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Par Bauwens




Le canal de Schipdonk , officiellement appelé , Dérivation de la Lys .
Le canal de Schipdonk traverse la province de Flandre orientale et l [Suite...]

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Rss Carnet de M.Joseph Desmont
Le texte ci-dessous est une retranscription – aucun mot, tournure de phrase, fautes d’orthographe, nom de patronyme ou de villes cités (sauf quelques noms de villes étrangères) n’y a été changé afin de garantir l’authenticité – d’un carnet que M. Joseph Desmont tint depuis le 19 mai 1940 jusqu’au mois de mars 1944.
Le carnet reprend non seulement l'exode de M.Desmont mais également des notes lesquelles se rapportent à différents moments de la Seconde guerre mondiale tels qu'il les a vécus




Joseph Desmont en 1940



1940



Dimanche 19 mai 1940
Les allemands sont signalés à Bruxelles et Anvers – Ils avancent fortement au-delà de Namur – Les réfugiés continuent à fuir devant l’ennemi.
L’heure à sonner aussi pour nous de fuir et de nous rendre à notre devoir.
Après la messe basse l’on décide de partir tous, déjà à 9 heures un groupe part.
Nous autre, (François et Louis Bourdeaud’huy, Eloi d’Ogimont, son beau frère et Maurice Lequint) nous décidons de partir à midi.
Ces trois derniers pris de peur partirent à 10 heures et les autres aussi me pressèrent, nous partîmes donc vers 11 h.
Avant cette heure indescriptible de résignation et de sacrifice ou il faut tout quitter ce que l’on a de plus cher et sans savoir si jamais l’on se reverra, c’est un moment qui compte dans la vie et qui brièvement passe et repasse sous toutes ses formes et ses angles.
Le passé et l’avenir à entrevoir et qui vous fait frémir, car nous ne savons ce qu’il nous réserve, j’ai grande confiance en vous N.D. de Lourdes qui avez toute puissance en votre fils N.S.J.C.. C’est pourquoi je suis allé à vos pieds une dernière fois vous implorer et placer toute notre famille sous votre protection et votre garde – C’est dur de quitter son foyer et c’est pour ses chers petits enfants qu’il faut partir avec le ferme espoir du retour pour les élever convenablement et chrétiennement.
On a le cœur gros, la gorge serrée, on tremble sur soi, l’on ne s’appartient plus, en hâte tous les paquets sont prêt et arrive l’étreinte de la séparation, moments indescriptible, ou les petits appelle papa – Dédé – papa Dédé et nous voila partit pour l’aventure –
Où ? Pour combien de temps ? Comme des voleurs qui ont fait un mauvais coup et traqué par la police.
Nous prenons la route de Cordes pour Mouscron, à Cordes, je pense que j’oublie mon argent Français, Je confie Joseph mon fils ainé à François et un rapide demi tour me ramène au foyer serrer une fois de plus tout ce qui m’est le plus cher au monde.
En route ce n’est que réfugiés, l’interminable défilé des trois ou quatre jours précédent qui s’accumulent aux frontières ou un mot d’ordre est donné "personne ne passe" et c’est ainsi depuis deux jours.
J’oublie de dire que comme nous partions de la maison, Marcel Broignier et Joseph Diriq viennent se joindre à nous.
A Mouscron comme j’avais encore beaucoup de connaissance je suis allé voir la servante de Monsieur Coulon qui est toujours dans sa grande maison à la rue des Brasseurs, là, nous eûmes un bon lit pour dormir.
Après avoir fait tout les postes frontières, du Mont à Leux, de la Marlière et autres petits passages intermédiaires, nous dûmes donc nous résigner de rester à Mouscron

Le lendemain matin Lundi 20 : Nous fîmes à nouveau le même manège rencontrant partout des amis et si nous avions été ensemble et nos bagages un gendarme français nous aurais laissé passé, malheureusement lui descendait de garde et nous, nous n’étions pas prêt, le bruit courrait cependant que nous allions pouvoir passer dans la journée vu la précipitation des évènements.
Il est 10h30, Après une vaine attente sur le pavé le passage est ouvert, je file avec les autres sur Wattrelos en quête de nouvelles, chez Deltour nous déjeunons, chez Monsieur Imbrecht nous allons prendre le café et nous partons pour Roubaix, Mouveaux, Wambrechies en direction de La Bassée, Béthune, pendant un temps assez long nous avons pu nous éloigner de la colonne de réfugiés vers Béthune ou nous l’avons reprise jusque Herdigneul. Décrire ce lamentable cortège d’autos, camions, voitures de toutes sortes, poucettes, brouettes, vélos, enfin tous moyens de transports possibles et inimaginables, chargé tous de toutes choses les plus diverses, linges, vivres, animaux, ustensiles de cuisine etc. . . . . . Le tout poussé dans la même direction, 2 rangés de véhicules, la 3ème passant très difficilement, devant très souvent céder la place au mouvement inverse ou à l’armée.
Les piétons et les cyclistes s’enchevêtrent, passent, contournent toutes ces misères ambulantes pur arriver plus vite "fuir" La poussière et l’odeur des gaz tant on en a déjà avalé.
Vers La Bassée nous rencontrons Jean Declerq de Néchin professeur au Collège de Mouscron et le domestiques de ce Collège.
Nous trouvons des belges qui nous convient à boire un bon verre de champagne avec eux, nous y goutons en même temps puisque nous étions au repos, nous prenons quelques bouteilles pour la soif, pour ma part j’avais quatre bouteilles de champagne et deux autres; Dédé y fit honneur et à tout moment demandait une goutte de vin, si bien que le soir il dansait sur la selle de mon vélo.
Vers 9h nous arrivons à Hesdigneul à la ferme de Madame Lecomte Fernand (Hesdigneul les Béthune dans le Pas de Calais) après avoir fait au moins 80 km, nous avons dormi sur un foin de trèfle après avoir mangé et Dédé après avoir absorbé un grand bol de lait.
Nous sommes réveillés par un fort mitraillement et par les bombes tombées dans les alentours.

Mardi 21 mai : Après un rapide nettoyage et un petit casse croûte nous reprenons la colonne en direction de Saint Pol par Bruay jusque Troisvaux comme nous ne pouvions plus passer à Saint Pol vu la présence des boches nous avons voulu contourner Saint Pol et nous somme allé par Hernicourt, Wavrans et Bernicourt ou nous avons couché dans le Presbytère désaffecté et les gens n’étaient pas du tout honnête.

