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Rss Carnet de M.Joseph Desmont
Le texte ci-dessous est une retranscription – aucun mot, tournure de phrase, fautes d’orthographe, nom de patronyme ou de villes cit√©s (sauf quelques noms de villes √©trang√®res) n’y a √©t√© chang√© afin de garantir l’authenticit√© – d’un carnet que M. Joseph Desmont tint depuis le 19 mai 1940 jusqu’au mois de mars 1944.
Le carnet reprend non seulement l'exode de M.Desmont mais également des notes lesquelles se rapportent à différents moments de la Seconde guerre mondiale tels qu'il les a vécus




Joseph Desmont en 1940



1940



Dimanche 19 mai 1940
Les allemands sont signal√©s √† Bruxelles et Anvers – Ils avancent fortement au-del√† de Namur – Les r√©fugi√©s continuent √† fuir devant l’ennemi.
L’heure √† sonner aussi pour nous de fuir et de nous rendre √† notre devoir.
Apr√®s la messe basse l’on d√©cide de partir tous, d√©j√† √† 9 heures un groupe part.
Nous autre, (Fran√ßois et Louis Bourdeaud’huy, Eloi d’Ogimont, son beau fr√®re et Maurice Lequint) nous d√©cidons de partir √† midi.
Ces trois derniers pris de peur partirent √† 10 heures et les autres aussi me press√®rent, nous part√ģmes donc vers 11 h.
Avant cette heure indescriptible de r√©signation et de sacrifice ou il faut tout quitter ce que l’on a de plus cher et sans savoir si jamais l’on se reverra, c’est un moment qui compte dans la vie et qui bri√®vement passe et repasse sous toutes ses formes et ses angles.
Le pass√© et l’avenir √† entrevoir et qui vous fait fr√©mir, car nous ne savons ce qu’il nous r√©serve, j’ai grande confiance en vous N.D. de Lourdes qui avez toute puissance en votre fils N.S.J.C.. C’est pourquoi je suis all√© √† vos pieds une derni√®re fois vous implorer et placer toute notre famille sous votre protection et votre garde – C’est dur de quitter son foyer et c’est pour ses chers petits enfants qu’il faut partir avec le ferme espoir du retour pour les √©lever convenablement et chr√©tiennement.
On a le cœur gros, la gorge serr√©e, on tremble sur soi, l’on ne s’appartient plus, en h√Ęte tous les paquets sont pr√™t et arrive l’√©treinte de la s√©paration, moments indescriptible, ou les petits appelle papa – D√©d√© – papa D√©d√© et nous voila partit pour l’aventure –
O√Ļ ? Pour combien de temps ? Comme des voleurs qui ont fait un mauvais coup et traqu√© par la police.
Nous prenons la route de Cordes pour Mouscron, √† Cordes, je pense que j’oublie mon argent Fran√ßais, Je confie Joseph mon fils ain√© √† Fran√ßois et un rapide demi tour me ram√®ne au foyer serrer une fois de plus tout ce qui m’est le plus cher au monde.
En route ce n’est que r√©fugi√©s, l’interminable d√©fil√© des trois ou quatre jours pr√©c√©dent qui s’accumulent aux fronti√®res ou un mot d’ordre est donn√© "personne ne passe" et c’est ainsi depuis deux jours.
J’oublie de dire que comme nous partions de la maison, Marcel Broignier et Joseph Diriq viennent se joindre √† nous.
A Mouscron comme j’avais encore beaucoup de connaissance je suis all√© voir la servante de Monsieur Coulon qui est toujours dans sa grande maison √† la rue des Brasseurs, l√†, nous e√Ľmes un bon lit pour dormir.
Apr√®s avoir fait tout les postes fronti√®res, du Mont √† Leux, de la Marli√®re et autres petits passages interm√©diaires, nous d√Ľmes donc nous r√©signer de rester √† Mouscron

Le lendemain matin Lundi 20 : Nous f√ģmes √† nouveau le m√™me man√®ge rencontrant partout des amis et si nous avions √©t√© ensemble et nos bagages un gendarme fran√ßais nous aurais laiss√© pass√©, malheureusement lui descendait de garde et nous, nous n’√©tions pas pr√™t, le bruit courrait cependant que nous allions pouvoir passer dans la journ√©e vu la pr√©cipitation des √©v√®nements.
Il est 10h30, Apr√®s une vaine attente sur le pav√© le passage est ouvert, je file avec les autres sur Wattrelos en qu√™te de nouvelles, chez Deltour nous d√©jeunons, chez Monsieur Imbrecht nous allons prendre le caf√© et nous partons pour Roubaix, Mouveaux, Wambrechies en direction de La Bass√©e, B√©thune, pendant un temps assez long nous avons pu nous √©loigner de la colonne de r√©fugi√©s vers B√©thune ou nous l’avons reprise jusque Herdigneul. D√©crire ce lamentable cort√®ge d’autos, camions, voitures de toutes sortes, poucettes, brouettes, v√©los, enfin tous moyens de transports possibles et inimaginables, charg√© tous de toutes choses les plus diverses, linges, vivres, animaux, ustensiles de cuisine etc. . . . . . Le tout pouss√© dans la m√™me direction, 2 rang√©s de v√©hicules, la 3√®me passant tr√®s difficilement, devant tr√®s souvent c√©der la place au mouvement inverse ou √† l’arm√©e.
Les pi√©tons et les cyclistes s’enchev√™trent, passent, contournent toutes ces mis√®res ambulantes pur arriver plus vite "fuir" La poussi√®re et l’odeur des gaz tant on en a d√©j√† aval√©.
Vers La Bassée nous rencontrons Jean Declerq de Néchin professeur au Collège de Mouscron et le domestiques de ce Collège.
Nous trouvons des belges qui nous convient √† boire un bon verre de champagne avec eux, nous y goutons en m√™me temps puisque nous √©tions au repos, nous prenons quelques bouteilles pour la soif, pour ma part j’avais quatre bouteilles de champagne et deux autres; D√©d√© y fit honneur et √† tout moment demandait une goutte de vin, si bien que le soir il dansait sur la selle de mon v√©lo.
Vers 9h nous arrivons à Hesdigneul à la ferme de Madame Lecomte Fernand (Hesdigneul les Béthune dans le Pas de Calais) après avoir fait au moins 80 km, nous avons dormi sur un foin de trèfle après avoir mangé et Dédé après avoir absorbé un grand bol de lait.
Nous sommes réveillés par un fort mitraillement et par les bombes tombées dans les alentours.

Mardi 21 mai : Apr√®s un rapide nettoyage et un petit casse cro√Ľte nous reprenons la colonne en direction de Saint Pol par Bruay jusque Troisvaux comme nous ne pouvions plus passer √† Saint Pol vu la pr√©sence des boches nous avons voulu contourner Saint Pol et nous somme all√© par Hernicourt, Wavrans et Bernicourt ou nous avons couch√© dans le Presbyt√®re d√©saffect√© et les gens n’√©taient pas du tout honn√™te.

