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Rss Knesselaere, dernière victoire !
Dans l'après-midi torride du 27 mai 1940, le front belge, soumis aux derniers coups de boutoir de l'ennemi, vacille. Là où il tient encore, c'est comme une corde tenue à se rompre et qui, si elle s'effrite quelque part, provoquera des ruptures en chaîne. Le GQG s'inquiète du désordre des communications et des arrières, de la fatigue, proche de l'épuisement, des troupes en ligne, du manque de consistance de certaines divisions éprouvées ... Et pourtant, à l'heure où le destin de l’armée belge se joue, elle va remporter une victoire inattendue. A Knesselaere, une contre-attaque de Cyclistes, soutenus par deux des trop rares blindés, allait faire à l'ennemi 118 prisonniers et capturer un matériel important.

Parler, à notre époque, de mobilité stratégique et de mordant offensif pour des troupes se déplaçant à
bicyclette, peut prêter à sourire, mais, dans les circonstances de 1940, il en était bien ainsi. Sur une bonne route, les unités cyclistes pouvaient aisément tenir une vitesse moyenne de 12 km/h (le triple des colonnes d'infanterie). En terrain plat, et pendant un court temps d'effort, elles pouvaient atteindre 18 km/h L'étape quotidienne moyenne est de 80 km mais des unités bien entraînées peuvent fournir plusieurs étapes quotidiennes successives de 100 km. La campagne des dix-huit Jours permettra de vérifier ces données théoriques du Règlement sur l'emploi des Troupes Légères: le 1ier Carabiniers-Cyclistes (1 Cy) a parcouru 800 km, son régiment frère le 4 Cy plus de 700 km.
Mais ce sont les conditions mêmes de la campagne, scandée par d'interminables marches de retraite coupées de prises de position hâtives, qui illustreront certains avantages du vélo et permettront de constater que les cyclistes (Carabiniers, Chasseurs Ardennais, Cyclistes-Frontière, escadrons divisionnaires) sont aussi mobiles que les unités motorisées, aussi rapides grâce à leur souplesse plus grande. Pour eux, pas de mise en place compliquée des colonnes ni d'itinéraires réservés, utilisation des routes secondaires et des raccourcis, voire crochets en tout terrain. Sur les routes encombrées de civils réfugiés et soumises aux bombardements des Stuka, c'est un avantage appréciable.
La rusticité du matériel élimine les problèmes de maintenance et de logistique. A cette mobilité, il faut joindre le silence du vélo permettant de rompre le contact, surtout la nuit, discrètement et rapidement, et la liberté de mouvement du cycliste au combat. Tout le barda reste arrimé au vélo, laissé derrière la position, sous la garde du «caporal-vélos». Les mitrailleurs des Cyclistes avaient même bricolé un système ingénieux qui leur permettait de transporter sur les vélos la mitrailleuse et son trépied et de les amener ainsi silencieusement sur les positions de combat en abandonnant à l'arrière les ACMi (auto-caisson mitrailleur). Malgré la longueur et la dureté des étapes fournies, le soldat cycliste est encore apte au combat défensif et même à l'action offensive, d'autant plus qu'on n'exige pas de lui les travaux et terrassements de campagne demandés à des fantassins qui ont déjà accompli une étape de 30 km, étouffés sous leur lourde capote et l' «armoire» de trente kilos qu'ils doivent porter sur le dos.
Troupes légères, les Cyclistes sont bien dotés en armement automatique et lourd, qui leur donne capacité défensive et capacité d'attaque par la puissance de feu, conjuguée éventuellement avec celle des engins blindés des divisions de cavalerie au sein desquelles ils opèrent. Théoriquement, le régiment cycliste totalise 48 fusils-mitrailleurs, 24 mitrailleuses Hotchkiss et 8 canons antichars de 47 mm tractés. Dès mars 1940, le 1 Cy se verra renforcé par une compagnie de canons 47 sur chenillettes T13 venue de la 3 D.I, ce qui lui donnera une couverture antichars exceptionnelle dans l’armée belge. Régiment de réserve, le 4 Cy resta limité à ses seuls moyens organiques.

