprenait la "Tactical Air Force" placée sous le commandement de l’Air Marshall Coningham dont le ‘Western Descrt Air Force” faisait partie sous la dénomination de “Desert Air Force” et qui devint le fer de lance de la 8ème Armée jusqu’à la victoire finale.<br /> Entre-temps, les Bostons du No 3 SAAF Wing dans lequel opéraient les escadrilles N° 12, 21 et 24 étaient constamment en action, bombardant les aérodromes, les concentrations de troupe et les éléments de la 15ème Division Panzer à un rythme tel qu’on les appela les “Navettes Boston” ou pour certains, la tournée du laitier des Boston.</p><br /> <br /> <p style="text-align:center"><img src="https://www.freebelgians.be/upload/saaf3.jpg" alt="" class="valign_" /></p><br /> <br /> <p style="text-align:justify">La grande bataille du conflit nord-africain est prête à démarrer. Au crépuscule du 23 octobre 1942, tous les mouvements de troupe nécessaires avaient été mis en place, un triomphe de planification. Des dizaines de milliers d’hommes étaient à pied d’œuvre, des milliers de canons étaient pointés sur leurs cibles. La Dessert Air Force dont les objectifs pour la nuit et le matin suivant était programmés, attendait le feu vert. Certaines unités étaient suffisamment proches du front pour entendre la canonnade qui ouvrit la bataille. A 22.00 heures, quatre divisions d’infanterie se ruèrent hors de leurs tranchées et foncèrent vers l’avant. Quatre Boston des N° 12 et 24 SAAF Squadron étaient en stand-by, prêt à décoller pour lancer des pots fumigènes. Les pilotes s’étaient exercés auparavant à voler de jour et de nuit de 30 à 50 pieds du sol. L’un des deux Boston du N° 12 SAAF Squadron était piloté par Gérard Greindl qui devait lâcher les pots à 23.58 heures, guidé par des repères lumineux disposés au sol par l’armée.<br /> Les quatre appareils furent assaillis par des tirs venant du sol mais l’utilisation de ces pots fumigènes, en appui de l’infanterie fut considérée comme un grand succès en permettant aux troupes de s’avancer vers les objectifs assignés. Le lieutenant Gérard Greindl reçut la Distinguished Flying Cross pour son action et fut nommé capitaine. Rommel ordonna la retraite le 2 novembre 1942. L’avance des troupes était en cours. Le 15 décembre, les Alliés pénètrent dans “Marble Arch” et traversent la Tripolitaine pour conquérir la ville de Tripoli. C’était la chute de l’Empire italien que Mussolini avait proclamé avec faste en 1938.</p><br /> <br /> <p style="text-align:center"><img src="https://www.freebelgians.be/upload/saaf5.jpg" alt="" class="valign_" /></p><br /> <br /> <p style="text-align:center"><img src="https://www.freebelgians.be/upload/saaf6.jpg" alt="" class="valign_" /></p><br /> <br /> <p style="text-align:justify">Cet événement coïncida avec l&#146;arrivée d’Afrique du Sud d’autres Belges qui furent affectés au No 3 Wing SAAF et plus précisément aux N° 12 et 21 SAAF Squadron équipés respectivement de Boston et de Baltimore. L’objectif est maintenant la conquête de toute la Tripolitaine et de la Tunisie. Tous les Belges participent ensuite au débarquement en Sicile et en Italie et continueront le combat en Méditerranée jusqu’à la fin de la guerre.<br /> Il faut souligner à ce point de l’exposé, la confiance que les autorités sud-africaines accordèrent à nos compatriotes. Elles n’ont pas hésités à confier le commandement du N° 12 SAAF Squadron au capitaine Frans Burniaux et de le nommer lieutenant-colonel, le seul étranger à qui fut donné un commandement dans la South African Air Force.<br /> Trois autres Belges furent nommés major leur donnant le privilège et la responsabilité de diriger des “Box” de six bombardiers légers vers leurs cibles. Ce sont Jan Ceuppens du No 12 SAAF Squadron et Gaston Dieu du No 21 SAAF Squadron dans le No 3 SAAF Wing. Chaque Squadron de la SAAF comprenait 18 bombardiers légers lesquels étaient répartis en ‘Box” de six avions. Ils volaient sur B26 Marauder au sein de la Desert Air Force.<br /> Gérard Greindl fut aussi nommé major au Squadron N° 31, volant sur B24 Liberator, au sein de la nouvelle unité, la “Balkan Air Force”. Ces bombardiers lourds avaient des missions de long rayon d’action vers des objectifs stratégiques.</p><br /> <br /> <p style="text-align:justify">En juin/juillet 1944, Gérard Greindl et son escadrille étaient basés à Foggia en Italie où ils effectuaient des raids de harcèlement sur les raffineries de pétrole de Fiume, Trieste et sur celles de Ploesti, au nord de Bucarest. Prenant aussi avantage des clairs de lune, il participa également à la pose de mines dans le Danube car tout le pétrole qui était destiné à la machine de guerre allemande était acheminé par cette voie maritime à l’aide de longs convois de barges tirés par remorqueur. Gérard Greindl devait perdre de l’altitude avec son Liberator jusqu’à atteindre la hauteur précise de 30 pieds au-dessus de la rivière, lâcher ses mines spéciales toutes les trois secondes et s’éloigner le plus rapidement possible.<br /> Les vols les plus spectaculaires qu’il effectua furent effectués les nuits du 13 au 14 et du 15 au 16 août 1944 quand il ravitailla par parachutage les troupes de l’ »Arma Krajowa » à Varsovie. L’AK était l’Armée de la Résistance polonaise, commandée par le général Bor Komorowski qui crut que le moment était arrivé pour se soulever.<br /> Après de féroces combats à divers endroits de la ville, les vaillants combattants polonais avaient conquis 70% de Varsovie mais les Russes qui étaient aux portes de la ville n’intervinrent pas. Ils arrêtèrent leur assaut et campèrent à 120 kilomètres de la ville. Les munitions et les vivres des insurgés vinrent à manquer et la résistance faiblit à la suite aussi des renforts amenés par les Allemands.</p><br /> <br /> <p style="text-align:justify">Entre le 8 août et le 22 septembre 1944, 181 missions furent exécutées en Italie. 92 furent couronnées de succès, 63 avortèrent et 31 avions furent perdus, 17 d’entre eux, durant les quatre nuits du 13 au 16 août alors que les Liberator sud-africains étaient impliqués. Leur sacrifice, l’un des plus anonymes de toute la guerre, ne peut être oublié.<br /> En 1945, le général-major Theron de la South African Air Force adressa une lettre au Représentant belge à Pretoria dans laquelle il exprimait ses remerciements et l’assurait que:<br /> “les Sud-africains furent très honorés d’accueillir parmi eux, leurs camarades belges qui bravant les dangers, ont par leurs ressources et leur courage, renforcé les liens mutuels de sang et d’amitié. Ils ont servi comme membres de la South African Air Force et nous sommes très honorés d’accueillir comme camarade ces hommes qui sans épargner leur peine ont contribué à la grandeur de la South African Air Force.”</p><br /> <br /> Sources:<br /> <a href="http://www.vieillestiges.be/fr/articles/18">http://www.vieillestiges.be/fr/articles/18</a><br /> <a href="http://www.b26.com/guestbook/2004.htm">http://www.b26.com/guestbook/2004.htm</a><br /> <a href="http://www.cegesoma.be/docs/Invent/AA_1428_BurniauxFranz.pdf">http://www.cegesoma.be/docs/Invent/AA_1428_BurniauxFranz.pdf</a> Sat, 11 Jun 2016 15:47:52 +0200 Témoignage d’un requis belge du S.T.O. https://www.freebelgians.be/articles/articles-4-138+t-moignage-d-un-requis-belge-du-s-t-o.php https://www.freebelgians.be/articles/articles-4-138+t-moignage-d-un-requis-belge-du-s-t-o.php <p style="text-align:center"><strong>Mes mémoires de guerre </strong></p><br /> <br /> Marcel est né le 23 Mai 1923. Il s'est marié le 24 Janvier 1944 avec Yvonne (qu'il appelle Maman) née le 29 Juillet 1921.<br /> Au moment où la guerre a commencé, Marcel habitait, rue de l’Hôtel à Steenkerque (près de Braine le Comte) avec ses parents Jules , Angélique "dite Marie" et sa sœur Irène.<br /> <br /> C’est le vendredi 10 Mai 1940 que cette histoire commence; étant engagé dans une ferme voisine à cause du chômage aux carrières de Quenast (j’y avais commencé à travailler à 14 ans) et le manque de personnel dans les fermes suite à la mobilisation générale de l’armée .<br /> Une journée dans les fermes en cette période de l’année commençait très tôt !<br /> Me rendant à mon travail vers 5 heures du matin, il faisait beau temps, un ciel très bleu, je vois dans celui-ci des avions volants à très haute altitude. Sans m’en inquiéter outre- mesure, je m’occupe à rassembler le bétail et le rentrer à l’étable pour la traite en attendant l’arrivée de la patronne, sa fille et le premier ouvrier. Nous nous mettons tous au travail lorsque la fille arrive dans tous ses états nous annonçant que c’était la guerre, elle avait entendu l’information à la radio.<br /> Entre-temps, l’aviation allemande avait déjà bombardé le champs d’aviation de Nivelles et les troupes allemandes étaient rentrées en Belgique comme en 1914. Du coup, branle bas de combat, on ne savait plus quoi. <br /> Le travail se faisait bien sur mais tout à fait sur un autre rythme, on voyait les gens aller et venir comme déboussolés. Dans l’après-midi, les premiers français passaient dans le patelin étant donné que la route militaire passait à proximité du village. Ce que les gens ignoraient c’est que le 11 ou 12 mai toute une batterie d’artillerie française allait arriver à Steenkerque.<br /> Alors, un ordre du gouvernement est arrivé à la commune, mobilisation des hommes de 16 à 35 ans; ceux-ci devaient se rendre par leurs propres moyens en différents points de rassemblement. <br /> Pour beaucoup d’entre eux ce fut Ypres. Commencent alors les préparatifs de départ pour rejoindre un de ces points avec deux camarades, mais bien sur pas tellement enclin de partir. <br /> Entre temps, on observe les troupes françaises se préparant à partir, elles aussi, à la tombée de la nuit vers Ronquières .<br /> Quant à nous trois, partira, ne partira pas ? On observait un va et vient de soldats gradés belges, français et de simples soldats. <br /> Vers le 13 ou 14 mai arriva un ordre de l’armée enjoignant la population d’évacuer le village. Steenkerque étant devenu la deuxième ligne, la première passant par Ronquières. Il n’en fallait pas plus pour que le programme des trois amis change, le plus vieux des trois arrive à la maison et me dit que vu que nous ne sommes pas partis, nous partirons avec nos familles.<br /> C’est ainsi que vers le 20 mai nous avons évacué, fermiers, parents, enfants, voisins avec chevaux, chars, les fermiers abandonnant tout le reste du bétail, les autres, nos maisons et les petits biens que nous possédions. Nous voyageons de jour, cherchant un abri pour la nuit en vue de se reposer un peu ainsi que les bêtes, … quand cela était possible!