Mercredi 22 mai : Nous nous mettons en route sans rien prendre, sans nous laver puisqu’il n’y avait rien.
Nous partons en direction d’Abbeville par Humeroeuille jusque Eclineux ou l’on nous dit qu’il n’y a pas encore moyen de passer tout le monde veut faire demi-tour.
A Troisvaux fatigu√© nous d√©cidons de nous reposer un peu √† l’ombre dans une prairie, il est midi et c’est aussi l’heure du repas.
En allant voir l’indicateur, j’entends que l’on m’appelle, des connaissances sans doute, qui du reste seraient pass√©es 100 fois √† mes c√īt√©s et que je n’aurais pas reconnu et du reste je ne les connaissaient pas assez non plus; ce sont des belges et trois anciens √©l√®ves du coll√®ge d’Enghien, Messieurs Andr√©, Lucien, Julien Van Hecke de Baleghem tr√®s heureux de se rencontrer Ils d√©cident de rester avec nous mais ils ont des camarades et forment d√©j√† un petit groupe de huit, ensemble nous formons un peloton de seize.
Arriv√© √† Wavrans comme je d√©sirais aller plus loin au-del√† de Saint Pol volontairement nos camarades Broigniez et Diricq qui ne veulent pas venir plus loin dans la direction de l’ennemi, ils pr√©f√®rent suivre la colonne par Anvin et Esdin ou ils trouveront aussi la route barr√©e et nous nous dirigeons vers . . . . petit village paisible que viennent de quitter pr√©cipitamment, les troupes Anglaise et d’autres r√©fugi√©s reviennent de cette direction et nous disent qu’il ne faut par aller dans cette direction non plus, que les boches sont d√©j√† dans cette contr√©e. La panique s’empare de notre groupe et le domestique du Coll√®ge nous abandonne aussi.
Dans ce village une ferme √©tait abandonn√©e et combl√©e de provision abandonn√©es par les troupes anglaise et d√©j√† le pillage s’organise m√™me avec des tombereaux.
Nous aussi nous faisons notre ravitaillement de toutes esp√®ces, bo√ģtes de conserves de viande, fruits, l√©gumes, lait, sucre ect…. plus loin sur la route une quantit√© de bidons d’essence sont aussi abandonn√©s ce qui fait le bonheur de certains automobilistes r√©fugi√©s.
Nous nous d√©cidons alors de reprendre la colonne √† Anvin, nous d√©cidons de faire une halte et m√™me en fin de compte d’y chercher un g√ģte, un vieux moulin √† eau situ√© au bord d’un bois, nous tentons d’y passer la nuit, le bruit de l’eau √©tant plus harmonieuses que le cr√©pitement des mitrailleuses et le vrombissement des moteurs et le son lugubre des bombes semant la mort, le d√©sarroi et la terreur partout.
A peine avions-nous mis pied √† terre et sollicit√© notre √©bergement voici une trentaine d’avions au dessus de nous et sans attendre Boum ! Boum ! Tout autour de nous, coll√© contre les murs √©pais de la grange tremblant de peur, impressionn√© par les secousses et le d√©placement d’air, le petit Joseph apeur√© criait, pi√©tinait entre mes jambes et le mur.
A ce moment √©coul√© ou certainement nous √©tions pr√®s de la mort nous nous remirent de notre forte √©motion, de nouveau nous d√Ľmes rentrer pour un second bombardement, la gare √©tait vis√©e probablement ainsi que le convoi des r√©fugi√©s.
Bref nous d√©cidons alors de ne plus rester un instant de plus dans ces lieux et en sortant du moulin nous voyons une femme bless√©e √† la t√™te, un enfant tout ensanglant√©, une petite maison compl√®tement d√©truite, la gare tr√®s endommag√©e et beaucoup d’autres maisons encore.
Nous d√©cidons alors de quitter ces lieux et de continuer notre route vers des villages moins expos√©s par ou nous atteignons Bernicourt √† la tomb√©e de la nuit ; il n’y a pas grand monde dans le coin, les gens sont partit de peur, nous trouvons un presbyt√®re abandonn√© qui nous abritera pour la nuit, il y a de la paille et quatre luxembourgeois y sont d√©j√† install√©. Tellement nous avions eu peur √† Anvin tout le monde c’est couch√© sans souper, une r√©fugi√©e apporte un grand bol de lait √† mon petit fils Joseph et l’on se couche.

Jeudi 22 mai : Il est un peu plus de 4 heures, l’aviation est d√©j√† tr√®s active et mitraille dans les parages – Nous croyons m√™me que nous sommes cern√© – En h√Ęte nous rangeons nos paquets et vivement nous continuons notre route en direction d’Abbeville par les petites routes. A Eclineux nous devions traverser la grande route de Saint Pol en direction d’Abbeville, 500m encore √† faire, deux jeunes gens nous font rebrousser chemin disant de ne pas aller plus loin qu’un allemand est la avec sa mitraillette d√©cid√©ment nous ne pouvons atteindre notre but de gagner le pays libre, je suis tout d√©sempar√©, d√©courag√©, d√©go√Ľt√© m√™me que faire √† pr√©sent puisque nous sommes encercl√© de partout, revenir en arri√®re, peut-√™tre essayer de rentrer en Belgique ou attendre ailleurs les √©v√®nements? Ce que nous d√©cid√Ęmes. Nous reprenons donc le chemin du retour par les petites routes et en direction de Wavrans vers Bethune.
En arrivant à Wavrans sur la grande route nous tombons nez à nez à notre grande stupéfaction, en face de cet ennemi qui nous traque partout. Une longue colonne blindée, motorisée, chars, autos, motos, camions, défilent devant nous; les hommes nous regardent, guettent les alentours sur leur passage mais ne nous disent rien ni aux autres civiles non plus.
Du reste on venait de nous le dire et m√™me qu’ils ne faisaient pas de prisonniers, ils enlevaient seulement les casques et les fusils qu’ils cassaient parterre.
Nous sommes un peu glac√© par ce d√©fil√©, cette vision d’horreur de ce spectacle de la mort.
Aussi nous filons vite hors de ces lieux en passant par Pernes, petit bourg au fond de la vall√©e et qui √† certes un aspect souriant, donne l’impression d’une ville abandonn√©e, en effet un r√©cent bombardement l√† mis en √©moi, assez bien de maisons sont endommag√©es, partout des fa√ßades arrach√©es, des tuiles, des vitres sur le pav√©.
Une heure avant notre passage, les teutons en patrouille avaient désarmé 4 soldats français.
Au moment ou nous arrivons sur la grand place une ambulance fran√ßaise file avec des bless√©s qu’elle vient de venir chercher.
En sortant de cette localité nous avons juste le temps de nous abriter dans une ferme car les avions qui mitraillent les convois et pendant une heure dure le manège autour des fermes.
Enfin nous nous mettons en route et à vive allure nous filons par petits groupes.
Nous arrivons √† nouveau √† Hesdigneul ou nous demandons de nouveaux abris pour la nuit √† la m√™me ferme ou nous √©tions arriv√© en passant, le fenil n’√©tant pas occup√© nous nous abritons pour la 2√®me fois.
A peine √©tions nous arriv√© qu’une patrouille descend la localit√©, un officier r√©volver au poing p√©n√®tre dans la cour de la ferme tout en regardant s’il n’y a pas de soldats, une quarantaine de r√©fugi√©s sont au moins sur la cour et dans les b√Ętiments, dont deux agents de ville de Bruxelles, ceux-ci d√©lest√© de leur casque que l’officier emporte.
Une heure plus tard ils repassent avec derrière eux un tank et des soldats français dessus capturés et prisonniers probablement.
Le reste de la journ√©e se passe sans incidents sauf que l’on entend un roulement de d√©tonations pas bien loi, c’est para√ģt-il un d√©p√īt de munitions qui continue de sauter.
Un souper de tripes pour 15 frs réunis toute notre bande et ensuite après avoir écouté la radio qui ne nous apprend plus rien de nouveau nous allons nous reposer un peu de cette journée mouvementée.
La nuit les d√©tonations du d√©p√īt continue. Le matin nous nous sommes mis en route assez t√īt ayant une √©tape assez longue √† faire.
Nous n’e√Ľmes pas le temps d’attendre le caf√© ni le lait car les gens de la maison √©taient tr√®s occup√©, la fille dont le mari est soldat allait donner le jour √† un deuxi√®me enfant.
L’aviation est toujours tr√®s active, mais n√©anmoins puisque nous sommes dedans, nous pensons bien qu’ils sont chez nous et nous d√©cidons de regagner si possible la Belgique ce jour m√™me encore : Peux √™tre 80 √† 100 km √† faire mais ce n’est rien.
Nous nous dirigeons sur Hesplechin ou Rumes, mais arriv√© √† Fretin nous sommes bloqu√©s, on nous dit que les Anglais ne laissent pas aller plus loin, nous sommes donc revenu dans les n√ītres, rien √† comprendre dans les mouvements de l’arm√©e.
Au village la croix rouge arrive aussi et s’installe √† son tour dans le village, un formidable vrombissement d’avion, le canon antia√©rien, le mitraillage nous fait pr√©cipiter vers une ferme isol√©e et camoufl√©e par des bois.
Cette ferme appartient à Madame Vve Houzé Plancq cultivatrice à Fretin ( Nord ).