Le 10 mai avait trouvé le 1 Cy au sein de la 2ème D.C (Division de Cavalerie). dont le QG était à Hasselt. Passé à la réserve du Corps de Cavalerie, il organisa un centre antichars à Saint-Trond, puis alla dans la nuit du 12 au 13 prendre position à Winterbeek où il combattra vaillamment le 14. Il fut ensuite dirigé sur l'Escaut, face au nord entre Wetteren et Schoonaarde, puis fut affecté à la partie sud du Bas-Escaut.
Le 4 Cy faisait le 10 mai partie des troupes légères aux ordres du III C.A. (Corps d’Armée). Après avoir effectué les destructions prévues à la frontière et affronté les pointes ennemies, il fut placé à l'arrière-garde pour couvrir la retraite du III C.A. sur la Mehaigne. Le 17 mai, après un vaste crochet par Binche et Enghien il atteint Merchtem et reste à la disposition du III C.A. pour la défense du canal de Willebroek. Le 19 mai, le 4 Cy rentre dans le dispositif des Troupes Légères à Overmere et va fournir leur réserve. Le 21 mai, c'est la prise de position sur le canal Gand-Terneuzen, puis, à partir de la nuit du 23-24 mai sur le canal Léopold, aux ordres de la 1ère D.C.

Le brillant combat mené à Watervliet, Muizenhol et Isabelle Geleed le 25 mai ne peut empêcher l’abandon sur ordre de la position dans la nuit et le redéploiement au sein d'un groupe de bataille dans la région de l'Ecluse.
Malgré la fatigue extrême des hommes au cours de cette série de combats de jour et de déplacements de nuit, le haut commandement voit dans un nouvel engagement des 1 Cy et 4 Cy, réunis en une sorte de brigade, une de ses dernières cartes.

COLMATER LA BRECHE
Au soir du 26 mai, les combats, qui se déroulent sur Lys, imposent au commandement belge de se reconstituer rapidement d’ultimes réserves derrière les régions les plus menacées, afin de pouvoir intervenir pour colmater les brèches et d'éviter des ruptures de front désastreuses. En effet, pendant la journée du 26, dans le secteur du II C.A. la 12ème D.I. a été soumise à de fréquents et solides tirs d'artillerie qui s'intensifient encore l'après-midi, en préparation à une attaque. Celle-ci se déclenche à 16 h sur le front du 23ème de Ligne. Franchissant le canal en canots pneumatiques aux environs de la Langstraat, l'ennemi prend pied sur la rive ouest, exploite rapidement son succès et élimine le 23ème de Ligne comme unité combattante. En prélevant des renforts sur la 11ème D.I., le Il C.A. parvient à reconstituer une ligne de front à peu près continue entre l'ouest d'Oostwinkel avec 2 deux bataillons du 22ème de Ligne et une bretelle de la 11ème D.I. raccordée au canal par les restes du 2ème de Ligne (un bataillon intact, deux fort éprouvés).
C'est dans ce contexte qu'est constitué le Groupement Morel de Westgaver, du nom du colonel BEM (Breveté d’Etat-Major) commandant la cavalerie de la 1ère D.C.