<br /> <br /> <p style="text-align:center"><img src="https://www.freebelgians.be/upload/marcel1.jpg" alt="" class="valign_" /></p><br /> <p style="text-align:center">L'exode de mai 1940</p><br /> <br /> En chemin nous avons fait connaissance d’une famille qui était composée d’hommes, femmes, enfants et d’une petite vieille. Cette dame était éreintée et nous l’avons prise en charge dans la charrette. Tout le long du parcours elle priait et lorsqu’une attaque d’aviation avait lieu, elle nous disait <em>"Continuez, ce n'est pas pour nous"</em>. <br /> Nous n’avons jamais été inquiétés …. chance, coïncidence, Dieu seul le sait!<br /> Nous avions également une jument qui attendait un heureux événement. Nous l’avons aidée à mettre bas. Nous gardions le poulain au chaud dans la charrette et le déposions près de sa mère pour qu’il tète. Malheureusement nous l’avons perdu, il n’a pas résisté à ce voyage .<br /> Mon père n’était pas content du tout lorsqu’un jour, sans le faire exprès, j’ai accroché une roue de moto avec la charrette. A notre âge nous étions un peu inconscient du danger, mais les personnes plus âgées réagissaient bien différemment de nous.<br /> C’est ainsi que nous pouvions à certains moments assister certaines personnes comme cela a été notre cas.<br /> Nous nous sommes retrouvés, lors de notre périple, du côté de Béthune, La Bassée, avant d’être rejoints par les allemands dans une ferme à Douvrain (dans le nord de la France). <br /> A partir de là c’était retour à la case départ par Tournai, Mons, Neufvilles par la chaussée Brunehaut afin d’éviter le plus possible le trafic des troupes ennemies et heureusement nous sommes rentrés chez nous sans trop de dégâts.<br /> <br /> Alors commence sous l’occupation la vie à la ferme. Bien sûr, comme c‘était la pleine campagne (une consolation), nous n’avons pas été trop gênés par l’occupant comme cela à été le cas dans certains villages environnants (Rebecq, Horrues, Petit Roeulx).<br /> Ayant changé de ferme, parce que les parents n’avaient pas accepté les conditions de travail du beau fils de mon ex-patronne (elle n’était toujours pas rentrée d’évacuation, ainsi que la fille de la ferme qui m’occupait avant le 10 mai), le fermier, pour qui mes parents travaillaient en saison, m’engagea et je me trouvais bien. <br /> Lui faisait le travail à l’intérieur de la ferme et moi j’allais aux champs avec les chevaux, ce qui ne me déplaisais pas.<br /> Comme le patron était volontaire de guerre 1914-1918, et de surcroît un patriote, un jour, tout au début de 1941, nous étions en train de préparer la nourriture pour le bétail, il me touche un mot de résistance me laissant le temps de réfléchir. Comme tout jeune, la réflexion n’a pas traînée ne sachant pourtant pas à quels dangers je m’exposais.<br /> C’est ainsi que je m’engage, en Février 1941, dans la Légion Belge, devenue par la suite l’Armée secrète.<br /> Entre temps, le commandant du district a été arrêté et envoyé au camp de concentration de Breedonk ( Malines).<br /> <br /> <p style="text-align:center"><img src="https://www.freebelgians.be/upload/marcel2.jpg" alt="" class="valign_" /></p><br /> <p style="text-align:center">Travailleurs forcés à Breendonk</p><br /> <br /> Le commandant-adjoint était également recherché mais avait réussi à se soustraire à la gestapo. Tout était prévu en cas d’arrestation, il y avait des remplaçants. C’est ainsi que le groupe dont je faisais partie a prêté serment, avec le nouveau commandant, au milieu de l’année 1941.<br /> Après notre prestation de serment dans la Légion Belge (qui est devenue par la suite Armée Secrète) devant le chef de groupement, parce que l’Armée Secrète était divisée en zones et secteurs, notre groupe faisait partie de la zone 1 secteur D10. Chaque zone était commandée par un officier de l’armée et un sous-officier. Souvent ces gradés étaient de réserve. Avant la mobilisation de 1939, il est à noter que souvent les hommes des escouades ne se connaissaient pas, précisément pour qu’il n’y aie pas de fuites .<br /> La prestation dans l’Armée Secrète consistait surtout, avant la première moitié de l’année 1943 avoir la chance de ne pas être découvert par la gestapo. Cela n’a pas empêché certains de nos compatriotes de tomber entre leurs mains. Là, c’était prison , camp de concentration (Breendonk par exemple). Tout voir , tout entendre et ne rien dire ( apprendre à fermer ce qui nous servait de bouche !). <br /> Nous devions surveiller les mouvements de troupes, le cas échéant les identifier, renseigner sur les collaborateurs et les dénoncer, ramasser si c’était possible des munitions jetées par les troupes françaises, belges en retraite.<br /> <br /> Les parachutages d’armes et munitions ont vraiment commencés vers 1943. Ceux-ci étaient effectués sur ordre de Londres, Etat-Major allié et sur des plaines reconnues par cet Etat-Major. D’après les renseignements donnés par la résistance les hommes qui étaient désignés pour la récolte des containers étaient des hommes sûrs et des gars qui n’avaient pas froid aux yeux!<br /> Certains groupes ont du faire face à des attaques allemandes parce qu’ils avaient été infiltrés par des collaborateurs et dénoncés. Les sabotages de l’Armée Secrète n’ont vraiment commencé que dans la deuxième moitié de 1943 pour durer jusqu’à la retraite allemande, de même que pour l’attaque de certains groupes de l’armée allemande après le débarquement de Normandie.<br /> Avant cela, il nous était strictement interdit, à part quelques occasions bien précises, de nous attaquer aux forces d’occupation afin d’éviter les prises d’otages et les représailles sur la population .<br /> Certains groupements hors armée secrète se sont livré à des attaques sur des membres de l’armée occupante ce qui valu l’arrestation d’innocents qui n’avaient strictement rien à voir avec la résistance! Ils ont été fait prisonniers, fusillés ou déportés dans des camps de concentration (beaucoup ne sont pas revenus).<br /> Après la libération, en septembre 1944, beaucoup de membres de l’Armée Secrète ont été versés dans l’Armée belge revenue d’Angleterre ou dans l’armée anglaise ou Américaine . <br /> <br /> Par la suite, en 1942, un différent intervient entre mes parents et le patron fermier qui m’employait. Ils me font quitter cette ferme et réintégrer la place que j’occupais avant l’évacuation.<br /> Durant cette période de transitions et de malaises, j’ai connu la fille qui devait devenir ma femme.<br /> En 1943 les Allemands instaurent le service du travail obligatoire. En effet, vers le mois de mai, je reçois une convocation pour me rendre à la Werbestelle (bureau de recrutement du travail en Allemagne ). J’en fais part à la patronne de la ferme car je devais m’absenter un jour afin de me présenter à ce bureau qui se situait à La Louvière. Le lendemain elle me dit que son beau-fils m’accompagnera.<br /> <br /> <p style="text-align:center"><img src="https://www.freebelgians.be/upload/marcel3.jpg" alt="" class="valign_" /></p><br /> <p style="text-align:center">Immeuble abritant une "Werbestelle"</p><br /> <br /> Le jour arrivé nous sommes donc partis à deux à La Louvière. Arrivés au bureau, lui seul entre. Il ressort au bout d’un moment et me signifie que je suis exempté de l’Allemagne au moins pendant 1 an. Nous pûmes deviner mon contentement, et la vie reprend son cours normal.<br /> Mais voilà, c’était sans compter sur le désir pressé de se marier. Sans que cela ne soit nécessairement obligatoire!!!, le 24 janvier 1944 j’épousais donc Yvonne.<br /> Cet événement me mène à quitter mes parents, mon village, la ferme et de m’installer avec mon épouse à Braine-le-Comte. Nous avons habité quelques temps chez mes beaux parents <br /> (Camille et Léona) et au mois de mars nous déménagions pour le 112 rue de Mons qui est devenu par la suite le 110.<br /> Au début Mars 1944 , je reçois une seconde convocation pour me présenter à la "Werbestelle" de La Louvière. De commun accord avec Maman, nous décidons de la cacher dans le buffet derrière la vaisselle. De ce fait, je ne me suis donc pas présenté croyant être toujours susceptible d’être réquisitionné avec l’entreprise qui m’occupait sous la coupe de l’occupant.<br /> Malheureusement à mon retour nous n’avons jamais retrouvé ce papier et, par conséquent, je n’ai jamais su prouver le fait d’être réfractaire au STO (service du travail obligatoire) .<br /> <br /> Je quitte les fermes et je suis engagé à la firme Desenfant, entreprise de travaux publics apparentée à ma belle-famille et où apparemment les ouvriers pouvaient être réquisitionnés par les Allemands pour réfection des routes et ponts suite aux destructions de l’aviation alliée et de la résistance qui commençait les sabotages (nous n’avons jamais été inquiétés outre mesure).<br /> Un beau jour, au début de 1944, j’apprends l’arrestation du groupe de résistance auquel j’appartenais. Ma chance peut-être de ne pas être arrêté est due certainement au fait que je n’habitais plus le village. Dès ce moment j’évitais le plus possible de rendre visite à mes parents à Steenkerque, de peur de me faire pincer ou de causer des ennuis à ceux-ci .<br /> Et nous voilà le lundi 7 août 1944, à la prise de service vers 7 heures du matin. Nous sommes commandés à trois, le chauffeur du camion, son fils et moi d’aller nettoyer les bords de la route entre Le Roeulx et Houdeng. Mais, à l’entrée du Roeulx, dit Montauban, nous sommes arrêtés par deux types en civil et un allemand, mitraillette aux poings .<br /> Un des trois monte sur le marche-pieds du camion et demande <em>"qui est le nommé Brisack?"</em>. Ayant répondu que c’était moi, il m’a invité à descendre et à monter dans la voiture qui les accompagnait, le camion quant à lui pouvait repartir .<br /> Ils s’engouffrent eux-mêmes dans la voiture, une 11 légère Citroën et commandent au chauffeur de démarrer et de se diriger vers Soignies. Là, je me suis dis que mon affaire n’était plus tellement claire. Arrivé au-dessus du carrefour de la route de Naast à Thieusies, un des trois aperçoit deux hommes dans les champs et commande au chauffeur de stopper. <br /> Ils sortent du véhicule et se mettent à la poursuite de ces deux hommes qu’ils parviennent à arrêter également.Ils les poussent dans la Citroën et font demi-tour direction La Louvière. <br /> Ils nous déchargent au pied du château, au carrefour du Drapeau Blanc, et nous enferment dans des cachots aménagés dans les caves du château. Là, j’étais encore moins certain de mon sort. Au bout d’un moment j’entends du remue ménage, ils nous amenaient des compagnons d’infortune. Dans l’après-midi ils nous font sortir et nous chargent dans un camion avec deux ou trois loustics à la mine d’abrutis mais quand même sourire aux lèvres et bien armés, pour éviter le cas échéant une tentative d’évasion .