Nous sommes le jeudi 23 mai vers 3 heures de l’apr√®s-midi, la signataire ci-dessus nous re√ßois aimablement, mais il n’y que la grange ou l’√©table pour nous recevoir.
La place ou l’on coupe les betteraves est plus petite, plus rassurante car elle est vout√©e, nous nous y installons tout d’abord √† cinq dont le camarade du petit Joseph, Andr√©.
Mais apr√®s quelques raids d’avions les autres veulent venir aussi, c’est un peu exigu mais √† la guerre comme √† la guerre, on nettoie, on emporte les betteraves et l’on fait son lit de paille.
Avec le petit et François Anselin nous faisons une reconnaissance des lieux en quête de nouvelles.
Aussi nous sommes à deux cent mètres de la ferme dans un groupe de maison.
En un clin d’œil l’aviation fonce sur la localit√©, bombarde, les balles sifflent, nous sommes coll√©s entre deux maisons dont les toits se rejoignent presque et des pilastres entre les murs, je me colle √† une pilastre, prot√©geant le petit de mon corps.
Fran√ßois est couch√© √† plat ventre, nous sommes tous blanc comme des morts, car deux autres civiles √©taient avec nous, √©motion profonde, des tuiles cass√©es sont tomb√©es √† nos pieds, plusieurs fois encore de cette m√™me journ√©e nous d√Ľmes nous cacher.

Dimanche 26 mai
L’aviation est particuli√®rement active aujourd’hui – On dirait qu’elle cherche quelque chose. Les grosses pi√®ces d’artillerie sans doute qui ne sont pas loin de nous, il n’y a cependant pas de bombardement.
Le soir le voisinage d√©m√©nage pour o√Ļ ? Est-ce bon ? On ne dit rien.
Les anglais ne laissent pas passer au-delà de Cisoing donc inutile de vouloir chercher à passer.

Lundi 27 mai
Des troupes arrivent en repos elles appartiennent au 110√®me r√©giment d’Infanterie.
La ferme Houz√© est particuli√®rement bien situ√©e et camoufl√©e, trois cuisines s’y installent. Il est 10 h quand les 1√®res troupes arrivent et √† 3h ils en arrivent encore et m√™me plus tard, ils sont tous fatigu√©s √† l’extr√™me, ils reviennent du front, les gars et tiennent celui-ci depuis 15 jours. Il y a trois jours qu’ils n’ont plus ferm√© les yeux et presque rien √† manger.
C’est √† Nivelles qu’ils ont commenc√© le feu, ils nous racontent que l√† les belges ont m√™me tir√© sur eux (par m√©garde sans doute) 2 des leurs et un lieutenant et deux soldats belges tomb√®rent.
Actuellement ils arrivent du c√īt√© de Saint Amand o√Ļ parait-il les allemands tombaient comme des mouches.
Ils nous disent que de leur c√īt√© ils subirent de lourdes pertes et que d’une division il ne restait plus grand-chose.
Tous ils se mirent √† faire leur toilette car ils sont m√©connaissables et firent un peu tardivement vers 2H un bon d√©jeun√©, ensuite ils se repos√®rent un peu – pas longtemps car √† 5h les ordres sont donn√©s de quitter les lieux en h√Ęte – Tous se pr√©parent pour le d√©part et rechargement des camions, les cuisines doivent pr√©parer la nourriture pour la halte en route.
Les cuisines √©taient remorqu√©e par des camions, lesquels et d’autres encore peut-√™tre √©taient partit d√®s leur arriv√©e et d√®s qu’ils furent d√©charg√© O√Ļ ? J’ignore, chercher des vivres peut-√™tre – des munitions ??? Toujours est-il que le gros de la troupe part et les camions ne sont pas de retour 8h – 9h – 10h et toujours pas de camions ! Mitraill√©e, bombard√© en route, prisonnier peut-√™tre ?
Notre trio vers 8h va √† l’√©glise et aux nouvelles comme les autres jours. Le long du bois la nuit est tomb√©e, le petit Joseph est couch√© aujourd’hui et √† deux nous √©grenons notre chapelet en √©coutant le canon pr√®s de nous, mais il √† un autre son, ce sont des ripostes qui tombent pas bien loin de nous, ce bruit nous est confirm√© par les soldats, nul doute ce sont les obus boche, si jamais ils en venaient dans notre direction, mais ils avancent donc, certain et tous nous disent qu’il sont encore loin et un militaire me dit demain ils seront ici. Je fr√©mis rien que d’y penser, ils arrivent comment ? Des soldats autour de nous et avec nous – nous serons tous mitraill√©s, prisonniers.
On n'a jamais rien de bon dans la t√™te quand c’est ainsi. Vers 10 h ¬Ĺ un cuistot pris de peur et de doute endosse comme un √©clair sa capote, sa cartouchi√®re et son fusil
Celui qui venait donner quelques biscuits, bo√ģte de confiture, sucre-candi au petit Joseph fait part de ses impression √† ses camarades qui partagent ses avis et d√©sirent en r√©f√©rer aux quelques chefs qui sont partis manger au bistro.
Pendant ce temps quelques uns d√©chargent un camion restant afin sans doute d’y trouver place pour fuir.
Quartier de b√™tes, futs de vin, caisse de biscuits, de conserves etc… sont descendu. Les autres ne viennent pas prendre de r√©ponse et il est pr√®s de minuit, et l√©g√®rement fatigu√© nous d√©cidons d’aller nous coucher mais de ne rien dire aux autres pour le moment.
Je n’ai pas ferm√© les yeux, √©tant en proie √† toutes sortes d’imaginations, voyant les obus arriv√© sur nous. (La cave de la ferme ayant d√©j√† √©t√© d√©fonc√©e pendant la guerre de 14 – 18) nous voyant prisonniers, fusill√©s peut-√™tre etc… ??? On devine tout ce que l’on veut dans des moments pareils.
Vers deux heures on mitraille dans le bois √† c√īt√© plus de doute ils sont l√† ! Toute la nuit on a circul√© dans la cour de la ferme.
Le jour vient, la porte est l√©g√®rement ajour√©e et je vois un soldat passer, son fusil √† la main, je me hasarde de lui demander les nouvelles. "Je ne sais si je parviendrais √† filer avec le camion car ils sont l√† me dit-il"! Au m√™me moment une vingtaine, tous ceux qui √©taient rest√©s arrivent √† l’entr√©e de la cour, le camion d√©marre et eux aussi probablement, mais je crois qu’ils furent fait prisonnier du c√īt√© de la place, ou les gens nous dirent ensuite que plusieurs camions avaient √©t√© arr√™t√©s
Du reste pendant la nuit et d√®s le matin tr√®s t√īt beaucoup de gens furent r√©veill√©s afin de savoir si il n’y avait plus de soldats, ils fouillent les habitations et les d√©pendances.
A la ferme Houz√© il √©tait bien 8 heures quand nous v√ģmes arriver une batterie, tourner dans la prairie et partir dans le centre.
Quelques un viennent chercher quelques bottes de paille.
Dans la cour de la ferme et les dépendances les français laissèrent trois cuisines et tous les vivres, quelques instants plus tard ce fut un vrai pillage par tout le voisinage.
Nous, nous pr√ģmes quelques conserves et √† la dame Houz√© nous lui avons fait des provisions en masse, 235 kg de farine, 2 balles de caf√©, du riz, de la chicor√©e, plus de 20 kg de sucre, des conserves, quelques bouteilles de liqueurs etc …..Ce qui avait de plus malheureux c’√©tait de voir se partager le sac de ces malheureux soldats abandonnant ainsi leur linge et leur petites affaires personnelle, les officiers leurs coffres, tout fut √©ventr√© – moi-m√™me - je reviens avec deux petites valises, un beau plat d’argent grav√© "H√ītel des Ruines" et ici ce sont les ruines aussi !! Un rasoir m√©canique qui remplacera celui que j’ai laiss√© ou plut√īt perdu √† Hesdigneul, une belle paire de jumelle que je d√©sirais depuis longtemps, des lunettes de motocycliste et quelques bo√ģtes de conserves, les autres se montent de linge, chaussures, gu√™tres, conserves etc….
Nous décidons donc à présent que nous sommes encore dedans de retourner en Belgique mais avant de nous mettre en route nous faisons encore un bon repas avec 4 lapins que nous donne le cuistot cité déjà plus haut et que je regrette de ne pas posséder son adresse. Une poule nous procurera un bon bouilli, le ménage de la ferme mangea la poule et le reste du lapin.
Le petit Joseph fit particuli√®rement honneur et un petit peu de vin comme il dit ce n’est pas mauvais.
Nous pr√©parons en attendant le d√ģner nos bagages, avec Andr√© je vais voir aux nouvelles √† la place par deux fois, dans l’intervalle le cur√© nous fait appeler afin de savoir si nous restons √† Fretin et qu’il nous placerait √† l’√©cole libre mais nous d√©clinons l’offre et ne demandons plus qu’une chose √† pr√©sent, c’est d’√™tre au milieu de n√ītres et de les retrouver tous en bonne sant√©.
C’est alors que je lui ai demand√© de me signer aussi le pr√©sent livre. Aussit√īt le diner termin√©, nous allons r√©gler nos compte, chose que j’avais d√©j√† voulu faire plut√īt mais la vieille bonne dame songe √† son fils et ne veut rien accepter et trouve que nous l’avons assez aid√© et √† pr√©sent d√©dommag√©.
Les adieux sont donc vite fait et nous voilà partis avec nos bagages. Dédé dansant car on va voir maman, on retourne chez maman hein papa ???
Jour de repos, toujours la même chose, le temps commence à lui devenir monotone et pour nous plus long et plus