Il a sous ses ordres deux régiments cyclistes (le 1 Cy du colonel BEM Flameng, le 4 Cy du colonel BEM Jadot), un groupe du 19ème d'Artillerie à cheval (commandant Vanerom), l'escadron d'autos-blindées (commandant Defossez) du 1ier Chasseurs à Cheval et quelques éléments motorisés du même régiment. Au moment où la formation du Groupement Morel est décidée, ses éléments étaient dispersés: le 1 Cy sur la frontière hollandaise entre Kruisschans et Aardenburg;, le 4 Cy, le 1/19ACh et les motorisés du cdt Dufossez faisaient partie, avec le 2ème Guides, d'un groupement de bataille entre l'Ecluse et Sint-Pinterdyk. Dans la nuit du 26 au 27 mai, les éléments du Groupement Morel font mouvement vers les bois de Maria Aalter, qu'ils atteignent à l'aube, dans un grand état de fatigue.
Ils n'auront que quelques heures de repos car les événements se sont précipités. Le 27 mai, à 5 h, les
Allemands reprennent leur attaque dans la région d'Oostwinkel. Après avoir bousculé le 22ème de
Ligne, ils poussent vers Ursel au sud-ouest et vers le sud, créant en trois heures une poche dangereuse. En fin de matinée, ayant reçu du GQG un ordre de repli, le lieutenant-général Michem,
commandant le II C.A., décide de ramener la 12ème D.l., fortement éprouvée et réduite à quatre
bataillons et trois groupes d'artillerie, vers Oostkamp, tandis que la 11ème D.l. occuperait la ligne
Eentveld - canal Gand/Bruges.
La première mission du Groupement Morel, mis à la disposition de Michem, était de couvrir la retraite et de permettre la prise de position de la 11ème D.l.
Mais les événements se précipitent: l'attaque ennemie progresse rapidement vers Ursel, des éléments pénètrent dans les bois de Drongen-Goedbos et la 11ème D.l. ne peut s'installer sur la ligne prévue.
Sa mission va être reprise par les éléments cyclistes du Groupement Morel: protéger le repli de la 11ème D.l., colmater la brèche ouverte par l'ennemi et l'arrêter sur la ligne Eentveld - Knesselaere – canal Gand-Bruges. Le colonel Morel prépare un plan de défense très simple: ses deux régiments cyclistes en ligne (le 4 Cy à gauche entre Eentveld et 400 m au sud de la route Knesselaere-Ursel,
le l Cy entre les lisières sud de Knesselaere et le canal). Il garde les blindés du 1ier Chasseur à Cheval en réserve et l'artillerie reçoit une position de tir à l'ouest de Knesselaere.
C'est au 1 Cy qu'il appartient d'organiser le recueil des éléments de la 11ème D.l. en repli, tandis que le 4 Cy tiendra la position de Knesselaere avec son 1ier Bataillon (cdt Laboulle) entre Eentveld et les lisières nord du village (faisant faire à sa compagnie de gauche un crochet défensif face au nord pour prévenir toute tentative de débordement) et son 2ème Bataillon (major Martin) occupant solidement l'agglomération elle-même.




UN VILLAGE EN FEU
Les troupes s'ébranlent vers midi, le 4 Cy en tête, sur la route de Knesselaere. La progression s'avère
difficile car il faut couper les itinéraires de repli de la 11ème D.l.
On aperçoit au loin Knesselaere en flammes, pilonné par l'aviation ennemie, et il faut remonter toute une colonne d'artillerie en retraite visée par les avions. Certains officiers déconseillent même aux Cyclistes d'aller prendre position dans un village où des stocks importants d'explosifs qu'ils ont dû être abandonner risquent de sauter d'un moment à l'autre. Le colonel Jadot intervient alors pour faire dégager l'itinéraire et faire franchir d'un bond par la 1ier Compagnie (lieutenant Haas) le seul pont utilisable sur le canal.