<br /> Nous étions sous bonne garde. Devant comme derrière : soldats armés. Nous avons pris la direction de Mons et nous voilà débarqués dans une sorte de prison mais cette fois une cour et des chambres, toujours sous bonne garde .<br /> Les bougres qui nous avaient arrêtés le matin étaient la sinistre bande Duquesne de La Louvière, des collaborateurs bien cotés des allemands.<br /> Ce qui était comique dans cette prison c’est qu’un soldat de garde parlait wallon comme nous. C’était un allemand qui avait travaillé dans la mine au borinage et avait été mobilisé à l’arrivée des allemands en Belgique, pas trop méchant gars. Le lendemain nous avons eu la visite de mon épouse, Yvonne était venue avec sa belle sœur Georgette. Nous étions contents d’autant plus que ma femme était enceinte.<br /> C’est ainsi que j’ai appris la présence d’un Brainois également incarcéré. Il y avait un SS qui cherchait à engager des prisonniers parmi eux, je ne pourrais dire s’il y a eu beaucoup d’amateurs malgré ses boniments, un véritable représentant de commerce .<br /> Le lendemain, le 9 août au matin, les Allemands nous réveillent nous annonçant que nous allions faire partie d’un convoi. Malheureusement j’étais sur la liste car tous les prisonniers ne partaient pas . Donc le 9 août, on nous charge dans un autocar. Nous étions une vingtaine, accompagnés de trois ou quatre hommes de la gestapo ( belges ). <br /> En passant à Braine-le-Comte l’un d’eux remarque que je regardais la maison, il a eu la présence d’esprit de me demander <em>"C’est là que vous habitez?"</em>. Répondant par l’affirmative, il me dit <em>"Ecrivez un mot pour votre femme, je lui remettrai à mon retour"</em>. Ce qu’il a fait, c’était honnête de sa part d’avoir tenu sa promesse!<br /> <br /> Nous avons été débarqués à Bruxelles dans une caserne soit de la gendarmerie, soit de l’artillerie jouxtant celle-ci, et parqués dans l’écurie. Là, nous étions au moins 500 ou 600 wallons, flamands. Ensemble, nous y avons passés la nuit, couchés à même le sol sur de la paille.<br /> Dans l’avant-midi, j’étais appelé au corps de garde et l’on m’a remis une valise en osier accompagnée d’une couverture blanche en me disant que cela provenait de mon épouse, mais on n’a pas pu se voir. C’est à mon retour que j’ai su que Maman était venue, accompagnée de sa belle sœur Georgette. Elles avaient fait le trajet en auto stop, parfois juchées sur la plate forme d’un camion citerne .<br /> Vers 3 ou 4 heures de l’après-midi, on nous a rassemblés dans la cour pour le grand départ vers l’Allemagne et le cortège s’est mis en route pour la gare d’Etterbeek, bien gardés par les soldats mais sans oublier de chanter en français et en flamand la Brabançonne au nez et à la barbe des schl........<br /> Arrivés dans la cour de marchandises de la gare, le train nous attendait mais toute l’installation était également gardée par la troupe, personne ne pouvait nous approcher. <br /> Avant d’embarquer nous avons reçu, si mes souvenirs sont bons, deux boîtes de sardines (rien pour les ouvrir, Maman avait mis une fourchette et une cuillère pliante mais pas <br /> de couteau, j’avais cassé une lame de scie à métaux à l’école, je me suis donc débrouillé pour fabriquer un ouvre-boîte de fortune) provenant de la croix rouge et peut être autre chose mais cela m’échappe. Puis l’ordre est donné de monter dans le train. Celui-ci était composé de voitures de bois en service à ce moment là aux chemins de fer belges. C’était toujours mieux que des wagons à bestiaux comme certains déportés ont eu la malchance d’avoir et d’être ainsi entassés comme des bêtes.<br /> A chaque bout de voiture, il y avait un compartiment avec une dizaine de soldats qui nous gardaient. Le départ s’est fait assez tard car lorsque le train s’est arrêté à la gare du Quartier Léopold le soir tombait déjà. Là aussi il y avait des membres de la croix rouge. C’est ainsi que j’ai encore pu écrire un mot à Maman. Après un bon moment le train est reparti pour rejoindre la gare de Schaerbeek.<br /> La ligne était assez forte en déclivité et nous avons passé trois ou quatre tunnels avant d’arriver à la bifurcation dite "Cage aux ours" pour rejoindre la gare. <br /> A un certain moment dans un tunnel, le train fut tamponné par une locomotive lancée de la gare du Quartier Léopold provoquant une alerte générale de nos gardiens qui sont descendus dans les voies pour éviter les évasions éventuelles.<br /> <br /> Toujours est-il que lorsque nous sommes arrivés en gare de Schaerbeek, il faisait jour. Là nous avons changé de train. L’avant-midi était déjà bien avancée lorsque le train est reparti pour de bon, pas trop vite quand même! A un certain moment, en pleine campagne au-dessus de Louvain, il y a quand même des gars qui ont essayé de s’évader. Un a été repris ayant été blessé au front par une balle tirée par un soldat, ils ne rigolaient pas les gars!!<br /> Les arrêts facultatifs étaient finis, sauf changements de locomotive. Si je me souviens bien, nous sommes passés en gare de Wuppertal. Il faisait chaud. Au crépuscule le paysage était rempli de geysers, c’était beau à voir et encore une nouvelle nuit à passer dans le train.<br /> Au cours de l’avant-midi du 12 août, le convoi fait arrêt en gare de Erfurt; les Allemands en font descendre un certain nombre de gars dont le Brainois que j’avais rencontré à la prison de Mons. Puis on continue en direction de Kala où tout le monde descend. Nous sommes mis en rangs, nous sommes conduits vers un lazarett (infirmerie) et parqués sur un terrain de football. Là, quand même, nous avons pu aller aux toilettes et boire un peu, parce que jusque là ni boire, ni manger, disons juste nos pauvres provisions qui avaient pu nous parvenir par nos parents avant de partir de Bruxelles.<br /> C’est ainsi qu’étant rassemblés sur le terrain, j’ai eu l’occasion de rencontrer un autre Brainois, en l’occurrence Joseph Duquesne dit "Joseph del tour".<br /> Au cours de l’après-midi, nouveau rassemblement, direction la gare. Devant celle-ci un tri s’opère : travail lourd – travail léger. Comme notre ami Joseph était un loustic fort éveillé, il me prend par le bras et me dit "travail léger, nous avons mal à l’estomac". Résultat, travail lourd reste à Kala, travail léger prend le train vers Iéna.<br /> Nous voilà donc repartis. Halle : changement de train direction Oschersleben (Bode) où nous arrivons de nuit. Si ma mémoire est bonne, une chaude réception nous attendait à la gare par des "Werkschutz". En route pour le camp Gemeinschaft lager 23, nous avons logé, tant bien que mal, dans la première chambre venue. Donc le 13 août : entrée du camp qui ne sentait pas la rose et les chiens nous ont chaudement accueillis!<br /> <br /> Au lever, nous avons pu constater que nous étions avec des Hollandais et quelques Belges, dont un que j’avais connu à l’école, Jules Deschamp de Braine-le-Comte. Cette journée s'est passée assez tranquillement.<br /> Le 14 août, réveil à 5h30. Comme il faisait bon et chaud, des tables ont été placées devant le bureau du chef de camp. Là, nous sommes passés un par un. Nom, nationalité belge? Pas très bien compris par nos grands amis d’outre Rhin.<br /> Ce qu’ils comprenaient : Wallonne – flämiche, cet interrogatoire était assez complexe. Métier ? Une idée me vient à l’esprit, toute droite sortie de ma petite tête. Tout fier je dis "mécanicien!" Après réflexion je me suis dit que j’aurai peut-être la chance de travailler dans un garage ou quelque chose de pareil. Après cet intermède, nous avons reçu notre ration du jour et notre ausweis (laissez-passer n°004638 ).<br /> Après cela nous fûmes conduit, sous l’escorte du chef de camp hollandais, à l’usine et au hall où nous devions nous rendre le lendemain 15 août car pour les Allemands ce jour n’était pas férié.<br /> J’ai été placé devant un établi et j’ai du apprendre à scier, buriner, limer et river. Ce n’était pas tellement dur mais ce n’était pas ce à quoi j’avais pensé !<br /> Ce qui était également fort, c’était les chiottes qui servaient tout aussi bien à nous, qu’aux prisonniers de guerre. C’est ainsi que j’ai fait la connaissance d’un homme de Nivelles qui, vu ma détresse (parce qu’au début, nous n’en menions pas large ..) m’a demandé d’où je venais ? Quand je lui ai dit de Braine-le-Comte, il m’a demandé l’adresse de Maman et m’a promis de lui écrire comme étant parent, je crois qu’il l’a fait.<br /> <br /> Vers la mi-septembre, un jour dans l’après-midi, le contremaître est venu près de moi me disant <em>"demain vous passez ici, mais vous ne travaillerez pas"</em>. <br /> Travailler était un grand mot, mais le travail n’était pas trop dur quand même. Le lendemain matin je me rends au hall, là un petit ketje (bonhomme) viens nous chercher le Polonais et moi. Il nous emmène par ce qu’on pouvait appeler une grand rue. Tout autour de nous ce n’était que halls détruits par les bombardements. Au bout de cette rue, la plaine d’aviation. Nous voilà arrivés derrière le dernier hall au bureau du directeur de celui ci, un homme à l’air sympa et même question wallon, flâmiche ? Lorsqu’il appris que je n’étais pas belge mais wallon, tout sourire et me voilà technicien!! Je me suis dis "Marcel comme technicien vous êtes bien tombé!".<br /> Il me dit en Français quasi impeccable <em>"vous ferez équipe avec Frans, un flämiche d’Olsene près de Gand"</em>. Et me voilà bombardé rôdeur de moteur BMW sur appareil Fockewulf 190, non pas dans un garage mais en plein air, sur une plaine d’aviation. Heureusement pour moi, le mécanicien technicien ce n’était pas moi mais l’ami Frans. Nous n’avions qu’à régler certains appareils que le mécanicien nous commandait, lorsqu’il avait fait tourner le moteur après un certain temps et un certain nombre de tours.<br /> Quand il faisait bon temps ce n’était pas très dur, mais le mauvais temps approchait dans cette contrée, pluie, tempête de neige. Là ce n’était pas du gâteau ! Toujours sur la plaine en plein vent, nous ne rigolions pas tous les jours.<br /> Cela a duré tout l’hiver, 20 minutes à pieds dans la neige, à peine chaussés. Puis toute la journée dehors, et même quelquefois tard dans la nuit, lorsque l’armée demandait des avions. Seule consolation à ce moment là, le directeur du hall commandait à la cantine de fournir un supplément de repas, c’était toujours ça !<br /> Pour la nourriture, nous n’étions pas gâtés. Pour le café ou plutôt jus de chaussettes, nous devions chacun à notre tour aller le chercher. Au camp, chaque jeudi, la ration hebdomadaire nous était donnée: un demi pain noir, un bout de beurre, un morceau de fromage au cumin (que je détestais) et une ou deux tranches de saucisson, on devait tirer son plan avec cela.