Feuilles du carnet de J.Desmont




13 juin :
La Seine est travers√©e – Paris est d√©clar√© ville libre –
Pétain déclare la partie intenable.

20 juin :
Je pars pour Enghien, j’y retrouve les m√™mes prisonniers.
Les cours sont repris en ville, Je peux aller arranger les vignes de la serre au Coll√®ge gr√Ęce √† l’intervention de Monsieur l’Abb√© Carlier Principal du Coll√®ge.
Je retrouve la sentinelle, un Alsacien qui avait d√©j√† fait la guerre 14/18 avec qui j’avais cr√©√© une amiti√© tout en ayant d√©j√† diff√©rentes id√©es derri√®re la t√™te. Je lui propose m√™me de partir et de l’y aider, par crainte pour sa famille il me dit rester √† son poste et que comme cela il pourrait aider d’autres personnes. Ce qui n’est pas tomb√© dans l’oreille d’un sourd.
Un prisonnier fran√ßais, fleuriste d’Arras vient m’aider et l’apr√®s midi se passe mieux, il raconte tous ces faits d’armes, il parle de son exploitation etc…..

21 juin
Les pourparlers continuent, les troupes occupent Lyon, la ligne Maginot est encerclée

22 juin
Progression des troupes allemandes

23 juin
La radio annonce que l’armistice est en principe sign√© entre le Reich et la France.
La France est humili√©e – livraison de l’armement complet, munitions, avions, marine etc…-
Occupation d’une zone partant en ligne de Gen√®ve √† Tours, payement des frais de cette occupation par la France.
Le soir le vieux Maréchal Pétain parle à la radio et a tendance de critiquer M. Churchill, ministre Anglais
A la radio, Londres parle du G√©n√©rale D. ( Fran√ßais) que le gouvernement l√©gal destitue; celui-ci forme une commission afin de regrouper tous les Fran√ßais qui sont en Angleterre et √† l’√©tranger et dit que c’est une honte pour le gouvernement l√©gal fran√ßais d’avoir ag√ģt de la sorte, tous les navires sont invit√©s √† battre pavillon Britannique et √† rejoindre l’Angleterre.
Pendant ce temps, les pl√©nipotentiaires discutent √† Rome les conditions d’armistice avec l’Italie.
L’arm√©e Allemande met en vente des chevaux qui se trouvent dans le parc de Moulbaix et √† Rebecq.

24 juin :
A 6h35 l’armistice et sign√©e entre la France et l’Italie √† Rome; ainsi agonise ce beau pays.
Le 13 juin le Maréchal Pétain déclarait en laissant traverser la Seine et la ville depuis encerclée, que la partie était perdue pourquoi trainer en longueur les pourparlers et ne pas faire fuir en quelques heures le plus gros et le plus précieux, le gouvernement également et les autorités ???? Il eut certes mieux valu déposer les armes simplement comme la Hollande et la Belgique que de livrer honteusement tout ainsi.
Et depuis 10 jours, combien d’hommes √©pargn√©s.
L’avenir nous r√©v√®lera peut √™tre les dessous de la question?

On apprend par l’interm√©diaire de la croix rouge et du notaire Loix qu’il a remit au Cur√© d’Ellignies, le billet signifiant la mort de Monsieur Maurice Pichon, fermier cultivateur √Ęg√© de 33 ans.
La critique des √©v√®nements actuels bat son plein, tout le monde tourne les yeux vers l’Angleterre √† pr√©sent avec anxi√©t√©.

26 juin :
Même situation, et nous sommes toujours dans le silence et sans nouvelles.
On rapporte que 1800 soldats allemands sont pass√©s √† Renaix, les mains li√©es derri√®re le dos… (Refus d’embarquement) dit-on ?
Je vais donner mes cours à Leuze et à Maulde.
Je pars pour Enghien et je couche chez Barrez à Ath.

27 juin :
Je vais √† Enghien – aujourd’hui je donne mes cours chez Monsieur le Vicaire Londeau, pour rentrer au coll√®ge, ce n’est plus aussi facile : Le soldat fran√ßais prisonnier qui m’aidait est partit pour Lot. Les allemands se sont battus entre eux – Il y a encore six cent prisonniers nouveaux venu de Soignies.
Après diverses formalités et insistances auprès des chefs et sentinelles; je puis aller travailler à la vigne à condition de me présenter toutes les heures au chef.
Je suis partit avec l’autobus et pour revenir je suis mont√© dans une petite voiture de colonne avec deux boches tr√®s gentils et aimables.
Au collège, on retient ma permission remise pour aller chercher mes livres.

1er juillet :
Le G√©n√©ral De Gaulle invite toutes les arm√©es Fran√ßaises √† s’unir et √† lutter jusqu’au bout.
Rencontre entre les troupes Roumaines, Hongroise et Russes.

4 juillet :
C’est aujourd’hui que se rendait la flotte Fran√ßaise – quelques unit√©s assez importantes se trouvent en m√©diterran√©e et ne voulurent pas se rendent et engag√®rent m√™me une bataille avec les navires Anglais : Deux grosses unit√©s de guerre fran√ßaise, le Strasbourg et le Dunkerque furent croit-on perdue.
Aujourd’hui, je n’ai pas pu p√©n√©trer dans le Coll√®ge √† Enghien – Il va √™tre transform√© en h√īpital.
14.000 francs sont accordé par la ville et payé aux boches pour remettre tous mes carreaux (vitres)

5 juillet :
Nouvel appel pour que la navigation marchande Française de se rendre dans les ports Anglais (par Mr Vicq ).

6 – 7 – 8 juillet :
Peu de nouvelles !
Activit√© de l’aviation de part et d’autres nombreuses pertes ennemies.
Aujourd’hui on annonce une entrevue entre Hitler – Von Ribbentrop et du Comte Ciano- on s’attend √† de grands √©v√®nements.
On propose au Roi de Norv√®ge d’abdiquer celui-ci refuse.
Les nouvelles se confirment de plus en plus, tous les soldats qui ne sont pas parvenus √† s’enfuir d’eux m√™me, suivent les colonnes et sont en Hollande et en Allemagne, certain disent qu’il y en a m√™me en Pologne dans les fermes et en Sib√©rie; qu’ils sont bien nourrit et gagnent un Mark par jour ?

9 au 24 juillet :
Rien de particulier. Nombreux raids d’aviation de part et d’aitres.
Sur la route Bruxelles – Tournai – Lille vive circulation continuelle – mouvement de troupes – camions d’essence et de munitions.

21 juillet :
Hier, on pouvait arborer le drapeau nationale, aujourd’hui c’est fini le conseil communal, les combattants de 14/18 assistent √† la messe dans le cœur et le "Te Deum" est chant√©, une gerbe est d√©pos√©e au monument par le Conseil Communal (Comte Baudouin)
A l’√©glise, toutes manifestations furent suspendues.

22juillet :
Les quelques centaines de soldats qu’ils y avaient au Caillois et au ch√Ęteau sont partis aujourd’hui en Allemagne dit-on. Il en reste encore 5 ou 6.

