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Rss Le Front de l’Indépendance et les Partisans Armés (Parmi tant d’autres mouvements)

Le 28 mai, 18 jours après l'entrée des troupes allemandes sur le territoire, la Belgique se rend au rouleau nazi. La résistance s'organise très vite. Une collaboration de différentes tendances politiques en Belgique, avec un rôle important pour les communistes. En juillet 1940, les ouvriers communistes lancent l'initiative de créer des comités de combat syndicaux (CCS) dans le secteur métallurgique liégeois, comme à Ougrée-Marihaye. Leur objectif: réorganiser clandestinement la défense des travailleurs et distribuer de petits journaux résilients. Le communiste Louis Neuray va encore plus loin: en tant que chef délégué de l'usine ACEC (Ateliers de Constructions Électriques de Charleroi) à Herstal, il organise une grève pour une augmentation de salaire en décembre 1940, peu avant son arrestation. La militante communiste Suzanne Grégoire mène une manifestation contre la pénurie à Liège le 18 avril 1941. Partout dans le pays, des textiles de Gand aux mines du Borinage, le nombre de grèves augmente.
L'une des plus grandes actions de résistance de masse en Europe occidentale a lieu en Belgique en mai 1941. Plus précisément le 10 mai, pour commémorer l'invasion allemande de l'année précédente: Julien Lahaut, plus tard président du Parti communiste de Belgique ( PCB), parvient à fermer Cockerill, la grande aciérie de Seraing. L'appel s'est rapidement propagé et 100 000 travailleurs de la Sambre et de la Meuse, jusqu'au nord de la France, se sont mis en grève pendant la semaine. Une foule nombreuse se retrouve face à face à Seraing avec la police militaire allemande, prête à tirer. La ‘’grève des 100 000’’ se termine avec succès le 21 mai: une importante cargaison de pommes de terre pour la population ouvrière arrive.
En mars 1941, le Front d'Indépendance (FI) et ses partisans armés sont formés à l'initiative du PCB. C'est le premier mouvement de résistance belge, à côté de l'Armée secrète, qui se compose principalement d'officiers fidèles au gouvernement belge en exil à Londres. L'Armée secrète est mieux armée, financée, informée et appréciée tout au long de l'occupation que le Front d'indépendance.

1941: La bataille clandestine s'intensifie

Le 22 juin 1941, les nazis envahissent l'Union soviétique: opération Barbarossa.
1 800 militants de gauche belges sont arrêtés peu après et, comme Lahaut, envoyés dans des camps de concentration. La bataille clandestine devient de plus en plus difficile. Des centaines de résistants et de communistes se cachent pour échapper à la police nazie et organisent des réseaux de cachettes, des médecins, des gens qui fabriquent des papiers d'identité et des timbres alimentaires. Des groupes de résistance sont implantés dans le sud du Luxembourg, à Ourthe-Amblève et au Limbourg. Les collaborateurs sont handicapés, leurs bâtiments détruits, leurs réunions sabotées.
Une histoire bien connue est celle du faux ‘’Soir’’ Après l'invasion allemande de 1940, le journal Le Soir est dirigé par des journalistes collaborationnistes (ils appellent ce journal Le Soir volé ). D'anciens journalistes (comme le futur député du PCB Fernand Demany) et des membres du F.I. lancent l'idée de diffuser un faux ‘’Soir’’ , pour commémorer la fin de la Première Guerre mondiale 25 ans plus tôt, le 11 novembre 1943. Ce faux journal est publié distribué à 50 000 exemplaires et a acquis une réputation internationale pour l'humour avec lequel la propagande nazie est retournée contre l'ennemi.
En plus de cette action fantastique, des milliers de journaux clandestins sont secrètement distribués quotidiennement, notamment dans les usines. Les collectes de fonds aident les familles des prisonniers politiques. Les réfugiés se cachent, y compris les personnes qui s'opposent à l'emploi obligatoire en Allemagne et les réfugiés soviétiques. Ivan Mokan, un prisonnier de guerre qui a été déporté dans la mine de Limbourg à Zwartberg, peut s'échapper. Il rejoint plus tard la résistance au Pays Noir, tandis qu'Evgueni Dotsenko dirige un groupe de résistance de leurs compatriotes réfugiés dans l'arrière-pays liégeois.
En raison de ces combats quotidiens, exemplaires et féroces, la popularité des communistes belges augmente dans tout le pays. Mais aussi grâce aux victoires soviétiques sur le front de l'Est, qui donnent confiance aux peuples de tous les pays occupés, notamment lors des trois grands tournants de la guerre: la bataille de Moscou (1941), la défaite des forces allemandes devant Stalingrad (1942) et Koursk (1943).