<br /> Heureusement en travaillant à la plaine nous nous rendions tous les midis à la cantine. Là, d’août à octobre plus ou moins, nous recevions trois ou quatre pommes de terre en chemise, deux tomates, une fine pelate (très fine tranche) de viande et une tranche de pain. Après Octobre nous recevions trois ou quatre pommes de terre en chemise, choux rouge, toujours une pelate de viande et une tranche de pain. Cette tranche de pain nous la donnions, en essayant de ne pas nous faire prendre, à un groupe de prisonniers en tenue rayée et ayant manifestement faim, qui se tenait à la sortie de la cantine, gardé par un SS armé.<br /> Le premier qui arrivait à attraper le pain, engloutissait en une fois la tranche de peur de se la faire voler par un de ses camarades. Il y avait un SS qui faisait mine de ne rien voir, ce n’était pas le cas de tous ! Alors, il fallait faire gaffe à nous.<br /> <br /> Après un court séjour dans la baraque des hollandais, relogement dans la baraque des français. Disons que là aussi nous étions considérés comme des intrus. Nous avons subi une perquisition en règle par les SS un dimanche matin, tout le monde dans la cour du camp par un crachin et un froid de canard, cela a duré presque toute l’avant-midi avant de pouvoir réintégrer le baraquement.<br /> Quelques temps plus tard nous avons de nouveau déménagé pour cette fois se retrouver dans une baraque de belges. La chambrée était composée de huit lits superposés garnis, si on peut dire, d’un matelas et d’un soi disant oreiller en paille de bois. Nous avons été envahis par les poux. Ils étaient énormes ces totos là. Le soir nous passions notre temps à les tuer et lorsque nous le pouvions, nous faisions bouillir nos chemises afin de les éliminer.<br /> Nous avons eu plus de chance que les autres car nous en sommes arrivés au bout et c’était un énorme soulagement. Je peux vous dire que j’en ai pleuré, c’est dégoûtant et répugnant ces saletés de bestioles.<br /> Nous étions vingt marmots (jeunes hommes) dans cette chambre. Je me suis lié d’amitié avec André de Mouscron que j’ai revu après la guerre. Nous sommes restés en contact bien longtemps. La dernière fois que je l’ai vu c’était au mariage de ma fille en 1981. Il y avait aussi Ferdinand de Herseaux, Henri de Dottignies, Roger de Morlanwez, Edouard de Marchienne, Albert de Charleroi , Pierre et François de Quaregnon, Valère de Grammont et les autres dont je ne me rappelle plus les noms.<br /> Mes collègues de la plaine étaient logés juste en face de notre chambre. Dans cette baraque nous étions en principe au moins deux cents, dont la majorité des flamands.<br /> La journée commençait au coup de sifflet du chef de camp belge (flamingant) F.D.. A 5h30 chacun à son tour allait chercher le café …. Ensuite en route pour le travail sous l’œil vigilant de l’ami Frans et ce par n’importe quel temps. Vingt minutes à pieds et pas grand chose à se mettre sur le dos ni aux pieds d’ailleurs (chaussures allemandes: semelles en bois et dessus en toile). Le linge que nous avions au départ était usé, nous avons reçu une salopette c’était déjà cela. Des chaussettes? Il ne fallait même pas en parler, on s’en confectionnait avec des morceaux d’étoffe qu’on chapardait ici et là (on disait: chaussettes russes). On travaillait normalement jusqu’à 18h.<br /> <br /> Un jour nous avons demandé au grand chef de camp de pouvoir nous doucher, la douche était collective mais c’était mieux que rien! Il nous a averti l’après-midi que la douche était ouverte mais il avait omis de nous dire que l’eau n’était pas chaude mais glacée. Beaucoup de monde était content. Nous étions cinquante en costume d’Adam mais quand nous avons reçu ce qu’on appelle la douche glacée, cinq minutes plus tard la pièce était vidée de son contenu humain et plus jamais il n’y eut de demande de douche, on se débrouillait aux lavabos.<br /> Tant qu’à nous, rôdeurs de moteurs, si nous commencions à 6 h du matin rien ne prévoyait de terminer à 18h. C’était la même chose pour le hall de montage malgré qu’une équipe de nuit fût prévue. Notre travail consistait, après que le mécanicien BMW avait fait tourner le moteur, à régler le thermostat, changer les bougies - deux par cylindres - ce qui nous faisait quatorze bougies à remettre au magasin "non : direction trous de bombes", remplacer les tuyaux de circulation d’huile (quelques fois bourrés de papier ! Lorsque c’était connu : enquête gestapo), remplacer le manomètre défaillant dans le tableau de bord à remettre au magasin "non : direction trous de bombes". Heureusement là il n’y a jamais eu de recherches, ce que l’on appréhendait le plus c’était de retirer l’hélice tellement elle était lourde, il fallait être quatre hommes. Et les journées passaient comme cela ….<br /> Encore fallait-il que notre mécanicien BMW soit bien luné, car le jour que ce n’était pas son jour, ce n’était pas le nôtre non plus. Chaque machine qui sortait du hall fallait pas chercher, c’était pour Frans et Martin (parce qu’ils ne m’ont jamais appelé Marcel. Je n’en avais rien à foutre, pour moi c’était du pareil au même).<br /> Il y avait une petite baraque au bout de la plaine où nous allions nous réfugier de la pluie et lorsque les avions décollaient. Un jour, un petit homme "Heinrich", les jambes arquées, long manteau de cuir, besace sur le dos arriva et nous dit <em>"vous êtes belges ? Oui , alors moins vite vous travaillerez plus vite vous serez chez vous!"</em> Il écoutait radio Londres et venait nous raconter les nouvelles tous les jours .<br /> Nous arrivons fin de l’année 1944: Noël baraque, Nouvel An baraque. Boulot sans arrêt jusquà la mi-mars où nous commençons à voir un petit changement. Une fois, nous allions ramasser les morceaux d’un avion dans les champs, une autre fois ramasser des débris à la plaine d’aviation de Quedlimbourg à une soixantaine de kilomètres de chez nous. Nous voyions des soldats en retraite, le bruit avait déjà couru au camp que nous avions été rattrapés par l’armée Américaine .<br /> Parce que nous étions rentrés assez tard dans la soirée, puis d'une fois nous avons été bombardés durant la nuit par les doubles fuselages américains, parce que la flak qui était en gare leur avait tiré dessus, ces aviateurs là non plus ne rigolaient pas. Nous les avions déjà vu à l’œuvre en Belgique, de véritables casses-cou.<br /> <br /> Arrive le mois d’avril avec tous ces bobards: ils arrivent, on sera bientôt libérés. Tous les jours il y avait du nouveau. Jusqu’au jour où, arrivant au boulot, l’ingénieur du hall de réparation nous dit <em>"aujourd’hui langsam arbeit"</em>. Même qu’un pilote atterrit et nous dit que <em>"cela ne sert à rien de réparer"</em>. <br /> Il avait été atteint au combat et nous a dit <em>"je ne remonte plus là haut"</em>. <br /> Nous avons alors compris que ça sentait le roussi pour nos hôtes. Qui plus est, l’ingénieur nous dit <em>"demain vous pouvez commencer à 8h au lieu de 6h"</em>. <br /> Cela n’a pas fait l’affaire de notre vigilant chef de camp belge, d’autant qu’il passait dans les chambres un quart d’heure après son coup de sifflet et quand il nous a vu au lit encore à 6h30, il lui fallait une explication. Nous lui avons répondu de téléphoner à l’ingénieur du hall 8 et à partir de là il nous a fichu la paix .<br /> Cela a continué jusqu’au 11 avril. Ce jour là, le chef mécanicien BMW nous dit <em>"prenez de l’essence, nettoyer mon side car parce que si je ne retourne pas aujourd’hui chez moi , je n’y retournerai jamais!"</em>. Puis nous sommes allés nous asseoir au pied du hall au soleil. Il faisait déjà bon et nous regardions les troupes allemandes, ou ce qu’il en restait, remonter vers Magdeburg.<br /> AA l’heure du dîner Frans me dit <em>"vas avec Robert à la cantine, nous autres trois retournons au camp et rapportez nous le repas"</em>. <br /> CComme c’était mercredi-midi c’était une soupe assez épaisse, on aurait dit une soupe aux pois. C’était pas mauvais d’autant plus qu’en trichant j’ai su arriver à en avoir une deuxième portion, et nous sommes retournés au camp.<br /> Nous entendions tirer de tous les côtés. En longeant le sentier l’alerte a sonné. Robert me dit <em>"si elle dure trois ou cinq minutes nous sommes sauvés!"</em> C’était l’alerte aux blindés effectivement. Elle a sonné ce laps de temps, on voyait tous les allemands courir aux abris. Nous nous sommes dépêchés pour rentrer au camp, nous étions libérés, il était environ 12h30 .<br /> Libérés c’était bien mais il fallait trouver du ravitaillement nous même parce que nos valeureux chefs de camp s’étaient éclipsés. Qu’à cela ne tienne, près du camp se trouvait un grand bâtiment où de temps en temps on amenait des wagons fermés, gardés par la troupe allemande .<br /> Ce 11 avril notre camarade Albert de Charleroi n’a rien trouvé de mieux que d’aller faire une reconnaissance de ce bâtiment! En revenant près de nous, il nous dit <em>"j’ai trouvé de la bouffe! Si vous êtes d’accords nous allons faire des brigades de chargement, une arrivera chargée à la chambre et l’autre repartira charger et ainsi de suite, jusqu’au matin"</em>. <br /> Valère viendra avec moi en premier lieu pour connaître le parcours, c’était décidé et nous voilà partis. Dans les caves ce n’étaient que pans de lard, jambons, boîtes de lait en poudre, poudre d’œufs et boîtes de viande, le tout stocké dans des caisses. Une nuit de travail de ce genre et nous avions des réserves pour un bon moment.<br /> <br /> Combien de temps allions nous rester là? Combien de temps allions nous mettre pour rentrer chez nous? Nous avions donc constitué une réserve pour le retour, le reste bien sûr c’était pour nos repas quotidiens sur place et aussi, à l’occasion, pouvoir faire du marché .<br /> Par la suite, nous n’avons plus pu approcher ce bâtiment parce que les américains s’étaient rendus compte qu’il y avait des visiteurs et que les gens dévalisaient les victuailles. <br /> Du coup, des sentinelles ont été postées à l’entrée. Nous de toute façon, nous étions servis et bien servis!<br /> A partir de ce moment, nous avons pu déambuler en ville en respectant bien sur le couvre-feu. Les troupes américaines ne rigolaient pas, pas plus d’ailleurs pour leurs soldats que pour nous. Elles avaient peur des coups de mains de la jeunesse hitlérienne, parce que cela existait encore.<br /> Durant une de nos sortie, nous avons rencontré un prisonnier politique polonais qui avait échappé à une marche de la mort. Ce n’était pas agréable à regarder, cet homme dans son costume rayé ou plutôt ce squelette vivant. Sa maigreur était la preuve évidente de terribles souffrances. Il était assis sur une marche d’escalier de l’hôtel de ville. Il était exténué mais a tenu à nous raconter son calvaire. Ce fût terrible de l’écouter, je n’oublierai jamais cet homme qui retrouvait un peu de dignité et surtout sa liberté .