Livre d'or
Image aléatoire
Galerie
Newsletter


Archives

 
Rss CESAR VANHERREWEGHEN - CE HEROS DE L'OMBRE
Ils étaient quatre jeunes gens du village de Labliau (Près d'Enghien en Belgique) à avoir reçu leur convocation pour le service du travail obligatoire en Allemagne (STO). César ne se sentait pas du tout l'âme d'aller collaborer obligatoirement avec l'occupant.
De plus, voyant les avions alliés survoler le territoire belge pour aller bombarder les usines où les jeunes STO travaillaient, il fit tout pour se dérober. Il arriva, à vélo, avec ses parents et sa convocation à la gare de Soignies. Le mépris de l'occupant et l'idée de quitter sa région natale le poussèrent à fuir en se faufilant parmi la file des parents venus dire au revoir à leurs enfants.
Jusqu'à la nuit, il se cacha dans le bois d'Enghien (Belgique). Il rejoignit la maison familiale mais était sensé être parti pour l'Allemagne. Il dut donc se cacher le jour dans la maison et dormir la nuit dans les champs ou dans un chariot de paille avec la crainte de voir surgir l'occupant et ses chiens.
Son père entretenait le jardin d'un professeur de Labliau. Celui-ci demanda des nouvelles de son fils et finalement le père lui dit qu'il se cachait dans la région.
Le professeur était chef de l'Armée Blanche (Armée Secrète). Il fit comprendre le danger pour César d'être capturé et d'être envoyé directement dans un camp de concentration. Et c'est ainsi qu'il rentra au refuge Tarin de Saint Marcoult.
Un officier chirurgien allemand fut tué à l'arme blanche à Labliau par un résistant venu d'un autre secteur et inconnu dans la région. Les représailles risquèrent d'être lourdes car plusieurs innocents se sont retrouvés face au mur pour être fusillés. Parmi eux, le père de César. Grâce à ses connaissances de la langue germanique il pu négocier la libération des otages.
Au début de 1944, il assista aux premiers parachutages de matériel pour la résistance. Son rôle était de vider les containers et de charger leur contenu sur des chariots. Toutes les armes et les munitions étaient cachées dans la ferme où il était réfugié. Il vécu passivement ces moments intenses. Ses supérieurs ne voulaient pas qu'il prenne part aux interventions armées vu son jeune âge (il avait 18 ans).
Avec ses compagnons d'arme, il garda plus de 1700 Allemands prisonniers dans le parc d'Enghien (Belgique). La grande majorité était docile et contents que la guerre soit finie pour eux. Quelques gradés SS tentèrent en vain de motiver leurs troupes en vue d'une insurrection.
Le 10 septembre, les résistants formèrent une colonne mobile.
A bord de camions réquisitionnés, ils allèrent jusqu'en Allemagne, à Andler, Tresback et Fichbach à 600m des limites de la ligne Siegfried. Ils se retrouvèrent entre les feux croisés allemands et américains. La situation ne pouvait guère durer.
Encore revêtus de leur salopette blanche de l'Armée Secrète, ils passaient aux yeux des Allemands pour des terroristes. Les alliés leur ont confisqué leur équipement et leur ont donné une instruction de quelques semaines à Vielsalm, avant d'être démobilisés et renvoyés chez eux.
La guerre n'était pas terminée et César, suivant les conseils de son ancien professeur, s'engagea le 20 octobre dans l'armée américaine.


César en uniforme du 16° Bataillon de Fusiliers Belges.



Le 18 janvier 1945, il suivit une instruction de six semaines à Bon-Secours (près de Péruwelz).
Il a combattu avec la première et la troisième armée américaine dans le 16°bataillon de Fusiliers belges - 5 compagnie, qui devint par la suite le "Bataillon Fantôme", car on ne savait jamais où il se trouvait.
Leur mission principale était le nettoyage des bois et faire prisonnier les survivants. Cette mission était particulièrement périlleuse car tous les Allemands ne se rendaient pas volontairement et les SS résistèrent jusqu'au dernier. César échappa à la mort grâce à un cerf qui reçu la balle qui lui était destinée. L'animal s'était interposé entre un dernier groupe de fanatiques et les volontaires belges.