19 ao√Ľt :
A Londres est sign√© aujourd’hui l’accord des ministres Belges Huysman etc…..de rester attach√© √† l’Angleterre et de se battre √† ses c√īt√©s.
Peu d’aviation aujourd’hui, ils l√®chent leurs plaies d’hier disent les Anglais : 144 avions abattus et de nombreux raids sur l’Allemagne.

15 septembre :
On interdit de sonner les cloches des églises, elles peuvent sonner 2 fois par jour et rien que quelques coups.
La question du ravitaillement devient un problème.
-Interdiction de circuler avec des produits.
-Délivrance de permis : passe avant.
-Pomme de terre à 1fr et 1fr 75.
-Beurre 35 – 40 – 60 frs le kg.
-Blé 400 fr et plus.
-Tabac 40 à 70 fr.

21 octobre :
La garde civile monte la garde par ordre : Contr√īle des voitures automobiles seulement.
Pour la v√©rification des permis : O√Ļ allez-vous ? D’o√Ļ venez-vous ? Qu’avez-vous ? Que faites-vous ?
J’ai mont√© de garde le lundi et le vendredi : de 16h √† 22h quelques voitures seulement.
La nuit j’ai arr√™t√© un camion allemand dont deux civiles qui allaient frauder certainement, mais rien √† dire.



Autorisation allemande au nom de J.Desmont




29 octobre :
Signature en principe des accords avec le mar√©chal P√©tain et les boches, livraison de la flotte, des colonies etc….
En un mot, la France devient dépouillée complètement.
-La Gr√®ce entre en guerre avec l’Italie
-La Gr√®ce occupe les points culminants de l’Albanie, avanc√©e de 15 km dans ce pays.

4 Novembre :
Des troupes passent en masse dans la région en direction de Leuze.

8 novembre :
Je vais à la Kommandantur à Ath chercher un laissé passé pour la France

9 novembre
On annonce la mort de Sir Chamberlain ancien 1ier Lord Anglais.

11 novembre :
Toutes manifestations sont interdites.
On annonce des manifestations à Bruxelles Рarrestation, fusillades, et des tués.

12 novembre :
La radio annonce la capture de 3 cuirassés Italiens.
Des feuilles volantes circulent en masse en France et en Belgique.
-Vision de Saint Odile.
-Prédiction de la bible.
-11 novembre etc…
Les Grecs continuent leur avance en Albanie.
Les colonies se reconquièrent peu à peu par les troupes du Général De Gaulle.
15 novembre :
La f√™te du roi est f√™t√©e comme de coutume √† l’√©glise comme √† l’√©cole.
A Tarente les Italiens subissent de fortes pertes.
On dit qu’ils demandent du secours √† Hitler 1 million et demi de soldats.

17 novembre :
La nuit du 13 au 14 une temp√™te sans √©gal connue ravage tout, terrasse, de nombreuses maisons, arbres, pilonne etc…
De gros d√©g√Ęts partout dans la r√©gion et peu de maisons intacts.
Fête solennel du Roi dans toutes les villes et villages Рmesse pour les soldats, nombreuse assistance partout et belles cérémonies.
Je suis √† Lessines, apr√®s midi concert par les Fritz, pas un chien ne s’arr√™te et n’√©coute.

28 novembre :
Enghien : J’ai taill√© les arbres au coll√®ge avec la recommandation de ne plus tenir de conversations aux prisonniers.

30 novembre :
Les Italiens continuent √† √™tre repouss√© de l’Albanie par les Grecs et cela √† la ba√Įonnette.
En mer du nord et en m√©diterran√©e l’ennemi subit de lourdes pertes.
"La Grèce boue dit Mussolini, envoyez-moi des Fritz et votre macaroni file lui répondit Hitler"

Décembre est calme pour nous.
Le prix des denrées monte de plus en plus; les marchandises deviennent rares.
Le beurre à 50 frs le kg, la farine 8 Р10 Р12 fr, les pommes de terre 1,50 fr à 2 fr.
Les étoffes doubles également et triple même 300 fr le m.
Les évènements se déroulent surtout en Afrique

26 décembre :
La commission d’arrondissement passe au village, les fermiers sont convoqu√©s pour les pommes de terre ; ils doivent en fournir d’avantage. 30.000 kg pour le village.

28 décembre :
Fun√©railles de Monsieur Albert Lesaffre √† Pottes. Professeur du Coll√®ge de Leuze ; c’est le deuxi√®me professeur.
L’autre Monsieur Arnetiau de Wiers, instituteur est tomb√© dans un combat de la Lys.
30 décembre :
1940 se termine bien tristement et calmement.



Laisser passer appartenant à J.Desmont




1941



De 14h √† 15h pl√©biscite muet demand√© aux fran√ßais par le G√©n√©ral De Gaulle disant que tous les fran√ßais doivent rester chez eux, en famille de rentrer ailleurs pour se recueillir pendant ce temps, personne d’autre que l’ennemi ne doit se trouver dans la rue.

20 janvier :
Peu de changement dans la situation РLes Italiens perdent du terrain partout en Albanie, en Lybie. Les allemands doivent de plus en plus venir à leur aide.
Le gouvernement fantoche du Maréchal Pétain résiste aux allemands.
Aujourd’hui entrevue et prise de nouveaux contacts avec le Pr√©sident Roosevelt au parlement Am√©ricain.
Il fit un grand discours pacifique ou il dit qu’il veut abolir les puissances totalitaires.
Ce 20 janvier rencontre d’Hitler et de Mussolini.
De nombreux mouvements de troupes en direction du nord et des Flandres s’ex√©cutent en vue d’une attaque prochaine dit-on.
Aujourd’hui, je vais chercher une autorisation √† la commune afin de pouvoir circuler en tant que membre d√©sign√© par l’autorit√© communal comme membre de la garde civile.

25 janvier :
Le Négus rentre et plante son étendard en Abyssinie et se met à la tête des troupes et des tribus. La Lybie est envahie par les troupes Anglaise.
En Italie les allemands rentrent et prennent la direction des arm√©es. Il y a des troubles en Roumanie ou il y a eu un assassinat d’un officier allemand, la garde de fer tente de reprendre le pouvoir et la situation n’est pas brillante √† Bucarest ni en province.

27 janvier :
Des troubles se font en Italie.

30 janvier :
Laval depuis quelques jours est rejet√© du gouvernement P√©tain √† Paris il essaye de form√© un parti d’union nationale.

5 février :
P√©tain a pr√©sent√© √† Laval le mandat de ministre d’√©tat, celui-ci refuse n’ayant rien √† dire dans ce poste.
En Afrique les troupes gagnent du terrain partout – En Albanie il y a progression aussi.

13 février :
Aujourd’hui entrevue entre P√©tain et Franco. Le g√©n√©ral espagnol √† vu Mussolini avant-hier et vient sans doute demander assistance √† la France ou faire des propositions.
Aucune proposition de paix n’ayant √©t√© faite par l’Italie.
En méditerranée la bataille est grande.
Dans les Balkans les troupes allemandes se massent РEn Bulgarie de nombreux touristes pénètrent et formeront peut-être sous peu la 5ème colonne aussi.

16 février :
On annonce ce jour la remise du 1er drapeau et nouveau aux troupes belges à Londres.
Les troupes prospèrent partout.

23 février :
Les boches sont venus photographier la grotte.

1er Mars :
P√©n√©tration des boches en Bulgarie. Ils s’y √©taient d√©j√† infiltr√©s comme chez nous en civil.
Les Bulgares n’y font pas d’opposition, le Roi et le Gouvernement sont d’accord.

20 mars :
On apprend aujourd’hui la mort ( 18 ) du R.P. Wilmer, J√©suite au coll√®ge d’Enghien, apr√®s deux mois d’emprisonnement et probablement de mauvais traitements.
C’est lui qui me donna les pierres grav√©es de la grotte.

23 mars : La situation s’am√©liore toujours en Lybie et partout en Afrique.
Depuis une dizaine de jours, Mussolini a voulu lui-m√™me prendre l’offensive sur le front Grec en Albanie ; il a dut rentrer en Italie le 7√®me jour en laissant une perte de 50 √† 60.000 hommes, tu√©s, bless√©s, prisonniers.
Depuis quelques jours la pression allemande se fait sentir en Yougoslavie, nous esp√©rons en sa r√©sistance quelques ministres sont pour les puissances de l’axe, mais le peuple et l’arm√©e est contre.