<br /> Cela a duré jusqu’au 5 mai quand le commandement américain a annoncé que le camp entier serait levé le 7 mai au matin et transporté par camions à 70 km de là où se trouvait un dépôt de l’armée. Nous avons reçu pour le voyage un espèce de chocolat, aucun d’entre nous n’est arrivé à le manger entièrement.<br /> Nous sommes arrivés dans une gare, Obisfeld si je me souviens bien. Désinfection et chargement dans un train composé de wagons fermés et de wagons tombereaux. Toujours en jouant au plus filou, j’ai pu trouver place dans un wagon fermé ainsi qu’un ou deux camarades de chambrée. Aussitôt que tout le monde eu pris place, le train a démarré. Pendant la nuit nous avons eu droit à un bel orage. Nous, nous étions au sec mais nos camarades dans les wagons à ciel ouverts n‘ont pas rigolé.<br /> <br /> Le 8 mai nous avons eu droit à un très beau temps et à l’annonce de la capitulation de l’Allemagne. Notre train continuait sa route. Le 9 de l’avant-midi nous avons traversés le Rhin sur un pont construit par le génie américain, nous roulions au pas d’homme. Cette traversée n’était pas très rassurante mais tout s‘est bien passé. En passant par Munster (Allemagne), nous avons regagné Visé vers 16 h. et nous nous sommes rendus au camp de rapatriement sur les hauteurs de Visé à pieds .<br /> Aussitôt arrivés au camp nous devions passer à la désinfection ce qui n’était pas très rigolo. On vous soufflait de la poudre sur la peau et à profusion SVP ! Après cela passage au bureau d’identification et résidence. Nous avons alors reçu un beau billet de 100 frs pour le retour. Nous avons également pris connaissance de l’heure du départ pour le retour (le lendemain vers 6 – 7 h.) et nous avons alors eu droit, pour la dernière fois, de dormir dans un hangar sur de la paille .<br /> Le 10 mai bien sur, il ne nous a pas fallu de réveil matin. Les grilles se sont ouvertes et bon nombre de nous sont sortis du camp, direction gare de Visé, puis Liège Guillemin, changement de train direction Bruxelles Nord, arrivée aux environs de midi, ensuite le tram jusque Bruxelles Midi. Encore une péripétie avant d’être enfin tranquille, dans ce tram me rapprochant de chez moi, Monsieur le receveur m’a réclamé l’argent du parcours. Mal lui en a pris car certains voyageurs se sont insurgés en ma faveur et je n’ai pas payé!!!<br /> Arrivé vers 14 h à la gare du Midi, je me suis installé sur un banc en dessous de la verrière, mes jambes étendues sur un sac que j’avais chapardé aux allemands et qui contenait une salopette d’aviateur fourrée de laine de mouton. La deuxième, je l’avais sur le dos parce qu’elle était plus fine. A un moment, j’ai vu passer un homme devant moi que j’ai cru reconnaître. A tout hasard je l’ai interpellé quand il s‘est retourné, c’était un cousin qui habitait Rebecq. Qu’elle n’a pas été sa surprise en me reconnaissant! Bien sur il m’a parlé immédiatement de la famille, de la maison et il m’a annoncé que j’étais papa d’un petit garçon prénommé Marcel, il était né le 14 novembre.<br /> Il me demande si j’avais su prévenir de mon retour? Je lui ai répondu par la négative. Comme il rentrait chez lui par le train à destination de Braine-Le-Comte, nous sommes montés à bord tous les deux. Là aucun problème de paiement car gratuité de la part du chef de train. Le cousin descend à Tubize en me disant qu’il va avertir de mon arrivée par téléphone le meunier habitant à côté de la maison, lui demandant d’avertir Maman et en même temps mes parents à Steenkerque.<br /> C’est seulement à la sortie du tunnel de Braine-Le-Comte, quand j’ai vu le clocher de l’église, que j’ai réalisé que j’étais quand même de retour. Quand je suis descendu du train il y avait trois jeunes femmes qui m’attendaient, ma belle soeur et deux cousines, Rolande et Gildas.<br /> <br /> Maman est venue à ma rencontre en haut de la chaussée de Mons car après mon départ elle est allée habiter chez ses parents, ce qui je l’avoue ne m’enchantait pas fort. Mais enfin c’était comme cela. Après les accolades de circonstances un bon bain était le bienvenu puis à la soirée, les parents, les oncles, les tantes, la belle soeur Georgette qui avait accompagné Ivonne à Mons, à Bruxelles et qui en avait gros sur le coeur parce que son mari, le frère de Maman n’était toujours pas rentré de déportation. Il n’est rentré qu’une quinzaine de jours plus tard, il a été libéré par les russes du côté de Berlin.<br /> Et, ce fût notre deuxième nuit de noce …,avant de reprendre le train-train de vie quotidien, revenu presque à la normale après 9 MOIS de déportation. C’est une chose que je ne souhaite sincèrement pas et de tout cœur aux jeunes.<br /> A remarquer que je ne suis pas le seul dans ce cas, d’autres ont vécu encore bien pire et plus encore …. ils ne sont pas revenu.<br /> <br /> SOURCE :<br /> <a href="http://users.skynet.be/jocelyne.poesies/papa.htm">http://users.skynet.be/jocelyne.poesies/papa.htm</a><br /> SOURCE: Photo 1<br /> <a href="http://www.39-45.org/viewtopic.php?f=120&amp;t=38147">http://www.39-45.org/viewtopic.php?f=120&amp;t=38147</a><br /> SOURCE: Photo 2<br /> <a href="http://www.forosegundaguerra.com/viewtopic.php?t=4429">http://www.forosegundaguerra.com/viewtopic.php?t=4429</a><br /> SOURCE: Photo 3<br /> <a href="http://www.ethesis.net/vrouwen_woII/vrouwen_woII_hfst_2.htm">http://www.ethesis.net/vrouwen_woII/vrouwen_woII_hfst_2.htm</a><br /> <br /> Certains nom de localités allemandes peuvent être mal orthographiées ou erronées. Merci de bien vouloir nous en excuser!! Fri, 16 Oct 2015 21:38:01 +0200 Odon GODART, l'homme qui décida du Day-D https://www.freebelgians.be/articles/articles-4-124+odon-godart-l-homme-qui-d-cida-du-day-d.php https://www.freebelgians.be/articles/articles-4-124+odon-godart-l-homme-qui-d-cida-du-day-d.php <p style="text-align:justify"><em>C'est un Belge, un habitant de Bousval qui décida du «Jour le plus long ». <br /> Mais Odon Godart a toujours été d'une rare modestie, d'une grande discrétion à l'égard de cet étonnant «fait de guerre ». <br /> Pour lui, ce ne fut qu'un moment dans une vie dédiée à la science. </em></p><br /> <br /> <p style="text-align:center"><img src="https://www.freebelgians.be/upload/numerisation0004_b700c.jpg" alt="" class="valign_" /></p><br /> <br /> <p style="text-align:justify">Disciple de Georges Lemaître, Odon Godart a vingt ans lorsque, en 1933, il quitte l'Université Catholique de Louvain avec un beau diplôme de géophysicien. <br /> C'est en qualité d'assistant du grand défenseur de la théorie du «Big Bang» qu'il effectue ses premiers pas de scientifique. <br /> C'est aussi à Louvain qu'il remporte, peu de temps après, une bourse qui lui permet de poursuivre sa formation aux États-Unis. <br /> Il travaille ainsi comme astronome à l'observatoire d'Harvard, dans le Massachusetts, s'occupe de recherches en géophysique et pénètre le milieu encore peu développé du radar. <br /> Il se rend aussi au Mexique. C'est en revenant de ce voyage au pays des Mayas qu'il apprit que la guerre était en train de s'emparer de l'Europe. <br /> <br /> «J'étais sur la Côte Ouest américaine, se souvient-il. Je venais de rencontrer l'actrice Paulette Godart qui tournait à cette époque "Le Dictateur" avec Charlie Chaplin. <br /> Comme nous portions le même nom, elle m'avait invité à dîner avec un ami. Avant de passer à table, j'ai même pu assister au tournage de la scène du film où l'on voit Mussolini et Hitler chez le coiffeur. <br /> Ensemble, nous nous sommes ensuite rendus à Hollywood Bowl, un immense amphithéâtre en plein air. C'est là que j'ai vraiment appris l'entrée en guerre de mon pays.» <br /> <br /> Bouleversé, voulant participer à la lutte, Odon Godart ne perd pas de temps. <br /> En voiture, il traverse tous les États-Unis pour rejoindre Boston. Au terme de ce long périple, il se précipite chez le consul honoraire de Belgique, un armateur irlandais ne connaissant ni le français, ni le néerlandais et encore moins la situation en Belgique. <br /> Odon Godart rencontre heureusement quelques concitoyens. Ce sont des pêcheurs ostendais, travaillant en Terre-Neuve. Ils lui proposent de rentrer avec eux au pays. <br /> En cours de route, par la radio du bord, ils apprendront la capitulation de l'armée belge. <br /> <br /> « Nous avons donc fait demi-tour, poursuit- il. <br /> Nous sommes rentrés à Boston où j'ai pu travailler dans un institut où l'on faisait des recherches sur le radar avant d'enseigner Euclide dans un collège américain et de m'engager dans la police montée canadienne. Mais on s'est très vite rendu compte que j'étais Belge. Je fus donc envoyé dans un camp avec d'autres concitoyens. <br /> En Ontario, d'abord. A Joliette, au Québec, ensuite. <br /> De là, on nous a proposé de rejoindre les forces belges d'Angleterre. Je n'ai pas hésité.» </p><br /> <br /> <strong>Caporal facteur. </strong><br /> <br /> <p style="text-align:center"><img src="https://www.freebelgians.be/upload/odon2.jpg" alt="" class="valign_" /></p><br /> <br /> <p style="text-align:justify">Après une traversée épique, où notre homme fit son baptême du feu, Odon Godart est versé dans l'armée belge avec le grade et la fonction de caporal-facteur. <br /> N'ayant pas emmené ses papiers militaires avec lui, il est dans l'incapacité de prouver qu'il est, en Belgique, officier de réserve d'artillerie. <br /> Il se retrouve ensuite dans une batterie israélite. Il faut plusieurs mois aux officiers belges pour comprendre qu'ils ont dans leurs rangs un scientifique belge de premier rang. <br /> Il est ainsi désigné pour organiser un service météorologique au Congo. <br /> « J'ai protesté, se souvient-il. J'étais astronome, mathématicien, mais pas météorologue. Je n'ai rien eu à dire. On m'équipa même d'un kit tropical. Mais, peu de temps avant de partir, le gouvernement britannique fit pression pour que je rejoigne le Aircraft Ministry. <br /> Bref, au lieu de partir au Congo, je me suis retrouvé au cœur d'une base de bombardement où l'on a bien rigolé en découvrant mon équipement tropical. <br /> On me surnomma même "Congo pit". Mon nom de guerre, en quelque sorte ... » <br /> <br /> <strong>Le météo du Bomber Command.