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Rss Deux jeunes femmes au même destin
Marguerite Bervoets



Marguerite Bervoets est née à La Louvière (Belgique), 6 mars 1914
Enseignante et poète, diplômée de philosophie et lettres, Marguerite Bervoets vit à Tournai et enseigne à l’école normale de Tournai lors de l'invasion allemande de 1940. Elle fait paraître dès 1941 un hebdomadaire clandestin, « La Délivrance ».
Elle intègre un mouvement de résistance armée, le Groupe des cinq clochers, et prend part à des actions de renseignement et d'exfiltration de pilotes alliés.
Le 8 août 1942, Marguerite Bervoets et Cécile Detournay, qui font alors partie de la Légion belge, se rendent aux abords du champ d'aviation de Chièvres dans le but de photographier des batteries antiaériennes récemment installées. Les deux jeunes filles emportent un sac à provisions et un appareil photographique.
Elles gagnent les abords du terrain et commencent à prendre des clichés. Une sentinelle allemande les surprend et les conduit devant un officier.
Les jeunes filles, montrant leur sac, lui disent qu'elles se rendent à une ferme voisine pour se ravitailler et affirment qu'elles voulaient juste faire quelques photos du paysage pour terminer leurs pellicules. Malheureusement, le lieutenant allemand ordonne une enquête. Une femme, témoin à charge, conduira à l'inculpation de Marguerite Bervoets et de ses principaux dirigeants. Au domicile de Marguerite, on découvre quelques armes. La jeune fille avait, semble-t-il, pressenti son destin. Au lycée, elle citait souvent cette phrase de Maeterlinck : « Il est beau de savoir se sacrifier lorsque le sacrifice apporte le bonheur aux autres hommes ».
Après quelques mois d'incarcération à la prison hitlérienne de Mons, Marguerite Bervoets et Cécile Detournay sont déportées en Allemagne pour y être jugées par le Volksgericht de Leer(Saxe). Marguerite est condamnée à mort; Cécile à huit années de travaux forcés



Sa lettre d'adieu
"Mon amie,
Je vous ai élue entre toutes, pour recueillir mes dernières volontés. Je sais en effet que vous m'aimez assez pour les faire respecter de tous. On, vous dira que je suis morte inutilement, bêtement, en exaltée. Ce sera la vérité… historique. Il y en aura une autre. J'ai péri pour attester que l'on peut à la fois aimer follement la vie et consentir à une mort nécessaire.
À vous incombera la tâche d'adoucir la douleur de ma mère. Dites-lui que je suis tombée pour que le ciel de Belgique soit plus pur, pour que ceux qui me suivent, puissent vivre libres comme je l'ai tant voulu moi-même; que je ne regrette rien malgré tout. À l'heure où je vous écris, j'attends calmement les ordres qui me seront donnés. Que seront-ils? Je ne le sais pas et c'est pourquoi je vous écris l'adieu que ma mort doit vous livrer. C'est à des êtres tels que vous qu'elle est tout entière dédiée, à des êtres qui pourront renaître et réédifier. Et je songe à vos enfants qui seront libres demain. Adieu
."

Cette lettre a été écrite le 13 novembre 1941 à son amie Madame Balasse de Guide, sa biographe.
Il s'agit d'une sorte de testament « à n'ouvrir qu'à l'annonce de ma mort » comme en firent tous ceux qui menaient la lutte contre la barbarie, sachant que la mort pouvait frapper à tout moment.




Manuscrit partiel de sa lettre



En 1932, dans un poème intitulé Chromatismes, elle écrivait: « Je mourrai seul, sans bruit, à la chute d'un soir »4
Détenue à la prison nazie de Wolfenbüttel, Marguerite Bervoets est jugée le 26 mars 1944 et condamnée à mort. Elle est décapitée à la hache le 7 août 1944 à 19 heures presque en même temps qu'une autre figure de la Résistance belge : Fernande Volral.
Cécile Detournay sera libérée par les troupes américaines le 29 avril 1945.
Les chefs directs de Marguerite et de Cécile, Henri Deneubourg et Edouard Sourdeau, également arrêtés en août 1942, furent aussi guillotinés à la prison de Wolfenbüttel le 1er juin 1944.



Fernande Volral



Fernande Volral nait à Champigneulles près de Nancy, le 7 octobre 1920. Dans les années 1930, la famille part s'installer à Charleroi. Le 27 avril 1940, elle se marie à Jette, le couple s'y installe Elle exerce alors la profession de modiste. En 1941, elle rencontre Raoul Baligand, le commandant national des Partisans armés qui lui confie des tâches d'agent de liaison. En 1942, elle fait partie du groupe dit du 10 de la rue de la perle de Molenbeek-Saint-Jean rattaché au Front de l'indépendance. Fin 1942, elle dirige d'audacieux sabotages
Le 23 février 1943, sur dénonciation, elle est arrêtée à son domicile.
Armée, elle tente de s'échapper et blesse l'un des deux policiers allemands venus l'appréhender. Elle est emmenée à la prison de Saint-Gilles.





Le 11 septembre 1943, elle est déportée en Allemagne pour être détenue à la prison de Leer en attendant son jugement par le Volksgericht. Elle sera jugée le 26 mars 1944, le même jour que Marguerite Bervoets. Les deux femmes à dater de ce jour partageront le même destin. Condamnées à mort, elles sont transférées à Wolfenbüttel. Elles y seront décapitées à la hache le 7 août 1944.



Sources:
http://politiekencultuur.blogspot.be/2010/08/7-august-1944-hinrichtung-von.html
http://www.larevuetoudi.org/fr/story/lettre-dadieu-de-marguerite-bervoets
http://fr.wikipedia.org/wiki/Marguerite_Bervoets
http://fr.wikipedia.org/wiki/Prison_de_Saint-Gilles_(Bruxelles)
http://fr.wikipedia.org/wiki/Fernande_Volral
 
 
Note: 5
(3 notes)
Ecrit par: prosper, Le: 05/08/14


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