A l’arrivée à Knesselaere, le spectacle est tragique: les maisons incendiées fument encore, des toits flambent, il ne reste de l'église que ses quatre murs, tandis que les Heinkel continuent à tournoyer. Heureusement, la méthode de déplacement par petites fractions, adoptée par les Cyclistes, leur permet d’échapper à leur action.
Le 1ier Bataillon va immédiatement occuper son quartier, avec sa 1ière compagnie face à l'est, parallèlement à la route de Maldeghem. Elle ne peut établir de contact au nord avec des troupes amies et doit affecter son peloton de soutien à un crochet défensif, face au nord, renforcé par des mitrailleuses de la 3ème Compagnie. La 2ème Compagnie (lieutenant Blavier) s'établit entre la 1ière Compagnie et le village. C'est le 2ème Bataillon qui occupe ce dernier avec deux compagnies en ligne parallèlement toujours à la route de Maldeghem. Mais la défense est rendue malaisée par l'existence de nombreux bosquets, de haies, de maisons entre le village et le massif boisé du Drongen-Goedbos. Ce manque de visibilité ne peut manquer de favoriser les infiltrations ennemies, d'autant plus que des champs de hautes moissons s'étendent entre la route de Maldeghem et le Drongen-Goedbos.
Dernière arrivée sur la position, la 5ème Compagnie (commandant Goes), s’installe en défensive dans le village: les pelotons Halleux et Pottier à la limite est, le peloton Donis interdisant les accès principaux et formant réduit au PC de Goes, sur la grand-place. Les mitrailleuses sont réparties aux ailes et pour prendre en enfilade la route d'Ursel, débouché probable de l'ennemi. Un canon de 47mm est placé à un carrefour pour battre la route d'Ursel et celle de Aalter. Le colonel Jadot installe son PC à la sortie ouest du village, et coordonne l'appui du groupe d'artillerie.
Ce dernier sera bientôt mis par le colonel Morel de Westgaever à la disposition du seul 4 Cy, aucun contact avec l'ennemi n'étant signalé au sud sur la ligne tenue par le 1 Cy qui s’est disposé comme prévu. Il était temps.
Procédant par infiltrations, l'ennemi a déjà atteint Knesselaere et commence à y pénétrer par la partie nord, en profitant des couverts, jardins et champs de blé. Il est appuyé par des tirs d'artillerie ou de minenwerfer et des mitrailleuses. Les 75 de l'artillerie à cheval parviennent à enrayer l'avance ennemie devant le front du 2ème Bataillon, mais ce n'est qu'un répit. Vers 16 h, en dépit des tirs d'artillerie belge sur les éléments ennemis localisés il apparaît nettement que les Allemands accentuent leur action sur l'axe Ursel- Knesselaere. La Compagnie Goes est sérieusement pressée en front et en flanc et l'ennemi a réussi à occuper une croupe avantageuse devant la 4 CY
Bientôt, les feux ennemis atteignent une telle intensité, à l'abri des couverts, que deux des groupes de combat du peloton Halleux doivent décrocher d’une position, devenue intenable, pour une nouvelle à l'intérieur de la localité, après avoir perdu le chef de la section DBT. A l'artillerie allemande se joint l'aviation qui déverse sur Knesselaere des bombes incendiaires. Les incendies se rallument avec une fumée tellement opaque que le 2ème peloton, resté en dehors du village, doit faire replier deux de ses groupes vers le centre de la localité. A la limite sud du 2ème Bataillon, l'ennemi s'est tellement rapproché que les «Diables Noirs» doivent s'y défendre à la grenade.