</strong> <br /> <br /> Odon Godart retrouve bien vite l'univers météorologique: <br /> «J'avais été blessé au cours d'une opération. J'ai donc été appelé pour aider un météorologiste du 3e Groupe, un certain SutcIiffe. <br /> C'était un professionnel de la chose. J'ai beaucoup appris à son contact. Il y avait un problème très difficile à résoudre: <br /> la prévision des vents en altitude. On m'a dit: "Vous, un habitué des choses du ciel, un mathématicien, ne pourriez-vous pas essayer de résoudre ce problème?" <br /> Je me suis mis au travail avec Sutcliffe et nous avons fini par trouver la solution. Là-dessus, le Bomber Command, qui n'était pas satisfait du service officiel, a voulu avoir son propre service météo et a demandé à SutcIiffe de le prendre en charge. <br /> Mais, pour des raisons personnelles, celui-ci n'a pu accéder à la demande. J'ai donc été chargé de cette mission <br /> à partir de juin 1942. » <br /> <br /> C'est dans ces fonctions qu'Odon Godart participe à l'élaboration de la tactique des bombardements. Mais il est aussi très vite mis au courant de la préparation d'un débarquement. <br /> Le grand quartier général avait réuni une commission de cinq météorologues, chargés d'étudier scientifiquement une telle possibilité. Il fallait en effet pouvoir prédire des conditions atmosphériques bien précises avant de lancer la grande machine. <br /> Sous l'influence des théories un peu fantaisistes d'un de ses compatriotes, Eisenhower avait demandé que soit prédite au moins quinze jours à l'avance une période de dix jours de temps idéal. <br /> Il fallait un vent faible, peu de nuages, pas de précipitation, une bonne visibilité, une houle légère sur les côtes atlantiques de Cherbourg. <br /> «Nous étions, se souvient Odon Godart, incapables de répondre scientifiquement à cette demande. Il était même très improbable que de telles conditions pendant une aussi longue période et couvrant une telle aire géographique puissent se présenter. <br /> On tomba cependant d'accord pour essayer de faire des prévisions à 48 heures, prolongées à cinq jours, et de les comparer à la réalité. <br /> Ce qui fut fait à l'Amirauté et à l'Aviation une fois par semaine. On se rendit compte aussi que les conditions optimistes demandées n'avaient pas existé depuis vingt-cinq ans; que les prévisions à cinq jours étaient un échec et que les premiers essais de la méthode dite des analogues, c'est-à-dire de la séquence des situations dans le passé, ne paraissaient pas mieux réussir. » <br /> <br /> <strong>Par la ruse.</strong><br /> <br /> L'idée d'un débarquement ne fut pas pour autant abandonnée. <br /> Au contraire. Les Anglais, qui n'avaient pas oublié le massacre de Dieppe, réussirent à persuader les Américains et même les Soviétiques d'utiliser la ruse à la place de la force brutale et aveugle. <br /> On construirait des pontons flottants qui, amenés près des plages, serviraient de ponts et de ports artificiels. <br /> Du coup, on abandonna les conditions de beau temps. <br /> «Que du contraire, poursuit notre homme. Le temps devait être mauvais sur le continent pour empêcher l'aviation allemande d'opérer facilement, mais suffisamment clair pour débarquer à marée basse peu avant le lever du soleil et y repérer les obstacles mis en place par les Allemands. <br /> Les côtes devaient être en outre suffisamment dégagées de nuages bas pour permettre le parachutage de troupes aéroportées et, par la suite, des bombardements. Ce qui ne facilitait pas la tâche des météorologistes. En ce qui concerne les conditions de marée, ce choix se limitait à quelques jours par mois. » <br /> Un jugement clair et capital <br /> Et de poursuivre: «Je n'appris que le 31 mai l'aire exacte du débarquement. Il nous parut que le front froid d'une dépression suivie d'un anticyclone mobile, allant d'ouest en est, passerait le 5 juin, les conditions de marée et de houle paraissant favorables pour cette région protégée par la péninsule de Cherbourg. Mais notre manque d'informations de l'Atlantique rendait incertain le moment de l'éclaircie attendue sur la côte de Normandie. <br /> L'examen de la carte du 3 juin à 18 heures rendit douteux que les conditions fussent remplies pour le 5 au matin. <br /> Une observation de bateau sur l'Atlantique montrait l'existence d'une vague sur le front froid et, probablement, la formation d'une dépression secondaire. <br /> Il était donc clair que le front froid ne passerait pas l'aire du débarquement le 5 au matin et que l'éclaircie attendue n'aurait pas lieu. <br /> Les météorologistes consultés hésitaient à postposer. Certains parlèrent même de reculer l'opération de quinze jours ... » <br /> <br /> C'est alors qu'Odon Godart reçut un coup de téléphone de l'Air Chief Marshall Tedder, l'adjoint d'Eisenhower, lui demandant de s'exprimer en termes clairs sur le débarquement. <br /> «J'ai répondu très exactement: l'aviation ne pourra pas opérer à basse altitude la journée du 5 juin mais bien toute la journée du 6 juin, à partir de 5 heures. Les aérodromes allemands resteront, eux, difficilement utilisables. <br /> <br /> Il paraît que la clarté de ma réponse est à la base de la décision d'Eisenhower de postposer le débarquement du 5 au 6 juin. J'ai eu beaucoup de chance. Mes prévisions étaient correctes ... » <br /> <br /> L'opération Overlord fut une réussite. Même les Allemands l'ont reconnu. «J'ai rencontré après la guerre des météorologistes allemands qui effectuaient des prévisions sur l'occurrence d'un débarquement, explique Odon Godart. Ils avaient émis un avis totalement négatif pour cette période-là. <br /> On doit dire, à leur décharge, que les Allemands croyaient qu'on débarquerait plus au Nord, sur la Côte belge. » </p><br /> <br /> <p style="text-align:center"><img src="https://www.freebelgians.be/upload/odongodart.jpg" alt="" class="valign_" /></p><br /> <br /> <p style="text-align:right">P. Vandenbroucke</p><br /> <br /> Source bibliographique :<br /> Ouvrage de Yves Vander Cruysen ‘’Récits de guerre en Brabant Wallon’’<br /> Sources Internet :<br /> <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Odon_Godart">http://fr.wikipedia.org/wiki/Odon_Godart</a><br /> <a href="http://www.lesamisdebousval.be/histoire/odon_godart.php">http://www.lesamisdebousval.be/histoire/odon_godart.php</a><br /> <a href="http://www.sonuma.be/archive/odon-godart-m%C3%A9t%C3%A9o-bomber-command">http://www.sonuma.be/archive/odon-godart-m%C3%A9t%C3%A9o-bomber-command</a><br /> <a href="http://www.lavenir.net/article/detail.aspx?articleid=DMF20140314_00448319">http://www.lavenir.net/article/detail.aspx?articleid=DMF20140314_00448319</a><br /> <br /> Source iconographique :<br /> Ouvrage précité.<br /> <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Odon_Godart#mediaviewer/File:Odon2.JPG">http://fr.wikipedia.org/wiki/Odon_Godart#mediaviewer/File:Odon2.JPG</a><br /> <a href="http://www.lesamisdebousval.be/images/actualites/odonGodart.JPG">http://www.lesamisdebousval.be/images/actualites/odonGodart.JPG</a><br /> <a href="http://www.lavenir.net/article/detail.aspx?articleid=DMF20140314_00448319">http://www.lavenir.net/article/detail.aspx?articleid=DMF20140314_00448319</a> Tue, 11 Nov 2014 23:16:53 +0100 CESAR VANHERREWEGHEN - CE HEROS DE L'OMBRE https://www.freebelgians.be/articles/articles-4-108+cesar-vanherreweghen-ce-heros-de-l-ombre.php https://www.freebelgians.be/articles/articles-4-108+cesar-vanherreweghen-ce-heros-de-l-ombre.php Ils étaient quatre jeunes gens du village de Labliau (Près d'Enghien en Belgique) à avoir reçu leur convocation pour le service du travail obligatoire en Allemagne (STO). César ne se sentait pas du tout l'âme d'aller collaborer obligatoirement avec l'occupant. <br /> De plus, voyant les avions alliés survoler le territoire belge pour aller bombarder les usines où les jeunes STO travaillaient, il fit tout pour se dérober. Il arriva, à vélo, avec ses parents et sa convocation à la gare de Soignies. Le mépris de l'occupant et l'idée de quitter sa région natale le poussèrent à fuir en se faufilant parmi la file des parents venus dire au revoir à leurs enfants. <br /> Jusqu'à la nuit, il se cacha dans le bois d'Enghien (Belgique). Il rejoignit la maison familiale mais était sensé être parti pour l'Allemagne. Il dut donc se cacher le jour dans la maison et dormir la nuit dans les champs ou dans un chariot de paille avec la crainte de voir surgir l'occupant et ses chiens. <br /> Son père entretenait le jardin d'un professeur de Labliau. Celui-ci demanda des nouvelles de son fils et finalement le père lui dit qu'il se cachait dans la région. <br /> Le professeur était chef de l'Armée Blanche (Armée Secrète). Il fit comprendre le danger pour César d'être capturé et d'être envoyé directement dans un camp de concentration. Et c'est ainsi qu'il rentra au refuge Tarin de Saint Marcoult. <br /> Un officier chirurgien allemand fut tué à l'arme blanche à Labliau par un résistant venu d'un autre secteur et inconnu dans la région. Les représailles risquèrent d'être lourdes car plusieurs innocents se sont retrouvés face au mur pour être fusillés. Parmi eux, le père de César. Grâce à ses connaissances de la langue germanique il pu négocier la libération des otages. <br /> Au début de 1944, il assista aux premiers parachutages de matériel pour la résistance. Son rôle était de vider les containers et de charger leur contenu sur des chariots. Toutes les armes et les munitions étaient cachées dans la ferme où il était réfugié. Il vécu passivement ces moments intenses. Ses supérieurs ne voulaient pas qu'il prenne part aux interventions armées vu son jeune âge (il avait 18 ans). <br /> Avec ses compagnons d'arme, il garda plus de 1700 Allemands prisonniers dans le parc d'Enghien (Belgique). La grande majorité était docile et contents que la guerre soit finie pour eux. Quelques gradés SS tentèrent en vain de motiver leurs troupes en vue d'une insurrection. <br /> Le 10 septembre, les résistants formèrent une colonne mobile. <br /> A bord de camions réquisitionnés, ils allèrent jusqu'en Allemagne, à Andler, Tresback et Fichbach à 600m des limites de la ligne Siegfried. Ils se retrouvèrent entre les feux croisés allemands et américains. La situation ne pouvait guère durer. <br /> Encore revêtus de leur salopette blanche de l'Armée Secrète, ils passaient aux yeux des Allemands pour des terroristes. Les alliés leur ont confisqué leur équipement et leur ont donné une instruction de quelques semaines à Vielsalm, avant d'être démobilisés et renvoyés chez eux. <br /> La guerre n'était pas terminée et César, suivant les conseils de son ancien professeur, s'engagea le 20 octobre dans l'armée américaine.<br /> <br /> <p style="text-align:center"><img src="https://www.freebelgians.be/upload/cesar1.jpg" alt="" class="valign_" /></p><br /> <p style="text-align:center">César en uniforme du 16° Bataillon de Fusiliers Belges.