Le 14 mars 1945, la compagnie de César arriva au pont de Remagen sur le Rhin. Le pont n'avait pas encore sauté et leur mission était, avec les Américains, de le tenir intact. Ils avaient repéré les charges et devaient veiller à ce qu'elles n'explosent pas. Une partie des charges sauta malgré tout mais le pont resta debout et permit pendant plusieurs jours le passage des troupes alliées vers Berlin. Déstructuré et surchargé, il s'effondra le 17 mars entraînant avec lui une dizaine de chars et leurs occupants.
Le Génie américain réagit très vite et en quatre à cinq heures construisit un pont flottant. La 5°compagnie embarqua dans des camions et traversa ainsi le Rhin.


Le pont de Remagen avant son effondrement



Le 10 avril, ils arrivèrent dans la ville de Kahla. Leur officier leur signala un camp de concentration. Ils ne savaient pas ce que c'était et s'imaginaient que c'était un camp de main d'œuvre. César, avec ses six compagnons volontaires, répondit présent pour une mission de libération du camp.
Il fallait attendre les ordres de monter dans un camion et de se diriger vers le camp.
Dans un silence absolu, ils arrivèrent 2 kilomètres plus loin aux abords des barbelés. En file indienne, ils se rapprochèrent à pas de loups des baraquements. Ils aperçurent, grâce au clair de lune, des ombres lugubres revêtues de vêtements lignés, mais aucune trace de sentinelle.
Pendant plus d'une heure, ils contournèrent le camp en observant le moindre détail. Ils tombèrent sur l'entrée qui était un bâtiment massif et un moulin à eau. Le caporal décida d'investir les lieux en donnant des ordres bien précis en cas de tirs ennemis. A leur grande stupéfaction le bâtiment était vide.
Ils organisèrent un rôle de garde en prévision d'un retour éventuel d'une sentinelle. César se porta volontaire de 2 à 6 heures du matin. Dans une profonde anxiété, il épia le moindre mouvement autour de lui, mais le reste de la nuit fut calme.
A leur plus grande stupéfaction, ils découvrirent qu'une odeur régnait sur le camp. A 8 heures, ils y pénétrèrent et découvrirent près de 350 prisonniers.
Des Russes, Polonais, Belges grouillaient hagards dans le camp parmi des dépouilles mortelles.
Un spectacle indescriptible s'offrit à leurs yeux. Dans les baraquements, les travailleurs obligatoires étaient livrés à eux-mêmes. Les survivants dormaient avec les morts. Les malades, atteints de la dysenterie et sous-alimentés, ne pouvaient se soulager qu'au milieu de leurs compagnons.
César eu le courage et la volonté d'interroger quelques survivants et par hasard rencontra un prisonnier venant de Soignies, qui avait courtisé la sœur de sa voisine.
Il apprit qu'ils travaillaient dans une ancienne fabrique de porcelaine creusée dans la montagne et qui maintenant recelait une usine de Messerschmitt 262 à réaction.
Ils réquisitionnèrent du pain et du beurre dans une ferme pour nourrir les malheureux. Mais ils restèrent encore trois jours sans nourriture. Pour finir les Américains prirent possession du camp et gérèrent le sauvetage des victimes. Le Bourgmestre de Kahla fut obligé d'aider la population de sa commune à enterrer les morts au village.
L'usine d'aviation avait été sabotée et le tunnel d'accès était en feu. Toutes les archives brûlaient. L'infrastructure extérieure était restée intacte.
Les rondes de surveillance continuaient et un soir, César vit le trait d'une lampe traverser le chemin de ronde. Après les semonces réglementaires, il fit feu avec sa Thompson et toucha un soldat russe aux fesses. Obéissant aux ordres, il avait fait son devoir, mais toucha un soldat allié. Il se rendit à son chevet et fut navré de la situation, lui serra la main et lui souhaita bonne chance.
La guerre se termina par la capitulation de l'Allemagne et sa compagnie se retrouva près de la frontière autrichienne, au village de Linz. Ils profitèrent du repos du guerrier et purent apprécier un logement confortable.
Ils furent démobilisés le 21 décembre 1945.

Sources: Propos recueillis par Jean Frings en octobre 2003 pour la seconde édition de l’ouvrage "Rebecq Souviens-Toi 1940-1945" (édité par l’Asbl Rebecq Historical Association en septembre 2006)
 
 
Note: 4.75
(4 notes)
Ecrit par: prosper, Le: 11/12/13


Scroll
Scroll