LES BLINDES A LA RESCOUSSE
Heureusement, peu avant l'accentuation de l'attaque ennemie vers 16 h, le colonel Morel de Westgaver se trouvait au PC de Jadot. Il décide d'alerter l'escadron blindé du 1ier Chasseurs à Cheval et de le faire intervenir au profit des Cyclistes, pour un travail, d'abord, de patrouilles. Passant en trombe devant le PC du 4 Cy, le peloton du lieutenant Pierre Rolin pénètre dans Knesselaere et établit le contact avec le commandant Goes. Il se compose d'un char léger T15 avec mitrailleuse (maréchal des-logis Van de Goor) et d'un T13 (un canon de 47 et un fusil-mitrailleur) à bord duquel se trouve Rolin.
Le T15 reçoit la mission de s'avancer vers Ursel et de déterminer la force et la position de l'ennemi. Le T13 de Rolin effectuera une reconnaissance vers le sud par la route d'Aalter pour rechercher le contact avec le 1 Cy.
Cette liaison se fera rapidement, le T13 de Rolin, rasant les maisons pour déjouer l'aviation, rencontre en dehors du village un T13 envoyé par la 1 Cy à la découverte, car on croyait Knesselaere occupé par l'ennemi.
Le T15 n'a vu que de vagues silhouettes mais il a pris sous le feu un camion ennemi.
C'est alors que les deux blindés se trouvent sur la place du village que le commandant Goes ordonne au peloton Halleux de réoccuper sa position primitive, au carrefour des routes d'Ursel et de Maldeghem-Aalter. Il s'agit donc de contre-attaquer, et le soutien des blindés est essentiel.
Le T13 de Rolin et la mitrailleuse du T15 ouvrent d'abord le feu sur la gare du vicinal occupée par les
Allemands, puis les deux blindés s'ébranlent, flanqués à droite par un groupe de combat et suivis par le reste du peloton. Les maisons occupées par l'ennemi sont nettoyées à la grenade, on y fait des prisonniers et on libère des lignards du 20ème de Ligne qui y servaient de «boucliers humains». Comme on signale deux canons antichars (PAK 37 mm) dans les jardins le T13 vire, ce qui provoque la fuite des servants vers les champs de blé, tandis que d'autres lèvent les bras.
Le T15 de Van de Goor a, quant à lui, dépassé Rolin et, faisant un crochet, fonce dans les champs de blé vers Ursel puis se rabat, jetant l'effarement dans les lignes allemandes. Les fantassins ennemis se jettent en avant pour échapper au T15 et sont capturés par les Cyclistes de Halleux. Un premier lot de 27 prisonniers, appartenant à la 1ière Compagnie du 338 I.R., est dirigé vers le PC du major Martin.

LOS ! AUFSTEHEN !
La contre-attaque s'est donc achevée sur un succès. Il reste cependant un fort parti ennemi qui continue à tirer, dissimulé dans un champ de blé. Halleux paie d'audace: il ordonne aux deux fusiliers-mitrailleurs qui l'accompagnent de préparer leur arme pour le tir en marchant et de se dresser subitement, en même temps que les hommes de son peloton.
Arrivé à bonne portée, il se lève brusquement avec ses tireurs et crie aux Allemands ,
« Los ! Aufstehen » Trois hommes, puis deux, puis d'autres, lèvent les bras et jettent leurs armes. Leur chef se rend et estime le coup bien joué. Un groupe de 22 ennemis se laisse désarmer sans difficultés. Ils expliquent qu'une salve de mortier (plus probablement un fusant de l’artillerie) a tué leur major et son adjoint. Le T13 de Rolin poursuit et contraint à la reddition ceux qui se sauvent et une colonne de 58 prisonniers, dont deux officiers, est dirigée sur le PC de Goes, puis celui du major Martin.
La position du carrefour est réoccupée, mais, d'initiative, Halleux et Rolin décident de poursuivre l'attaque jusqu'à Waterlopen, par la route d'Ursel. La région est rapidement nettoyée. Le bilan final de ce rare cas de coopération blindé-infanterie au cours des dix-huit Jours est un butin impressionnant: deux canons PAK de 37 mm, un camion et six mitrailleuses lourdes, cinq légères, de nombreuses mitraillettes sans compter les armes abandonnées dans les champs. Le nombre total des prisonniers s'élève à 118, mais ce succès a été acquis au prix de six morts et de dix blessés parmi les Cyclistes.
La contre-attaque s'est passée aux alentours de 17 h 45. A 19 h, les deux blindés de Rolin sont rappelés par le Groupement Morel.