Camille Hans (F.I.)



Un large front antifasciste

Parmi les résistants, de nombreuses femmes assument des tâches de leadership, comme Lucienne Bouffioux, Yvonne Ledoux, Yvonne Paradis ou Marcelle Leroy. D'autres, comme Fanny Beznos-Jacquemotte et Buntea Crupnic-Smesman, ont déjà dû faire face à l'exil avant la guerre. C'est également le cas pour Ignace Lapiower et Andor Béreï. Ce sont des Juifs, des Hongrois, des Roumains ou des Polonais, mais ils n'hésitent pas à œuvrer pour l'indépendance de la Belgique et la victoire sur le fascisme.
La résistance a eu beaucoup de succès dans toute la Belgique. Louis van Brussel et son corps de Louvain sont sans aucun doute l'un des groupes de résistance les plus efficaces, en raison de leurs actions de sabotage sur les chemins de fer. Le 30 juillet 1943, ils éliminent toute une entreprise allemande en déraillant un train sur la ligne Louvain-Ottignies à Oud-Heverlee. Un général, deux colonels, 20 officiers et 285 soldats allemands sont tués

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Louis Van Brussel



Entre 1942 et 1944, la résistance communiste flamande a également tué une cinquantaine de fascistes du VNV, le mouvement de collaboration flamand de Staf De Clerq, qui sème la terreur dans le Brabant. Il y a aussi beaucoup à dire sur le militantisme des dockers anversois, qui accueillent des exilés politiques italiens et allemands depuis les années 1930. René Dillen, président du PCB à Anvers, est l'un des premiers prisonniers du terrible Fort de Breendonk. Il est ensuite rejoint par Jef Van Extergem, chef de l'aile flamande du PCB. Aucun d'entre eux ne reviendra des camps.
Lorsque les Britanniques ont repris le port en octobre 1944, les Britanniques feront appel aux partisans armés et les dockers n'épargneront aucune dépense ni aucun effort pour assurer l'approvisionnement du port: ‘’Nous avons déchargé les munitions pendant que les bombes tombaient sur Anvers’’, dit le docker communiste Frans Van den Branden. C'est grâce à l'action préventive de la résistance que les nazis n'ont pas saboté le port d’Anvers lors de leur retraite. Dans la résistance limbourgeoise, les cheminots et les mineurs locaux passent pour les forces les mieux entraînées du Front de l'indépendance. Dans tout le pays, les actions courageuses de milliers de travailleurs préparent la défaite de l'occupant nazi. C'est très différent de l'image que certains aiment propager d'une Flandre collaborationniste et d'une Wallonie résistante, même s'il est vrai que la résistance était plus forte du côté francophone du pays.
Source internet :
https://www.solidair.org/artikels/75-jaar-overwinning-op-het-fascisme-de-cruciale-rol-van-het-verzet
Sources bibliographiques :
https://www.levif.be/actualite/belgique/25-visages-pour-rendre-justice-a-la-resistance-belge-en-images/diaporama-normal-829567.html?cookie_check=1606817305

 
 
Note: 5
(3 notes)
Ecrit par: prosper, Le: 31/12/20


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