25 mars :
Le gouvernement Yougoslave accepte de faire partie de l’Axe. Les ministres sont partis signer celui-ci √† Vienne. Le peuple est m√©content, les troupes allemandes doivent traverser ce pays. Les lignes de chemin de fer sont c√©d√©es pour ses besoins.
La situation s’√©tend – l’Italie √† perdu en Afrique, depuis le d√©but de la campagne plus de 200.000 hommes avec les prisonniers.

27 mars :
Un retour des choses se produit, ce matin en Yougoslavie, le jeune Roi Pierre II (18 ans) prend la direction et forme avec l’arm√©e un nouveau gouvernement qui ne reconna√ģt pas la participation au pacte, des ministres et d’autres sont fait prisonniers, des manifestations enthousiastes ont lieu √† Belgrade. 1 million 300 mille hommes sont mobilis√©s. Dans le monde entier vive satisfaction.
Un recul partout en Albanie et en Afrique.
Jusqu’√† ce jour, en Angleterre 28.000 tu√©s par les bombardements et 40.000 bless√©s.

28 mars :
Aujourd’hui √† l’aube l’Allemagne d√©clare la guerre √† la Yougoslavie.
Semaine Sainte du 6 au 13 :
Les allemands avance en Yougoslavie et prenne la direction de l’Egypte.
Fin de semaines la situation se rétablit avance des alliées en Ethiopie.
Les troupes en repos ici a Anvaing depuis 6 mois partent ; plusieurs filles et femmes en ont du regret, petite affichette plac√©e le jour de P√Ęques au matin en parle avantageusement…..

9 avril :
La Hongrie viole ses pactes et déclare la guerre à la Yougoslavie

12 avril :
Le Japon et la Russie signe un pacte de neutralité.

23 avril :
Le Roi Georges et le gouvernement grec se r√©fugient dans l’Ile de Cr√®te.

26 avril :
Le Roi de Yougoslavie se réfugie à Jérusalem.
Le Gr√®ce se d√©fend aves acharnement et inflige de nombreuses pertes √† l’ennemi.
L’Allemagne demande √† pr√©sent le passage √† l’Espagne afin d’attaquer Gibraltar, visant ainsi le canal de Suez.
Fin avril : Le Grèce et la Yougoslavie doivent reculer et céder le terrain enfin capituler armée par armée.
Ils luttent jusqu’au bout et l’ennemi a perdu beaucoup d’effectif, beaucoup de morts.
En Afrique Tobrouk résiste vaillamment.

12 mai :
Hier soir est arrivé en Ecosse du Nord Rudolf Hesse vice chancelier du Reich en fuite.
En parachute il descendit dans le jardin d’un laboureur et il dit ne jamais avoir √©t√© aussi heureux que de se trouver l√† chez ses paysans.
Hitler et ses partisans vus son d√©part veulent le faire passer pour un fou. C’est un fait tr√®s marqu√© et sensationnelle entre tous, fait qui certainement aura une grande r√©percussion partout et surtout sur le moral allemand.

19 mai :
Aujourd’hui anniversaire de notre d√©part pour la France ; journ√©e m√©morable et inoubliable entre toutes.
En Syrie Les allemands s’infiltrent en masse et atterrissent sur les a√©rodromes.
Le gouvernement de Vichy trouve pour excuse qu’il s’agit de simples atterrissages forc√©s.
(Mais par quarantaine).

20 Mai :
On apprend aujourd’hui la capitulation de l’arm√©e d’Abyssinie par le Duc D’Aoste Vice Roi. 18 √† 19.000 prisonniers.
Dans l’Ile de Cr√®te s’ex√©cute une grande bataille par air et par mer – transport de troupes par air et beaucoup de parachutistes.
Les allemands r√©clament le retour de l’Ambassadeur des Etats-Unis imm√©diatement pour le 10 juin.

27 mai :
Il y a trois jours les Anglais ont perdus un grand navire avec 1.300 hommes vers le Groenland atteint par le meilleur navire allemand le Bismarck qui a son tour aujourd’hui est coul√© √† son tour.

28 mai :
Le Pr√©sident Roosevelt √† fait un grand discours de soutien des nations libres et d√©clare que l’Am√©rique barrera la route au nazisme.
Sur la c√īte Africaine un navire avec 3.000 hommes est coul√© par un sous marin Anglais, 5 autres sont aussi coul√©s.
La Crète est abandonnée par les Grecs et les Anglais.
En Irak les troupes de Rachidami rejoignent leurs anciens chefs.

7 juin :
En Syrie ou l’on voit la collaboration, celle-ci laisse prendre possession de plusieurs a√©rodromes par les boches.
Les troupes Franco-anglaise p√©n√®trent le matin √† l’aube sans r√©sistance de leurs fr√®res d’armes avec le G√©n√©ral Collette en t√™te qui venait de fuir ce pays de collaboration.

15 juin :
Les troupes de Syrie continuent leur avance devant Beyrouth.

21 juin :
Les allemands d√©clarent la guerre √† la Russie, celle-ci est puissante en avions, parachutistes, tanks etc….
Fin juin Les Russes infligent de fortes pertes en hommes et mat√©riel, il parait qu’il y a eu une terrible boucherie de la part des boches ; ils agissent tout deux en pouss√©e de colonne de chars d’assaut.

10 juillet :
Les allemands ont demandé une trêve de trois jours afin de ramasser leurs morts.

13 juillet :
La Syrie et le Liban demande l’armistice et redeviennent libres.
Les habitants de la ville de Roubaix sont condamnés à rentrer chez eux tous dimanches à 15 heures pour faits de résistance et de sabotages.
La ville de Bruxelles reçoit 5 millions pour la proclamation lors du départ forcé du bourgmestre Van de Meulebrouck.
Fin juillet, les mêmes actes de sabotages continuent toujours à Roubaix.
Dernièrement on a retrouvé des personnes pendues avec une pancarte "Charcuterie à vendre sans tickets, sans timbres"

15 ao√Ľt :
La situation ne change pas РEn Russie sur un front de 2.500 km les boches sont bloqués.
On annonce cependant depuis quelques jours qu’ils progressent un peu – La ville de Smolensk est maintenant prise. Les Russes avaient tout d√©truit et enlev√© avant de reculer ; voir m√™me empoisonn√© les puits ce qui rend la marche de l’ennemi difficile.
Les bombardements sur l’Allemagne sont de plus en plus actifs et surtout significatif.

25 ao√Ľt :
Les troupes Russes et Anglaises rentrent d’un commun accord dans l’Iran ou les allemands s’y √©taient d√©j√† infiltr√©s sous toutes les formes et dans toutes les administrations ; de nombreux d√©p√īts de munitions, d’armes, y √©taient cach√©s.
Sur le front Russe la situation change peu, légère avance des allemands.
Il y a là une boucherie sans pareil surtout pour les allemands.
Fin septembre : Assassinat du Notaire . . . . . . ( rexiste ) tentative sur Peeters mais se firent 3 boches de la gestapo qui tombèrent sous les balles.

12 octobre :
Les Russes continuent à se défendre avec acharnement, Leningrad a été abandonné.
Depuis 4 jours les allemands reportent toutes leurs forces en direction de Moscou.
Ils ont fait une avance de plus de 100 km.
Ils paraissent de nouveau maintenus. Il se passe dans ces secteurs des combats effroyables. Ils visent surtout le Caucase et ses richesses l’Ukraine.
En Belgique le ravitaillement devient de plus en plus sévère et difficile.
Il faut livrer de nombreuses bêtes.
Les transports de fruits, de pommes de terre n’est plus autoris√©. ( 2 kg par m√©nage )
Le 9 à midi Mr Delcroix, Bourgmestre de Forest est prié de suivre les autorités soit disant pour livraison insuffisante de bétail dans la commune.