EN ATTAQUE VERS LE NORD
Pendant ces événements, les 2ème et 4ème compagnies du 4 Cy avaient tenu énergiquement leur front au centre du dispositif. A l'aile gauche, là où la 1ière Compagnie (Lt Haas) s'était placée en crochet défensif, l'effort ennemi, vers 16 h, pour tourner l’aile gauche avait été arrêté mais l'on pouvait craindre une manœuvre d'enveloppement à l'abri des couverts. Des patrouilles lancées sur ordre du colonel Jadot étaient venues confirmer ces craintes. Il fallait donc faire intervenir une réserve en direction du nord et du nord-est de Knesselaere, vers Eentveld, pour prendre en flanc l'ennemi.
La contre-attaque sera fournie par un peloton de la 2ème Compagnie du 4 Cy (sous-lieutenant Michaux), avec le soutien d'un canon de 47mm et de deux T13 fournis par le 1ier Chasseurs à Cheval (peloton de l'adjudant Boon). L'action du peloton Michaux, en ligne de groupes, avec soutien des blindés force les Allemands à se replier dans les bois, abandonnant un canon de 37 et son tracteur. Malheureusement, en fin de progression, le T13 de l'adjudant Boon tombe dans un fossé à bords francs et rompt son ponceau. L'autre, pris sous le feu, est mis hors service par la rupture d'une chenille.
Pendant les combats menés dans Knesselaere par le 4 Cy, le 1 Cy avait également été attaqué. Refoulé du village, l'ennemi avait tenté de déborder Knesselaere par le sud. C'est évidemment sur le front de la 2ème Compagnie, unité nord du 1 Cy, que les engagements les plus violents avaient eu lieu. Là aussi, l'emploi d'une chenillette T13 (adjudant Martiny) avait permis de purger les champs de blé, de faire des prisonniers. Peu à peu cependant, le combat s'étendra de proche en proche et enflammera toute la ligne tenue par le 1 Cy. A la tombée de la nuit, l'ennemi semble contenu, en dépit de ses tentatives de débordement.
Mais, au nord, dans le sous-secteur du 4 Cy, les Allemands se sont ressaisis et cherchent à pousser plus loin vers l'ouest, pour atteindre la route Oostveld-Den Hoorn, ce qui menace de couper le Groupement Morel de ses arrières. Aussi les dernières réserves sont mises à la disposition du 4 Cy pour devancer l'ennemi sur la route d'Oostveld et l'y arrêter. Ces réserves – quelques motocyclistes des Chasseurs à Cheval et un T13 du 1 Cy - sont placées sous les ordres du sous-lieutenant Leburton. Quand ils arrivent à pied d'oeuvre, le crépuscule tombe. Tapis dans les bois, les Allemands prennent le T13 sous le feu tuant l'équipage et incendiant le véhicule. Les motocyclistes sont dispersés mais cette ultime contre-attaque a arrêté l'ennemi dans sa tentative et laisse le Groupement Morel libre de ses mouvements.

A 22 h, l'ennemi contenu en front et en flanc, le colonel Morel de Westgaver donne au 4 Cy l'ordre de rompre le contact et de se regrouper dans la région de Nachtegaal (Oostkamp) pour y couvrir un déploiement de l’artillerie lourde. Malgré quelques tirs de harcèlement, le repli s'effectuera en bon ordre. Le 4 Cy recevra, le 28 à 4 h, l'ordre de faire sauter le pont de Beernem. Le 1 Cy, de son côté, a rompu le contact dans la nuit, vers 3 h, et s'est installé à 5 h 30 dans les bois de Het Kampveld. C'est à Nachtegaal Het Kampveld que les deux vainqueurs de Knesselaere apprendront avec consternation la capitulation de l’armée belge !

SOURCES :
Colonel André Minguet, «Jours de Guerre » n° 3, Col lection «Crédit Communal de Belgique », 1991
Site «2ème Bataillon de Carabiniers Cyclistes »
http://groups.msn.com/nh0vasa1oncq6gor7bg79479p0/bienvenue.msnw
 
 
Note: 5
(1 note)
Ecrit par: prosper, Le: 08/06/11


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