Mercredi 22 mai : Nous nous mettons en route sans rien prendre, sans nous laver puisqu’il n’y avait rien.
Nous partons en direction d’Abbeville par Humeroeuille jusque Eclineux ou l’on nous dit qu’il n’y a pas encore moyen de passer tout le monde veut faire demi-tour.
A Troisvaux fatigué nous décidons de nous reposer un peu à l’ombre dans une prairie, il est midi et c’est aussi l’heure du repas.
En allant voir l’indicateur, j’entends que l’on m’appelle, des connaissances sans doute, qui du reste seraient passées 100 fois à mes côtés et que je n’aurais pas reconnu et du reste je ne les connaissaient pas assez non plus; ce sont des belges et trois anciens élèves du collège d’Enghien, Messieurs André, Lucien, Julien Van Hecke de Baleghem très heureux de se rencontrer Ils décident de rester avec nous mais ils ont des camarades et forment déjà un petit groupe de huit, ensemble nous formons un peloton de seize.
Arrivé à Wavrans comme je désirais aller plus loin au-delà de Saint Pol volontairement nos camarades Broigniez et Diricq qui ne veulent pas venir plus loin dans la direction de l’ennemi, ils préfèrent suivre la colonne par Anvin et Esdin ou ils trouveront aussi la route barrée et nous nous dirigeons vers . . . . petit village paisible que viennent de quitter précipitamment, les troupes Anglaise et d’autres réfugiés reviennent de cette direction et nous disent qu’il ne faut par aller dans cette direction non plus, que les boches sont déjà dans cette contrée. La panique s’empare de notre groupe et le domestique du Collège nous abandonne aussi.
Dans ce village une ferme était abandonnée et comblée de provision abandonnées par les troupes anglaise et déjà le pillage s’organise même avec des tombereaux.
Nous aussi nous faisons notre ravitaillement de toutes espèces, boîtes de conserves de viande, fruits, légumes, lait, sucre ect…. plus loin sur la route une quantité de bidons d’essence sont aussi abandonnés ce qui fait le bonheur de certains automobilistes réfugiés.
Nous nous décidons alors de reprendre la colonne à Anvin, nous décidons de faire une halte et même en fin de compte d’y chercher un gîte, un vieux moulin à eau situé au bord d’un bois, nous tentons d’y passer la nuit, le bruit de l’eau étant plus harmonieuses que le crépitement des mitrailleuses et le vrombissement des moteurs et le son lugubre des bombes semant la mort, le désarroi et la terreur partout.
A peine avions-nous mis pied à terre et sollicité notre ébergement voici une trentaine d’avions au dessus de nous et sans attendre Boum ! Boum ! Tout autour de nous, collé contre les murs épais de la grange tremblant de peur, impressionné par les secousses et le déplacement d’air, le petit Joseph apeuré criait, piétinait entre mes jambes et le mur.
A ce moment écoulé ou certainement nous étions près de la mort nous nous remirent de notre forte émotion, de nouveau nous dûmes rentrer pour un second bombardement, la gare était visée probablement ainsi que le convoi des réfugiés.
Bref nous décidons alors de ne plus rester un instant de plus dans ces lieux et en sortant du moulin nous voyons une femme blessée à la tête, un enfant tout ensanglanté, une petite maison complètement détruite, la gare très endommagée et beaucoup d’autres maisons encore.
Nous décidons alors de quitter ces lieux et de continuer notre route vers des villages moins exposés par ou nous atteignons Bernicourt à la tombée de la nuit ; il n’y a pas grand monde dans le coin, les gens sont partit de peur, nous trouvons un presbytère abandonné qui nous abritera pour la nuit, il y a de la paille et quatre luxembourgeois y sont déjà installé. Tellement nous avions eu peur à Anvin tout le monde c’est couché sans souper, une réfugiée apporte un grand bol de lait à mon petit fils Joseph et l’on se couche.

Jeudi 22 mai : Il est un peu plus de 4 heures, l’aviation est déjà très active et mitraille dans les parages – Nous croyons même que nous sommes cerné – En hâte nous rangeons nos paquets et vivement nous continuons notre route en direction d’Abbeville par les petites routes. A Eclineux nous devions traverser la grande route de Saint Pol en direction d’Abbeville, 500m encore à faire, deux jeunes gens nous font rebrousser chemin disant de ne pas aller plus loin qu’un allemand est la avec sa mitraillette décidément nous ne pouvons atteindre notre but de gagner le pays libre, je suis tout désemparé, découragé, dégoûté même que faire à présent puisque nous sommes encerclé de partout, revenir en arrière, peut-être essayer de rentrer en Belgique ou attendre ailleurs les évènements? Ce que nous décidâmes. Nous reprenons donc le chemin du retour par les petites routes et en direction de Wavrans vers Bethune.
En arrivant à Wavrans sur la grande route nous tombons nez à nez à notre grande stupéfaction, en face de cet ennemi qui nous traque partout. Une longue colonne blindée, motorisée, chars, autos, motos, camions, défilent devant nous; les hommes nous regardent, guettent les alentours sur leur passage mais ne nous disent rien ni aux autres civiles non plus.
Du reste on venait de nous le dire et même qu’ils ne faisaient pas de prisonniers, ils enlevaient seulement les casques et les fusils qu’ils cassaient parterre.
Nous sommes un peu glacé par ce défilé, cette vision d’horreur de ce spectacle de la mort.
Aussi nous filons vite hors de ces lieux en passant par Pernes, petit bourg au fond de la vallée et qui à certes un aspect souriant, donne l’impression d’une ville abandonnée, en effet un récent bombardement là mis en émoi, assez bien de maisons sont endommagées, partout des façades arrachées, des tuiles, des vitres sur le pavé.
Une heure avant notre passage, les teutons en patrouille avaient désarmé 4 soldats français.
Au moment ou nous arrivons sur la grand place une ambulance française file avec des blessés qu’elle vient de venir chercher.
En sortant de cette localité nous avons juste le temps de nous abriter dans une ferme car les avions qui mitraillent les convois et pendant une heure dure le manège autour des fermes.
Enfin nous nous mettons en route et à vive allure nous filons par petits groupes.
Nous arrivons à nouveau à Hesdigneul ou nous demandons de nouveaux abris pour la nuit à la même ferme ou nous étions arrivé en passant, le fenil n’étant pas occupé nous nous abritons pour la 2ème fois.
A peine étions nous arrivé qu’une patrouille descend la localité, un officier révolver au poing pénètre dans la cour de la ferme tout en regardant s’il n’y a pas de soldats, une quarantaine de réfugiés sont au moins sur la cour et dans les bâtiments, dont deux agents de ville de Bruxelles, ceux-ci délesté de leur casque que l’officier emporte.
Une heure plus tard ils repassent avec derrière eux un tank et des soldats français dessus capturés et prisonniers probablement.
Le reste de la journée se passe sans incidents sauf que l’on entend un roulement de détonations pas bien loi, c’est paraît-il un dépôt de munitions qui continue de sauter.
Un souper de tripes pour 15 frs réunis toute notre bande et ensuite après avoir écouté la radio qui ne nous apprend plus rien de nouveau nous allons nous reposer un peu de cette journée mouvementée.
La nuit les détonations du dépôt continue. Le matin nous nous sommes mis en route assez tôt ayant une étape assez longue à faire.
Nous n’eûmes pas le temps d’attendre le café ni le lait car les gens de la maison étaient très occupé, la fille dont le mari est soldat allait donner le jour à un deuxième enfant.
L’aviation est toujours très active, mais néanmoins puisque nous sommes dedans, nous pensons bien qu’ils sont chez nous et nous décidons de regagner si possible la Belgique ce jour même encore : Peux être 80 à 100 km à faire mais ce n’est rien.
Nous nous dirigeons sur Hesplechin ou Rumes, mais arrivé à Fretin nous sommes bloqués, on nous dit que les Anglais ne laissent pas aller plus loin, nous sommes donc revenu dans les nôtres, rien à comprendre dans les mouvements de l’armée.
Au village la croix rouge arrive aussi et s’installe à son tour dans le village, un formidable vrombissement d’avion, le canon antiaérien, le mitraillage nous fait précipiter vers une ferme isolée et camouflée par des bois.
Cette ferme appartient à Madame Vve Houzé Plancq cultivatrice à Fretin ( Nord ).