21 novembre :
Les troupes allemandes essaye vainement de prendre Leningrad et ensuite Moscou , cinq fortes offensives viennent déchoués, une sixième est en cours vers Toula.
Dans le Caucase il y a de fortes attaques.
En Crimée à Sébastopol la situation reste la même.
L’hiver cause de s√©rieux effets sur l’arm√©e allemande, les soldats qui rentrent en Belgique en permission ont les pieds gel√©s ainsi que les oreilles et le nez.
La discipline commence √† faire d√©faut chez ses derniers et disent qu’ils ne veulent plus retourner en Russie.
Hier a commencer l’offensive Anglaise en Lybie ( Sidi omare ??? , Tobrouk ) Les allemands de d√©noncer la voix du Christ en raison de leurs vœux contre la fausse religion unique que l’on veut imposer aux allemands.
Ici au village rien de particulier, on parle de la réquisition des cuivres.

29 novembre :
On livre les cuivres √† la commune, il faut fournir du cuivre 100 points suivants les revenus de 1939 – 100 point valant un kg de cuivre jaune, ¬Ĺ kg de rouge, 2 kg de plomb.
Il parait que ce sont les soit disant plus patriotes qui montr√®rent l’exemple, c’est-√†-dire les grosses l√©gumes.
Je ne fournirais rien, ce n’est pas une obligation d’avoir des cuivre, s’il faut payer, je payerai (20 f par 10 points manquants).

1er décembre :
Les allemands sont refoulés de Rostov vers Moscou, la 6ème bataille fait rage partout sur le front et ils ont tendance à reculer.
Il reste 30 jours √† Hitler pour tenir sa promesse solennelle d’apporter en 1941 la victoire finale.

6 décembre :
Les armées Russes prennent la contre offensive sur tout le front.

8 décembre :
6h30 Le Congrès Américain déclare la guerre au Japon.
Celui-ci a d’avance attaqu√© diff√©rents Iles en autre les Philippines.
On poignarde un allemand dans le dos √† Bruxelles, prises d’otages, fermeture des lieux de plaisirs, bombardement vers l’h√īpital militaire, une dizaine de tu√©s.
Aujourd’hui huit d√©cembre par lettre du Cardinal, celui-ci annonce le mariage du Roi L√©opold avec Melle Baels fille d’un ancien ministre r√©sidant √† Bruges. Ce mariage remontrait au 11 septembre et elle aurait pris le nom de Princesse de Rety ( petit village de Campine ), elle renonce √† √™tre Reine et ses enfants au tr√īne.
Les conversations ne sont pas favorables à son égard.
D’abord, il est soldat prisonnier – les √©v√®nements, sa dignit√© de Roi, son rang, etc…
L’annonce trois mois apr√®s ; l’avenir nous apprendras la suite de l’histoire de ces √©v√©nements.

9 décembre :
5 nations américaines se joignent aux Etats-Unis : Equateur, Venezuela, Mexique, Panama, Colombie.
En Russie recul sur tout le front. Surtout au sud, on annonce 7.000 morts, 3 divisions en déroute sur Moscou.

14 décembre :
On fusille 100 otages à Paris dont un gamin de 17 ans et un mutilé de la guerre de 1914.

1942



15 février :
Les √©v√®nements suivent leurs cours partout en Russie, les russes gagnent du terrain sur tout les fronts malgr√© les -40¬į, ils ont avanc√© de plus de 150 km par endroit.
C’est le G√©n√©ral Thimochenco qui conduit toujours la situation depuis 10 jours et ils ont repris 80 villes et plus de 4.000 villages.
Les Japonais occupent Malacca ; Singapour est pr√™t √† tomber ; Ils occupent de nombreuses √ģles.
En Lybie le G√©n√©ral Rommel a repris du terrain depuis 15 jours – L’arm√©e Anglaise se replie au-del√† de Benghazi.

16 février :
On annonce aujourd’hui la chute de Singapour grand point strat√©gique.

9 mars :
Une sentinelle est tuée à paris, 20 otages sont fusillés.
Les usines Renault de Paris sont bombardées 400 tués 1.000 à 1.500 blessés.
Depuis huit jours sur le front de Leningrad 96.000 allemands sont encerclés 12.000 tués.
Java est forment menac√©. En Syrie c’est stationnaire.

22 mars :
Un débarquement par mer et par terre et aviation a eu lieu à Saint Nazaire, il réussit parfaitement.
On annonce aujourd’hui la condamnation de Jean Duroeulse fermier d’Anvaing √† 1 an de prison et 13.000 fr d’amende pour trafic.
Ce 22 mars, Monsieur l’Abb√© Briffeuil, cur√© √† Pottes est arr√™t√©, maltrait√©, jet√© par terre, plein de coup, ceci pour ne pas avoir r√©pondu √† l’appel de la police parait-il qu’il aurait r√©pondu √† la police : ‘’ je n’ai pas le temps, j’ai autre chose a faire, je dois chanter une messe d’enterrement. Le troisi√®me jour ils l’emmen√®rent (Plusieurs visites chez lui et ailleurs pour des mati√®res inflammables sur les greniers.)

3 avril :
Depuis un mois la situation n’a gu√®re chang√©.

15 mai :
Confirmation au Grand Collège Saint Augustin.
Monseigneur Delmotte Evêque de Tournai a tenu à faire une visite pour fêter intimement
le retour au Collège РBelle petite cérémonie РDiner des professeurs et quelques autres invités.

28 mai :
Le Mexique √† d√©clar√© la guerre √† l’Axe. Le chef supr√™me de la gestapo est bless√© dans un attentat √† Prague (Ebricht) ?????
Depuis trois jours l’offensive a √©galement repris en Lybie.

31 mai :
Mille bombardiers exécutent un raid sur Cologne et la Ruhr.
La bataille de Karkhov semble termin√©e √† l’avantage des Russes qui perdent 75.000 hommes et les allemands 90.000 tu√©s plus les disparus.
En Lybie les alliés avancent légèrement.

11 Juin :
Des troupes arrivent de nouveau à Enghien, quelques centaines au Collège.
Nous restons quand même et continuons à disposer des classes seulement, tout le reste est occupé.

15 juin :
On a enlev√© √† Forest Victor Toni √Ęg√© de 70 ans. Mort dans un camp de concentration.
Motif : Avoir hébergé un Anglais sur qui on venait de trouvé la carte de visite de Victor à Bruxelles
Au coll√®ge d’Enghien 3 boches se sont donn√© la mort, cela prouve qu’ils en ont assez.
Cependant ce sont des jeunes de 18 ans.

16 juin :
Depuis huit jours, la radio demande √† la r√©gion du littoral d’√©vacuer au plus t√īt des c√ītes Belges aux Pyr√©n√©es ; on craint un d√©barquement sans tarder.
Elle annonce son ferme espoir de vouloir terminer la guerre en 1942 et dit la nécessité de rétablir un deuxième front.
De grandes r√©unions Anglo – Franco - Am√©ricaine on eut lieu depuis une quinzaine de jours ; on a l’impression de grands √©v√®nements sans tarder.

21 juillet :
F√™te Nationale : On annonce la naissance d’un prince √† la cour.
En Afrique, depuis un mois la situation √©tait devenue pr√©caire, les allemands sont en direction d’Alexandrie, Tobrouk est de nouveau entre les mains des allemands.
Aujourd’hui les alli√©s ont l’air d’avoir repris le dessus et semblent am√©liorer la situation.
En Russie les allemands avancent vers le Caucase. Rostov est à nouveau occupé.
Sur le reste de front, ce sont les Russes qui progressent.
En Belgique et en France, il y a de grands mouvements de troupes, partout on a l’impression qu’il y aura bient√īt des √©v√®nements.

