Livre d'or
Image aléatoire
Galerie
Newsletter


Archives

 
Rss Quelques aspects de la Résistance dans l’Ouest du Brabant-Wallon pendant la SGM

Évoquer la résistance reste une tâche extrêmement ardue, de part son caractère secret bien sûr, mais aussi en raison de certains abus qui ont existé et de la difficulté qui en découle de faire aujourd’hui objectivement la part des choses. A cela s’ajoute que les groupes de résistants couvraient un territoire qui dépassait largement le cadre des anciennes communes et que les frontières entre ces différents groupes étaient souvent assez perméables.
Comme ailleurs, la résistance fut fort active à Tubize et dans les environs. Entrer dans la clandestinité était très contraignant. Il fallait trouver des véhicules et des vélos pour les déplacements, constituer des dépôt d’armes, se procurer des faux papiers d’identité ou des faux permis de travail, se procurer des vivres, de l’argent et des logements. La vie dans le maquis était donc particulièrement éprouvante pour les hommes qui s’étaient levés contre l’occupant




Charles Mahieu



A Tubize, on cite le groupe G, spécialisé dans le sabotage par explosifs. Ses animateurs étaient Charles Mahieu, ancien sous-officier du Génie et
spécialiste des explosifs. Dès 1940, avec Désiré Ferier, il constitua un dépôt d’armes et d’explosifs à la ferme Tramasure, chaussée de Bruxelles. A leur actif on doit notamment une action spectaculaire en 1943 à Clabecq sur le Canal qui mis le bief à sec durant plusieurs jours. Cet exemple fut suivi par d’autres groupes de la résistance dans la région. Le Brabant wallon avait été jumelé avec Braine-le-Comte où le responsable était Adolphe Chaboteau (également P.A.). Il était secondé par René Hanquet, responsable du BW. Le groupe de Braine-le-Comte comptait une soixantaine de personnes et travailla plusieurs fois en liaison avec les P.A. (Partisans Armés) et l’A.S. (Armée Secrète).
L’Armée Secrète, avec les refuges Ours (Halle) et Furet (Virginal), disposait de nombreux éléments à Tubize et dans les villages environnants.
Du côté d’Ittre on avait, outre l’A.S., commandée par Fernand Van Vaerenberg, le groupe NOLA qui était très actif dans la région. Il était commandé par Henri Heffinckx et a à son actif plus de 500 sabotages. C’est en voulant secourir les hommes du groupe NOLA engagés dans une escarmouche avec des Allemands en fuite que trois soldats anglais furent tués à Clabecq.
Les résistants qui firent le plus parler d’eux à Tubize et dans les communes avoisinantes appartenaient à la nébuleuse du F.I. (Front de l’Indépendance) et ses Milices Patriotiques, et des P.A., en particulier du corps 023 secteur de Tubize. En principe le cloisonnement entre les différents groupes était de règle, mais ce ne fut pas vraiment le cas dans la région. Et il n’était pas rare qu’une même personne ait agi pour le compte du F.I. ou des P.A., voire même de l’A.S.
A Tubize, le groupe « L’Espoir » des Milices Patriotiques du F.I., composé d’une bonne soixantaine de personnes, s’illustra par l’impression et la diffusion de journaux clandestins, le dépôt et le transport d’armes et d’explosifs, la collecte de renseignements militaires et sur la production industrielle de la région, le sabotage dans les usines, etc.
Le corps 023 des P.A. était actif dans un secteur qui couvrait une vingtaine de commune depuis Braine-le-Comte jusqu’à Tubize. Son effectif se montait à quelques 125 personnes, dont une vingtaine de « durs » pour les missions spéciales. A sa tête, on trouvait le commandant Claude (Emile Boucher de son vrai nom).
Parmi les faits d’armes habituels de la résistance, il faut bien sûr citer les sabotages ; mais aussi la diffusion de la presse clandestine ; le vol (simulé) des Registres d’État Civil dans les différentes administrations communales ; les réquisitions d’armes auprès des gardes champêtres et des gendarmes ; les réquisitions d’argent dans les grosses entreprises de la région (Carrières de Quenast, Forges de Clabecq, Fabelta) et les bureaux de poste pour financer la résistance et aider les réfractaires ; le vol (simulé) de timbres de ravitaillement, de cartes d’identité, de permis de travail ; la dissimulation de réfractaires ; le sauvetages d’aviateurs abattus au-dessus de la région, …
De nombreuses femmes, généralement fort jeunes, participèrent à cet effort de guerre, souvent comme estafettes. Elles passaient les courriers entre les groupes de résistants et les ordres de missions aux hommes qui avaient pris le maquis.
Des explosifs étaient discrètement subtilisés aux Carrières de Quenast et servirent aux nombreux sabotages.
Les résistants eurent aussi à payer un lourd tribut. Les actions qu’ils menèrent n’étaient pas sans danger et plusieurs d’entre eux en firent les frais. Certains furent dénoncés, arrêtés par les Allemands, déportés ou exécutés ; d’autres sont tombés au cours de leurs missions. Le début du mois de septembre 1944 fut particulièrement meurtrier. Des accrochages entre résistants et les troupes allemandes en déroute eurent lieu à Ittre, à Rebecq, à Saintes. A chaque fois, il y eut des victimes à déplorer.

Source : Musée de la Porte. (Tubize)

 
 
Note: 5
(2 notes)
Ecrit par: prosper, Le: 30/09/25


Scroll
Scroll