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Rss Récit d'un jeune Résistant
Le récit de Max Robert résistant à 17 ans

Armée secrète - Section Horrues Secteur D 10 Zone 1 Refuge : Le Tarin

Voici le récit de Max ROBERT, né à Horrues le 28 mars 1927

Mon père, ma mère, ma soeur, faisant partie de la résistance il est normal que j'entre dans le mouvement comme d'abord porteur de plis, ensuite comme estafette et après à part entière à toutes les opérations.

Je suis reconnu comme le plus jeune résistant du secteur et j'ai échappé plusieurs fois à la mort, je ne sais pas pourquoi, c'est DIEU qui l'a voulu.

Le moulin d' Horruette est situé en retrait de la route d'environ 500 mètres. C'est le rassemblement des jeunes résistants, le père ayant été tué, le moulin est dirigé par le plus âgé des fils qui mourra dans un camp de concentration ainsi que sa femme, son frère et plusieurs de ses camarades.
Le moulin est séparé d'une ferme par une rivière, les fermiers sont également des résistants et hébergent en permanence plusieurs réfractaires. Un jour, alors que j'étais au troisième étage du moulin, j'aperçois par la petite porte donnant dans la rue, deux camions allemands venant vers nous, le temps de crier par la porte arrière aux fermiers voisins que les allemands arrivaient, je redescends pour avertir les autres et cacher les armes que l'on nettoyaient au rez-de-chaussée dans l'atelier. Le temps de cacher les armes dans la pièce où il n'y avait que des sacs vides et remonter au second étage où par une porte secrète nous avons accès dans le maison, les allemands étaient là. Ils nous clouent au mur et demandent qui est le patron, le fils Léon dit: c'est moi, et il est obligé de visiter le moulin avec l'officier commandant le commando. Pendant ce temps, la mère, le second fils et moi même sommes gardés par plusieurs soldats en armes. Lorsque Léon revient dans la maison, il nous fait comprendre qu'ils n’ont pas découvert les armes cachées. Un groupe d'allemands s'était dirigé vers la ferme, et à un certain moment nous entendons des coups de feu. La fille de la ferme arrive en pleurant en disant: "ils ont tué papa" c'est alors que l'on nous fait sortir et placer contre le mur toujours les bras levés un peloton se place devant nous et en position pour faire feu. C'est à ce moment que l'officier revenant de la ferme a crié un ordre qui nous à sauvé la vie, car la salve est passée au dessus de nous. A des moments pareils l'on voit passer toute son existence en quelques minutes et l'on se souvient de ses prières. Nul ne sait combien de temps avait duré cette opération et il a fallu quelques minutes après le départ pour réaliser que nous n'étions pas mort. Le fermier n'avait pas été tué et les coups de feu entendus étaient dus à l'abattage d'un cochon et de poules

Voici un autre épisode que j'ai vécu:
Le hameau de Belle-Croix est situe à plus ou moins quatre kilomètres du centre du village. C'est là qu'habite Gérard avec lequel Léon, déjà cité plus haut, et moi-même en revenant
d'un parachutage à travers champs et pendant la nuit, nous passons le reste de cette nuit.
Le matin, alors que nous nous préparions à partir, un camion chargé d'allemands et dans lequel nous reconnaissons un de nos membres arrive juste devant nous. Comme la maison est située sur une hauteur, nous avons le temps de nous réfugier dans celle-ci. Gérard nous précède dans le grenier ou il avait percé un trou, passage d'homme, qui donnait accès au fenil où il avait aménagé une cache. Le trou était camouflé par une manne à linge et je n'ai pas eu le temps de remettre celle-ci à sa place, les allemands montaient déjà l’escalier.
La cache est faite pour une personne et nous sommes trois.
D'autre part la porte de l’étable sise en dessous est fermée de l'intérieure et forcément les allemands doivent comprendre que nous sommes toujours dans le bâtiment. Nous sommes trois dans la cache dans le foin, où il est difficile de respirer et les allemands piétinent en dessous de nous. A un certain moment l’officier annonce que si nous ne sortons pas il va faire mettre le feu à la maison. Léon veut sortir, mais Gérard le retient, les allemands enfoncent leurs baïonnettes dans le foin, nous entendons le bruit mais nous ne bougeons pas. C'est alors qu' ils ouvrent la porte d'en bas et qu'ils commencent à jeter le foin par celle-ci. A un moment donné nous voyons le jour et il n'est plus possible de retenir Léon qui sort en criant « Camarade, je me rend. ». Il est aussitôt conduit en bas près des officiers qui l'interrogent, mais il ne dit pas qu'il était avec nous dans la cache. Gérard et moi restons où nous étions et nous essayons après un temps qui nous semblait long, une sortie, pour nous apercevoir que juste en dessous de nous une sentinelle est postée. Gérard veut le descendre mais cela est trop dangereux pour nous et pour les autres, et je le retiens, nous retournons dans notre trou en ayant soin de ne pas remettre le foin au dessus de nous, ce qui nous sauve car les allemands reviennent et enlèvent le foin tout autour du mur sauf à l'endroit où nous nous trouvions. Après un temps indéterminable, la soeur de Gérard vient crier: « Vous pouvez sortir, ils sont partis, mais ils ont pris Léon avec eux. ». Léon fut libéré après trois jours d'interrogatoire.