Nous sommes le jeudi 23 mai vers 3 heures de l’après-midi, la signataire ci-dessus nous reçois aimablement, mais il n’y que la grange ou l’étable pour nous recevoir.
La place ou l’on coupe les betteraves est plus petite, plus rassurante car elle est voutée, nous nous y installons tout d’abord à cinq dont le camarade du petit Joseph, André.
Mais après quelques raids d’avions les autres veulent venir aussi, c’est un peu exigu mais à la guerre comme à la guerre, on nettoie, on emporte les betteraves et l’on fait son lit de paille.
Avec le petit et François Anselin nous faisons une reconnaissance des lieux en quête de nouvelles.
Aussi nous sommes à deux cent mètres de la ferme dans un groupe de maison.
En un clin d’œil l’aviation fonce sur la localité, bombarde, les balles sifflent, nous sommes collés entre deux maisons dont les toits se rejoignent presque et des pilastres entre les murs, je me colle à une pilastre, protégeant le petit de mon corps.
François est couché à plat ventre, nous sommes tous blanc comme des morts, car deux autres civiles étaient avec nous, émotion profonde, des tuiles cassées sont tombées à nos pieds, plusieurs fois encore de cette même journée nous dûmes nous cacher.

Dimanche 26 mai
L’aviation est particulièrement active aujourd’hui – On dirait qu’elle cherche quelque chose. Les grosses pièces d’artillerie sans doute qui ne sont pas loin de nous, il n’y a cependant pas de bombardement.
Le soir le voisinage déménage pour où ? Est-ce bon ? On ne dit rien.
Les anglais ne laissent pas passer au-delà de Cisoing donc inutile de vouloir chercher à passer.

Lundi 27 mai
Des troupes arrivent en repos elles appartiennent au 110ème régiment d’Infanterie.
La ferme Houzé est particulièrement bien située et camouflée, trois cuisines s’y installent. Il est 10 h quand les 1ères troupes arrivent et à 3h ils en arrivent encore et même plus tard, ils sont tous fatigués à l’extrême, ils reviennent du front, les gars et tiennent celui-ci depuis 15 jours. Il y a trois jours qu’ils n’ont plus fermé les yeux et presque rien à manger.
C’est à Nivelles qu’ils ont commencé le feu, ils nous racontent que là les belges ont même tiré sur eux (par mégarde sans doute) 2 des leurs et un lieutenant et deux soldats belges tombèrent.
Actuellement ils arrivent du côté de Saint Amand où parait-il les allemands tombaient comme des mouches.
Ils nous disent que de leur côté ils subirent de lourdes pertes et que d’une division il ne restait plus grand-chose.
Tous ils se mirent à faire leur toilette car ils sont méconnaissables et firent un peu tardivement vers 2H un bon déjeuné, ensuite ils se reposèrent un peu – pas longtemps car à 5h les ordres sont donnés de quitter les lieux en hâte – Tous se préparent pour le départ et rechargement des camions, les cuisines doivent préparer la nourriture pour la halte en route.
Les cuisines étaient remorquée par des camions, lesquels et d’autres encore peut-être étaient partit dès leur arrivée et dès qu’ils furent déchargé Où ? J’ignore, chercher des vivres peut-être – des munitions ??? Toujours est-il que le gros de la troupe part et les camions ne sont pas de retour 8h – 9h – 10h et toujours pas de camions ! Mitraillée, bombardé en route, prisonnier peut-être ?
Notre trio vers 8h va à l’église et aux nouvelles comme les autres jours. Le long du bois la nuit est tombée, le petit Joseph est couché aujourd’hui et à deux nous égrenons notre chapelet en écoutant le canon près de nous, mais il à un autre son, ce sont des ripostes qui tombent pas bien loin de nous, ce bruit nous est confirmé par les soldats, nul doute ce sont les obus boche, si jamais ils en venaient dans notre direction, mais ils avancent donc, certain et tous nous disent qu’il sont encore loin et un militaire me dit demain ils seront ici. Je frémis rien que d’y penser, ils arrivent comment ? Des soldats autour de nous et avec nous – nous serons tous mitraillés, prisonniers.
On n'a jamais rien de bon dans la tête quand c’est ainsi. Vers 10 h ½ un cuistot pris de peur et de doute endosse comme un éclair sa capote, sa cartouchière et son fusil
Celui qui venait donner quelques biscuits, boîte de confiture, sucre-candi au petit Joseph fait part de ses impression à ses camarades qui partagent ses avis et désirent en référer aux quelques chefs qui sont partis manger au bistro.
Pendant ce temps quelques uns déchargent un camion restant afin sans doute d’y trouver place pour fuir.
Quartier de bêtes, futs de vin, caisse de biscuits, de conserves etc… sont descendu. Les autres ne viennent pas prendre de réponse et il est près de minuit, et légèrement fatigué nous décidons d’aller nous coucher mais de ne rien dire aux autres pour le moment.
Je n’ai pas fermé les yeux, étant en proie à toutes sortes d’imaginations, voyant les obus arrivé sur nous. (La cave de la ferme ayant déjà été défoncée pendant la guerre de 14 – 18) nous voyant prisonniers, fusillés peut-être etc… ??? On devine tout ce que l’on veut dans des moments pareils.
Vers deux heures on mitraille dans le bois à côté plus de doute ils sont là ! Toute la nuit on a circulé dans la cour de la ferme.
Le jour vient, la porte est légèrement ajourée et je vois un soldat passer, son fusil à la main, je me hasarde de lui demander les nouvelles. "Je ne sais si je parviendrais à filer avec le camion car ils sont là me dit-il"! Au même moment une vingtaine, tous ceux qui étaient restés arrivent à l’entrée de la cour, le camion démarre et eux aussi probablement, mais je crois qu’ils furent fait prisonnier du côté de la place, ou les gens nous dirent ensuite que plusieurs camions avaient été arrêtés
Du reste pendant la nuit et dès le matin très tôt beaucoup de gens furent réveillés afin de savoir si il n’y avait plus de soldats, ils fouillent les habitations et les dépendances.
A la ferme Houzé il était bien 8 heures quand nous vîmes arriver une batterie, tourner dans la prairie et partir dans le centre.
Quelques un viennent chercher quelques bottes de paille.
Dans la cour de la ferme et les dépendances les français laissèrent trois cuisines et tous les vivres, quelques instants plus tard ce fut un vrai pillage par tout le voisinage.
Nous, nous prîmes quelques conserves et à la dame Houzé nous lui avons fait des provisions en masse, 235 kg de farine, 2 balles de café, du riz, de la chicorée, plus de 20 kg de sucre, des conserves, quelques bouteilles de liqueurs etc …..Ce qui avait de plus malheureux c’était de voir se partager le sac de ces malheureux soldats abandonnant ainsi leur linge et leur petites affaires personnelle, les officiers leurs coffres, tout fut éventré – moi-même - je reviens avec deux petites valises, un beau plat d’argent gravé "Hôtel des Ruines" et ici ce sont les ruines aussi !! Un rasoir mécanique qui remplacera celui que j’ai laissé ou plutôt perdu à Hesdigneul, une belle paire de jumelle que je désirais depuis longtemps, des lunettes de motocycliste et quelques boîtes de conserves, les autres se montent de linge, chaussures, guêtres, conserves etc….
Nous décidons donc à présent que nous sommes encore dedans de retourner en Belgique mais avant de nous mettre en route nous faisons encore un bon repas avec 4 lapins que nous donne le cuistot cité déjà plus haut et que je regrette de ne pas posséder son adresse. Une poule nous procurera un bon bouilli, le ménage de la ferme mangea la poule et le reste du lapin.
Le petit Joseph fit particulièrement honneur et un petit peu de vin comme il dit ce n’est pas mauvais.
Nous préparons en attendant le dîner nos bagages, avec André je vais voir aux nouvelles à la place par deux fois, dans l’intervalle le curé nous fait appeler afin de savoir si nous restons à Fretin et qu’il nous placerait à l’école libre mais nous déclinons l’offre et ne demandons plus qu’une chose à présent, c’est d’être au milieu de nôtres et de les retrouver tous en bonne santé.
C’est alors que je lui ai demandé de me signer aussi le présent livre. Aussitôt le diner terminé, nous allons régler nos compte, chose que j’avais déjà voulu faire plutôt mais la vieille bonne dame songe à son fils et ne veut rien accepter et trouve que nous l’avons assez aidé et à présent dédommagé.
Les adieux sont donc vite fait et nous voilà partis avec nos bagages. Dédé dansant car on va voir maman, on retourne chez maman hein papa ???
Jour de repos, toujours la même chose, le temps commence à lui devenir monotone et pour nous plus long et plus



Feuilles du carnet de J.Desmont




13 juin :
La Seine est traversée – Paris est déclaré ville libre –
Pétain déclare la partie intenable.