</p><br /> <br /> Le 18 janvier 1945, il suivit une instruction de six semaines à Bon-Secours (près de Péruwelz). <br /> Il a combattu avec la première et la troisième armée américaine dans le 16°bataillon de Fusiliers belges - 5 compagnie, qui devint par la suite le "Bataillon Fantôme", car on ne savait jamais où il se trouvait. <br /> Leur mission principale était le nettoyage des bois et faire prisonnier les survivants. Cette mission était particulièrement périlleuse car tous les Allemands ne se rendaient pas volontairement et les SS résistèrent jusqu'au dernier. César échappa à la mort grâce à un cerf qui reçu la balle qui lui était destinée. L'animal s'était interposé entre un dernier groupe de fanatiques et les volontaires belges. <br /> <br /> Le 14 mars 1945, la compagnie de César arriva au pont de Remagen sur le Rhin. Le pont n'avait pas encore sauté et leur mission était, avec les Américains, de le tenir intact. Ils avaient repéré les charges et devaient veiller à ce qu'elles n'explosent pas. Une partie des charges sauta malgré tout mais le pont resta debout et permit pendant plusieurs jours le passage des troupes alliées vers Berlin. Déstructuré et surchargé, il s'effondra le 17 mars entraînant avec lui une dizaine de chars et leurs occupants. <br /> Le Génie américain réagit très vite et en quatre à cinq heures construisit un pont flottant. La 5°compagnie embarqua dans des camions et traversa ainsi le Rhin.<br /> <br /> <p style="text-align:center"><img src="https://www.freebelgians.be/upload/cesar2.jpg" alt="" class="valign_" /></p><br /> <p style="text-align:center">Le pont de Remagen avant son effondrement</p><br /> <br /> Le 10 avril, ils arrivèrent dans la ville de Kahla. Leur officier leur signala un camp de concentration. Ils ne savaient pas ce que c'était et s'imaginaient que c'était un camp de main d'œuvre. César, avec ses six compagnons volontaires, répondit présent pour une mission de libération du camp. <br /> Il fallait attendre les ordres de monter dans un camion et de se diriger vers le camp. <br /> Dans un silence absolu, ils arrivèrent 2 kilomètres plus loin aux abords des barbelés. En file indienne, ils se rapprochèrent à pas de loups des baraquements. Ils aperçurent, grâce au clair de lune, des ombres lugubres revêtues de vêtements lignés, mais aucune trace de sentinelle. <br /> Pendant plus d'une heure, ils contournèrent le camp en observant le moindre détail. Ils tombèrent sur l'entrée qui était un bâtiment massif et un moulin à eau. Le caporal décida d'investir les lieux en donnant des ordres bien précis en cas de tirs ennemis. A leur grande stupéfaction le bâtiment était vide. <br /> Ils organisèrent un rôle de garde en prévision d'un retour éventuel d'une sentinelle. César se porta volontaire de 2 à 6 heures du matin. Dans une profonde anxiété, il épia le moindre mouvement autour de lui, mais le reste de la nuit fut calme. <br /> A leur plus grande stupéfaction, ils découvrirent qu'une odeur régnait sur le camp. A 8 heures, ils y pénétrèrent et découvrirent près de 350 prisonniers. <br /> Des Russes, Polonais, Belges grouillaient hagards dans le camp parmi des dépouilles mortelles. <br /> Un spectacle indescriptible s'offrit à leurs yeux. Dans les baraquements, les travailleurs obligatoires étaient livrés à eux-mêmes. Les survivants dormaient avec les morts. Les malades, atteints de la dysenterie et sous-alimentés, ne pouvaient se soulager qu'au milieu de leurs compagnons. <br /> César eu le courage et la volonté d'interroger quelques survivants et par hasard rencontra un prisonnier venant de Soignies, qui avait courtisé la sœur de sa voisine. <br /> Il apprit qu'ils travaillaient dans une ancienne fabrique de porcelaine creusée dans la montagne et qui maintenant recelait une usine de Messerschmitt 262 à réaction.<br /> Ils réquisitionnèrent du pain et du beurre dans une ferme pour nourrir les malheureux. Mais ils restèrent encore trois jours sans nourriture. Pour finir les Américains prirent possession du camp et gérèrent le sauvetage des victimes. Le Bourgmestre de Kahla fut obligé d'aider la population de sa commune à enterrer les morts au village. <br /> L'usine d'aviation avait été sabotée et le tunnel d'accès était en feu. Toutes les archives brûlaient. L'infrastructure extérieure était restée intacte. <br /> Les rondes de surveillance continuaient et un soir, César vit le trait d'une lampe traverser le chemin de ronde. Après les semonces réglementaires, il fit feu avec sa Thompson et toucha un soldat russe aux fesses. Obéissant aux ordres, il avait fait son devoir, mais toucha un soldat allié. Il se rendit à son chevet et fut navré de la situation, lui serra la main et lui souhaita bonne chance. <br /> La guerre se termina par la capitulation de l'Allemagne et sa compagnie se retrouva près de la frontière autrichienne, au village de Linz. Ils profitèrent du repos du guerrier et purent apprécier un logement confortable. <br /> Ils furent démobilisés le 21 décembre 1945. <br /> <br /> <strong>Sources: Propos recueillis par Jean Frings en octobre 2003 pour la seconde édition de l’ouvrage "Rebecq Souviens-Toi 1940-1945" (édité par l’Asbl Rebecq Historical Association en septembre 2006)</strong> Wed, 11 Dec 2013 16:53:57 +0100 Léon Beckers, un Belge derrière les lignes allemandes https://www.freebelgians.be/articles/articles-4-103+l-on-beckers-un-belge-derri-re-les-lignes-allemandes.php https://www.freebelgians.be/articles/articles-4-103+l-on-beckers-un-belge-derri-re-les-lignes-allemandes.php <p style="text-align:center"><strong><span style="text-decoration: underline;">Léon Beckers, un Belge derrière les lignes allemandes</span></strong></p><br /> <br /> <strong><span style="text-decoration: underline;">Introduction.</span> </strong><br /> <p style="text-align:justify">Copie d’une lettre d’un agent de renseignement belge, écrite au préalable d’une mission qu’il conduira fin 1944 en Allemagne nazie. <br /> Ce document historique est non seulement poignant, il offre la pleine valeur des mots "don de soi et sacrifice". <br /> Je vous invite à en prendre connaissance et à en méditer chaque phrase. <br /> <br /> François Beckers, trouvera bien des années après le décès de son papa une lettre manuscrite de ce dernier. <br /> <br /> C’est le testament de Léon Beckers que nous allons découvrir. Agent de renseignement belge, chef de secteur au sein du Réseau Tégal. <br /> A l’instar des autres réseaux de renseignement, Tegal sera désactivé peu avant l’offensive des Ardennes. Erreur de stratégie et de vision.<br /> <br /> Fin décembre 1944, sous le couvert de l’Intelligence Service, Léon Beckers s’apprêta à conduire une mission en Allemagne nazie, <br /> loin dans la profondeur du dispositif ennemi. Les chances de revenir d’une telle mission étaient minces, la capture signifiait les pires tortures, <br /> avec pour seule porte de sortie le peloton d’exécution, lorsque ce n’était pas la décapitation. <br /> Léon Beckers et les deux agents qui l’accompagnèrent dans cette mission périlleuse passeront néanmoins à travers les mailles du filet <br /> et rentreront sains et saufs au pays. <br /> <br /> Un patriote, dans tous les sens du terme, s’en ira le 31 mars 1979. Il est bien un de ceux qui méritent de la Nation. <br /> Et si nous savourons aujourd'hui – en toute inconscience d’ailleurs - tout le confort de la Paix et de la Liberté; <br /> l’engagement de Léon Beckers et de ces belges qui dans l’ombre se levèrent contre l’oppresseur, n’y est pas étranger. <br /> <strong>Ne l’oublions pas.</strong><br /> <br /> Je termine en remerciant François ainsi ses frères et sœurs, qui ont bien voulu porter ce témoignage à la mémoire collective. <br /> Il faut préciser que son papa, réservait ses mémoires à sa femme, ses 8 enfants et quelques amis proches…. <br /> Il n’avait jamais émis l’intention de les diffuser. </p><br /> <br /> <p style="text-align:justify"><strong><span style="text-decoration: underline;">Présentation de Léon Beckers.</span></strong> <br /> <br /> L’auteur de cette missive effectuait en 1939 son service militaire au fort de Barchon, un des bastions défensifs de la ceinture de Liège. <br /> Il était affecté à une des trois coupoles garnies de canons de 105mm. <br /> La résistance de ce fort fut acharnée, elle dura neuf jours durant lesquels 11.000 obus furent tirés par ses défenseurs. <br /> L’assaut final qui était appuyé par l’artillerie et l’aviation fut mené par pas moins de 1.500 soldats allemands. <br /> Écrasés par les bombes et submergés par les troupes d’assaut, qui eurent recours à des lance-flammes pour neutraliser les positions de tir, <br /> les défenseurs du fort de Barchon furent faits prisonniers le 18 mai 1940.<br /> Léon Beckers connu la déportation, il sera ballotté dans plusieurs camps de travail et de concentration, dont Rawa Ruska. <br /> Mais sa soif de la liberté était plus forte que la peur du courroux de l’ennemi, il tentera de s’évader à plusieurs reprises. <br /> La septième tentative d’évasion sera la bonne et c’est le 11 novembre 1943 qu’il rejoindra enfin Liège. <br /> Moins de six mois après avoir retrouvé les siens, il intègre la section du Réseau Tégal active sur la Plateau de Herve. <br /> Il y opérera sous le pseudonyme de « Daniel » et dirigera un secteur opérationnel. <br /> Fin septembre 44, il est intégré dans le Comité d’Etat-major de l’Intelligence Service au côté du Colonel Wellington, <br /> M. Lepage (Sureté de l’Etat), M. Haumann, M. Dawan, M Cherette, M. Steingnart , M. Dewez, M. Lombard et des Abbés Wilmotte et Demolin.</p><br /> <br /> <img src="https://www.freebelgians.be/upload/beckers_photo_1.jpg" alt="" class="valign_" /><br /> <p style="text-align:center"><strong>Léon Beckers</strong></p><br /> <br /> <p style="text-align:justify"><strong><span style="text-decoration: underline;">Retranscription de la lettre de Léon Beckers à sa fiancée (elle est datée du 16 décembre 1944).</span></strong><br /> <br /> Mon très cher petit loup,<br /> C’est à mon tour aujourd'hui de t’écrire, d’une façon un peu tragique. <br /> Tout d’abord, je m’excuse de ce qui arrive, ce n’est pas de ma faute … que tous les chefs (responsables) auront leur tour, <br /> d’ailleurs, je ne suis pas le premier.<br /> Voici ce qu’il y a<br /> La nuit du 18 au 19 décembre, j’ai dû partir pour l’Allemagne, c.à.d. derrière les lignes. <br /> Je ne suis pas volontaire, loin de là. Il se peut, si je n’avais pas aimé que je serais déjà parti. Mais !!!<br /> J’espère que tu croiras toujours en mon amour, j’en suis persuadé d’ailleurs.<br /> Tu sais que je t’aime, je sais que je te causerai beaucoup de chagrin si la destinée voulait que tu lises cette lettre, <br /> car à ce moment, ton brave petit Léon n’existerait plus, peut-être aurais-je été fusillé par ces boches comme quatre de mes amis.<br /> On nous disait qu’ils avaient été enlevés, seulement il n’en était pas question, ils auraient été posés derrière les lignes et n’en étaient pas revenus.<br /> Ils sont morts en héros, je le suis également, sois fier de moi. Je suis près du bon Dieu et te vois déjà à cette heure où tu me lis.