Après ces deux aventures mon père jugeant que je ne devais pas faire mourir ma mère de chagrin et étant donné que j’étais recherché par la gestapo, me trouva une place dans une petite ferme dans le village de Gondregnies ou je suis resté jusqu'au moment ou le Commandant de l'A.S. me donna l'ordre de la rejoindre dans le maquis de St. Marcoult pour établir et porter les ordres de mobilisation en vue du débarquement.
Je suis donc à Saint Marcoult pour participer aux derniers parachutages d'armes.
Pendant cette période et sur dénonciation, le moulin Horruette fut cerné par deux compagnies d'allemands. Ils effectuèrent une rafle où tous les occupants ainsi que les hommes des environs furent amenés à Allemagne. Un seul survécu. Je n'ai jamais revu mes amis avec lesquels j'avais passé une bonne partie de la guerre.

Les Alliés ont débarqué le 6 juin, et les allemands n’ont plus le temps de s'occuper de nous, heureusement, car le maquis s'anime et il arrive des gens de partout et de tous les grades. St Marcoult devient un poste de commandement pour la Zone I du Secteur D 10.
450 hommes attendent les instructions pour commencer la guérilla. Le 1ier septembre nous commençons la guerre et les sabotages, nous ferons 1750 prisonniers que nous remettrons aux anglais à leur arrivée.
Il est évident que l'on ne fait pas la guerre sans combat et il y aura des morts et des blessés des deux côtés.
L'A.S. est bien organisée et militarisée, nous sommes cantonné à Enghien au collège, ensuite à Soignies et c'est delà que partira une colonne mobile forte de 115 hommes volontaires pour continuer de poursuivre l'ennemi jusqu'au delà de nos frontières. Je fais partie de cette colonne ou nous sommes cantonnés dans un petit village avec les américains.
Désigné pour faire partie d'un patrouille pour ramener deux prisonniers vivants nous devons procéder à l'arme blanche, j'avais 17 ans et demi et heureusement pour moi, j'avais subtilisé une bouteille dans la poche revolver d'un américain et j'ai bu le contenu de celle-ci. Nous avons ramené les deux prisonniers, mais je ne sais pas comment et je ne me souviens de rien (merci a l'américain)
Nous sommes entre deux fronts et cela devient dangereux pour nous qui ne sommes pas des guerriers et les anciens exigent du commandant le retour chez nous. Heureusement car quelques jours après notre départ commence à cet endroit l'offensive des Ardennes et le village fut complètement rasé.

Sur ordre du commandant en chef des Alliés, l'Armée Secrète est démobilisée, mais les jeunes peuvent continuer la lutte en s'engageant dans l'armée régulière en pleine reconstitution. C'est ce que j'ai fait.

Je fais partie de la 5ème Brigade, 1er Bataillon 5ème Compagnie matricule 505/2556, et nous serons expédié en Irlande pour faire l'instruction au 1ier Commando.
Six mois en Irlande, trois mois en Angleterre et le reste en occupation en Allemagne jusqu'au moment de notre démobilisation en 1946.
Le service militaire sous les instructeurs anglais n'a rien de comparable avec le service de maintenant.
Je suis estafette motocycliste avec les anglais. 55 candidats, 5 réussites. Et en Allemagne je deviens clairon.

Je pourrai raconter mille anecdotes et petites aventures pendant cette période, la plus belle de ma vie, ou régnait un esprit de camaraderie qui n'existe plus maintenant et cela malgré la discipline existante. J'ai toujours eu le goût des uniformes et je pouvais réengager comme sous-lieutenant mais ma soeur étant décédée suite a un emprisonnement par les allemands, mes parents ont préféré que je reste avec eux.
Après quelques années passées avec ceux-ci j'ai postulé la place de Policier Rural (garde-champêtre) dans ma commune, où après un examen au Gouvernement Provincial, je fus nommé le 5 août 1955.. Pour mes faits de guerre j'ai obtenu 15 décorations.

Récit receuilli par Jean Frings et publié dans le bulletin du Rebecq Historical Association 40-45
 
 
Note: 5
(2 notes)
Ecrit par: prosper, Le: 28/05/11


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