20 juin :
Je pars pour Enghien, j’y retrouve les mêmes prisonniers.
Les cours sont repris en ville, Je peux aller arranger les vignes de la serre au Collège grâce à l’intervention de Monsieur l’Abbé Carlier Principal du Collège.
Je retrouve la sentinelle, un Alsacien qui avait déjà fait la guerre 14/18 avec qui j’avais créé une amitié tout en ayant déjà différentes idées derrière la tête. Je lui propose même de partir et de l’y aider, par crainte pour sa famille il me dit rester à son poste et que comme cela il pourrait aider d’autres personnes. Ce qui n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd.
Un prisonnier français, fleuriste d’Arras vient m’aider et l’après midi se passe mieux, il raconte tous ces faits d’armes, il parle de son exploitation etc…..

21 juin
Les pourparlers continuent, les troupes occupent Lyon, la ligne Maginot est encerclée

22 juin
Progression des troupes allemandes

23 juin
La radio annonce que l’armistice est en principe signé entre le Reich et la France.
La France est humiliée – livraison de l’armement complet, munitions, avions, marine etc…-
Occupation d’une zone partant en ligne de Genève à Tours, payement des frais de cette occupation par la France.
Le soir le vieux Maréchal Pétain parle à la radio et a tendance de critiquer M. Churchill, ministre Anglais
A la radio, Londres parle du Générale D. ( Français) que le gouvernement légal destitue; celui-ci forme une commission afin de regrouper tous les Français qui sont en Angleterre et à l’étranger et dit que c’est une honte pour le gouvernement légal français d’avoir agît de la sorte, tous les navires sont invités à battre pavillon Britannique et à rejoindre l’Angleterre.
Pendant ce temps, les plénipotentiaires discutent à Rome les conditions d’armistice avec l’Italie.
L’armée Allemande met en vente des chevaux qui se trouvent dans le parc de Moulbaix et à Rebecq.

24 juin :
A 6h35 l’armistice et signée entre la France et l’Italie à Rome; ainsi agonise ce beau pays.
Le 13 juin le Maréchal Pétain déclarait en laissant traverser la Seine et la ville depuis encerclée, que la partie était perdue pourquoi trainer en longueur les pourparlers et ne pas faire fuir en quelques heures le plus gros et le plus précieux, le gouvernement également et les autorités ???? Il eut certes mieux valu déposer les armes simplement comme la Hollande et la Belgique que de livrer honteusement tout ainsi.
Et depuis 10 jours, combien d’hommes épargnés.
L’avenir nous révèlera peut être les dessous de la question?

On apprend par l’intermédiaire de la croix rouge et du notaire Loix qu’il a remit au Curé d’Ellignies, le billet signifiant la mort de Monsieur Maurice Pichon, fermier cultivateur âgé de 33 ans.
La critique des évènements actuels bat son plein, tout le monde tourne les yeux vers l’Angleterre à présent avec anxiété.

26 juin :
Même situation, et nous sommes toujours dans le silence et sans nouvelles.
On rapporte que 1800 soldats allemands sont passés à Renaix, les mains liées derrière le dos… (Refus d’embarquement) dit-on ?
Je vais donner mes cours à Leuze et à Maulde.
Je pars pour Enghien et je couche chez Barrez à Ath.

27 juin :
Je vais à Enghien – aujourd’hui je donne mes cours chez Monsieur le Vicaire Londeau, pour rentrer au collège, ce n’est plus aussi facile : Le soldat français prisonnier qui m’aidait est partit pour Lot. Les allemands se sont battus entre eux – Il y a encore six cent prisonniers nouveaux venu de Soignies.
Après diverses formalités et insistances auprès des chefs et sentinelles; je puis aller travailler à la vigne à condition de me présenter toutes les heures au chef.
Je suis partit avec l’autobus et pour revenir je suis monté dans une petite voiture de colonne avec deux boches très gentils et aimables.
Au collège, on retient ma permission remise pour aller chercher mes livres.

1er juillet :
Le Général De Gaulle invite toutes les armées Françaises à s’unir et à lutter jusqu’au bout.
Rencontre entre les troupes Roumaines, Hongroise et Russes.

4 juillet :
C’est aujourd’hui que se rendait la flotte Française – quelques unités assez importantes se trouvent en méditerranée et ne voulurent pas se rendent et engagèrent même une bataille avec les navires Anglais : Deux grosses unités de guerre française, le Strasbourg et le Dunkerque furent croit-on perdue.
Aujourd’hui, je n’ai pas pu pénétrer dans le Collège à Enghien – Il va être transformé en hôpital.
14.000 francs sont accordé par la ville et payé aux boches pour remettre tous mes carreaux (vitres)

5 juillet :
Nouvel appel pour que la navigation marchande Française de se rendre dans les ports Anglais (par Mr Vicq ).

6 – 7 – 8 juillet :
Peu de nouvelles !
Activité de l’aviation de part et d’autres nombreuses pertes ennemies.
Aujourd’hui on annonce une entrevue entre Hitler – Von Ribbentrop et du Comte Ciano- on s’attend à de grands évènements.
On propose au Roi de Norvège d’abdiquer celui-ci refuse.
Les nouvelles se confirment de plus en plus, tous les soldats qui ne sont pas parvenus à s’enfuir d’eux même, suivent les colonnes et sont en Hollande et en Allemagne, certain disent qu’il y en a même en Pologne dans les fermes et en Sibérie; qu’ils sont bien nourrit et gagnent un Mark par jour ?

9 au 24 juillet :
Rien de particulier. Nombreux raids d’aviation de part et d’aitres.
Sur la route Bruxelles – Tournai – Lille vive circulation continuelle – mouvement de troupes – camions d’essence et de munitions.

21 juillet :
Hier, on pouvait arborer le drapeau nationale, aujourd’hui c’est fini le conseil communal, les combattants de 14/18 assistent à la messe dans le cœur et le "Te Deum" est chanté, une gerbe est déposée au monument par le Conseil Communal (Comte Baudouin)
A l’église, toutes manifestations furent suspendues.

22juillet :
Les quelques centaines de soldats qu’ils y avaient au Caillois et au château sont partis aujourd’hui en Allemagne dit-on. Il en reste encore 5 ou 6.

19 août :
A Londres est signé aujourd’hui l’accord des ministres Belges Huysman etc…..de rester attaché à l’Angleterre et de se battre à ses côtés.
Peu d’aviation aujourd’hui, ils lèchent leurs plaies d’hier disent les Anglais : 144 avions abattus et de nombreux raids sur l’Allemagne.

