
Vue des domiciles des passeurs du village de plombières (Gemmenich et Moresnet)
Völkerich
La 1ère communauté d’une dizaine de frères franciscains fut installée au couvent de Völkerich en 1900. Avant ce déménagement, ceux-ci avaient résidé au monastère de Bleyerheide à Kerkrade aux Pays-Bas. L’âge de ces frères variait de 22 à 53 ans et leurs nationalités étaient diverses. Etant prévu pour y enseigner, le couvent hébergea d’abord un internat de 33 élèves, puis une école secondaire de 85 pensionnaires, ce nombre s’élevant à 120 avant la 1ère guerre mondiale. Après celle-ci, les frères s’occupèrent d’orphelins. 30 à 70 enfants y trouvèrent un toit et une atmosphère familiale. Suite à une convention avec la J.O.C. (Jeunesse Ouvrière Chrétienne), les frères hébergèrent des jeunes ouvriers malades qui étaient en convalescence. Au début de la Seconde Guerre mondiale, des civils s’installèrent au monastère. Suite au bombardement du monastère des frères franciscains d’Aix-la-Chapelle en 1942, tous les pensionnaires du couvent bombardé, c’étaient des orphelins, furent transférés à Völkerich. Völkerich était aussi un lieu d’échange avec la ‘’ Heinrichskapelle ‘’, il y eut donc un déménagement vers Henri-Chapelle, au Château de Ruyff. Le couvent de Völkerich était indépendant car les moines possédaient toutes sortes d’animaux (vaches, lapins, porcs, veaux, poules et un cheval pour le travail des champs). S’ils devaient acheter quelque chose, ils le finançaient grâce à la vente de produits agricoles. Les enfants hébergés au couvent étaient des enfants dont les parents avaient été emmenés dans des camps de concentration pour des raisons raciales, politiques, ou encore pour cause de malformations physiques donc des personnes dont les vies étaient sans valeur pour les nazis. Les juifs obligés d’aller à l’école, allaient à Gemmenich, école dirigée par un professeur nazi
Famille Aldenhoff
M.Aldenhoff et son épouse Mme Anna Löhrer cachaient généralement des enfants, en provenance d’Allemagne, souvent des juifs. Ceux-ci étaient envoyés par des couvents d’Allemagne en difficulté, ou encore quand il y avait un problème entre les passeurs. Alors, M. Aldenhoff, boulanger, cachait les enfants au-dessus du four, derrière les sacs de farine stockés à cet endroit. Et cette fois-ci encore, il n’y avait pas de noms cités, afin de garantir la sécurité des enfants. Ensuite, ces enfants allaient souvent à Völkerich
Netty Dütz
Elle naquit le 28 août 1919 dans une famille pauvre de Gemmenich. Elle grandit avec des récits de la première guerre mondiale. Depuis toujours, elle voulait ressembler à la Bruxelloise « Gabrielle Petit », héroïne nationale de la première guerre mondiale. Lors de l’invasion en 1940, elle travaillait comme domestique à Verviers. Elle regarda par la fenêtre et ne vit qu’une foule en agitation, les Verviétois fuyaient devant les Allemands. Pour fuir de même, Netty et sa sœur, qui travaillait également au même endroit, allèrent de Verviers jusqu’à Dunkerque, en France, à pied. Décidées d’aller en Angleterre, elles montèrent sur un bateau, mais dès qu’elles y furent installées, toutes les personnes civiles durent en redescendre. A peine sur la terre ferme, elles entendirent des sirènes. Les bombardiers allemands trouvaient là des proies en suffisance. Netty et sa sœur survivaient à l’attaque en se cachant. Il n’y eut plus d’autre choix que de retourner chez elles. En Belgique désormais allemande, il y avait interdiction de travailler en dehors de l’Allemagne. Netty ne put donc plus travailler à Verviers. Elle dut aller à Aix-la-Chapelle. Pour rejoindre son nouvel endroit de travail, elle enfourchait son vélo et elle passait par « Les Trois Bornes ». De là, elle devait suivre une route qui descendait vers l’Allemagne. 200-300m plus loin, se trouvait une ferme allemande, aujourd’hui disparue, où travaillaient des prisonniers français. Heureux que Netty parlait le français, ceux-ci commencèrent à bavarder. Bientôt ils lui demandèrent de leur procurer des habits civils, ce qu’elle fit. Elle amena ces prisonniers au-delà de la frontière en les mettant sur les trains à la gare de Montzen. Ceci marqua le début d’une activité de passeuse active et régulière, en tant que patriote belge. Ces passages de prisonniers se faisaient aussi avec l’aide d’autres patriotes belges. En juin 1942, elle voulut aider des prisonniers français qui rénovaient le toit de l’usine où elle travaillait. Ses actes furent observés par un Calaminois, qui la dénonça. Elle fut arrêtée sur son lieu de travail le 24 juin 1942. La Gestapo lui fit subir des tortures durant ses interrogatoires. Fin août, début septembre 1942, elle fut alors envoyée au camp de concentration pour femmes de Ravensbrück. Au camp, elle dut travailler dans un atelier de couture. L’homme qui avait dénoncé Netty, se suicida lorsqu’il apprit par la radio à Hamburg que la jeune femme avait survécu à son séjour au camp.
Père Bentivolius Marxen
Elève d’une école de frères franciscains, il reçut une éducation orientée contre les nazis. Les Frères franciscains s’inquiétaient devant le national-socialisme bien avant qu’Hitler ne prenne le pouvoir. Dès lors, il eut toujours cette motivation pour se battre contre Hitler. Etant au couvent à Aix-la-Chapelle, et ne voulant pas aller dans l’armée, il s’installa au couvent de Moresnet. Pendant la guerre, il encouragea beaucoup de citoyens. Il cacha des prisonniers dans le couvent attenant* à la chapelle de Moresnet, ou il essayait de les amener sous le toit de fermiers ou de connaissances sûres. Cependant, on ne sait pas par où il passait les fugitifs. Le 8 septembre 1944, quand les Allemands quittèrent nos terres, les Allemands d’origine, durent les suivre. La SS voulut l’obliger à retourner en Allemagne, il s’opposa à cette décision. Les soldats allemands de la SS le placèrent contre un mur du couvent afin de l’exécuter. Il réussit pourtant à s’enfuir grâce à l’aide d’une foule importante. Le jour suivant, l’armée blanche (Armée Secrète) vint, fouilla le couvent et trouva dans la chambre du Père Bentivolius, un casque avec une croix gammée qu’il avait récupéré d’un aviateur. Supposant donc que c’était un nazi, ils le placèrent devant le même mur que le jour précédent. Mais heureusement que Remi Hardy, âgé de 12 ans, passait en vélo et qu’il s’interposa entre les armes et la cible. Il affirma que ce père avait sauvé la vie de nombreuses de personnes, et c’est ainsi qu’il sauva la vie du Père Bentivolius. Après la guerre, en 1946, le Père Bentivolius dut quitter la Belgique car il était allemand. Avant de mourir, il écrivit une chronique de sa vie. En 1985, il mourut à Mönchen-Gladbach, mais fut enterré au cimetière du calvaire de Moresnet selon ses vœux.
Source :
Thèse de : Franssen Mariska Collège Notre-Dame de et à B 4851 Gemmenich
Ecrit par: prosper, Le: 30/08/24