26 ao√Ľt :
En Russie les allemands progressent vers le Caucase avec énormément de pertes.
Le 20 : il y eut un grand débarquement à Dieppe avec tanks Рenvirons 200 avions ennemis ont été abattus ainsi que 90 avions alliés.
Le peuple est inquiet et attend la tournure des évènements.
Les vols continuent, le pillage des récoltes par les glaneurs.
Le blé est à 50 Р55 fr le kg
Le sucre est 40 à 60 fr le kg
Le cochon est à 170 fr le kg
Le bœuf √† 125 fr
Le beurre de 210 à 250 fr le kg et plus.
Le sel à 11 fr
Les poires à 10 fr le kg

15 septembre :
Depuis trois semaines, ils sont en face de Stalingrad : nombreuses pertes.
Madagascar est occupé par les Anglais.
Hier à la cathédrale de Tournai eurent lieu des funérailles solennelles pour 3 rexiste tombés en Russie (Légion Wallonne)
Le clergé belge refusa de célébré la cérémonie sous les ordres de Monseigneur Delmotte ?
Un allemand aum√īnier militaire c√©l√©bra l’office.
Cette nuit, c’est-√†-dire hier √† 7 heures du soir Urbain Tonniau de Cordes est assassin√© avec une carabine (en veillant sa culture d’oignons). MYSTERE
A Estaimpuis, le Bourgmestre Rexiste est aussi abattu
A la ferme Collin √† Frasnes, on y br√Ľle les r√©coltes et la batteuse.

26 septembre :
Depuis 8 jours les allemands sont en face de Stalingrad РIls sont arrêtés dans le Caucase.
Les russes contre attaquent ainsi qu’en Afrique.

18 octobre :
Stalingrad tiens toujours, partout ailleurs rien de chang√©, il n’y a plus de progression sur aucun front.
On prend aussi bien les civils somme travailleurs volontaires.
Monsieur l’Abb√© Delm√©e Principal du Coll√®ge de Kain et 2 autres professeurs de langue, et le Cur√© de Kain-la-Tombe sont enlev√©s depuis la semaine derni√®re.(Colonel Dropsy)
On rapporte que la pers√©cution Juive se poursuit √† outrance, en Hollande il parait qu’on les d√©porte pour les extermin√©s avec quelques bagages et tous les papiers. Ils montent en voiture et dans les camions mais n’en sortent plus vivant
L’h√©ritage des propri√©t√©s de tous, leurs biens sont accapar√©s.

23 octobre :
Les alli√©s reprennent l’offensive sur le front d’Egypte.
Stalingrad tiens toujours c’est le 83√®me jour.

1er Novembre :
Les succès sont masqué en Egypte, 2 Généraux, 1 tués 1 prisonnier allemands 9.000 hommes, de nombreux char capturés

8 novembre :
Les Am√©ricains d√©barquent √† Alger et √† Oran ainsi qu’au Maroc, de nombreux prisonniers. 5 divisions Italienne captur√©es.
Nombreux messages du Président Roosevelt, du Général De Gaulle.
Le G√©n√©rale Giraud √©vad√© d’Allemagne se trouve et parle ce matin √† 8 heures √† Alger
La victoire se dessine enfin √† l’horizon et elle pourrait se pr√©cipit√© plus vite qu’on ne le croit ; il ne doit pas avoir de r√©sistance.
Le Maréchal Pétain a envoyé un message aux Africains de résister aux Américains.

10 novembre :
Il y a peu ou pas de résistance dans les colonies, les troupes alliées progressent partout
Du c√īt√© de la Lybie elles atteignent Solum.
Tunis donne le libre passage aux troupes alliées.
L’Amiral Darlan se trouve √† Alger- Quoi se sauve-t-il.
Laval aussi a disparu, le Gouvernement de Vichy est donc sans chef РPétain est seul.

11 novembre :
Ce matin Hitler d√©cr√®te l’occupation compl√®te de la France.
De suite un appel est lanc√© par l’Am√©rique et le G√©n√©rale De Gaulle, √† tous navires Fran√ßais se trouvant sur les c√ītes de la France libre, en mer ou ailleurs de rejoindre les bases d’Alger, d’Oran et autres ports Alg√©rien et de ne pas rester entre les mains de l’ennemi.

1943



11 avril :
Les russes ont repouss√©s les boches partout, l’hiver leur fut favorable et ils ont repris √©norm√©ment de terrain. La situation fut plut√īt r√©guli√®re et progressive, actuellement ils sont √† Karkhov, dans le bassin du Donets.

11 mai :
On parle que la cloche "Marie Pontoise" de la cath√©drale de Tournai va √™tre livr√©e aux allemands et que c’est un Tournaisien qui est charg√© de faire cette besogne.
La Tunisie et l’Afrique enti√®re sont d√©barrass√©es de la horde teutonne.

14 mai :
La R.A.F. rompt 2 immenses barrages dans la Ruhr dans les environ de Dortmound et de Cassel, 1 de 20 million de litres et l’autre de 130 million de litres, inondation terrible au alentour, par endroit plus de 10 m d’eau sur plus de 10 km. Un beau coup qui arr√™te toute l’industrie, l’√©lectricit√© locale et l’armement.

21 mai :
On arrête les notaires Loix père et fils à Frasnes

8 septembre :
On apprend aujourd’hui le d√©c√®s du neveu de la famille Moulard d’Anvaing; Fernand Vandoslaere d√©c√©d√© hier √† la suite du bombardement de Bruxelles. Nombreuses victimes √† Etterbeek.
Depuis quelques temps, des centaines d’avions bombardiers et chasseurs sillonnent le ciel – Bombardement de tous les champs d’aviations.

18 septembre :
Les alli√©s tiennent bon √† Salerne et ont depuis deux jours fait la jonction avec les troupes venant de Bari dans l’Adriatique. A Naples les d√©barquements continuent et le tout marche de l’avant.
En Russie forte avance partout ; ils sont à Kiev jusque la mer Noire

21 septembre :
Les Fran√ßais d√©barquent dans l’Ile de Corse – Churchill annonce que 3 fronts sont en M√©diterran√©e, le 2√®me en France et le 3√®me en Belgique Hollande.

Ce 21 septembre : jour de deuil pour nos cloches elles sont parties √† 1 h : √† 11h15 la grosse descendait sous l’œil triste de beaucoup de spectateurs du village.
Une vingtaine d’individus et un boche firent cette sale besogne.
Le Bourgmestre et Monsieur Le Cur√© essay√®rent un peu mais vainement pour les conserver. Si seulement ces derniers avaient laiss√© l’initiative de les voler !!! Mais ils ne voulurent pas.
Ailleurs on les fit sonner et parfois leur d√©part fut accompagn√© de manifestation, de Braban√ßonne et hu√©. C’√©tait triste de voir cela pour qui raisonne et pense bien.
Le silence en dit peut-être plus long.


Feuille du carnet de J.Desmont relatant l'enlèvement des cloches



1944



19 février 1944 :
Les allemands tiennent toujours au sud de Rome à Nettuno la campagne est dure.
En Russie, l’arm√©e russe avance fortement mais il y a de nombreux km ; ils sont en Pologne et en Lituanie.
On parle toujours de d√©barquement sur les c√ītes, celles-ci sont bombard√©es tant et plus, il parait qu’il ne reste plus rien.
-Par ici les actes de sabotages vont leur train et de plus en plus; huit jours ne se passent sans que les voies de chemin de fer ne sautent.
Dergneau РFrasnes РGrandmetz РAnvaing Рet ailleurs et parfois des répétitions générales pour tout bloquer partout.
2 allemands ont √©t√© assassin√©s le 27 janvier au soir √† Leuze; √† Renaix nous faisons sauter une cabine √©lectrique Encore un peu j’√©tais ramass√© par une personne qui se faisait passer pour un receveur chez nous.(C’√©tait un Rexiste.)
Des otages furent enlevés, à ce jour 40 sont encore tenus.
Dans le Hainaut à la suite de ceci, le couvre feu est à 8 h et le matin à 7h.
On tue des rexistes partout.
On vole dans les trains, le courrier dans les bureaux de postes (argent et détournement des lettres douteuses sans doute) ; les timbres de ravitaillement immédiatement après les distributions quand la police a disparu des individus armés arrivent.
Les registres de population, les cachets des communes pour la confection de fausses cartes d’identit√©s sans doute.
En mars, on dit que ce sont les allemands qui prennent en main le ravitaillement et le contr√īle des transports.
La chasse √† l’homme continue mais au ralenti, plut√īt sur d√©nonciation.
Ainsi la semaine dernière 5 personnes furent arrêtées à Dergneau et à Saint Sauveur.
1 de Dergneau , 4 Borains et Ardennais ? De l’arm√©e Blanche arm√©e? Et deux femmes chez qui ces personnes se cachaient et se logeaient…………………….

 
 
Note: 5
(1 note)
Ecrit par: prosper, Le: 17/01/12


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