15 septembre :
On interdit de sonner les cloches des églises, elles peuvent sonner 2 fois par jour et rien que quelques coups.
La question du ravitaillement devient un problème.
-Interdiction de circuler avec des produits.
-Délivrance de permis : passe avant.
-Pomme de terre à 1fr et 1fr 75.
-Beurre 35 – 40 – 60 frs le kg.
-Blé 400 fr et plus.
-Tabac 40 à 70 fr.

21 octobre :
La garde civile monte la garde par ordre : Contrôle des voitures automobiles seulement.
Pour la vérification des permis : Où allez-vous ? D’où venez-vous ? Qu’avez-vous ? Que faites-vous ?
J’ai monté de garde le lundi et le vendredi : de 16h à 22h quelques voitures seulement.
La nuit j’ai arrêté un camion allemand dont deux civiles qui allaient frauder certainement, mais rien à dire.



Autorisation allemande au nom de J.Desmont




29 octobre :
Signature en principe des accords avec le maréchal Pétain et les boches, livraison de la flotte, des colonies etc….
En un mot, la France devient dépouillée complètement.
-La Grèce entre en guerre avec l’Italie
-La Grèce occupe les points culminants de l’Albanie, avancée de 15 km dans ce pays.

4 Novembre :
Des troupes passent en masse dans la région en direction de Leuze.

8 novembre :
Je vais à la Kommandantur à Ath chercher un laissé passé pour la France

9 novembre
On annonce la mort de Sir Chamberlain ancien 1ier Lord Anglais.

11 novembre :
Toutes manifestations sont interdites.
On annonce des manifestations à Bruxelles – arrestation, fusillades, et des tués.

12 novembre :
La radio annonce la capture de 3 cuirassés Italiens.
Des feuilles volantes circulent en masse en France et en Belgique.
-Vision de Saint Odile.
-Prédiction de la bible.
-11 novembre etc…
Les Grecs continuent leur avance en Albanie.
Les colonies se reconquièrent peu à peu par les troupes du Général De Gaulle.
15 novembre :
La fête du roi est fêtée comme de coutume à l’église comme à l’école.
A Tarente les Italiens subissent de fortes pertes.
On dit qu’ils demandent du secours à Hitler 1 million et demi de soldats.

17 novembre :
La nuit du 13 au 14 une tempête sans égal connue ravage tout, terrasse, de nombreuses maisons, arbres, pilonne etc…
De gros dégâts partout dans la région et peu de maisons intacts.
Fête solennel du Roi dans toutes les villes et villages – messe pour les soldats, nombreuse assistance partout et belles cérémonies.
Je suis à Lessines, après midi concert par les Fritz, pas un chien ne s’arrête et n’écoute.

28 novembre :
Enghien : J’ai taillé les arbres au collège avec la recommandation de ne plus tenir de conversations aux prisonniers.

30 novembre :
Les Italiens continuent à être repoussé de l’Albanie par les Grecs et cela à la baïonnette.
En mer du nord et en méditerranée l’ennemi subit de lourdes pertes.
"La Grèce boue dit Mussolini, envoyez-moi des Fritz et votre macaroni file lui répondit Hitler"

Décembre est calme pour nous.
Le prix des denrées monte de plus en plus; les marchandises deviennent rares.
Le beurre à 50 frs le kg, la farine 8 – 10 – 12 fr, les pommes de terre 1,50 fr à 2 fr.
Les étoffes doubles également et triple même 300 fr le m.
Les évènements se déroulent surtout en Afrique

26 décembre :
La commission d’arrondissement passe au village, les fermiers sont convoqués pour les pommes de terre ; ils doivent en fournir d’avantage. 30.000 kg pour le village.

28 décembre :
Funérailles de Monsieur Albert Lesaffre à Pottes. Professeur du Collège de Leuze ; c’est le deuxième professeur.
L’autre Monsieur Arnetiau de Wiers, instituteur est tombé dans un combat de la Lys.
30 décembre :
1940 se termine bien tristement et calmement.



Laisser passer appartenant à J.Desmont




1941



De 14h à 15h plébiscite muet demandé aux français par le Général De Gaulle disant que tous les français doivent rester chez eux, en famille de rentrer ailleurs pour se recueillir pendant ce temps, personne d’autre que l’ennemi ne doit se trouver dans la rue.

20 janvier :
Peu de changement dans la situation – Les Italiens perdent du terrain partout en Albanie, en Lybie. Les allemands doivent de plus en plus venir à leur aide.
Le gouvernement fantoche du Maréchal Pétain résiste aux allemands.
Aujourd’hui entrevue et prise de nouveaux contacts avec le Président Roosevelt au parlement Américain.
Il fit un grand discours pacifique ou il dit qu’il veut abolir les puissances totalitaires.
Ce 20 janvier rencontre d’Hitler et de Mussolini.
De nombreux mouvements de troupes en direction du nord et des Flandres s’exécutent en vue d’une attaque prochaine dit-on.
Aujourd’hui, je vais chercher une autorisation à la commune afin de pouvoir circuler en tant que membre désigné par l’autorité communal comme membre de la garde civile.

25 janvier :
Le Négus rentre et plante son étendard en Abyssinie et se met à la tête des troupes et des tribus. La Lybie est envahie par les troupes Anglaise.
En Italie les allemands rentrent et prennent la direction des armées. Il y a des troubles en Roumanie ou il y a eu un assassinat d’un officier allemand, la garde de fer tente de reprendre le pouvoir et la situation n’est pas brillante à Bucarest ni en province.

27 janvier :
Des troubles se font en Italie.

30 janvier :
Laval depuis quelques jours est rejeté du gouvernement Pétain à Paris il essaye de formé un parti d’union nationale.

5 février :
Pétain a présenté à Laval le mandat de ministre d’état, celui-ci refuse n’ayant rien à dire dans ce poste.
En Afrique les troupes gagnent du terrain partout – En Albanie il y a progression aussi.

13 février :
Aujourd’hui entrevue entre Pétain et Franco. Le général espagnol à vu Mussolini avant-hier et vient sans doute demander assistance à la France ou faire des propositions.
Aucune proposition de paix n’ayant été faite par l’Italie.
En méditerranée la bataille est grande.
Dans les Balkans les troupes allemandes se massent – En Bulgarie de nombreux touristes pénètrent et formeront peut-être sous peu la 5ème colonne aussi.

16 février :
On annonce ce jour la remise du 1er drapeau et nouveau aux troupes belges à Londres.
Les troupes prospèrent partout.

23 février :
Les boches sont venus photographier la grotte.

1er Mars :
Pénétration des boches en Bulgarie. Ils s’y étaient déjà infiltrés comme chez nous en civil.
Les Bulgares n’y font pas d’opposition, le Roi et le Gouvernement sont d’accord.

20 mars :
On apprend aujourd’hui la mort ( 18 ) du R.P. Wilmer, Jésuite au collège d’Enghien, après deux mois d’emprisonnement et probablement de mauvais traitements.
C’est lui qui me donna les pierres gravées de la grotte.

23 mars : La situation s’améliore toujours en Lybie et partout en Afrique.
Depuis une dizaine de jours, Mussolini a voulu lui-même prendre l’offensive sur le front Grec en Albanie ; il a dut rentrer en Italie le 7ème jour en laissant une perte de 50 à 60.000 hommes, tués, blessés, prisonniers.
Depuis quelques jours la pression allemande se fait sentir en Yougoslavie, nous espérons en sa résistance quelques ministres sont pour les puissances de l’axe, mais le peuple et l’armée est contre.