<br /> Mon petit Loup, ne gâche pas ta vie je t’en prie. Tu ne m’oublieras jamais, je le sais, mais ce n’est pas la cause de rester seule. <br /> Moi je serai heureux de te voir heureuse ici-bas. Tu as besoin de beaucoup d’affection et de fonder un foyer. <br /> J’aurais voulu être le père de tes enfants, mais Dieu a préféré autrement, toi qui est si chrétienne, tu comprendras et tu dois le comprendre.<br /> Remercie beaucoup ton père qui a été si gentil pour moi, et ta maman qui était la mienne aussi, j’étais heureux chez toi car en plus de ton grand amour, <br /> je ressentais un amour maternel également, il y avait déjà si longtemps que je n’avais plus eu l’affection d’une maman.<br /> Embrasse bien tante Lisette, ta sœur Renée, Paul, le fameux Riquet et le brave Jules<br /> Je te quitte et te dis adieu… mais ce n’est qu’un au revoir <br /> Reçois les tendres baisers de ton très cher.</p><br /> <br /> <img src="https://www.freebelgians.be/upload/beckers_photo_2.jpg" alt="" class="valign_" /><br /> <br /> <p style="text-align:justify"><strong><span style="text-decoration: underline;">Récit de la mission en Allemagne nazie (que l'auteur désigne pour être le pays des boches, "la Bochie"...)</span></strong><br /> <br /> Décembre 44…<br /> <br /> Les alliés s’organisent pour la campagne d’hiver; on s’aperçoit nettement qu’ils veulent forcer le front à l’ouest d’Aix (la Chapelle).<br /> En tant que chef de secteur, je reçois l’ordre de poster des lignes de front, actuellement situées le long de la rivière « ROER » <br /> et de prendre connaissance de l’effectif armement-disposition de l’armée allemande, défensive et agressive; <br /> je dois partir le 19 décembre accompagné d’un agent et d’un télégraphiste. <br /> Ce dernier m’est présenté d’office; quant à l’agent, je choisis mon collaborateur.<br /> <br /> Je dois pour la première fois me rendre en bochie, pays inconnu, traverser la ligne et y rester environ 5 jours.<br /> Le 18 décembre, je mets mon oncle au courant qui lui seul est au courant de mes activités. <br /> Éventuellement, si la destinée voulait que je ne revienne pas, mon père aurait été averti par lui. <br /> Le soir même, je me rends à Verviers, chez ma fiancée et raconte simplement à mon beau père que je dois traverser les lignes du front dès le lendemain soir; <br /> en même temps, je lui remettais une lettre pour ma fiancée au cas où je ne serais plus revenu…<br /> <br /> Nous nous réunissons dans les bureaux de la CIC à Liège (CIC, Bureau de contre-espionnage américain) où nous nous déguisons <br /> tous les trois en soldat allemands et portant le brassard des infirmiers. <br /> Le revolver à la ceinture, nous prenons place dans une jeep-car d’officier et nous partons vers l’est. <br /> Nous traversons Verviers, puis la frontière; tout le long du chemin, nous continuons notre exercice de langue allemande surtout dans les mots médicaux, <br /> et, enfin, nous apercevons des dépôts de munitions, des tranchées et des garnisons ; le front n’est plus éloigné. <br /> L’acheminement se fait jusqu'aux premières lignes où nous attendent déjà les quelques hommes, deux pelotons spécialisés dans les passages d’hommes.<br /> Le passage doit s’effectuer, si tout réussi, dans une demi-heure. <br /> Quelques renseignements nous sont encore donnés par le Colonel américain au sujet des rapports de missions effectuées et que nous transmettrons <br /> par morse au petit avion « coucou ».<br /> C’est celui-ci également qui nous remettra les ordres par la suite. <br /> Nous recevons en même temps les noms et adresses des allemands qui sont disposés à nous héberger en cas de danger.<br /> C’est bien la première fois que je pars l’esprit soucieux et cependant il faut aller jusqu'au bout.<br /> <br /> Le moment est venu, nous passons la rivière, peu large d’ailleurs ; deux groupes d’hommes attendent, l’un à gauche, l’autre à droite, pour passer à l’attaque tactique.<br /> Le signal est donné !!! Les soldats s’engagent et gagnent du terrain ; l’ennemi riposte, les nôtres redoublent d’ardeur dans leurs tirs <br /> qui s’acharnent de plus en plus ; nous en profitons pour avancer également en rampant. <br /> Les nazis peu satisfaits, intensifient leurs contre-offensives et s’élancent à l’assaut. <br /> Sur ce, les Américains se replient et nous, nous faisons le mort, endossant les coups de pieds des soldats allemands qui courent dans l’obscurité. <br /> Nous nous redressons lentement et nous constatons avoir réussi le passage du front de position.<br /> <br /> Mon premier travail est de rechercher un endroit à l’arrière du front afin d’y placer mon technicien. <br /> Un abri abandonné servira de poste d’observation et de ralliement; ensuite, je m’oriente et me situe des limites pour ne pas m’égarer.<br /> A l’aube, Louis va de son côté, moi je prends une autre direction, tandis que le troisième sera la sentinelle de notre home. <br /> Toute la journée, je prends connaissance du terrain et constate que le calme règne dans la troupe. <br /> Je m’enhardis de plus en plus du fait que l’on ne remarque même pas ma présence; les soldats trouvant tout naturel que je recherche, <br /> soi-disant, les blessés et les malades. Je suis tout à mon aise pour remplir ma mission et cela activera celle-ci.<br /> La nuit venue, le Coucou lance son appel et aussitôt, je transmets mon rapport et mes ordres; ensuite, je reçois les siens.<br /> <br /> La cinquième nuit, le 23 décembre 1944, le Coucou nous fait savoir que notre mission est terminée et que nous devons nous rendre directement à l’endroit du passage. Malheureusement, la chose n’est plus aussi facile; au moment où les allemands doivent contre-attaquer, moment propice pour nous, <br /> ceux-ci réalisent une réaction différente et nous nous trouvons bloqués sur le sol ennemi.<br /> Ne perdons pas de temps; nous rejoignons notre abri et discutons des possibilités de regagner le front allié.<br /> Une idée !!!<br /> <br /> Je savais que la ville de Düren était en grande partie libérée, la région ouest de la Roer, et je me trouvais à environ 10 km de cet endroit.<br /> Je décide de partir le premier et d’attendre Louis à l’entrée de la ville, le long de la rivière, et ensuite notre ami n°3. <br /> Louis arrive un quart d’heure après moi, comme prévu, quant au technicien, il n’était pas encore arrivé une heure après. <br /> Il fallait en conclure qu’il avait eu des difficultés et devait se cacher, ou bien était-il mort ?<br /> Louis avait reçu une balle dans la cuisse mais eut le courage de marcher. <br /> Nous traversons les ruines de la ville tant bien que mal, sautant les haies et les murs écroulés. <br /> A l’aube, j’aperçois des soldats américains sur l’autre rive à une vingtaine de mètres.<br /> <br /> Notre idée est de se constituer prisonnier et de faire appel au Colonel. <br /> Nous arrivons enfin à être captif, mais ce n’est pas tout rose; les Américains ne veulent rien entendre. <br /> Je leur dis que nous sommes belges et eux de s’exclamer « Soldat de Degrelle-Rex-Boches », nous recevons des coups et des injures à n’en plus finir.<br /> Enfin, un chef arrive et je lui demande s’il connait le Colonel X, il nous regarde d’un air étonné et nous prie de le suivre.<br /> L’expédition était terminée</p>…<br /> <br /> <img src="https://www.freebelgians.be/upload/beckers_photo_3_a41d6.jpg" alt="" class="valign_" /><br /> <p style="text-align:center"><strong>Les médailles de Léon Beckers.</strong></p><br /> <br /> <em>"Il n'y a pas de chemin trop long pour celui qui sait où il va"</em><br /> Proverbe africain.<br /> <br /> <span style="text-decoration: underline;">Note de M.R.Debelle</span>:<br /> <br /> Selon moi cette mission aurait été conduite sous les auspices du S.I.S (Secret Intelligence Service connu également sous le nom de MI6)<br /> <br /> <span style="text-decoration: underline;">Note de M. F.Beckers </span>:<br /> L’entièreté des mémoires de Léon Beckers sont accessibles au CEGESOMA ainsi qu'aux Territoires de la Mémoire de Liège.<br /> <br /> <strong>Source : texte et photos reçu de M. R.Debelle et publié avec l’aimable autorisation de François Beckers (fils de Léon Beckers) et de la famille.</strong> Sun, 01 Sep 2013 11:07:46 +0200 La vie du Collège St. Augustin 1943-1944-1945 https://www.freebelgians.be/articles/articles-4-95+la-vie-du-coll-ge-st-augustin-1943-1944-1945.php https://www.freebelgians.be/articles/articles-4-95+la-vie-du-coll-ge-st-augustin-1943-1944-1945.php <p style="text-align:center">Bonjour fidèles lectrices et lecteurs,</p><br /> <br /> Je vous livre ci-dessous – avec l’aimable autorisation des archives du Collège St. Augustin de la ville d’Enghien (Belgique) et de M. Jacques Desmont – 11 pages extraites de la revue ‘’Heri et Hodie’’.<br /> Les 8 premières pages sont consacrées à la vie du Collège durant les années 1943, 1944 et 1945, les 3 suivantes sont dédiées au départ à la retraite de M.Joseph DESMONT dont vous avez pu - ou aller pouvoir - lire le récit ici :<br /> <a href="https://www.freebelgians.be/articles/articles-4-81+carnet-de-m-joseph-desmont.php">http://www.freebelgians.be/articles/articles-4-81+carnet-de-m-joseph-desmont.php</a><br /> Grand merci à l’archiviste du Collège et à M. Jacques DESMONT (fils de Joseph) pour leur autorisation et sans qui cette publication n’eut été possible.<br /> <p style="text-align:right">Prosper</p><br /> <br /> <p style="text-align:center"><img src="https://www.freebelgians.be/upload/college1.jpg" alt="" class="valign_" /></p><br /> <p style="text-align:center"><img src="https://www.freebelgians.be/upload/college2.jpg" alt="" class="valign_" /></p><br /> <p style="text-align:center"><img src="https://www.freebelgians.be/upload/college3.jpg" alt="" class="valign_" /></p><br /> <p style="text-align:center"><img src="https://www.freebelgians.be/upload/college4.jpg" alt="" class="valign_" /></p><br /> <p style="text-align:center"><img src="https://www.freebelgians.be/upload/college5.jpg" alt="" class="valign_" /></p><br /> <p style="text-align:center"><img src="https://www.freebelgians.be/upload/college6.jpg" alt="" class="valign_" /></p><br /> <p style="text-align:center"><img src="https://www.freebelgians.be/upload/college7.jpg" alt="" class="valign_" /></p><br /> <p style="text-align:center"><img src="https://www.freebelgians.be/upload/college8.jpg" alt="" class="valign_" /></p><br /> <p style="text-align:center">*********************</p><br /> <p style="text-align:center"><img src="https://www.freebelgians.be/upload/college9.jpg" alt="" class="valign_" /></p><br /> <p style="text-align:center"><img src="https://www.freebelgians.be/upload/college10.jpg" alt="" class="valign_" /></p><br /> <p style="text-align:center"><img src="https://www.freebelgians.be/upload/college11.jpg" alt="" class="valign_" /></p> Sat, 12 Jan 2013 11:12:26 +0100