25 mars :
Le gouvernement Yougoslave accepte de faire partie de l’Axe. Les ministres sont partis signer celui-ci à Vienne. Le peuple est mécontent, les troupes allemandes doivent traverser ce pays. Les lignes de chemin de fer sont cédées pour ses besoins.
La situation s’étend – l’Italie à perdu en Afrique, depuis le début de la campagne plus de 200.000 hommes avec les prisonniers.

27 mars :
Un retour des choses se produit, ce matin en Yougoslavie, le jeune Roi Pierre II (18 ans) prend la direction et forme avec l’armée un nouveau gouvernement qui ne reconnaît pas la participation au pacte, des ministres et d’autres sont fait prisonniers, des manifestations enthousiastes ont lieu à Belgrade. 1 million 300 mille hommes sont mobilisés. Dans le monde entier vive satisfaction.
Un recul partout en Albanie et en Afrique.
Jusqu’à ce jour, en Angleterre 28.000 tués par les bombardements et 40.000 blessés.

28 mars :
Aujourd’hui à l’aube l’Allemagne déclare la guerre à la Yougoslavie.
Semaine Sainte du 6 au 13 :
Les allemands avance en Yougoslavie et prenne la direction de l’Egypte.
Fin de semaines la situation se rétablit avance des alliées en Ethiopie.
Les troupes en repos ici a Anvaing depuis 6 mois partent ; plusieurs filles et femmes en ont du regret, petite affichette placée le jour de Pâques au matin en parle avantageusement…..

9 avril :
La Hongrie viole ses pactes et déclare la guerre à la Yougoslavie

12 avril :
Le Japon et la Russie signe un pacte de neutralité.

23 avril :
Le Roi Georges et le gouvernement grec se réfugient dans l’Ile de Crète.

26 avril :
Le Roi de Yougoslavie se réfugie à Jérusalem.
Le Grèce se défend aves acharnement et inflige de nombreuses pertes à l’ennemi.
L’Allemagne demande à présent le passage à l’Espagne afin d’attaquer Gibraltar, visant ainsi le canal de Suez.
Fin avril : Le Grèce et la Yougoslavie doivent reculer et céder le terrain enfin capituler armée par armée.
Ils luttent jusqu’au bout et l’ennemi a perdu beaucoup d’effectif, beaucoup de morts.
En Afrique Tobrouk résiste vaillamment.

12 mai :
Hier soir est arrivé en Ecosse du Nord Rudolf Hesse vice chancelier du Reich en fuite.
En parachute il descendit dans le jardin d’un laboureur et il dit ne jamais avoir été aussi heureux que de se trouver là chez ses paysans.
Hitler et ses partisans vus son départ veulent le faire passer pour un fou. C’est un fait très marqué et sensationnelle entre tous, fait qui certainement aura une grande répercussion partout et surtout sur le moral allemand.

19 mai :
Aujourd’hui anniversaire de notre départ pour la France ; journée mémorable et inoubliable entre toutes.
En Syrie Les allemands s’infiltrent en masse et atterrissent sur les aérodromes.
Le gouvernement de Vichy trouve pour excuse qu’il s’agit de simples atterrissages forcés.
(Mais par quarantaine).

20 Mai :
On apprend aujourd’hui la capitulation de l’armée d’Abyssinie par le Duc D’Aoste Vice Roi. 18 à 19.000 prisonniers.
Dans l’Ile de Crète s’exécute une grande bataille par air et par mer – transport de troupes par air et beaucoup de parachutistes.
Les allemands réclament le retour de l’Ambassadeur des Etats-Unis immédiatement pour le 10 juin.

27 mai :
Il y a trois jours les Anglais ont perdus un grand navire avec 1.300 hommes vers le Groenland atteint par le meilleur navire allemand le Bismarck qui a son tour aujourd’hui est coulé à son tour.

28 mai :
Le Président Roosevelt à fait un grand discours de soutien des nations libres et déclare que l’Amérique barrera la route au nazisme.
Sur la côte Africaine un navire avec 3.000 hommes est coulé par un sous marin Anglais, 5 autres sont aussi coulés.
La Crète est abandonnée par les Grecs et les Anglais.
En Irak les troupes de Rachidami rejoignent leurs anciens chefs.

7 juin :
En Syrie ou l’on voit la collaboration, celle-ci laisse prendre possession de plusieurs aérodromes par les boches.
Les troupes Franco-anglaise pénètrent le matin à l’aube sans résistance de leurs frères d’armes avec le Général Collette en tête qui venait de fuir ce pays de collaboration.

15 juin :
Les troupes de Syrie continuent leur avance devant Beyrouth.

21 juin :
Les allemands déclarent la guerre à la Russie, celle-ci est puissante en avions, parachutistes, tanks etc….
Fin juin Les Russes infligent de fortes pertes en hommes et matériel, il parait qu’il y a eu une terrible boucherie de la part des boches ; ils agissent tout deux en poussée de colonne de chars d’assaut.

10 juillet :
Les allemands ont demandé une trêve de trois jours afin de ramasser leurs morts.

13 juillet :
La Syrie et le Liban demande l’armistice et redeviennent libres.
Les habitants de la ville de Roubaix sont condamnés à rentrer chez eux tous dimanches à 15 heures pour faits de résistance et de sabotages.
La ville de Bruxelles reçoit 5 millions pour la proclamation lors du départ forcé du bourgmestre Van de Meulebrouck.
Fin juillet, les mêmes actes de sabotages continuent toujours à Roubaix.
Dernièrement on a retrouvé des personnes pendues avec une pancarte "Charcuterie à vendre sans tickets, sans timbres"

15 août :
La situation ne change pas – En Russie sur un front de 2.500 km les boches sont bloqués.
On annonce cependant depuis quelques jours qu’ils progressent un peu – La ville de Smolensk est maintenant prise. Les Russes avaient tout détruit et enlevé avant de reculer ; voir même empoisonné les puits ce qui rend la marche de l’ennemi difficile.
Les bombardements sur l’Allemagne sont de plus en plus actifs et surtout significatif.

25 août :
Les troupes Russes et Anglaises rentrent d’un commun accord dans l’Iran ou les allemands s’y étaient déjà infiltrés sous toutes les formes et dans toutes les administrations ; de nombreux dépôts de munitions, d’armes, y étaient cachés.
Sur le front Russe la situation change peu, légère avance des allemands.
Il y a là une boucherie sans pareil surtout pour les allemands.
Fin septembre : Assassinat du Notaire . . . . . . ( rexiste ) tentative sur Peeters mais se firent 3 boches de la gestapo qui tombèrent sous les balles.

12 octobre :
Les Russes continuent à se défendre avec acharnement, Leningrad a été abandonné.
Depuis 4 jours les allemands reportent toutes leurs forces en direction de Moscou.
Ils ont fait une avance de plus de 100 km.
Ils paraissent de nouveau maintenus. Il se passe dans ces secteurs des combats effroyables. Ils visent surtout le Caucase et ses richesses l’Ukraine.
En Belgique le ravitaillement devient de plus en plus sévère et difficile.
Il faut livrer de nombreuses bêtes.
Les transports de fruits, de pommes de terre n’est plus autorisé. ( 2 kg par ménage )
Le 9 à midi Mr Delcroix, Bourgmestre de Forest est prié de suivre les autorités soit disant pour livraison insuffisante de bétail dans la commune.

21 novembre :
Les troupes allemandes essaye vainement de prendre Leningrad et ensuite Moscou , cinq fortes offensives viennent déchoués, une sixième est en cours vers Toula.
Dans le Caucase il y a de fortes attaques.
En Crimée à Sébastopol la situation reste la même.
L’hiver cause de sérieux effets sur l’armée allemande, les soldats qui rentrent en Belgique en permission ont les pieds gelés ainsi que les oreilles et le nez.
La discipline commence à faire défaut chez ses derniers et disent qu’ils ne veulent plus retourner en Russie.
Hier a commencer l’offensive Anglaise en Lybie ( Sidi omare ??? , Tobrouk ) Les allemands de dénoncer la voix du Christ en raison de leurs vœux contre la fausse religion unique que l’on veut imposer aux allemands.
Ici au village rien de particulier, on parle de la réquisition des cuivres.

29 novembre :
On livre les cuivres à la commune, il faut fournir du cuivre 100 points suivants les revenus de 1939 – 100 point valant un kg de cuivre jaune, ½ kg de rouge, 2 kg de plomb.
Il parait que ce sont les soit disant plus patriotes qui montrèrent l’exemple, c’est-à-dire les grosses légumes.
Je ne fournirais rien, ce n’est pas une obligation d’avoir des cuivre, s’il faut payer, je payerai (20 f par 10 points manquants).

1er décembre :
Les allemands sont refoulés de Rostov vers Moscou, la 6ème bataille fait rage partout sur le front et ils ont tendance à reculer.
Il reste 30 jours à Hitler pour tenir sa promesse solennelle d’apporter en 1941 la victoire finale.

6 décembre :
Les armées Russes prennent la contre offensive sur tout le front.

8 décembre :
6h30 Le Congrès Américain déclare la guerre au Japon.
Celui-ci a d’avance attaqué différents Iles en autre les Philippines.
On poignarde un allemand dans le dos à Bruxelles, prises d’otages, fermeture des lieux de plaisirs, bombardement vers l’hôpital militaire, une dizaine de tués.
Aujourd’hui huit décembre par lettre du Cardinal, celui-ci annonce le mariage du Roi Léopold avec Melle Baels fille d’un ancien ministre résidant à Bruges. Ce mariage remontrait au 11 septembre et elle aurait pris le nom de Princesse de Rety ( petit village de Campine ), elle renonce à être Reine et ses enfants au trône.
Les conversations ne sont pas favorables à son égard.
D’abord, il est soldat prisonnier – les évènements, sa dignité de Roi, son rang, etc…
L’annonce trois mois après ; l’avenir nous apprendras la suite de l’histoire de ces événements.

9 décembre :
5 nations américaines se joignent aux Etats-Unis : Equateur, Venezuela, Mexique, Panama, Colombie.
En Russie recul sur tout le front. Surtout au sud, on annonce 7.000 morts, 3 divisions en déroute sur Moscou.

14 décembre :
On fusille 100 otages à Paris dont un gamin de 17 ans et un mutilé de la guerre de 1914.

1942



15 février :
Les évènements suivent leurs cours partout en Russie, les russes gagnent du terrain sur tout les fronts malgré les -40°, ils ont avancé de plus de 150 km par endroit.
C’est le Général Thimochenco qui conduit toujours la situation depuis 10 jours et ils ont repris 80 villes et plus de 4.000 villages.
Les Japonais occupent Malacca ; Singapour est prêt à tomber ; Ils occupent de nombreuses îles.
En Lybie le Général Rommel a repris du terrain depuis 15 jours – L’armée Anglaise se replie au-delà de Benghazi.

16 février :
On annonce aujourd’hui la chute de Singapour grand point stratégique.

9 mars :
Une sentinelle est tuée à paris, 20 otages sont fusillés.
Les usines Renault de Paris sont bombardées 400 tués 1.000 à 1.500 blessés.
Depuis huit jours sur le front de Leningrad 96.000 allemands sont encerclés 12.000 tués.
Java est forment menacé. En Syrie c’est stationnaire.

22 mars :
Un débarquement par mer et par terre et aviation a eu lieu à Saint Nazaire, il réussit parfaitement.
On annonce aujourd’hui la condamnation de Jean Duroeulse fermier d’Anvaing à 1 an de prison et 13.000 fr d’amende pour trafic.
Ce 22 mars, Monsieur l’Abbé Briffeuil, curé à Pottes est arrêté, maltraité, jeté par terre, plein de coup, ceci pour ne pas avoir répondu à l’appel de la police parait-il qu’il aurait répondu à la police : ‘’ je n’ai pas le temps, j’ai autre chose a faire, je dois chanter une messe d’enterrement. Le troisième jour ils l’emmenèrent (Plusieurs visites chez lui et ailleurs pour des matières inflammables sur les greniers.)

3 avril :
Depuis un mois la situation n’a guère changé.

15 mai :
Confirmation au Grand Collège Saint Augustin.
Monseigneur Delmotte Evêque de Tournai a tenu à faire une visite pour fêter intimement
le retour au Collège – Belle petite cérémonie – Diner des professeurs et quelques autres invités.

28 mai :
Le Mexique à déclaré la guerre à l’Axe. Le chef suprême de la gestapo est blessé dans un attentat à Prague (Ebricht) ?????
Depuis trois jours l’offensive a également repris en Lybie.

31 mai :
Mille bombardiers exécutent un raid sur Cologne et la Ruhr.
La bataille de Karkhov semble terminée à l’avantage des Russes qui perdent 75.000 hommes et les allemands 90.000 tués plus les disparus.
En Lybie les alliés avancent légèrement.

11 Juin :
Des troupes arrivent de nouveau à Enghien, quelques centaines au Collège.
Nous restons quand même et continuons à disposer des classes seulement, tout le reste est occupé.

15 juin :
On a enlevé à Forest Victor Toni âgé de 70 ans. Mort dans un camp de concentration.
Motif : Avoir hébergé un Anglais sur qui on venait de trouvé la carte de visite de Victor à Bruxelles
Au collège d’Enghien 3 boches se sont donné la mort, cela prouve qu’ils en ont assez.
Cependant ce sont des jeunes de 18 ans.

16 juin :
Depuis huit jours, la radio demande à la région du littoral d’évacuer au plus tôt des côtes Belges aux Pyrénées ; on craint un débarquement sans tarder.
Elle annonce son ferme espoir de vouloir terminer la guerre en 1942 et dit la nécessité de rétablir un deuxième front.
De grandes réunions Anglo – Franco - Américaine on eut lieu depuis une quinzaine de jours ; on a l’impression de grands évènements sans tarder.

21 juillet :
Fête Nationale : On annonce la naissance d’un prince à la cour.
En Afrique, depuis un mois la situation était devenue précaire, les allemands sont en direction d’Alexandrie, Tobrouk est de nouveau entre les mains des allemands.
Aujourd’hui les alliés ont l’air d’avoir repris le dessus et semblent améliorer la situation.
En Russie les allemands avancent vers le Caucase. Rostov est à nouveau occupé.
Sur le reste de front, ce sont les Russes qui progressent.
En Belgique et en France, il y a de grands mouvements de troupes, partout on a l’impression qu’il y aura bientôt des évènements.

26 août :
En Russie les allemands progressent vers le Caucase avec énormément de pertes.
Le 20 : il y eut un grand débarquement à Dieppe avec tanks – environs 200 avions ennemis ont été abattus ainsi que 90 avions alliés.
Le peuple est inquiet et attend la tournure des évènements.
Les vols continuent, le pillage des récoltes par les glaneurs.
Le blé est à 50 – 55 fr le kg
Le sucre est 40 à 60 fr le kg
Le cochon est à 170 fr le kg
Le bœuf à 125 fr
Le beurre de 210 à 250 fr le kg et plus.
Le sel à 11 fr
Les poires à 10 fr le kg

15 septembre :
Depuis trois semaines, ils sont en face de Stalingrad : nombreuses pertes.
Madagascar est occupé par les Anglais.
Hier à la cathédrale de Tournai eurent lieu des funérailles solennelles pour 3 rexiste tombés en Russie (Légion Wallonne)
Le clergé belge refusa de célébré la cérémonie sous les ordres de Monseigneur Delmotte ?
Un allemand aumônier militaire célébra l’office.
Cette nuit, c’est-à-dire hier à 7 heures du soir Urbain Tonniau de Cordes est assassiné avec une carabine (en veillant sa culture d’oignons). MYSTERE
A Estaimpuis, le Bourgmestre Rexiste est aussi abattu
A la ferme Collin à Frasnes, on y brûle les récoltes et la batteuse.

26 septembre :
Depuis 8 jours les allemands sont en face de Stalingrad – Ils sont arrêtés dans le Caucase.
Les russes contre attaquent ainsi qu’en Afrique.

18 octobre :
Stalingrad tiens toujours, partout ailleurs rien de changé, il n’y a plus de progression sur aucun front.
On prend aussi bien les civils somme travailleurs volontaires.
Monsieur l’Abbé Delmée Principal du Collège de Kain et 2 autres professeurs de langue, et le Curé de Kain-la-Tombe sont enlevés depuis la semaine dernière.(Colonel Dropsy)
On rapporte que la persécution Juive se poursuit à outrance, en Hollande il parait qu’on les déporte pour les exterminés avec quelques bagages et tous les papiers. Ils montent en voiture et dans les camions mais n’en sortent plus vivant
L’héritage des propriétés de tous, leurs biens sont accaparés.

23 octobre :
Les alliés reprennent l’offensive sur le front d’Egypte.
Stalingrad tiens toujours c’est le 83ème jour.

1er Novembre :
Les succès sont masqué en Egypte, 2 Généraux, 1 tués 1 prisonnier allemands 9.000 hommes, de nombreux char capturés

8 novembre :
Les Américains débarquent à Alger et à Oran ainsi qu’au Maroc, de nombreux prisonniers. 5 divisions Italienne capturées.
Nombreux messages du Président Roosevelt, du Général De Gaulle.
Le Générale Giraud évadé d’Allemagne se trouve et parle ce matin à 8 heures à Alger
La victoire se dessine enfin à l’horizon et elle pourrait se précipité plus vite qu’on ne le croit ; il ne doit pas avoir de résistance.
Le Maréchal Pétain a envoyé un message aux Africains de résister aux Américains.

10 novembre :
Il y a peu ou pas de résistance dans les colonies, les troupes alliées progressent partout
Du côté de la Lybie elles atteignent Solum.
Tunis donne le libre passage aux troupes alliées.
L’Amiral Darlan se trouve à Alger- Quoi se sauve-t-il.
Laval aussi a disparu, le Gouvernement de Vichy est donc sans chef – Pétain est seul.

11 novembre :
Ce matin Hitler décrète l’occupation complète de la France.
De suite un appel est lancé par l’Amérique et le Générale De Gaulle, à tous navires Français se trouvant sur les côtes de la France libre, en mer ou ailleurs de rejoindre les bases d’Alger, d’Oran et autres ports Algérien et de ne pas rester entre les mains de l’ennemi.

1943



11 avril :
Les russes ont repoussés les boches partout, l’hiver leur fut favorable et ils ont repris énormément de terrain. La situation fut plutôt régulière et progressive, actuellement ils sont à Karkhov, dans le bassin du Donets.

11 mai :
On parle que la cloche "Marie Pontoise" de la cathédrale de Tournai va être livrée aux allemands et que c’est un Tournaisien qui est chargé de faire cette besogne.
La Tunisie et l’Afrique entière sont débarrassées de la horde teutonne.

14 mai :
La R.A.F. rompt 2 immenses barrages dans la Ruhr dans les environ de Dortmound et de Cassel, 1 de 20 million de litres et l’autre de 130 million de litres, inondation terrible au alentour, par endroit plus de 10 m d’eau sur plus de 10 km. Un beau coup qui arrête toute l’industrie, l’électricité locale et l’armement.

21 mai :
On arrête les notaires Loix père et fils à Frasnes

8 septembre :
On apprend aujourd’hui le décès du neveu de la famille Moulard d’Anvaing; Fernand Vandoslaere décédé hier à la suite du bombardement de Bruxelles. Nombreuses victimes à Etterbeek.
Depuis quelques temps, des centaines d’avions bombardiers et chasseurs sillonnent le ciel – Bombardement de tous les champs d’aviations.

18 septembre :
Les alliés tiennent bon à Salerne et ont depuis deux jours fait la jonction avec les troupes venant de Bari dans l’Adriatique. A Naples les débarquements continuent et le tout marche de l’avant.
En Russie forte avance partout ; ils sont à Kiev jusque la mer Noire

21 septembre :
Les Français débarquent dans l’Ile de Corse – Churchill annonce que 3 fronts sont en Méditerranée, le 2ème en France et le 3ème en Belgique Hollande.

Ce 21 septembre : jour de deuil pour nos cloches elles sont parties à 1 h : à 11h15 la grosse descendait sous l’œil triste de beaucoup de spectateurs du village.
Une vingtaine d’individus et un boche firent cette sale besogne.
Le Bourgmestre et Monsieur Le Curé essayèrent un peu mais vainement pour les conserver. Si seulement ces derniers avaient laissé l’initiative de les voler !!! Mais ils ne voulurent pas.
Ailleurs on les fit sonner et parfois leur départ fut accompagné de manifestation, de Brabançonne et hué. C’était triste de voir cela pour qui raisonne et pense bien.
Le silence en dit peut-être plus long.


Feuille du carnet de J.Desmont relatant l'enlèvement des cloches



1944



19 février 1944 :
Les allemands tiennent toujours au sud de Rome à Nettuno la campagne est dure.
En Russie, l’armée russe avance fortement mais il y a de nombreux km ; ils sont en Pologne et en Lituanie.
On parle toujours de débarquement sur les côtes, celles-ci sont bombardées tant et plus, il parait qu’il ne reste plus rien.
-Par ici les actes de sabotages vont leur train et de plus en plus; huit jours ne se passent sans que les voies de chemin de fer ne sautent.
Dergneau – Frasnes – Grandmetz – Anvaing – et ailleurs et parfois des répétitions générales pour tout bloquer partout.
2 allemands ont été assassinés le 27 janvier au soir à Leuze; à Renaix nous faisons sauter une cabine électrique Encore un peu j’étais ramassé par une personne qui se faisait passer pour un receveur chez nous.(C’était un Rexiste.)
Des otages furent enlevés, à ce jour 40 sont encore tenus.
Dans le Hainaut à la suite de ceci, le couvre feu est à 8 h et le matin à 7h.
On tue des rexistes partout.
On vole dans les trains, le courrier dans les bureaux de postes (argent et détournement des lettres douteuses sans doute) ; les timbres de ravitaillement immédiatement après les distributions quand la police a disparu des individus armés arrivent.
Les registres de population, les cachets des communes pour la confection de fausses cartes d’identités sans doute.
En mars, on dit que ce sont les allemands qui prennent en main le ravitaillement et le contrôle des transports.
La chasse à l’homme continue mais au ralenti, plutôt sur dénonciation.
Ainsi la semaine dernière 5 personnes furent arrêtées à Dergneau et à Saint Sauveur.
1 de Dergneau , 4 Borains et Ardennais ? De l’armée Blanche armée? Et deux femmes chez qui ces personnes se cachaient et se logeaient…………………….

 
 
Note: 5
(1 note)
Ecrit par: prosper, Le: 17/01/12


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